621 Mes albums de la décennie #27 (Fennesz)

29 décembre 2009 Par KMS
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Fennesz : The Point Of It All (Album : Venice 2004)

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Ce n’est pas un hasard, ces deux barques, la mer. Le titre, Venice. L’eau intervient souvent dans les albums de Fennesz. Sa musique est aquatique.
Au fil du temps, depuis Hotel Paral.lel et Plus Forty Seven Degrees 56′ 37″ Minus Sixteen Degrees 51′ 08″, Christian Fennesz a dompté ses bruits blancs, les rendant plus fluides, moins abrasifs. Sa musique, apaisée des échardes brutes des premiers albums, semble plonger le corps et l’esprit dans un caisson d’isolation sensorielle. On en revient à l’élément liquide.

Ce n’est pourtant pas le seul dans la musique du Viennois. L’air y prend une part importante. Certaines plages (il est difficile de parler de chansons) se situent là, exactement, au point de rencontre de l’eau et de l’air. Mélange de vent et d’eaux paisibles, d’où semblent provenir les sons comme filtrés. On songe également au bruit de l’éther, ondes brouillées quasi inaudibles. Tout ici est abstraction et effleurements à la granulation charnelle.

La décennie passée était celle de la fatigue, et probablement celles à venir, que l’on ressent plus fortement le soir, celle des grains de sable sous les paupières au matin, celle de l’âge qui quoi que l’on en dise, pèse sur les os. Il y a des soirs où tout semble brouillé par cette lassitude. Ces moments là, la musique de Fennesz a des vertus apaisantes, par ces vagues sonores à peine esquissées.

Il y a également sur cet album, un instant de grace absolue, sur Transit, où David Sylvian vient poser sa voix sur les vagues lentes de la guitare et des machines de Fennesz.

Ensuite on pourra toujours aligner des lignes de mots pour tenter d’appréhender la beauté indicible de ce disque, mais celle-ci ne se laisse pas appréhender si facilement. Autant se taire. C’est aussi une musique de silences.

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Catégorie : Music of my mind

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