627 Juste au coin (Miles Davis)

8 janvier 2010 Par KMS
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Miles Davis : On the corner take 4 (Album : On the corner complete sessions 2007)

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Il faudrait peut être parler de la belle exposition We want Miles avant qu’elle ne se termine le 17 janvier. Sur deux parties bien distinctes elle déroule la carrière de Miles, la première réservée au Miles acoustique, de ses débuts jusqu’à la fin du quintet légendaire avec Wayne Shorter, Herbie Hancock, Ron Carter et Tony Williams, et la seconde située au sous-sol, pour bien marquer le basculement vers le monde de l’électricité, où l’on est accueilli par le film de la prestation de Miles au festival de l’île de Wight.

On trouvera de superbes documents dans la première partie, des photos N&B magnifiques, des partitions originales, annotées de la main de Gil Evans, les notes sommaires données aux musiciens avant l’enregistrement du chef d’oeuvre Kind of blue (on y reviendra un jour), de belles images d’Ascenseur pour l’échafaud, des films et surtout un parcours musical bien documenté sous forme de bornes d’écoutes ou de cabines sonores, expliquant l’évolution de la musique de Miles Davis.

Même si, il faut bien l’avouer, ces explications d’une manière générale, s’adressent moins au spécialiste de Miles, qui n’apprendra pas grand chose, qu’au Davisien néophite. Mais rien que pour les documents sonores et visuels proposés, l’exposition vaut le déplacement, particulièrement pour le film d’un concert avec le quintet d’Hancock, Shorter, Williams etc, des gosses à l’époque.

Malheureusement, la 2ème partie sur le virage électrique et la période finale après le hiatus entre 75 et 81, matérialisé astucieusement par un couloir sombre avec uniquement des photos, est un peu moins riche au niveau des documents (moins de cabines sonores) et explications. J’aurais aimé qu’on insiste plus sur l’importance de l’album In a silent way, qu’on explique ces longues improvisations, le virage funk d’On the corner et son influence sur la musique noire. On regardera par contre avec intérêt l’extrait d’un documentaire sur Teo Macero (le producteur et architecte de In a silent way, Bitches Brew et autres). La dernière salle, après le couloir sombre marquant le silence musical durant 6 années, est à l’image de la fin de carrière de Miles et on pourra donc difficilement lui reprocher sa superficialité.

Néanmoins, la salle d’accueil de cette 2ème partie permet de voir Miles au festival de l’île de Wight sur grand écran et on se régalera en regardant la danse effrénée des doigts d’un Keith Jarrett tout jeune sur son orgue électrique et c’est encore un des temps forts de l’exposition.
On en profitera à la fin de la visite, pour s’asseoir à un des postes informatiques mis à disposition, pour écouter et découvrir une analyse quasi mesure par mesure de So What, analysant de manière remarquable non seulement le thème et la structure (simple) du morceau mais aussi les solos totalement opposés de Davis, Coltrane et Adderley.

Il ne reste qu’une dizaine de jours avant la fermeture, mais malgré mes réserves mineures, vous devriez courir le vaudou jusqu’à l’expo au coin, parce qu’il est quand même assez rare de voir une telle exposition sur un musicien.

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