538 Je me souviens #13 Forty years of… (Crosby, Stills and Nash)

19 juillet 2009 Par KMS
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Crosby, Stills and Nash : Wooden ships (Album : Crosby, Stills and Nash 1969)

Je me souviens avoir vu le film sur le festival de Woodstock. Fin 1976 ou approchant. Quinze ans. 1976 et des images d’un festival de hippies pouvaient encore faire rêver. Elles ne pouvaient que faire rêver. Quinze ans, au cinéma près de la gare, un mercredi après-midi. On devait être trois dans la salle. Des instants qui marquent.
Woodstock dont on fêtera les quarante ans le mois prochain.

Je me souviens des trois premiers morceaux entendus dans le film. Le premier, Going up to the country de Canned Heat a toujours été insupportable. Sur les deux suivants on entend Crosby, Stills, Nash & Young, en même temps que l’écran splitté en deux nous montre les images du champ de Max Yasgur et le montage de la scène. Long time gone et Wooden Ships. Probablement les plus beau passages du film. Wooden ships. C’était la première fois que j’entendais cette chanson. Elle est restée. Avec le volume sonore élevé dans le cinéma, les accords étouffés de l’intro et l’attaque après le petit silence ne pouvait qu’impressionner.

Le reste n’est que souvenirs plus ou moins désuets. Les passages de Santana et le solo de batterie de Soul Sacrifice après les incantations pour faire cesser la pluie (wowowowo wowowo wowooo no rain, no rain), Ten Years After qui veut rentrer à la maison, les Who, les filles se baignant nues, le touchant Richie Havens et sa bouche édentée, les hélicoptères, le Suite : Judie blue eyes des même CSN (sans Y pour celle là) et ses toulouloulou, les seins nus des filles, les avis sur le LSD de mauvaise qualité, Hendrix à la fin, le gimme an F, gimme a U etc de Country Joe, les shiloms de fortune, les couples faisant l’amour dans la forêt, les cheveux longs des garçons, la boue, les filles nues…

J’étais sorti de la salle avec des étoiles plein les yeux. J’ai toujours eu plus de rêve dans la tête que de révolte. L’utopie hippie me chatouillait la nuque comme mes cheveux que je laissais pousser. Les filles avaient l’air de se déshabiller facilement avec cette musique mais ça devait être l’air de la campagne parce que la réalité se révélait nettement plus vêtue.

Paradoxalement, Woodstock marquait la fin d’une période plutôt que son début. Il ne faudra pas longtemps après ça pour qu’on enterre la woodstock generation dans l’anarchie au Royaume Uni et qu’on piétine les sandales hippies à grand coup de Doc Martens. Neil Young lui même, qui refusera d’apparaître dans le film, leur aura réglé leur compte dès 73 (même si l’album ne sortira qu’en 75) avec Roll Another Number (roule un autre joint) sur Tonight the night :

I’m not goin’ back to Woodstock for a while,
Though I long to hear that lonesome hippie smile.
I’m a million miles away from that helicopter day
No, I don’t believe I’ll be goin’ back that way.

Plus cérébral probablement, il me faudra attendre 78/79 et le post punk pour tirer un trait sur mes années hippies (sabot en bois et écharpe de trois mètres de long).

Les producteurs du film n’avaient peut être pas été plus loin que le titre de la chanson pour illustrer les images de construction de la scène (un wooden ship?) en plein milieu d’un champ. Elle est en réalité beaucoup moins bucolique (Horror grips us as we watch you die) puisqu’elle évoque à priori les conséquences d’un éventuel conflit atomique entre les USA et l’URSS (on était en pleine guerre froide) (Can you tell me please who won) et la fuite de ceux refusant le conflit sur des bateaux de bois d’où le titre.

Pour la petite histoire, on retiendra que le festival de Woodstock s’est en fait tenu à Bethel, à 70km de Woodstock. Mais le nom de Woodstock était plus mythique. Dylan, qui détestait les hippies et les fuyait comme la peste, y habitait. D’ailleurs il n’aura pas mis les pieds au festival…

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Catégorie : Je me souviens, Sexties

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