449 Rideaux (Tindersticks)

26 décembre 2008 Par KMS
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449 Rideaux : Tindersticks : Another night in (Album : Curtains 1997)

    (449)

Un bâtonnet d’encens posé dans la cuisine, Curtains en t’attendant. Le vinyle. Un disque légèrement contraignant puisqu’il est en 45T et oblige à changer la courroie de poulie afin que le plateau tourne à la bonne vitesse. Contrainte de platine vinyle minimaliste.

Il y a bien le cd sur l’étagère mais le son du vinyle lui va tellement mieux. Le vinyle a été acheté d’occasion, bien après le cd. Un aveu de faiblesse certainement.

Et puis le tissu floral un peu jauni de la pochette (celui des rideaux) est bien plus beau en grand. L’objet a un sens. On ne va pas dire une âme, un sens c’est bien suffisant.
Le bâtonnet d’encens c’est pour la lumière de ce disque. Ca parait absurde mais non. La lumière a une odeur. Les chansons du disque font comme un halo de lumière tombant d’un abat-jour jauni sur un vieux fauteuil de cuir fatigué. Peut être parce qu’il reste, accrochés aux notes de ce disque, des souvenirs de lumières jaunes. Des lambeaux de souvenirs comme des morceaux d’affiches arrachées.

Le vinyle. Il craque un peu parfois, rien de gênant. On pourrait presque revoir l’abat-jour de la petite lampe dans le coin du salon. En fermant les yeux. C’est plus l’imagination qui la réinvente que la mémoire. La mémoire a gommé trop de choses. C’est tellement loin maintenant. Il s’est passé tellement de choses, de bouleversements depuis.
Parfois on se demande quand même ce que sont devenus les personnes qu’il y avait autour de la lampe du salon, dans ce nuage de fumée odorante. Il y aussi des soirs solitaires et froids cachés au fond de la pochette alors on ne la secoue pas trop fort. Et puis Bearsuit.

L’encens se consume toujours doucement. La 4ème face tourne sur la platine. Comme si le vinyle passait plus vite que le cd. La beauté passe toujours trop vite. Turn out the light, you’re just alone in the dark. Une histoire de sourire qui n’atteint pas les yeux. Not a surface thing. Un dardjeeling avec un peu de lait. Juste pour adoucir.

La face qui ne devrait pas se terminer. Le piano électrique de Walking en sonne le glas. Parfois il valait mieux arrêter le cd avant. Exprès. Parce que dormir après Walking c’était parfois difficile. Les soirs restés au fond de la pochette. C’était le cd à ce moment là. Pas le vinyle. Le boitier, la partie où l’on range le cd, sur le support rond avec les sortes de picots, est tout cassé. Ils sont tous enfoncés, ou partis à la poubelle depuis longtemps. Ca ne vaut rien ces trucs là.

Là, on laisse bien la pointe aller jusqu’au bout du sillon, jusqu’à ce que ça fasse clic, clic, clic, clic. Alors on enlève le plateau pour repositionner la courroie sur la poulie 33T pour mettre le disque suivant. En t’attendant.

NOTA : C’est la 75ème chanson sur Killing Me Softly)

Catégorie : 'til 1999, Ecoute s'il pleut

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