546 Petit Journal IV (The Auteurs)

26 août 2009 Par KMS
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The Auteurs : Fear of flying (Album : After murder park 1996)

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Depuis le 21 décembre 2007, j’interviens plus ou moins (souvent moins) quotidiennement dans le Petit Journal pour y raconter ma journée en plus ou moins (souvent plus) deux (2) lignes. Cette quatrième sélection couvre la période du 1er août 2008 au 3 octobre.


Drôles de rêves la nuit dernière. Ca me réveille et je poursuis l’histoire en étant éveillé. On cours après quoi dans ces cas là ? Repensé à cette jeune fille jouant du Bach sur son violoncelle. Pas pris assez de temps pour l’écouter. On se rend compte toujours trop tard que l’on n’a pas pris assez de temps.
Everybody’s gonna need some kind of ventilator… la chaleur au bureau ne pousse pas à la productivité… Vu les photos floues et étonnantes de Miroslav Tichy plus tard.

Endormi avec du piano, réveillé avec le même piano. Peur de la guerre ce matin mais les journaux débutent tous par les JO… Ils s’appellent Chauchat, comme Mme Chauchat dans La montagne magique. J’ai une affection particulière pour les groupes qui tirent leur nom de personnage de roman. Encore une journée sans trouver le bon chemin. Circumnavigation interne. Musiques en brouillard plus ou moins épars.

Suivi la Loire. Suivi le Cher. Suivi la Loire dans l’autre sens. Rentrer. C’est ça le problème. Rentrer. Ici. La transition est dure. D’un seul surcroit d’activité. Les moments calmes ne sont jamais assez long. C’est la routine alors qui recommencerait déjà. Idée déprimante. Hier j’ai rêvé de la guerre. Pas moyen de chasser ce rêve ou plutôt ce cauchemar. C’est l’automne déjà. Alors chanson d’automne.

C’est étrange mais tu vois il y a 28 ans, l’année de la mort de mon père, j’ai campé à St André des Alpes, pas loin du lac de Castillon si beau si bleu. Lire le nom là comme ça, c’était comme si une étagère de souvenirs me tombait directement sur la tête. Des années après, j’ai suivi le Verdon à partir de Castillane jusqu’à Moustier Ste Marie avec l’étoile entre les montagnes. Un peu comme on remonte dans le temps d’ailleurs… sauf que là je le descendais…

Le monde devient parfois si moche que même l’été s’est enfui. Je m’émerveille encore, de découvrir avec bonheur des musiques inconnues la veille. C’est pour cela que je n’arrêterai jamais d’en écouter. Jour tranquille. Il en reste peu. Des tonnes de musique à écouter. Il faudrait pouvoir ne pas dormir mais le corps réclame. Une histoire de notes rampantes. Les jours passent comme on tourne les pages d’un livre. Chapitre suivant.

Cela faisait deux mois que je ne m’étais pas retrouvé seul le soir, sans toi. Les vacances sont décidément bien finies. 1er septembre, on sent que c’est un peu comme le cours du fleuve, on ne l’arrêtera pas, on en a encore pour un bout de temps, à être balloté comme ça au gré du courant, dans le mauvais sens. On n’a pas l’énergie du saumon, pour remonter à la source. Je n’entendais plus rien, un vague bruit de fond, comme si le monde passait dans un filtre de synthé, ça ressemblait au bruit des doigts sur du velours. Pendant ce temps là, la Marne coulait sous moi.

C’est la 400ème ce soir. Encore une histoire de pont. Complètement involontaire. M’en suis rendu compte une fois publié à cause de la photo du pont de Kerouac. L’inconscient sûrement. Je préfère même pas savoir ce que cela signifie. Boire des bières dans un petit passage Parisien à moitié caché. Le vent soufflait étonnamment hier soir. Je voyais dans le regard des hommes des brillances charnelles. Mon squelette a pris dix ans de plus ce soir. Dans quelques jours ça sera l’inverse, comme si ses mouvements étiraient également le temps. L’autre soir, j’ai pensé avoir trouvé la musique des ruines circulaires de Borges.

L’orage encore le soir, tout cette eau, le ciel se détraque de plus en plus souvent, on se souviendra peut être, dans quelques années, que ça a commencé par là environ, le dérèglement, lorsque Paris ressemblera au San Francisco de Do androids dream of electric sheep de Philip K.Dick. Ca ressemble un peu à l’automne, ce ciel uniforme mais haut, le vent. Un espace temps au milieu de rien, j’aime ces instants.

Rick Wright est mort aujourd’hui, le clavier des Pink Floyd. Ce type avec son orgue orientalisant ou son piano sur leur premier album et sur des vieux singles qu’on trouvait sur la 2ème face de Master of rock est responsable de mes premiers émois rock et musicaux. Ceux qu’on ressent dans le ventre. C’était il y a longtemps, décembre 74/janvier 75. Avant Led Zep et Physical Graffiti. Des trucs qu’on oublie pas. Appartement glacé, mais il n’y a pas que le corps qui soit engourdi. Perdu trop de temps en circonvolutions inutiles mais rouvert Un homme qui dort. Retrouvé mes coups de crayons dans la marge. Putain de texte.

Les mots ont jailli subitement, est-ce le côte de Bergerac pourtant goûté très raisonablement hier soir, ou bien la vidange salvatrice d’un trop plein ? Je penche pour l’explication vinicole. Des rêves étranges, hachés pas le mauvais sommeil. Sans savoir vraiment si entre deux rêves on ne rêve pas encore ou si on en invente la suite et si cette suite imaginaire n’influe pas sur le rêve suivant et si finalement ce n’est plus un rêve.

Il y a des journées on ne sait pas où elles passent, comme si elles s’évadaient par une fissure quelque part. Et puis autour, le monde s’effrite un peu plus. Fait une tarte aux quetsches ce soir. On a fait l’amour pendant qu’elle cuisait. Il ne faut pas grand chose finalement pour que la journée prenne de l’importance.

Ecouté David Sylvian toute la journée. Ca allait parfaitement avec la pluie. Pensé à cette chanson aussi à cause de Seb mais il n’y a pas de rapport. Ecouté de trop vieux disques encore une fois, il s’en échappe souvent des souvenirs, ils devaient être cachés au creux des sillons, avantage du vinyle, il y a obligatoirement de la poussière d’époque dessus. La respirer c’est partir vers le passé.

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Catégorie : 'til 1999, Ecoute s'il pleut

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