624 Mes albums de la décennie #30 (Mendelson)

3 janvier 2010 Par KMS
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Mendelson : Café Tabac (Album : Quelque Part 2000)

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C’est peut être le choix plus personnel. Le disque à histoires. On ne sait pas obligatoirement si ce sont les siennes ou les miennes mais des histoires. Le truc c’est ça. Des histoires.

Des histoires de gens simples. Ou bien compliqués. Parce que la simplicité ce n’est pas si évident. Des histoires de solitude, de vie ordinaire, des histoires de filles qu’on a ratées, de lassitude, ou de petites lâchetés quotidiennes, tu sais pas des choses graves. Des histoires de gens qui ne s’en sortent pas de la vie. Des histoires comme celles que l’on pouvait entendre parfois quand j’étais petit, dans le café du grand-père.

Des chansons qui collent à l’âme et ça n’est pas si souvent, celles de Pascal Bouaziz ont cette qualité. C’est pas si souvent. L’intelligence des textes, leur émotion palpable, leur mélancolie teintée de nostalgie, la tendresse, la peur du monde sous-jacente. Et la grosse contrebasse aussi, aux notes collantes comme de la poix, elle participe aux histoires aussi, la grosse contrebasse d’Olivier Féjoz. Elle gronde sur ce disque. Des chansons sur lesquelles on se dit qu’on a tous des histoires à raconter mais qu’on le fera plus tard, un autre jour, des problèmes de temps ou va savoir quel prétexte mais on remet tout le temps à plus tard. Peut être juste qu’on espère qu’un jour après avoir traversé la rue ça viendra comme ça, comme la pluie se met à tomber subitement.

Et puis il y a la guitare ou les guitares de ce disque, celle de Pascal et celle de Noël Akchoté, ou les grincements des saxes, je ne sais pas je ne trouverai pas les mots de toute manière, les histoires ça ne s’explique pas. Un disque personnel. Il y a le Brouillard déjà, celle là, elle ne me lâche pas. Café Tabac aussi, peut être à cause du grand-père, enfin de son café, on va pas chercher bien loin. Pascal il dit « La musique au départ ressemblait très fort à la reprise que Catpower a faite de la chanson de Dylan, Moonshiner. Alors je me suis dit que peut-être on pourrait la faire au piano. Après on aurait dit Soldier, de Neil Young. Alors je me suis dit qu’on devrait essayer la flute, et puis ça n’a pas semblé une bonne idée non plus… « .

Tu vois c’est aussi pour ça, pour ces petits détails. Comme la contrebasse jouée à l’archet de la merveilleuse Joelle Léandre sur Une vie tranquille, ou Michel Cloup un peu partout. Et puis les guitares aussi encore. Les guitares. C’est important les guitares. Le son des guitares. Ici elles sont belles. Un peu sales. Tout ce que j’aime.

Je traine ce disque depuis dix ans ou presque. Les histoires depuis bien plus longtemps. J’y reviens toujours à ce disque. Aux histoires aussi.

(Je crains malheureusement que l’on ne puisse plus se procurer ce disque sorti chez feu Lithium. On peut néanmoins acheter Seul au sommet (rien que pour Bienvenue à Lacanau mais pas seulement) et Personne ne le fera pour nous (pour 1983 (Barbara) mais pas seulement) ou un beau tee shirt « J’AIME PAS LES GENS » sur le site de Mendelson.)

(Ce 30ème album met fin aux albums de la décennie)

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Catégorie : Music of my mind

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