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	<title>Kill Me Sarah</title>
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	<description>Propos incohérents et bande son pour orgasme (Never Ending Blog saison 12)</description>
	<lastBuildDate>Tue, 14 May 2013 20:06:47 +0000</lastBuildDate>
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		<title>885 En attendant la fin du monde #13</title>
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		<pubDate>Tue, 14 May 2013 19:37:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>KMS</dc:creator>
				<category><![CDATA[En attendant la fin du monde]]></category>
		<category><![CDATA[Mark Kozelek]]></category>

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		<description><![CDATA[<a href="http://kmskma.free.fr/?p=7591"><img align="left" hspace="5" width="150" src="http://kmskma.free.fr/wordpress/wp-content/uploads/la-route-hillcoat.jpg" class="alignleft wp-post-image tfe" alt="" title="la-route-hillcoat" /></a>Mark Kozelek &#38; Jimmy Lavalle : What Happened To My Brother (Perils from the sea 2013)
[Audio clip: Voir la note pour écouter]
Le disque passera quasiment inaperçu, au milieu du reste. Le reste. Justement. Le reste.
Pourtant, en l&#8217;écoutant, au travail, dans les bureaux encore désert, le matin, dans ce gris qui n&#8217;en finit plus, ça ressemblait à la fatalité inéluctable de la fin de ce monde, dans un effondrement insidieux et silencieux. Lent. Comme une gangrène haineuse, rongeant un peu plus les chairs tous les jours.
La fumée opaque des gaz d&#8217;échappement de la camionnette hors d&#8217;âge sur la route, la bêtise humaine, un peu plus prégnante tous les jours, l&#8217;horreur et l&#8217;incompréhension. Ce toboggan infernal sur lequel on se laisse glisser. La crise. Le reste. Le Helter Skelter des Beatles et Charles Manson.
Plus ça va, plus on le sent mais on ne fait rien. &#171;&#160;On le sait bien que nos modes de vie ils sont niqués. On est des vrais connards. On en a rien à foutre. &#171;&#160;
On va finir par vitrifier la planète, deci delà, peut-être au hasard, il faudra juste avoir la chance de ne pas être au mauvais endroit. De la science-fiction dont on aurait gommé, jour après...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.markkozelek.com/"><strong>Mark Kozelek &amp; Jimmy Lavalle</strong></a> : <a href="http://killme.sarahagain.free.fr/radio.blog/mp3/885.mp3"><strong>What Happened To My Brother</strong></a> (<a href="https://soundcloud.com/perils-from-the-sea"><strong>Perils from the sea</strong></a> 2013)</p>
<p>[Audio clip: Voir la note pour écouter]</p>
<p>Le disque passera quasiment inaperçu, au milieu du reste. Le reste. Justement. Le reste.<br />
Pourtant, en l&#8217;écoutant, au travail, dans les bureaux encore désert, le matin, dans ce gris qui n&#8217;en finit plus, ça ressemblait à la fatalité inéluctable de la fin de ce monde, dans un effondrement insidieux et silencieux. Lent. Comme une gangrène haineuse, rongeant un peu plus les chairs tous les jours.<br />
La fumée opaque des gaz d&#8217;échappement de la camionnette hors d&#8217;âge sur la route, la bêtise humaine, un peu plus prégnante tous les jours, l&#8217;horreur et l&#8217;incompréhension. Ce toboggan infernal sur lequel on se laisse glisser. La crise. Le reste. Le Helter Skelter des Beatles et Charles Manson.</p>
<p>Plus ça va, plus on le sent mais on ne fait rien. <em>&laquo;&nbsp;On le sait bien que nos modes de vie ils sont niqués. On est des vrais connards. On en a <a href="http://www.fuirestunepulsion.net/spip.php?article1975"><strong>rien à foutre.</strong></a> &laquo;&nbsp;</em></p>
<p>On va finir par vitrifier la planète, deci delà, peut-être au hasard, il faudra juste avoir la chance de ne pas être au mauvais endroit. De la science-fiction dont on aurait gommé, jour après jour, toute la fiction, pour ne laisser, qu&#8217;une triste réalité.</p>
<div id="attachment_7605" class="wp-caption aligncenter" style="width: 611px"><a rel="lightbox" href="http://kmskma.free.fr/wordpress/wp-content/uploads/la-route-hillcoat.jpg"><img class="size-full wp-image-7605" style="margin: 10px;" title="la-route-hillcoat" src="http://kmskma.free.fr/wordpress/wp-content/uploads/la-route-hillcoat.jpg" alt="" width="601" height="338" /></a><p class="wp-caption-text"> </p></div>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.fuirestunepulsion.net/spip.php?article1975"></a></p>
<p>Ça ressemblait à l&#8217;annonce résignée de la fin de notre monde, ce chant nonchalant. Quelque chose d&#8217;approchant. Rien de spectaculaire. Juste dans la mélodie, ces notes tombant, tirées vers la mélancolie. Un peu brumeuses.</p>
<p>Ils disaient hier, aux infos, entre les cris et fumées de crétins décérébrés, le nombre d&#8217;années de cotisations pour la retraite pourrait passer à 44 ans. Toujours plus. Plus longtemps.Le calcul mental s&#8217;est enclenché rapidement, pour estimer, à quel âge, il serait de toute manière trop tard. Trop tard. Encore quelques années et on finira par sécher comme des momies sur nos postes de travail où l&#8217;on viendra nous décrocher dans un bruit mat et un voile de poussière pour nous jeter dans la poubelle de recyclage des déchets humains.</p>
<p>Kozelek, c&#8217;était juste le cocon dans lequel on s&#8217;enroule, résigné un peu. Les yeux perdus derrière la fenêtre. Il aurait fallu mettre ensuite, l&#8217;<span style="text-decoration: underline;">ENORME</span> dernier album de <a href="http://www.icidailleurs.com/index.php?route=product/category&amp;path=110"><strong>Mendelson</strong></a>. Mais on est au bureau, on fait ce qu&#8217;on peut. Là, seul dans le bâtiment.</p>
<p>Je repensais à <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Soleil_vert_%28film%29"><strong>Soylent Green</strong></a>. Je pensais aussi à <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/The_Omega_Man"><strong>The Omega Man</strong></a> avec le même Charlton Heston. Le Survivant en VF. L&#8217;adaptation de Je suis une légende de Richard Matheson. Je repensais au Fléau de Stephen King. A toutes ces visions post apocalyptique qui ne servent peut-être uniquement qu&#8217;à repousser l&#8217;échéance. Stephen King aimerait cette idée. Dans Le Survivant, Charlton Heston se projette Woodstock pour la 103ème fois dans une salle de cinéma forcément vide. Je pensais à La route. Pas celle de Kerouac.</p>
<p>Il n&#8217;y a pas de rapport, il n&#8217;y a jamais de rapport et la voix de Kozelek, comme détachée, continuait de flotter dans l&#8217;air gris, en nuage palpable. C&#8217;était juste l&#8217;atmosphère d&#8217;un matin comme les autres ou presque, avec les voitures déboulant sur le boulevard. Les bureaux se sont remplis petit à petit.</p>
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		<title>884 Rideaux (Tindersticks)</title>
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		<comments>http://kmskma.free.fr/?p=7578#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 01 May 2013 12:48:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>KMS</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ecoute s'il pleut]]></category>
		<category><![CDATA[Poussiere]]></category>
		<category><![CDATA[Tindersticks]]></category>
		<category><![CDATA[Vent]]></category>

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		<description><![CDATA[<a href="http://kmskma.free.fr/?p=7578"><img align="left" hspace="5" width="150" src="http://kmskma.free.fr/wordpress/wp-content/uploads/Curtains.jpg" class="alignleft wp-post-image tfe" alt="" title="Curtains" /></a>Tindersticks : Don&#8217;t look down (Curtains 1997)
[Audio clip: Voir la note pour écouter]
Le ciel
gris,
le vent chargé d&#8217;humidité, un manque de
chaleur
et l&#8217;impression persistante de ne pas en sortir.
Et puis, le calme soudain, dès que l&#8217;aiguille de la cellule se pose sur le
vinyle
noir, avec cette respiration ténue des supports vivants.
Le
soyeux
des cuivres, des bois, la montée de l&#8217;orchestre.
Les cordes sifflant comme le vent.
La voix de Stuart.
Ils ne font plus de disques comme celui-là ou bien nous n&#8217;écoutons plus leurs
disques
comme nous écoutions celui-là dans la lumière tamisée.
Le vinyle est en
45 tours.
12 pouces, 45 tours. Il y a plus de
sons
dans le sillon en 45 tours. Une présence supplémentaire. Comme si ce disque en avait besoin alors qu&#8217;il a toujours été-là,
présent,
mais le grain charnel du son.
Le grondement de la
basse.
Cela semble si proche et pourtant,
déjà,
si loin. Je sais qu&#8217;il y a plus que du son dans ces chansons, pas seulement de
l&#8217;air
mis en mouvement par les hauts-parleurs.
Le disque que l&#8217;on craint d&#8217;user de peur qu&#8217;il ne s&#8217;effrite comme la
poussière
du temps qui passe.
Comme une photo
écornée
glissée dans son portefeuille, rangée entre deux
souvenirs.
L&#8217;impression de dessiner avec du
vent
sur le ciel gris derrière la fenêtre comme on voudrait pouvoir le faire avec son propre
souffle.
Cette histoire de sourire qui n&#8217;atteint jamais les
yeux,
cette histoire de...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.tindersticks.co.uk/tomorrows/"><strong>Tindersticks</strong></a> : <a href="http://killme.sarahagain.free.fr/radio.blog/mp3/884.mp3"><strong>Don&#8217;t look down</strong></a> (<a href="http://www.xsilence.net/disque-3555.htm"><strong>Curtains</strong></a> 1997)</p>
<p>[Audio clip: Voir la note pour écouter]</p>
<p><div id="attachment_7581" class="wp-caption aligncenter" style="width: 640px"><a rel="lightbox" href="http://kmskma.free.fr/wordpress/wp-content/uploads/Curtains.jpg"><img class="size-full wp-image-7581" style="margin: 10px;" title="Curtains" src="http://kmskma.free.fr/wordpress/wp-content/uploads/Curtains.jpg" alt="" width="630" height="417" /></a><p class="wp-caption-text"> </p></div><br />
Le ciel<br />
gris,<br />
le vent chargé d&#8217;humidité, un manque de<br />
chaleur<br />
et l&#8217;impression persistante de ne pas en sortir.<br />
Et puis, le calme soudain, dès que l&#8217;aiguille de la cellule se pose sur le<br />
vinyle<br />
noir, avec cette respiration ténue des supports vivants.<br />
Le<br />
soyeux<br />
des cuivres, des bois, la montée de l&#8217;orchestre.<br />
Les cordes sifflant comme le vent.<br />
La voix de Stuart.<br />
Ils ne font plus de disques comme celui-là ou bien nous n&#8217;écoutons plus leurs<br />
disques<br />
comme nous écoutions celui-là dans la lumière tamisée.<br />
Le vinyle est en<br />
45 tours.<br />
12 pouces, 45 tours. Il y a plus de<br />
sons<br />
dans le sillon en 45 tours. Une présence supplémentaire. Comme si ce disque en avait besoin alors qu&#8217;il a toujours été-là,<br />
présent,<br />
mais le grain charnel du son.<br />
Le grondement de la<br />
basse.<br />
Cela semble si proche et pourtant,<br />
déjà,<br />
si loin. Je sais qu&#8217;il y a plus que du son dans ces chansons, pas seulement de<br />
l&#8217;air<br />
mis en mouvement par les hauts-parleurs.<br />
Le disque que l&#8217;on craint d&#8217;user de peur qu&#8217;il ne s&#8217;effrite comme la<br />
poussière<br />
du temps qui passe.<br />
Comme une photo<br />
écornée<br />
glissée dans son portefeuille, rangée entre deux<br />
souvenirs.<br />
L&#8217;impression de dessiner avec du<br />
vent<br />
sur le ciel gris derrière la fenêtre comme on voudrait pouvoir le faire avec son propre<br />
souffle.<br />
Cette histoire de sourire qui n&#8217;atteint jamais les<br />
yeux,<br />
cette histoire de chambre d&#8217;hôtel où l&#8217;on<br />
baise<br />
dans la salle de bains, cette histoire où l&#8217;on essaye de tomber<br />
amoureux<br />
à nouveau, ces histoires gravées dans le sillon comme on pouvait,<br />
adolescent,<br />
graver des noms sur l&#8217;écorce d&#8217;un arbre.<br />
Les disques qui ne s&#8217;oublient pas, comme des<br />
obsessions.</p>
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		<item>
		<title>883 Comme on va (Songs:Ohia)</title>
		<link>http://kmskma.free.fr/?p=7540</link>
		<comments>http://kmskma.free.fr/?p=7540#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 08 Apr 2013 19:34:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>KMS</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ecoute s'il pleut]]></category>
		<category><![CDATA[Froid]]></category>
		<category><![CDATA[hiver]]></category>
		<category><![CDATA[Liszt]]></category>
		<category><![CDATA[Piano]]></category>
		<category><![CDATA[Songs:Ohia]]></category>

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		<description><![CDATA[<a href="http://kmskma.free.fr/?p=7540"><img align="left" hspace="5" width="150" src="http://kmskma.free.fr/wordpress/wp-content/uploads/tumblr_m3csa1jx2X1rv7ohro1_500.jpg" class="alignleft wp-post-image tfe" alt="" title="Songs: Ohoa - Didn" /></a>Songs: Ohia : Didin&#8217;t it rain (Didn&#8217;t it rain 2002)
[Audio clip: Voir la note pour écouter]
Comme on va.
Comme on vient.
Comme on vit.
Sans trop savoir.
L&#8217;hiver tire en longueur.
J&#8217;écoute Mobb Deep.
J&#8217;écoute Mos Def.
J&#8217;écoute Kat Onoma.
Il y  avait encore tout à l&#8217;heure quelques flocons.
Relire Guy Debord. Burroughs aussi.
Chercher l&#8217;Interzone. Qui n&#8217;est déjà plus que chimique.
Le piano dans la nuit, comme des notes venues d&#8217;Italie.
L&#8217;angélus de la troisième Année de Pèlerinage.
Le vent aussi.
La pluie.
Au fond, pas assez loin, jamais assez loin, ces haines exacerbées.
Le monde hurlant, tel un monstre aux membres arrachés.Jason Molina est mort.
J&#8217;ai ressorti les disques noirs de Songs: Ohia, il y en a plusieurs.
Je rêve parfois de caresser de la mousse rouge sur des rochers de granit, perdus sur la lande balayée par les vents.
Au loin les falaises.
Une histoire de pierre de lune.
Quitte à être dans le froid.
Toutes ces vagues qui noient, submergent.
Flots invisibles.
Les angoisses qui nouent les tripes.
Savoir au moins qui enfonce ces dards dans les flans.
L&#8217;histoire se répète, on le sait bien.
J&#8217;aurais tant voulu jouer Chopin.
Dans une maison, avec vue sur la mer, une mer sombre et ventée.
Un feu dans le cheminée.
Ces endroits d&#8217;où on ne peut plus fuir.
Comme cette île, au large de Vancouver, dernière plage sur...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://content.magnoliaelectricco.com/"><strong>Songs: Ohia</strong></a> : <a href="http://killme.sarahagain.free.fr/radio.blog/mp3/883.mp3"><strong>Didin&#8217;t it rain</strong></a> (<a href="http://www.xsilence.net/disque-3352.htm"><strong>Didn&#8217;t it rain</strong></a> 2002)</p>
<p>[Audio clip: Voir la note pour écouter]</p>
<p>Comme on va.<br />
Comme on vient.<br />
Comme on vit.<br />
Sans trop savoir.<br />
L&#8217;hiver tire en longueur.<br />
J&#8217;écoute Mobb Deep.<br />
J&#8217;écoute Mos Def.<br />
J&#8217;écoute Kat Onoma.<br />
Il y  avait encore tout à l&#8217;heure quelques flocons.<br />
Relire Guy Debord. Burroughs aussi.<br />
Chercher l&#8217;Interzone. Qui n&#8217;est déjà plus que chimique.<br />
Le piano dans la nuit, comme des notes venues d&#8217;Italie.<br />
L&#8217;angélus de la troisième Année de Pèlerinage.<br />
Le vent aussi.<br />
La pluie.<br />
Au fond, pas assez loin, jamais assez loin, ces haines exacerbées.<br />
Le monde hurlant, tel un monstre aux membres arrachés.<div id="attachment_7564" class="wp-caption alignright" style="width: 410px"><a rel="lightbox" href="http://kmskma.free.fr/wordpress/wp-content/uploads/tumblr_m3csa1jx2X1rv7ohro1_500.jpg"><img class="size-full wp-image-7564 " style="margin: 10px;" title="Songs: Ohoa - Didn't it rain" src="http://kmskma.free.fr/wordpress/wp-content/uploads/tumblr_m3csa1jx2X1rv7ohro1_500.jpg" alt="" width="400" height="400" /></a><p class="wp-caption-text"> </p></div>Jason Molina est mort.<br />
J&#8217;ai ressorti les disques noirs de Songs: Ohia, il y en a plusieurs.<br />
Je rêve parfois de caresser de la mousse rouge sur des rochers de granit, perdus sur la lande balayée par les vents.<br />
Au loin les falaises.<br />
Une histoire de pierre de lune.<br />
Quitte à être dans le froid.<br />
Toutes ces vagues qui noient, submergent.<br />
Flots invisibles.<br />
Les angoisses qui nouent les tripes.<br />
Savoir au moins qui enfonce ces dards dans les flans.<br />
L&#8217;histoire se répète, on le sait bien.<br />
J&#8217;aurais tant voulu jouer Chopin.<br />
Dans une maison, avec vue sur la mer, une mer sombre et ventée.<br />
Un feu dans le cheminée.<br />
Ces endroits d&#8217;où on ne peut plus fuir.<br />
Comme cette île, au large de Vancouver, dernière plage sur le pacifique.<br />
Le bout du monde.<br />
L&#8217;endroit d&#8217;où on ne peut plus se fuir.<br />
J&#8217;ai gardé longtemps, cette image, en fond d&#8217;écran.<br />
Qu&#8217;est-elle devenue?<br />
Tenter de retrouver le fil.<br />
Ces mots abandonnés. Presque oubliés, durant des jours.<br />
Qui ne veulent plus rien dire aujourd&#8217;hui.<br />
Un peu trop tard dans ce monde qui va trop vite.<br />
En décalé.<br />
Comme une carte postale de l&#8217;étranger.<br />
Arrivant après qu&#8217;on soit rentré.<br />
Le temps de tourner la tête.<br />
Dans le jardin, le <a href="http://kmskma.free.fr/?p=6439"><strong>magnolia</strong></a> n&#8217;a toujours pas fleuri.<br />
Il a déjà presque trois semaines de retard.</p>
<img src="http://kmskma.free.fr/wordpress/?ak_action=api_record_view&id=7540&type=feed" alt="" />]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>882 Homme Piano (Glenn Gould)</title>
		<link>http://kmskma.free.fr/?p=7549</link>
		<comments>http://kmskma.free.fr/?p=7549#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 31 Mar 2013 14:46:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>KMS</dc:creator>
				<category><![CDATA[Music of my mind]]></category>
		<category><![CDATA[Bach]]></category>
		<category><![CDATA[Classical way]]></category>
		<category><![CDATA[Glenn Gould]]></category>
		<category><![CDATA[Piano]]></category>

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		<description><![CDATA[<a href="http://kmskma.free.fr/?p=7549"><img align="left" hspace="5" width="150" src="http://kmskma.free.fr/wordpress/wp-content/uploads/glenn-gould-pianist-parks.jpeg" class="alignleft wp-post-image tfe" alt="" title="glenn-gould-pianist-parks" /></a>Glenn Gould : Préludes &#38; fugues 1&#38; 2 (J.S Bach : Le clavier bien tempéré, livre 1 1962)
[Audio clip: Voir la note pour écouter]
&#171;&#160;Notre existence consiste à être continuellement contre la nature et à procéder contre la nature, disait Glenn, à procéder contre la nature jusqu&#8217;au moment où nous baissons les bras parce que la nature est plus forte que nous, nous qui, par outrecuidance, avons fait de nous-mêmes un produit de l&#8217;art. Nous ne sommes pas des hommes, nous sommes des produits de l&#8217;art, l&#8217;interprète au piano est un produit de l&#8217;art, une chose répugnante, dit-il pour conclure. Nous sommes ceux qui voulons continuellement échapper à la nature mais nous n&#8217;y arrivons pas, naturellement, dit-il, pensai-je, nous restons sur le carreau. Au fond, nous voulons être piano, dit-il, non pas homme mais piano, notre vie durant nous voulons être piano et pas homme, nous fuyons l&#8217;homme que nous sommes pour devenir entièrement piano, et pourtant cela échoue nécessairement, et pourtant nous ne voulons pas y croire, c&#8217;est lui qui parle. L&#8217;interprète au piano (il ne disait jamais pianiste !) est celui qui veut être piano, et je me dis d&#8217;ailleurs chaque jour, au réveil, que je veux être le...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.glenngould.com/us/home"><strong>Glenn Gould</strong></a> : <a href="http://killme.sarahagain.free.fr/radio.blog/mp3/882.mp3"><strong>Préludes &amp; fugues 1&amp; 2</strong></a> (<a href="http://www.musicologie.org/theses/gould_01.html"><strong>J.S Bach : Le clavier bien tempéré, livre 1</strong></a> 1962)</p>
<p>[Audio clip: Voir la note pour écouter]</p>
<div id="attachment_7553" class="wp-caption alignright" style="width: 520px"><a rel="lightbox" href="http://kmskma.free.fr/wordpress/wp-content/uploads/glenn-gould-pianist-parks.jpeg"><img class="size-full wp-image-7553  " title="glenn-gould-pianist-parks" src="http://kmskma.free.fr/wordpress/wp-content/uploads/glenn-gould-pianist-parks.jpeg" alt="" width="510" height="446" /></a><p class="wp-caption-text"> </p></div>
<blockquote><p><em>&laquo;&nbsp;Notre existence consiste à être continuellement contre la nature et à procéder contre la nature, disait Glenn, à procéder contre la nature jusqu&#8217;au moment où nous baissons les bras parce que la nature est plus forte que nous, nous qui, par outrecuidance, avons fait de nous-mêmes un produit de l&#8217;art. Nous ne sommes pas des hommes, nous sommes des produits de l&#8217;art, l&#8217;interprète au piano est un produit de l&#8217;art, une chose répugnante, dit-il pour conclure. Nous sommes ceux qui voulons continuellement échapper à la nature mais nous n&#8217;y arrivons pas, naturellement, dit-il, pensai-je, nous restons sur le carreau. Au fond, nous voulons être piano, dit-il, non pas homme mais piano, notre vie durant nous voulons être piano et pas homme, nous fuyons l&#8217;homme que nous sommes pour devenir entièrement piano, et pourtant cela échoue nécessairement, et pourtant nous ne voulons pas y croire, c&#8217;est lui qui parle. L&#8217;interprète au piano (il ne disait jamais pianiste !) est celui qui veut être piano, et je me dis d&#8217;ailleurs chaque jour, au réveil, que je veux être le Steinway, non point l&#8217;homme qui joue sur le Steinway, c&#8217;est le Steinway lui-même que je veux être. Parfois nous sommes proches de cet idéal, dit-il, très proches, spécialement quand nous croyons que nous sommes d&#8217;ores et déjà fous, quasiment sur le chemin de cette démence que nous craignons plus que tout au monde. Il haïssait l&#8217;idée de n&#8217;être qu&#8217;un médiateur de musique entre Bach et le Steinway et de se retrouver un jour broyé entre Bach et le Steinway, un jour, c&#8217;est lui qui parle, je serai broyé entre Bach d&#8217;une part et le Steinway d&#8217;autre part, dit-il, pensai-je.</em></p>
<p><em> </em><em></em><em>À longueur de vie, j&#8217;ai peur d&#8217;être broyé entre Bach et Steinway, et je dois faire un effort démesuré pour échapper à cette horreur, dit-il. L&#8217;idéal serait que je sois Steinway, je pourrais me passer de Glenn Gould, dit-il, en étant Steinway, je pourrais rendre Glenn Gould superflu. Mais il n&#8217;y a pas, à ce jour, un seul interprète au piano qui soit parvenu à se rendre superflu en étant Steinway, c&#8217;est Glenn qui parle. Me réveiller un jour et être Steinway et Glenn en un seul, dit-il, pensai-je, Glenn Steinway, Steinway Glenn, uniquement pour Bach. </em></p></blockquote>
<p>Thomas Bernhard : <a href="http://blogs.rue89.com/balagan/2012/12/08/le-naufrage-de-bernhard-refait-surface-accro-ou-pas-accrochez-vous-229139"><strong>Le naufragé</strong></a></p>
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		</item>
		<item>
		<title>881 Peeled off of the wood (Ed Harcourt)</title>
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		<pubDate>Sat, 16 Mar 2013 14:12:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>KMS</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ecoute s'il pleut]]></category>
		<category><![CDATA[Samedis Musicaux]]></category>
		<category><![CDATA[Ed Harcourt]]></category>
		<category><![CDATA[Piano]]></category>
		<category><![CDATA[Tom Waits]]></category>

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		<description><![CDATA[<a href="http://kmskma.free.fr/?p=7518"><img align="left" hspace="5" width="150" src="http://kmskma.free.fr/wordpress/wp-content/uploads/backintothewoods1.jpg" class="alignleft wp-post-image tfe" alt="" title="backintothewoods" /></a>Ed Harcourt : Back into the woods (Back in the woods 2013)
[Audio clip: Voir la note pour écouter]
&#171;&#160;I used to play piano in this bar, The Phoenix Bar, 1998, and I got sacked after two weeks for passing out in the toilets. As you do. A lot of the students from St Martins would come in and be like, “Do you know any Tom Waits?” and I knew all the songs because I’d just been singing them and learning them on the piano. So I would just sit there and play stuff from Small Change. Not in his voice. Just in my own voice. So yeah, kind of like a shit version, basically.&#160;&#187; 
Peut-être qu&#8217;on a tous rêvé ça à un moment donne de notre vie, jouer des reprises de Tom Waits dans un piano bar un peu miteux. Sur un piano blanc, défraîchi, sur fond de verres s&#8217;entrechoquant.
Toujours une histoire de piano. 
J&#8217;aime bien l&#8217;histoire que raconte Ed Harcourt sur Tom Waits. Sur lui. Dans sa (belle) sélection d&#8217;albums où le premier choisi est justement Small Change. Tout le monde a une histoire avec Tom Waits en fait.
Lowside of the road : A life of Tom Waits de Barney...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://edharcourt.com/"><strong>Ed Harcourt</strong></a> : <a href="http://killme.sarahagain.free.fr/radio.blog/mp3/881.mp3"><strong>Back into the woods</strong></a> (<a href="http://www.soundofviolence.net/articles/album/3171/ed_harcourt_back_in_the_woods.html"><strong>Back in the woods</strong></a> 2013)</p>
<p>[Audio clip: Voir la note pour écouter]</p>
<blockquote><p><em>&laquo;&nbsp;I used to play piano in this bar, The Phoenix Bar, 1998, and I got sacked after two weeks for passing out in the toilets. As you do. A lot of the students from St Martins would come in and be like, “Do you know any Tom Waits?” and I knew all the songs because I’d just been singing them and learning them on the piano. So I would just sit there and play stuff from Small Change. Not in his voice. Just in my own voice. So yeah, kind of like a shit version, basically.&nbsp;&raquo; </em></p></blockquote>
<div id="attachment_7530" class="wp-caption alignright" style="width: 460px"><a rel="lightbox" href="http://kmskma.free.fr/wordpress/wp-content/uploads/backintothewoods1.jpg"><img class="size-full wp-image-7530 " style="margin: 10px;" title="backintothewoods" src="http://kmskma.free.fr/wordpress/wp-content/uploads/backintothewoods1.jpg" alt="" width="450" height="450" /></a><p class="wp-caption-text"> </p></div>
<p>Peut-être qu&#8217;on a tous rêvé ça à un moment donne de notre vie, jouer des reprises de Tom Waits dans un piano bar un peu miteux. Sur un piano blanc, défraîchi, sur fond de verres s&#8217;entrechoquant.<br />
Toujours une histoire de piano. </p>
<p>J&#8217;aime bien l&#8217;histoire que raconte Ed Harcourt sur Tom Waits. Sur lui. Dans sa (belle) <a href="http://thequietus.com/articles/11543-ed-harcourt-favourite-albums?page=2"><strong>sélection d&#8217;albums</strong></a> où le premier choisi est justement Small Change. Tout le monde a une histoire avec Tom Waits en fait.</p>
<p><a href="http://www.guardian.co.uk/culture/2009/mar/08/biography-music-tom-waits"><strong>Lowside of the road : A life of Tom Waits</strong></a> de Barney Hoskyns traîne depuis déjà quelques temps sur les étagères et qu&#8217;il faudra que je lise un jour, un jour ou deux. (il y une trad française chez Rivages Rouge sortie depuis).</p>
<p>Il y a du Tom Waits dans le dernier album d&#8217;Ed Harcourt qu&#8217;il a enregistré quasiment seul avec son piano et sa guitarte à Abbey Road. Il y a du Tom Waits, sans le côté déglingo et les freaks de foire, mais du Tom Waits, celui des débuts, comme un fantôme obsédant et irrattrapable.</p>
<blockquote><p><em>&laquo;&nbsp;I met him, actually, a few years ago. That was one of the most nerve-wracking moments ever. I told him that my daughter had been born to one of his songs. And he said, “Well, I guess something’s got to be playing when you’re born.” And there was this weird pause, and then he went, “When my wife was pregnant I took her to see Eraserhead”. You know when they say ‘Never meet your idols’? It was like the complete opposite. It was like, “That’s it. I can die now.”&nbsp;&raquo;</em></p></blockquote>
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		</item>
		<item>
		<title>880 Caroline dit : Tu ne me parles plus (Nick Cave)</title>
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		<pubDate>Thu, 21 Feb 2013 20:08:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>KMS</dc:creator>
				<category><![CDATA[Music of my mind]]></category>
		<category><![CDATA[Bad Seeds]]></category>
		<category><![CDATA[Caroline]]></category>
		<category><![CDATA[Elizabeth Taylor]]></category>
		<category><![CDATA[Hannah Montana]]></category>
		<category><![CDATA[Miley Cyrus]]></category>
		<category><![CDATA[Nick Cave]]></category>
		<category><![CDATA[Tom Waits]]></category>

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		<description><![CDATA[<a href="http://kmskma.free.fr/?p=7443"><img align="left" hspace="5" width="150" src="http://kmskma.free.fr/wordpress/wp-content/uploads/Nick-CavePush-The-Sky-Away.jpg" class="alignleft wp-post-image tfe" alt="" title="Nick CavePush The Sky Away" /></a>Nick Cave &#38; the Bad Seeds : Higgs Boson Blues (Push the Sky Away 2013)
[Audio clip: Voir la note pour écouter]
Caroline dit en tapotant son verre de son ongle rouge :
— Tu me négliges, tu ne me parles plus.
— Si. La preuve. Je ne répondrais pas sinon.
Caroline dit, fronçant les sourcils :
— Tu parles. Enfin non justement. Tu réponds mais tu ne parles pas. Ce n&#8217;est pas la même chose. Mets nous un disque en attendant.
— Ça je le fais toujours.
Caroline dit :
— Tu n&#8217;écris plus c&#8217;est pour ça que tu ne me parles plus.
— Oui. Pour l&#8217;écriture. Je ne sais pas trop pourquoi. Plus motivé. Ça fait trop longtemps que je raconte les mêmes choses. Je le suis le premier à m&#8217;en être lassé. Et puis je vieillis. Ou je ne sais pas.
Caroline dit levant les yeux au plafond :
— L&#8217;âge c&#8217;est le prétexte idéal à la fainéantise.
— Peut-être. J&#8217;ai la tête ailleurs aussi.
Caroline dit, tournant la tête :
— A qui? Mais qu&#8217;est-ce que tu me fais dire?
— Rien, c&#8217;est toi qui me fait parler.
Caroline dit :
— Ça devient compliqué-là. L&#8217;écriture alors? Vas-y explique.
— Le manque d&#8217;inspiration. Au bout d&#8217;un moment. Cette impression persistante de tourner en rond. De...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.nick-cave.com/"><strong>Nick Cave &amp; the Bad Seeds</strong></a> : <a href="http://killme.sarahagain.free.fr/radio.blog/mp3/880.mp3"><strong>Higgs Boson Blues</strong></a> (<a href="http://666rpm.blogspot.fr/2013/02/nick-cave-bad-seeds-push-sky-away.html"><strong>Push the Sky Away</strong></a> 2013)</p>
<p>[Audio clip: Voir la note pour écouter]</p>
<p>Caroline dit en tapotant son verre de son ongle rouge :<br />
— Tu me négliges, tu ne me parles plus.<br />
— Si. La preuve. Je ne répondrais pas sinon.<br />
Caroline dit, fronçant les sourcils :<br />
— Tu parles. Enfin non justement. Tu réponds mais tu ne parles pas. Ce n&#8217;est pas la même chose. Mets nous un disque en attendant.<br />
— Ça je le fais toujours.<br />
Caroline dit :<br />
— Tu n&#8217;écris plus c&#8217;est pour ça que tu ne me parles plus.<br />
— Oui. Pour l&#8217;écriture. Je ne sais pas trop pourquoi. Plus motivé. Ça fait trop longtemps que je raconte les mêmes choses. Je le suis le premier à m&#8217;en être lassé. Et puis je vieillis. Ou je ne sais pas.<br />
Caroline dit levant les yeux au plafond :<br />
— L&#8217;âge c&#8217;est le prétexte idéal à la fainéantise.<br />
— Peut-être. J&#8217;ai la tête ailleurs aussi.<br />
Caroline dit, tournant la tête :<br />
— A qui? Mais qu&#8217;est-ce que tu me fais dire?<br />
— Rien, c&#8217;est toi qui me fait parler.<br />
Caroline dit :<br />
— Ça devient compliqué-là. L&#8217;écriture alors? Vas-y explique.<br />
— Le manque d&#8217;inspiration. Au bout d&#8217;un moment. Cette impression persistante de tourner en rond. De répéter les mêmes histoires, de délayer la même nostalgie, le même passé. </p>
<div id="attachment_7492" class="wp-caption alignright" style="width: 510px"><a rel="lightbox" href="http://kmskma.free.fr/wordpress/wp-content/uploads/Nick-CavePush-The-Sky-Away.jpg"><img class="size-full wp-image-7492" style="margin: 10px;" title="Nick CavePush The Sky Away" src="http://kmskma.free.fr/wordpress/wp-content/uploads/Nick-CavePush-The-Sky-Away.jpg" alt="" width="500" height="500" /></a><p class="wp-caption-text"> </p></div>
<p>Caroline dit :<br />
— L&#8217;inspiration ça se travaille. Pense au présent. Et ce disque?<br />
— Tu veux dire que si j&#8217;écrivais plus j&#8217;écrirais plus? Ça me parait assez logique remarque.<br />
Caroline dit :<br />
— Te fous pas de moi, tu as parfaitement compris.<br />
— Certes. Tiens je vais mettre un chanteur qui écrit ça sera déjà ça.<br />
Caroline dit en se levant :<br />
— Et pourquoi pas un écrivain qui chante?<br />
— Ah. Style Houellebecq? Il était bien son disque mais il ne chantait pas vraiment. Ou Cohen, il écrivait avant de chanter.<br />
Caroline dit :<br />
— Oui tu me l&#8217;as raconté il y a longtemps, tu sais, quand tu me parlais encore. Et Houelleberk me dégoûte un peu. Il parait qu&#8217;il pue. Alors qui?<br />
— Tu tiens ça d&#8217;où? Je vais mettre le dernier Nick Cave. Il y aurait Dominique A aussi mais je n&#8217;ai rien lu de lui.<br />
Caroline dit, une clémentine à la main:<br />
— Celui qui chante la chanson où il dit qu&#8217;il aime les <a href="http://www.youtube.com/watch?v=piIg58AxRCY"><b>fesses</b></a> de sa copine?<br />
— Oui, mais elle n&#8217;est pas de lui cette chanson, c&#8217;est une reprise d&#8217;un <a href="http://polyphonicsize.free.fr/"><b>groupe Belge</b></a> obscur. Remarque le dernier Nick Cave fait aussi dans la fesse un peu. Sur la pochette. Même si on ne les voit pas.</p>
<p>Caroline dit, attrapant la pochette :<br />
— Ah oui je vois pourquoi tu as choisis celui-là&#8230; Il écrit Nick Caverne?<br />
— C&#8217;est sa femme sur la pochette, la fille nue. Très jolie d&#8217;ailleurs. C&#8217;est marrant que tu dises Nick Caverne, ça me fait penser à un vieil ami Irlandais qui l&#8217;appelait toujours comme ça. Il a écrit deux bouquins.<br />
Caroline dit :<br />
— Ton ami Irlandais? Et Tom Waits il n&#8217;a pas écrit de livres? En fait j&#8217;ai envie d&#8217;écouter Tom Waits.<br />
— Mais non, Nick Caverne comme tu dis. Pas de bouquin pour Tom Waits. C&#8217;est dommage note bien. Je suis certain que ça aurait de la gueule et du style. Une sorte de Bukowski pastoral sous acide. Avec des monstres. Mais là on va mettre Nick Cave.<br />
Caroline dit, épluchant sa clémentine :<br />
— Tu as décidé de me contrarier, c&#8217;est déjà ça remarque. Alors ses livres à lui c&#8217;est quoi?<br />
— Une histoire d&#8217;âne et d&#8217;ange mais je ne l&#8217;ai pas encore lue. Et puis la Mort de Bunny Munro, l&#8217;histoire d&#8217;un loser priapique, représentant de commerce flanqué de son gosse dans une sorte de road trip de troisième zone après le suicide de sa femme.<br />
Caroline dit d&#8217;une moue dubitative :<br />
— Je ne suis pas certaine que ça fasse envie ta description. J&#8217;ai dû le voir dans tes piles de livres, Bunny Munro, une couverture avec un lapin.<br />
— C&#8217;est ça. Probablement ce qu&#8217;il a fait de mieux ces dix dernières années.<br />
Caroline dit :<br />
— Mieux que ses disques? Ah bon? C&#8217;est marrant pour un musicien.<br />
— Ça lui permettait de dire des choses différentes, sous une autre forme. C&#8217;est peut-être ça le truc. Se sentir moins obligé d&#8217;être dans son rôle.<br />
Caroline dit :<br />
— Tu vois, alors tu devrais chanter, au lieu de dire que tu n&#8217;écris plus.<br />
— Je vais peut-être écrire finalement, je laisse le chant à Nick.<br />
Caroline dit en baillant :<br />
— Alors ce disque?<br />
— Il est comme la pochette, très beau. Mais avec moins de poils pubiens.<br />
Caroline dit :<br />
— Elle n&#8217;en a pourtant pas beaucoup la femme de Nick. Tu veux dire que les chansons sont épilées?<br />
— C&#8217;est un peu ça. Un peu lisses, mais on a tellement aimé le Cave rugueux&#8230; C&#8217;est difficile de vieillir pour les chanteurs, on les juge toujours à l&#8217;aune de ce qu&#8217;ils ont fait avant. Mais il y a un truc dans ce disque, dans ces chansons, un truc qui me touche, comme si ça tamisait automatiquement mes lumières internes. Quelque chose comme ça.<br />
Caroline dit en tordant sa bouche :<br />
— C&#8217;est parce que tu aimes bien quand&#8230; hum&#8230; enfin c&#8217;est joli cette histoire de lumière. Bon on va peut être l&#8217;écouter non? Parce que là tu n&#8217;arrêtes pas de parler mais on n&#8217;écoute pas.<br />
— Tu vois que je parle. Allez je mets la première face.</p>
<p>Caroline dit  :<br />
— Tsssss. J&#8217;aime bien sa voix. Elle fait des choses en profondeur.<br />
— Tant que c&#8217;est sa voix ça ira. Tu vois en même temps je peux comprendre qu&#8217;on n&#8217;aime pas ce disque, je crois que je ne saurais pas le défendre, mais l&#8217;atmosphère étrange qui s&#8217;en dégage, un peu brumeuse, c&#8217;est parfait pour cet hiver.<br />
Caroline dit, en avalant un quartier de clémentine :<br />
— Il ne voudrait pas de moi Nick Cave, je ne voudrais pas poser nue sur la pochette.<br />
— Ça ne doit pas être son seul critère je pense. Et moi je t&#8217;y verrais bien.<br />
Caroline dit :<br />
— Ne rêve pas. Elle est triste cette chanson.<br />
— Toute la première face. Comme s&#8217;il avait eu besoin de se débarrasser de ça pour continuer. Mais il y a des paroles marrantes quand même. Tu verras sur Mermaids il dit qu&#8217;il croit en dieu mais aussi aux sirènes.<br />
Caroline dit  :<br />
— Je ne vois pas ce qu&#8217;il y a de marrant. Tout le monde sait que les sirènes existent. Elle est bien celle-là. Jubilee Street, c&#8217;est ça? Elle est moins triste que celles d&#8217;avant. Il dit qu&#8217;il vole?<br />
— Les sirènes oui, mais dieu c&#8217;est moins certain. Oui il vole. Juste avant il dit qu&#8217;il vibre et qu&#8217;il rayonne. Sur la deuxième face il y a aussi une chanson qui raconte ce qu&#8217;il lui est arrivé après avoir écrit Jubilee Street. Une sorte de mise en abîme.<br />
Caroline dit, l&#8217;air rêveuse :<br />
— Un Nick Cave vibrant et rayonnant c&#8217;est troublant et évocateur&#8230; hmmm&#8230; Je ne sais jamais s&#8217;il y a un un accent circonflexe sur abîme.<br />
— Mon père disait &laquo;&nbsp;Le chapeau de la cime est tombé dans l&#8217;abîme&nbsp;&raquo;. C&#8217;est facile pour s&#8217;en souvenir.<br />
Caroline dit, attrapant négligemment un magazine :<br />
— Et Nick? Il tombe après avoir volé? Comme le chapeau de la cime?<br />
— Va savoir. Peut-être pour cela qu&#8217;il voit les sirènes au fond de l&#8217;océan.<br />
Caroline dit allongeant ses longues jambes :<br />
— Ça se tient tout ça en fait. C&#8217;est cohérent.<br />
<div id="attachment_7493" class="wp-caption alignleft" style="width: 458px"><a rel="lightbox" href="http://kmskma.free.fr/wordpress/wp-content/uploads/Picture-6.png"><img class="size-full wp-image-7493" style="margin: 10px;" title="Picture-6" src="http://kmskma.free.fr/wordpress/wp-content/uploads/Picture-6.png" alt="" width="448" height="297" /></a><p class="wp-caption-text">Le boson de Higgs</p></div>— Ça part plus en vrille vers la fin. Sur Higgs Boson Blues, il mélange Hannah Montana, tu sais la fille des séries pré-ados, Robert Johnson, un vieux bluesman qui aurait vendu son âme au diable pour apprendre à jouer de la guitare, et le boson de Higgs, une particule mythique dont on n&#8217;était pas certain de l&#8217;existence, découverte il y a peu à Genève. D&#8217;ailleurs il roule dans les rues de la ville au début de la chanson.<br />
Caroline dit,  :<br />
— C&#8217;est compliqué un peu non? Il veut en venir où?<br />
— On ne sait pas trop mais ce n&#8217;est pas très important. C&#8217;est la meilleure chanson de l&#8217;album. Il dit aussi que s&#8217;il meurt ce soir il veut être enterré avec ses chaussures préférées. En cuir verni jaune.<br />
Caroline dit :<br />
— Je ne suis pas certaine que ça aille avec ses beaux costumes trois pièces sombres, mais ça doit être les chaussures qu&#8217;il met lorsqu&#8217;il n&#8217;est pas habillé en Nick Cave. Style pantoufles débraillées.<br />
— Tu as déjà vu des pantoufles en cuir verni jaune toi? C&#8217;est bien le genre de Bunny Munro par contre.<br />
Caroline dit, ramenant ses jambes sous elle :<br />
— Ne sous estime pas Nick. Et qu&#8217;est-ce qu&#8217;elle fait-là dedans Hannah Montana?<br />
— Un peu n&#8217;importe quoi. En fait, totalement n&#8217;importe quoi mais à la fin, Miley Cyrus, celle qui joue Hannah, finit dans une piscine où elle flotte sans que l&#8217;on sache vraiment si elle est vivante ou morte. Une sorte de vengeance personnelle.<br />
Caroline dit :<br />
— Pourquoi? Il lui en veut ? Elle a l&#8217;air tellement éloignée de lui cette pauvre fille plutôt mièvre.<br />
— Elle est sûrement plus délurée que tu ne le penses. C&#8217;est parce que lorsqu&#8217;il a visité le musée de <a href="http://www.madametussauds.com/"><strong>Mme Tussauds</strong></a> avec ses enfants, ils n&#8217;arrêtaient pas de tourner autour de la statue d&#8217;Hannah Montana alors que dans la salle à côté il y avait Elizabeth Taylor en Cléopâtre et ils ne savaient pas qui c&#8217;était. Ça l&#8217;a déprimé. Il en a voulu à Hannah Montana d&#8217;éclipser Elizabeth Taylor.<br />
Caroline dit :<br />
— Ça c&#8217;est le conflit des générations mon petit Nick.<br />
— Ça doit surtout être son style de femme, Elizabeth Taylor, à sa grande époque. Tumultueuse et passionnée. Ensuite il dit <em>you&#8217;re the best girl I&#8217;ve ever had</em>, va savoir de qui il parle, mais sûrement pas de Miley Cyrus. Peut-être de sa femme sur la pochette.<br />
Caroline dit, tapant la place à côté d&#8217;elle de sa main fine :<br />
— Bon tais-toi un peu, assieds-toi à côté de moi et mets-nous la 2ème face, je veux entendre la chanson sur le boson avec Miley Cirus dans la piscine. Et je veux entendre Nick me chanter <em>you&#8217;re the best girl I&#8217;ve ever had</em> avec sa voix grave.<br />
— Tssss, tu voulais que je parle alors je parle. Et puis je vais finir par être jaloux. J&#8217;aurais dû mettre Tom Waits en fait.<br />
Caroline dit, posant son doigt sur mes lèvres :<br />
— Chuuuuut. Tais-toi.</p>
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		</item>
		<item>
		<title>879 Grateful Dead (The Grateful Dead)</title>
		<link>http://kmskma.free.fr/?p=7420</link>
		<comments>http://kmskma.free.fr/?p=7420#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 08 Feb 2013 21:06:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>KMS</dc:creator>
				<category><![CDATA[7 Tease]]></category>
		<category><![CDATA[Ecoute s'il pleut]]></category>
		<category><![CDATA[Grateful Dead]]></category>

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		<description><![CDATA[<a href="http://kmskma.free.fr/?p=7420"><img align="left" hspace="5" width="150" src="http://kmskma.free.fr/wordpress/wp-content/uploads/GD.jpg" class="alignleft wp-post-image tfe" alt="" title="GD" /></a>The Grateful Dead : Terrapin&#8217; Station (The Closing of Winterland 1994)
[Audio clip: Voir la note pour écouter]
Il n&#8217;y a pas de hasard, ou je ne veux plus y croire. Allez signer la vente de la maison du grand-père, mort en 1971, chez un notaire qui n&#8217;a rien trouvé de mieux qu&#8217;installer ses bureaux dans l&#8217;ancienne clinique où est mort mon père dix ans plus tard, je ne peux croire à la coïncidence. Comme si, plus par les lieux que par la signature apposée au bas de pages imprimées, on bouclait une boucle, on terminait un cycle. Ou on en commence un autre. Ce qui revient au même.
Dans les rares moments où je pouvais écouter un peu de musique dans la folie des journées sans fin de ces dernières semaines, sans fin, parfois usantes, sûrement mû aussi quelque part par une sorte de curiosité ethnologique face à ces mondes différents, dans ces rares instants, c&#8217;est vers le Grateful Dead que je me tournais alors que je ne dois posséder qu&#8217;un seul et vieux live du groupe. Comme si dans ces instants particulier ressortait une volonté de percer un mystère musical presque toujours resté hermétique jusque là.
Les Morts Reconnaissants, le choix n&#8217;était...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.dead.net/"><strong>The Grateful Dead</strong></a> : <a href="http://killme.sarahagain.free.fr/radio.blog/mp3/879.mp3"><strong>Terrapin&#8217; Station</strong></a> (<a href="http://www.sputnikmusic.com/review/1060/The-Grateful-Dead-The-Closing-of-Winterland/"><strong>The Closing of Winterland</strong></a> 1994)</p>
<p>[Audio clip: Voir la note pour écouter]</p>
<div id="attachment_7429" class="wp-caption alignright" style="width: 370px"><a rel="lightbox" href="http://kmskma.free.fr/wordpress/wp-content/uploads/GD.jpg"><img class="size-full wp-image-7429 " style="margin: 10px;" title="GD" src="http://kmskma.free.fr/wordpress/wp-content/uploads/GD.jpg" alt="" width="360" height="563" /></a><p class="wp-caption-text"> </p></div>
<p>Il n&#8217;y a pas de hasard, ou je ne veux plus y croire. Allez signer la vente de la maison du grand-père, mort en 1971, chez un notaire qui n&#8217;a rien trouvé de mieux qu&#8217;installer ses bureaux dans l&#8217;ancienne clinique où est mort mon père dix ans plus tard, je ne peux croire à la coïncidence. Comme si, plus par les lieux que par la signature apposée au bas de pages imprimées, on bouclait une boucle, on terminait un cycle. Ou on en commence un autre. Ce qui revient au même.</p>
<p>Dans les rares moments où je pouvais écouter un peu de musique dans la folie des journées sans fin de ces dernières semaines, sans fin, parfois usantes, sûrement mû aussi quelque part par une sorte de curiosité ethnologique face à ces mondes différents, dans ces rares instants, c&#8217;est vers le Grateful Dead que je me tournais alors que je ne dois posséder qu&#8217;un seul et vieux live du groupe. Comme si dans ces instants particulier ressortait une volonté de percer un mystère musical presque toujours resté hermétique jusque là.</p>
<p>Les Morts Reconnaissants, le choix n&#8217;était certainement pas plus innocent que le reste, en contraste avec la folie moderne, mais pas seulement. Comme se regarder à l&#8217;envers dans un miroir. Histoire de renverser l&#8217;hommage.<br />
Il y a dans les guitares de Jerry Garcia et Bob Weir, sans parler de la basse grondante de Phil Lesh, une résonance particulière, un écho personnel inexplicable. Rien que de la musique de hippies qui commençaient à fatiguer mais après tout pourquoi pas.<br />
C&#8217;était la fermeture du <a href="https://maps.google.fr/maps?q=winterland&amp;hl=fr&amp;ll=37.78586,-122.435074&amp;spn=0.013007,0.018368&amp;num=50&amp;safe=off&amp;fb=1&amp;gl=fr&amp;hq=winterland&amp;cid=0,0,7852393889021214692&amp;t=h&amp;z=16&amp;layer=c&amp;cbll=37.785881,-122.434888&amp;panoid=XB5JOEUaPIFkmy00bEOsYg&amp;cbp=12,228.32,,0,0"><strong>Winterland</strong></a>, le 31 décembre 78 ou le 1er janvier 79 c&#8217;est comme tu veux, ils ont dit happy new year avec le décompte et le concert a commencé. C&#8217;était la fermeture. Une fête un peu triste sûrement.<br />
Ils étaient déjà d&#8217;une époque révolue les Morts en 78 ou 79. De vieux souvenirs d&#8217;une utopie partie en fumée depuis longtemps, abandonnée sur des buvards séchés. Les morts sont toujours d&#8217;une époque révolue. Terrapin&#8217; Station, ça sonnait comme un au revoir, avec ses belles guitares claires.</p>
<p>J&#8217;écoutais la notaire nous lire l&#8217;acte derrière son grand bureau en bois un peu démesuré, contrastant fortement avec l&#8217;état un peu miteux de la salle d&#8217;attente de l&#8217;étude. Je pensais que ça serait comme de projeter un bout d&#8217;existence en accéléré et puis au final non, tout ça est banalement administratif et ennuyeux (ou ennuyant je ne sais jamais vraiment). Il n&#8217;y a rien d&#8217;autres dans les mots sans âmes des actes notariés, en dehors d&#8217;un ennui nécessaire.</p>
<p>Je me disais elle répète les mêmes articles, les mêmes textes à chaque fois, mais on fait tous ça, répéter les mêmes mots, les mêmes gestes. La répétition fait tellement partie du travail. On y appose juste des variations plus ou moins infimes. Combien de fois Jerry Garcia aura joué cette chanson (<a href="http://www.setlists.net/?search=true&amp;venue=&amp;city=&amp;state=&amp;month=&amp;day=&amp;year=&amp;songs=Terrapin+station&amp;submit=Search"><strong>302 fois</strong></a> dit internet)(je suis toujours ébahi de pouvoir trouver ce genre d&#8217;informations en 15 secondes)(internet ne cessera peut-être jamais de m&#8217;étonner) ? </p>
<p>En sortant il pleuvait, ce qui tout bien réfléchi, était assez normal. Il n&#8217;y a pas de hasard.</p>
<p><a href="http://kmskma.free.fr/?p=7420"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p>
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		<title>878 Into the white (Bark Psychosis)</title>
		<link>http://kmskma.free.fr/?p=7408</link>
		<comments>http://kmskma.free.fr/?p=7408#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 19 Jan 2013 12:48:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>KMS</dc:creator>
				<category><![CDATA['til 1999]]></category>
		<category><![CDATA[Ecoute s'il pleut]]></category>
		<category><![CDATA[Samedis Musicaux]]></category>
		<category><![CDATA[Bark Psychosis]]></category>
		<category><![CDATA[Ed Harcourt]]></category>
		<category><![CDATA[Erik Satie]]></category>
		<category><![CDATA[neige]]></category>
		<category><![CDATA[Yo La Tengo]]></category>

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		<description><![CDATA[<a href="http://kmskma.free.fr/?p=7408"><img align="left" hspace="5" width="150" src="http://kmskma.free.fr/wordpress/wp-content/uploads/jardinblanc.jpg" class="alignleft wp-post-image tfe" alt="" title="jardinblanc" /></a>Bark Psychosis : The Loom (Hex 1994)
[Audio clip: Voir la note pour écouter]
Into the white et pas
seulement
à cause de tout ce
blanc
par deux fois cette semaine et cela ne semble pas fini, on oublie toujours comment doivent être les
hivers
et je ne sais si c&#8217;est pour cette raison mais les disques
écoutés
cette semaine avaient une saveur plus intime, une sensation impalpable manquant globalement à tout ce qui a pu sortir l&#8217;année
dernière,
quelque chose de plus
charnel
comme si je croquais dans des musiques plus mures
ou bien est-ce seulement ce coton dehors faisant sonner les
notes
un peu plus proches.
Même dans le RER l&#8217;autre
matin
en écoutant le superbe dernier album de Yo La
Tengo
la sensation d&#8217;isolement face au reste du
monde
et le soir avec le
piano
d&#8217;Ed Harcourt il me semblait remonter le temps assis dans mon fauteuil ou bien n&#8217;était-ce que la
fatigue sûrement trop prégnante ces
derniers
jours avec toute cette agitation.
Le piano oui, et c&#8217;était Satie aussi, depuis Honfleur, sous les doigts d&#8217;Anne Qeffélec, les pièces froides, ce n&#8217;est pas un
hasard
très certainement mais l&#8217;envie m&#8217;a pris de me remettre sur ce piano dont je n&#8217;ai jamais su jouer, de tenter
maladroitement
de placer mes doigts sur les notes de la première Gymnopédie, bancale, alors plutôt jouer Ballad of a
Thin
Man de Bob mais un jour, réussir à...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.discogs.com/artist/Bark+Psychosis"><strong>Bark Psychosis</strong></a> : <a href="http://killme.sarahagain.free.fr/radio.blog/mp3/878.mp3"><strong>The Loom</strong></a> (<a href="http://www.xsilence.net/disque-1823.htm"><strong>Hex</strong></a> 1994)</p>
<p>[Audio clip: Voir la note pour écouter]</p>
<p>Into the white et pas<br />
seulement<br />
à cause de tout ce<br />
blanc<br />
par deux fois cette semaine et cela ne semble pas fini, on oublie toujours comment doivent être les<br />
hivers<br />
et je ne sais si c&#8217;est pour cette raison mais les disques<br />
écoutés<br />
cette semaine avaient une saveur plus intime, une sensation impalpable manquant globalement à tout ce qui a pu sortir l&#8217;année<br />
dernière,<br />
quelque chose de plus<br />
charnel<br />
comme si je croquais dans des musiques plus mures<br />
ou bien est-ce seulement ce coton dehors faisant sonner les<br />
notes<br />
un peu plus proches.<br />
Même dans le RER l&#8217;autre<br />
matin<br />
en écoutant le superbe dernier album de Yo La<br />
Tengo<br />
<div id="attachment_7413" class="wp-caption aligncenter" style="width: 710px"><a rel="lightbox" href="http://kmskma.free.fr/wordpress/wp-content/uploads/jardinblanc.jpg"><img class="size-full wp-image-7413" style="margin: 10px;" title="jardinblanc" src="http://kmskma.free.fr/wordpress/wp-content/uploads/jardinblanc.jpg" alt="" width="700" height="536" /></a><p class="wp-caption-text">(Photo ©KMS 2013)</p></div><br />
la sensation d&#8217;isolement face au reste du<br />
monde<br />
et le soir avec le<br />
piano<br />
d&#8217;Ed Harcourt il me semblait remonter le temps assis dans mon fauteuil ou bien n&#8217;était-ce que la<br />
fatigue sûrement trop prégnante ces<br />
derniers<br />
jours avec toute cette agitation.<br />
Le piano oui, et c&#8217;était Satie aussi, depuis Honfleur, sous les doigts d&#8217;<a href="http://open.spotify.com/album/4rskXBmiwzeddEDdTtLLIz"><strong>Anne Qeffélec</strong></a>, les pièces froides, ce n&#8217;est pas un<br />
hasard<br />
très certainement mais l&#8217;envie m&#8217;a pris de me remettre sur ce piano dont je n&#8217;ai jamais su jouer, de tenter<br />
maladroitement<br />
de placer mes doigts sur les notes de la première Gymnopédie, bancale, alors plutôt jouer Ballad of a<br />
Thin<br />
Man de Bob mais un jour, réussir à dérouiller mes doigts ou plutôt, surtout, y passer le<br />
temps<br />
nécessaire et j&#8217;ai toujours voulu jouer Sad<br />
Lisa<br />
du Chat Stevens aussi, parce que j&#8217;ai toujours aimé les chansons avec un prénom de<br />
fille<br />
dans le titre, la faute au Velvet et à<br />
Lou<br />
Reed sans aucun<br />
doute<br />
et à cette fille aussi, sûrement, il y a si longtemps, il y avait de la neige également, la Marne avait gelé.<br />
Into the white, a whirlwind cold, pour faire référence au <a rel="lightbox" href="http://kmskma.free.fr/wordpress/wp-content/uploads/sonic-youth-lp.jpg"><strong>dessin</strong></a> de Raymond Petitbon sur la pochette de<br />
Goo<br />
même si je ne &laquo;&nbsp;tape&nbsp;&raquo; pas la route contrairement à Jack, mais c&#8217;est une autre histoire. Alors j&#8217;ai mis la réédition vinyle du Hex de Bark Psychosis, une sorte de disque idéal par ce temps apaisé, c&#8217;est bien la qualité première de la neige, de<br />
ralentir<br />
le temps, d&#8217;imposer le calme et le<br />
silence<br />
comme si tout était un peu étouffé et on n&#8217;est pas pressé que ça fonde pour retrouver le monde habituel dessous, sale et<br />
bruyant.<br />
Into the white, ça faisait longtemps finalement.</p>
<img src="http://kmskma.free.fr/wordpress/?ak_action=api_record_view&id=7408&type=feed" alt="" />]]></content:encoded>
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		<title>877 Suicide, it&#8217;s a suicide (Bobbie Gentry)</title>
		<link>http://kmskma.free.fr/?p=7333</link>
		<comments>http://kmskma.free.fr/?p=7333#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 22 Dec 2012 16:50:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>KMS</dc:creator>
				<category><![CDATA[En attendant la fin du monde]]></category>
		<category><![CDATA[Je me souviens]]></category>
		<category><![CDATA[Music of my mind]]></category>
		<category><![CDATA[Samedis Musicaux]]></category>
		<category><![CDATA[Bob Dylan]]></category>
		<category><![CDATA[Bobbie Gentry]]></category>
		<category><![CDATA[Joe Dassin]]></category>
		<category><![CDATA[Suicide song]]></category>

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		<description><![CDATA[<a href="http://kmskma.free.fr/?p=7333"><img align="left" hspace="5" width="150" src="http://kmskma.free.fr/wordpress/wp-content/uploads/mariejeanne.jpg" class="alignleft wp-post-image tfe" alt="" title="mariejeanne" /></a>Bobbie Gentry : Ode to Billie Joe (Ode to Billie Joe 1967)
[Audio clip: Voir la note pour écouter]
La première version, il ne faut pas rêver, c&#8217;était celle de Joe Dassin. Celle qui restera comme ça dans un coin malgré tout, avant, longtemps après, de découvrir que ce n&#8217;était pas l&#8217;originale. Quelque chose était resté. La mélodie, le côté sombre et dramatique, la guitare. Entendu sur l&#8217;autoradio dans la voiture, Europe 1 ou RTL, ou à la maison, mêmes radios. C&#8217;était quand? 1970? 1971?

En fait non, bien plus vieux, 1967. Quand ai-je entendu cette chanson pour la première fois? A l&#8217;époque, les tubes, comme l&#8217;été, duraient longtemps. 1967. J&#8217;avais 6 ans. Il n&#8217;y a eu l&#8217;autoradio qu&#8217;à partir de 1967 dans la voiture, dans l&#8217;ID 19. La traction avant noire, du moins dans ma mémoire, n&#8217;en possédait pas (mais une boîte de vitesse avec seulement trois rapports).
Alors peut-être 1968 ou 1969. Durant les vacances, lorsque le transistor bleu fonctionnait toute la journée. Peut-être est-ce cette histoire de suicide, de mort, comprise probablement à moitié mais suffisamment pour susciter des craintes, qui explique que paroles et la mélodie soient restées.
On en revient toujours finalement à la question de Nick Hornby : What...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://thetalentedbobbiegentry.com/"><strong>Bobbie Gentry</strong></a> : <a href="http://killme.sarahagain.free.fr/radio.blog/mp3/877.mp3"><strong>Ode to Billie Joe</strong></a> (<a href="http://www.discogs.com/Bobbie-Gentry-Ode-To-Billie-Joe/release/785044"><strong>Ode to Billie Joe</strong></a> 1967)</p>
<p>[Audio clip: Voir la note pour écouter]</p>
<p>La première version, il ne faut pas rêver, c&#8217;était celle de Joe Dassin. Celle qui restera comme ça dans un coin malgré tout, avant, longtemps après, de découvrir que ce n&#8217;était pas l&#8217;originale. Quelque chose était resté. La mélodie, le côté sombre et dramatique, la guitare. Entendu sur l&#8217;autoradio dans la voiture, Europe 1 ou RTL, ou à la maison, mêmes radios. C&#8217;était quand? 1970? 1971?</p>
<p><iframe src="https://embed.spotify.com/?uri=spotify:track:1EMUvW7c7Jgeu3U016hWuV" width="300" height="80" frameborder="0" allowtransparency="false"></iframe></p>
<p>En fait non, bien plus vieux, 1967. Quand ai-je entendu cette chanson pour la première fois? A l&#8217;époque, les tubes, comme l&#8217;été, duraient longtemps. 1967. J&#8217;avais 6 ans. Il n&#8217;y a eu l&#8217;autoradio qu&#8217;à partir de 1967 dans la voiture, dans l&#8217;ID 19. La traction avant noire, du moins dans ma mémoire, n&#8217;en possédait pas (mais une boîte de vitesse avec seulement trois rapports).</p>
<div id="attachment_7367" class="wp-caption alignright" style="width: 419px"><a rel="lightbox" href="http://kmskma.free.fr/wordpress/wp-content/uploads/mariejeanne.jpg"><img class="size-full wp-image-7367" style="margin: 10px;" title="mariejeanne" src="http://kmskma.free.fr/wordpress/wp-content/uploads/mariejeanne.jpg" alt="" width="409" height="410" /></a><p class="wp-caption-text"> </p></div>
<p>Alors peut-être 1968 ou 1969. Durant les vacances, lorsque le transistor bleu fonctionnait toute la journée. Peut-être est-ce cette histoire de suicide, de mort, comprise probablement à moitié mais suffisamment pour susciter des craintes, qui explique que paroles et la mélodie soient restées.<br />
On en revient toujours finalement à la question de Nick Hornby : <em>What came first? The music or the misery?</em> Pourquoi le souvenir de cette chanson est resté plus prégnant que d&#8217;autres tubes du même Joe Dassin que la radio devait déverser allègrement (les Dalton? (pour le tagada tagada); J&#8217;irai siffler sur la colline&#8230;)? Les autres n&#8217;étaient que des chansons. L&#8217;histoire de Marie-Jeanne sautant du pont de la Garonne avait plus que ça.</p>
<p>J&#8217;ai gardé le sentiment que la famille, à table, <em>passe moi donc le pain</em>, prenait la nouvelle avec une indifférence incroyable, du moins les parents, ça me paraissait effrayant. C&#8217;était peut-être pour cela que c&#8217;est resté va savoir. Ou alors ça ne surprenait personne que Marie-Jeanne ait sauté du pont de la Garonne.</p>
<p>Le fils en perd l&#8217;appétit, mais ils n&#8217;ont pas l&#8217;air de comprendre pourquoi. Ou bien sont-ils soulagés de la mort de Marie Jeanne et n&#8217;osent le montrer. On peut tout imaginer. Le comportement pourrait être ambigu. <em>&laquo;&nbsp;Mon grand tu n&#8217;as pas beaucoup d&#8217;appétit, J&#8217;ai cuisiné tout ce matin, et tu n&#8217;as rien touché, tu n&#8217;as rien pris&nbsp;&raquo;</em>.<br />
A un tel point qu&#8217;il en même préférable de ne pas imaginer. Il y a un peu de <em>Ces gens-là</em> de Brel dans les parents. Dans cette cruauté. C&#8217;était ça qui me terrifiait et me fascinait en même temps, du haut de mes neuf ou dix ans. Cette indifférence. Et le courage qu&#8217;avait dû avoir Marie-Jeanne pour sauter du haut de ce foutu pont. On l&#8217;imaginait jolie Marie-Jeanne, avec de longs cheveux blonds qui avaient dû flotter dans le vent le temps de sa chute. Une vision triste et romantique à la fois.</p>
<p>Le reste de l&#8217;histoire, ce qui n&#8217;est dit qu&#8217;à demi-mots, m&#8217;avait échappé. Le fait que le fils sortait avec Marie-Jeanne, et qu&#8217;ils aient jeté &laquo;&nbsp;quelque chose&nbsp;&raquo; du haut du pont de la Garonne. Ce &laquo;&nbsp;quelque chose&nbsp;&raquo; ayant probablement à voir avec le fait que Marie-Jeanne se soit ensuite jetée du haut de ce même  pont de la Garonne. Mais à 9 ou 10 ans, cette partie m&#8217;avait échappée. Le drame du suicide de Marie-Jeanne était suffisant. Il y avait en tout cas, une sorte de cruauté ordinaire et rurale dans cette histoire. Ils auraient été plus touchés par la mort de leur vache. C&#8217;est l&#8217;impression que ça laissait.</p>
<p>La musique me touchait aussi, du moins dans le souvenir, peut-être n&#8217;est-ce venu que plus tard, mais cela semble faire un tout dans la mémoire. J&#8217;ai même le souvenir de chanter les paroles plus ou moins en yaourth, durant les vacances, en courant autour de la toile bleue marine de la tente familiale, plantée dans le champs derrière la maison de cette vague cousine de mon père, sur le Salève, dominant Genève et le lac Léman.</p>
<p>Pas vraiment le genre de chansons pour enfants pourtant (contrairement aux Dalton que je chantais également, et que je date de la même époque à peu près)(il est tellement facile dorénavant de vérifier cela en une poignée de seconde : même année, 1967).</p>
<p>La musique portait quelque chose en elle, un détachement par rapport au drame qui se vivait pendant ses couplets. Le son de la guitare acoustique et du violoncelle aussi. Mais ça s&#8217;insinuait dans les méandres de l&#8217;esprit, les violons après que la voix descendent dans les graves pour nous dire que Marie-Jeanne avait sauté du pont de la Garonne. </p>
<p>Le pont, j&#8217;arrivais à le visualiser. On en voyait à la montagne, je voyais bien de quel pont il pouvait s&#8217;agir. Quelque chose comme celui du <a rel="lightbox" href="http://3.bp.blogspot.com/_fO3frqrJhQo/S86vUBLaJJI/AAAAAAAABFk/qRucI7oxMCE/s1600/01.JPG"><strong>Pont de la Caille</strong></a> ou le <a rel="lightbox" href="http://media.communes.com/images/orig/rhone-alpes/haute-savoie/gruffy_74540/Gruffy_9166_Le-pont-de-l-Abime-qui-enjambe-le-Cheran-entre-Cusy-et-Gru.jpg"><strong>pont de l’Abîme</strong></a>. J&#8217;imaginais bien les gorges étroites en-dessous et cette pauvre fille enjambant le parapet.</p>
<div id="attachment_7385" class="wp-caption alignright" style="width: 442px"><a rel="lightbox" href="http://kmskma.free.fr/wordpress/wp-content/uploads/Bobbie1.jpg"><img class="size-full wp-image-7385 " style="margin: 10px;" title="Bobbie1" src="http://kmskma.free.fr/wordpress/wp-content/uploads/Bobbie1.jpg" alt="" width="432" height="389" /></a><p class="wp-caption-text"> </p></div>
<p>Les années ont passé. Un jour on découvre la version originale. Celle de Bobbie Gentry qui avait inondé les radios Américaines durant l&#8217;été 67. La chanson à l&#8217;origine était la face B de Mississippi Delta qui ouvre l&#8217;album. Le destin et les programmateurs radio en ont décidé autrement.<br />
Les chanteurs français avaient trouvé le filon à l&#8217;époque. Ils adaptaient tout ce qui marchait aux US et dont quasiment personne n&#8217;entendait parler en France. Dans la foulée du succès de la chanson de Gentry, Joe Dassin avait fait la sienne (mais les paroles sont de Jean-Marie Rivat).</p>
<p>Quand on écoute la version originale, on se rend compte de plusieurs choses. D&#8217;abord le genre a été inversé, normal puisque c&#8217;est une fille qui chante. Dans la version originale, c&#8217;est Billie Joe qui saute du pont de Tallahatchie Bridge (Billie Joe comme il est indiqué sur la pochette d&#8217;origine et non Billy Joe comme lu trop souvent). L&#8217;histoire se passe le 3 juin au lieu du quatre et on se demande bien pourquoi. Le reste de la version française est une traduction quasi fidèle des paroles, transposées dans la campagne française, on n&#8217;y ramasse pas le coton mais on traite les vignes et ramasse le foin. On y mange du gratin au lieu des Blackeyed peas.</p>
<p>Et puis voilà, ce n&#8217;est plus la Garonne, ni Bourg Les Essonnes qui d&#8217;ailleurs n&#8217;existe que pour la rime. Bobbie Gentry parle de son coin, le Mississippi. Elle y est née. Pas très loin de Choctaw Ridge (qu&#8217;on ne confondra pas avec le Choctaw Ridge du comté de Webster, un peu plus loin). La crête (ridge) qui domine la plaine où coule la Tallahatchie.</p>
<div id="attachment_7368" class="wp-caption alignleft" style="width: 418px"><a rel="lightbox" href="http://kmskma.free.fr/wordpress/wp-content/uploads/choctaw_ridge_map.jpg"><img class="size-full wp-image-7368 " style="margin: 10px;" title="choctaw_ridge_map" src="http://kmskma.free.fr/wordpress/wp-content/uploads/choctaw_ridge_map.jpg" alt="" width="408" height="510" /></a><p class="wp-caption-text"> </p></div>
<p>Un sacré trou d&#8217;ailleurs. Le patelin est entre Clarksdale et Tupelo, c&#8217;est d&#8217;ailleurs-là que s&#8217;installera le frère à la fin de la chanson. <em>Tiupeulo</em>, il faut entendre comme elle dit ça.<br />
Clarskdale, la ville du <a href="https://maps.google.fr/maps?q=clarksdale+devil%27s+crossroads&amp;hl=fr&amp;ll=34.194659,-90.563886&amp;spn=0.006789,0.009184&amp;num=50&amp;safe=off&amp;hq=clarksdale+devil%27s+crossroads&amp;radius=15000&amp;t=h&amp;z=17&amp;layer=c&amp;cbll=34.194853,-90.563781&amp;panoid=YuV7Pp_4_zSOlqfsqsP3GA&amp;cbp=12,249.17,,0,1.95"><strong>Devil&#8217;s Crossroad</strong></a>, ce carrefour mythique où la légende dit que Robert Johnson aurait vendu son âme au diable pour apprendre à jouer le blues.</p>
<p>Tupelo c&#8217;est aussi du mythe. La ville où Elvis Presley est né. Mais est-ce que ça aurait parlé à grand monde en France en 1967. Tupelo. La Garonne et Bourg Les Essonnes ça sonnait bien de chez nous et de côté-là ça restait bien dans le ton de la version originale. Du bouseux pur fruit.<br />
Mais Tupelo, Clarksdale, juste en-dessous de Memphis, tout de suite ça positionne un peu plus le contexte, le deep south. Le sud profond.</p>
<p>Le Tallahatchie Bridge est encore plus au milieu de nulle part, dans la plaine. Un <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Tallahatchie_River"><strong>pont de film américain</strong></a> avec cette structure supérieure métallique. La rivière passe juste en-dessous. Il faut bien avouer qu&#8217;il ne ressemble en rien à ce que j&#8217;avais imaginé enfant. On est loin du <a href="http://kmskma.free.fr/?p=541"><strong>Bixby Canyon Bridge</strong></a> de Jack Kerouac.</p>
<p>C&#8217;est tout sauf un hasard le choix de ce pont. Il y a certes la proximité mais pas seulement.<br />
Peut-être parce que la Tallahatchie, la rivière dans laquelle Billie Joe se jette avait déjà une histoire tragique à son actif, une vraie celle-là, avant la chanson de Bobbie Gentry. C&#8217;est celle où <a href="http://kmskma.free.fr/?p=406"><strong>Emmet Till</strong></a> a été balancé par les types qui l&#8217;avaient lynché auparavant, en 1955, pour avoir tenté de fricoter avec une blanche. L&#8217;histoire avait fait du bruit lorsque la photo du visage d&#8217;Emmett Till totalement défiguré par le lynchage avait été publiée dans la <a href="http://juachelle.files.wordpress.com/2011/12/emmett-till-news-square.jpg?w=848"><strong>presse</strong></a>. Bob Dylan en a fait une chanson de cette histoire d&#8217;ailleurs, mais elle restée coincée dans les outtakes de The Freewheelin&#8217;.</p>
<p>Avec tous ces détails qui n&#8217;en sont pas, on se dit qu&#8217;il y a peut-être autre chose dans la chanson de Bobbie Gentry. Peut-être une histoire raciale. On se dit que la fille est peut être noire, Billie Joe blanc. Surtout que dans les environs de Choctaw Ridge, en 1967, ça doit encore moyennement rigoler si tu as le malheur d&#8217;être noir. On y trouve encore certainement des toilettes séparées pour les noirs dans les gares et autres lieux publics. D&#8217;où peut-être le profil bas, la pseudo indifférence des parents et le silence de la fille. Mais ce n&#8217;est qu&#8217;une hypothèse&#8230;</p>
<p>Rien de tout ça forcément dans  la version franchouillarde de Joe Dassin. On est juste chez les péquenots. C&#8217;était aussi ce qui la rendait palpable pour un gosse de neuf ou dix ans, souvent effrayé lorsque ça lui arrivait d&#8217;aller chez des paysans à la voix forte et aux manières brusques.</p>
<p>La version originale porte néanmoins le même mystère que son adaptation française. Qu&#8217;est-ce que Billie Joe et la fille ont jeté du pont? Ou Marie-Jeanne et son petit copain dans la version Joe Dassin? Tous les scénarios sont possible. Beaucoup ont imaginé qu&#8217;ils jetaient par-dessus le pont, le fruit mort-né de leurs amours.</p>
<div id="attachment_7369" class="wp-caption alignright" style="width: 505px"><a rel="lightbox" href="http://kmskma.free.fr/wordpress/wp-content/uploads/550px-BobbieGentryBridge1967.jpg"><img class="size-full wp-image-7369" style="margin: 10px;" title="550px-BobbieGentryBridge1967" src="http://kmskma.free.fr/wordpress/wp-content/uploads/550px-BobbieGentryBridge1967.jpg" alt="" width="495" height="539" /></a><p class="wp-caption-text"> </p></div>
<p>Pourquoi Billie Joe s&#8217;est jeté dans les eaux boueuses de la Tallahatchie ? On imagine, si l&#8217;on reste sur l&#8217;hypothèse d&#8217;une histoire d&#8217;amour entre un blanc et une noire, que celle-ci était impossible. Ce n&#8217;est qu&#8217;à partir du <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Interracial_marriage_in_the_United_States"><strong>12 juin 1967</strong></a> que les mariages inter-raciaux (i.e entre blancs et noirs) sont devenus légaux dans tous les états du sud des Etats-Unis, dont le Mississippi où se passe l&#8217;histoire, quelques semaines avant la sortie de la chanson. C&#8217;est peut-être ce qui l&#8217;a poussé à sauter du pont. Cette histoire d&#8217;amour impossible à vivre. On peut aussi se dire que la fille a peut-être mis fin à leur histoire pour les mêmes raisons, ou de peur d&#8217;être découvert. Elle savait très bien comment ça se finirait pour elle comme pour lui. Elle savait très bien. Mais <em>Billy Joe never had a lick of sense</em> comme dit le père&#8230;</p>
<p>Elle l&#8217;aimait son Billie Joe. Elle ne l&#8217;a pas oublié. Les deux derniers vers de la chanson sont explicites : <em>And me, I spend a lot of time pickin&#8217; flowers up on Choctaw Ridge, And drop them into the muddy water off the Tallahatchie Bridge.</em> Elle l&#8217;aimait, malgré sa jeunesse que l&#8217;on devine, à en aller encore jeter des fleurs du haut du pont de la Tallahatchie plus d&#8217;un an après le saut de Billie Joe.<br />
D&#8217;ailleurs dans la version française, le garçon, sûrement moins sentimental, est moins assidu dans son souvenir, <em>de temps en temps j&#8217;vais ramasser, quelques fleurs du côté des Essonnes</em>.</p>
<p>Tout ceci n&#8217;est que conjectures. Bobbie Gentry ayant expliqué dans une interview en 1975 qu&#8217;il n&#8217;y avait pas d&#8217;histoire cachée à comprendre. Mais l&#8217;histoire passionnait, ce côté mystérieux. A un tel point qu&#8217;un <a href="http://www.imdb.com/title/tt0074995/"><strong>film</strong></a> a été fait à partir de la chanson, en brodant l&#8217;histoire autour des paroles. Dans le film Billie Joe se suicide car il ne peut supporter son homosexualité qu&#8217;il a essayé de cacher en ayant une aventure avec la pseudo narratrice de la chanson.</p>
<div id="attachment_7388" class="wp-caption alignleft" style="width: 496px"><a rel="lightbox" href="http://kmskma.free.fr/wordpress/wp-content/uploads/newtallahatchiebridge.jpg"><img class="size-full wp-image-7388  " style="margin: 10px;" title="newtallahatchiebridge" src="http://kmskma.free.fr/wordpress/wp-content/uploads/newtallahatchiebridge.jpg" alt="" width="486" height="323" /></a><p class="wp-caption-text">New Tallahatchie Bridge</p></div>
<p>Le pont de la chanson s&#8217;est effondré en 1972, mais ça Bobbie Gentry ne pouvait l&#8217;imaginer lorsqu&#8217;elle a écrit les paroles. C&#8217;est normalement le pont de <a href="https://maps.google.fr/maps?q=Money,+%C3%89tat+du+Mississippi,+%C3%89tats-Unis&amp;hl=fr&amp;ie=UTF8&amp;sll=48.680793,2.502588&amp;sspn=2.774583,4.702148&amp;oq=money,+mississi&amp;t=h&amp;hnear=Money,+Comt%C3%A9+de+Leflore,+%C3%89tat+du+Mississippi,+%C3%89tats-Unis&amp;z=15"><strong>Money</strong></a> (it&#8217;s a hit), celui de la chanson. Celui sur lequel elle est prise en photo dans Life en 1967. La chanson a changé sa vie. Elle a délogé le <em>All you need is love</em> des Beatles en tête des hit parade américain, où elle est restée en tête durant un mois.</p>
<p>Musicalement, les deux versions semblent assez proches, mêmes trois accords de 7ème quasi en boucle. J&#8217;anticipe toujours un peu la voix de Joe Dassin lorsque je l&#8217;écoute, même la version originale. C&#8217;est elle qui était là en premier. Elle est restée accrochée. Pourtant Bobbie Gentry donne beaucoup plus le frisson lorsqu&#8217;elle descend dans les notes graves pour nous dire que <em>Today Billy Joe MacAllister jumped off the Tallahatchie Bridge</em>. Toute l&#8217;ampleur du drame est dans ces quelques notes. Alors que la voix chaude pleine de nonchalance de Dassin fait plus ressortir le côté &laquo;&nbsp;bouseux bas du front&nbsp;&raquo; des parents.</p>
<p>La version de Bobbie Gentry a une âme supplémentaire. Dans le son des cordes de la guitare, frottées avec les doigts. Elle sent la poussière des chemins du sud, du Delta, cette odeur un peu capiteuse de la chaleur humide, et ces parfums particuliers que les rives de la Garonne ne sentiront jamais. Elle sent la poussière, on peut presque la voir voler. Joe Dassin, du moins si c&#8217;est lui qui joue la guitare, n&#8217;a pas réussi à faire le même petit motif rythmique que Bobbie Gentry sur les cordes.</p>
<p>On pourrait penser que l&#8217;histoire s&#8217;arrête là. Bobbie Gentry, après avoir sorti quelques albums dans les années 70, mit fin à sa carrière après un dernier single en 1978.<br />
On pourrait penser que l&#8217;histoire s&#8217;arrête là, mais la chanson avait réellement eu beaucoup de succès en 1967. Au point que dans sa maison située <a href="https://maps.google.fr/maps?q=ohayo+mountain+road,+Woodstock,+%C3%89tat+de+New+York,+%C3%89tats-Unis&amp;hl=fr&amp;ie=UTF8&amp;ll=42.02373,-74.127073&amp;spn=0.047183,0.073471&amp;sll=42.056112,-74.137287&amp;sspn=0.047159,0.073471&amp;t=h&amp;hnear=Ohayo+Mountain+Rd,+Woodstock,+Ulster,+New+York,+%C3%89tats-Unis&amp;z=14"><strong>Ohayo Mountain Road</strong></a>, près de Woodstock, où il vivait depuis son accident de moto du 29 juillet 1966, Bob Dylan eut l&#8217;occasion d&#8217;entendre Ode to Billie Joe.</p>
<p>Cet été-là il enregistrait ce qui deviendra les Bandes du Sous-sol avec son Orchestre (The Band donc). Vers la fin des sessions, ils enregistrèrent ce que Greil Marcus qualifie dans <a href="http://www.parutions.com/pages/1-6-65-2179.html"><strong>La République invisible &#8211; Bob Dylan et l’Amérique clandestine</strong></a>, <em>une chanson réponse secrète, qui s&#8217;adressait à un public lui-même secret</em>.<br />
<em>Clothes Line Saga</em>, sous-titrée à l&#8217;origine <em>Answer to Ode</em>, est en réalité une sorte de parodie de l&#8217;<em>Ode to Billie Joe</em> de Bobbie Gentry, qu&#8217;a priori Dylan détestait. La chanson singe les dialogues d&#8217;<em>Ode to Billie Joe</em>, <em>Mama, of course, she said, “Hi!”, “Have you heard the news?” he said, with a grin, “The Vice-President’s gone mad!”</em>, l&#8217;histoire se passe le 30 janvier, le tout sur le même rythme un peu nonchalant de l&#8217;original.</p>
<p>Lorsque la seule version officielle de la chanson est sortie en 1975, sur le double album The Basement Tapes, le sous-titre de la chanson a disparu, effaçant par là même, la référence à la chanson de Bobbie Gentry. </p>
<p><iframe src="https://embed.spotify.com/?uri=spotify:track:0R9p7lLUdB5N39OU9NCTu4" width="300" height="80" frameborder="0" allowtransparency="false"></iframe></p>
<p>Quarante-cinq ans plus tard, la chanson n&#8217;a pas pris une ride. A part celles qui ont dû se former à la surface de l&#8217;eau de la Tallahatchie et de la Garonne, lorsque Billie Joe McAllister et Marie-Jeanne Guillaume ont sauté du haut du pont.</p>
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		<title>876 Voyage immobile (Gustav Mahler)</title>
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		<pubDate>Wed, 05 Dec 2012 20:11:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>KMS</dc:creator>
				<category><![CDATA[Music of my mind]]></category>
		<category><![CDATA[Classical way]]></category>
		<category><![CDATA[Corto Maltese]]></category>
		<category><![CDATA[Gustav Mahler]]></category>
		<category><![CDATA[Thomas Mann]]></category>

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		<description><![CDATA[<a href="http://kmskma.free.fr/?p=6673"><img align="left" hspace="5" width="150" src="http://kmskma.free.fr/wordpress/wp-content/uploads/18798055.jpg" class="alignleft wp-post-image tfe" alt="" title="18798055" /></a>Gustav Mahler  : Adagietto (Symphonie n° 5 en ut dièse mineur 2003)
[Audio clip: Voir la note pour écouter]
Mahler dirigé par Chailly (1) résonne dans la maison et les murs tremblent parfois sous les coups de timbales de la 5ème. Le premier mouvement.
Tu sais. Il y a un impact indéniable dans cette musique.
Etrangement, cette symphonie me fait penser à la Suisse. Celle que je ne connais pas. Des montagnes, des lacs, près de l&#8217;Italie ou de l&#8217;Allemagne. Elle me fait penser à Thomas Mann bien sûr, à La Montagne Magique. C&#8217;est étrange d&#8217;ailleurs. La Montagne Magique. Avant La mort à Venise. Pourtant, j&#8217;entends Mahler dans les murs du sanatorium, dans les intrigues et les prétendants de Mme Chauchat.
Pourtant. La cinquième. On pense toujours à Visconti et à Mort à Venise bien sûr. Thomas Mann l&#8217;aurait d&#8217;ailleurs écrit en s&#8217;inspirant de Mahler dont la mort l&#8217;avait marqué. Mais la Suisse en premier. C&#8217;est peut être juste le fil Thomas Mann. La Suisse. Celle que je ne connais pas.
Il y a aussi, on a parfois des références un peu particulières, un Corto Maltese, une histoire étrange, vers le Lac des Quatre Cantons. Vienne aussi un peu bien sûr. Mais Corto, Corto mon...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.gustav-mahler.org/english/"><strong>Gustav Mahler </strong></a> : <a href="http://killme.sarahagain.free.fr/radio.blog/mp3/876.mp3"><strong>Adagietto</strong></a> (<a href="http://audiophilemelomane.free.fr/html/symphonique/symphonique1/disque01.html"><strong>Symphonie n° 5 en ut dièse mineur</strong></a> 2003)</p>
<p>[Audio clip: Voir la note pour écouter]</p>
<div id="attachment_7313" class="wp-caption alignright" style="width: 317px"><a rel="lightbox" href="http://kmskma.free.fr/wordpress/wp-content/uploads/18798055.jpg"><img class="size-full wp-image-7313   " style="margin: 10px;" title="18798055" src="http://kmskma.free.fr/wordpress/wp-content/uploads/18798055.jpg" alt="" width="307" height="409" /></a><p class="wp-caption-text"> </p></div>
<p>Mahler dirigé par Chailly (1) résonne dans la maison et les murs tremblent parfois sous les coups de timbales de la 5ème. Le premier mouvement.<br />
Tu sais. Il y a un impact indéniable dans cette musique.<br />
Etrangement, cette symphonie me fait penser à la Suisse. Celle que je ne connais pas. Des montagnes, des lacs, près de l&#8217;Italie ou de l&#8217;Allemagne. Elle me fait penser à Thomas Mann bien sûr, à La Montagne Magique. C&#8217;est étrange d&#8217;ailleurs. La Montagne Magique. Avant La mort à Venise. Pourtant, j&#8217;entends Mahler dans les murs du sanatorium, dans les intrigues et les prétendants de Mme Chauchat.</p>
<p>Pourtant. La cinquième. On pense toujours à Visconti et à Mort à Venise bien sûr. Thomas Mann l&#8217;aurait d&#8217;ailleurs écrit en s&#8217;inspirant de Mahler dont la mort l&#8217;avait marqué. Mais la Suisse en premier. C&#8217;est peut être juste le fil Thomas Mann. La Suisse. Celle que je ne connais pas.</p>
<p>Il y a aussi, on a parfois des références un peu particulières, un Corto Maltese, une histoire étrange, vers le <a href="https://maps.google.fr/maps?q=Lac+des+Quatre+Cantons&amp;hl=fr&amp;ll=46.951903,8.597832&amp;spn=0.189125,0.276031&amp;sll=45.884085,10.840293&amp;sspn=0.003014,0.004313&amp;oq=Lac+des+q&amp;t=h&amp;hnear=Lac+des+Quatre+Cantons&amp;z=12"><strong>Lac des Quatre Cantons</strong></a>. Vienne aussi un peu bien sûr. Mais Corto, Corto mon ami.<br />
<em>Les Helvétiques</em>. C&#8217;est le nom du Corto. Assez logique en soi pour une histoire se déroulant en Suisse mais il y a aussi le Saint Graal et Herman Hesse. Ah tiens, Vienne. On y revient. Herman Hesse. Je repensais à <em>Sidharta</em> pendant que les trompettes de Mahler résonnaient dans le salon, et ces timbales grondantes comme autant d&#8217;imprécations. Vienne. Peut être juste l&#8217;expression d&#8217;une époque, d&#8217;un lieu. La géographie floue de la musique, aux contours effacés, aux frontières mouvantes et illusoires.</p>
<p>Corto n&#8217;est pas un hasard d&#8217;ailleurs il n&#8217;y en a ici aucun et Corto croyait certainement à la sérendipité. Même si la <a href="https://maps.google.fr/maps?q=Grandvaux,+Suisse&amp;hl=fr&amp;ll=46.493352,6.716958&amp;spn=0.001932,0.002156&amp;sll=46.22475,2.0517&amp;sspn=23.115584,35.332031&amp;oq=grandva&amp;t=h&amp;hnear=Grandvaux,+Vaud,+Suisse&amp;z=19&amp;layer=c&amp;cbll=46.493352,6.716958&amp;cbp=12,0,,0,0&amp;photoid=po-61321199"><strong>statue de Corto à Grandvaux</strong></a> regarde le lac Léman. On s&#8217;y perdrait presque dans tous ces lacs. Hugo Pratt est mort là. Face au lac.</p>
<p style="text-align: center;"><a rel="lightbox" href="http://kmskma.free.fr/wordpress/wp-content/uploads/corto.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-7320" title="corto" src="http://kmskma.free.fr/wordpress/wp-content/uploads/corto.jpg" alt="" width="630" height="291" /></a></p>
<p>Mort à Venise. J&#8217;y penserai au moment de l&#8217;adagietto mais là c&#8217;est la Suisse. Et <a href="https://maps.google.fr/maps?q=45.996365,8.965616&amp;hl=fr&amp;ll=46.004131,8.956937&amp;spn=0.048112,0.069008&amp;sll=45.996365,8.965616&amp;sspn=0.048119,0.069008&amp;t=h&amp;hnear=Lugano,+Tessin,+Suisse&amp;z=14&amp;layer=c&amp;cbll=46.004131,8.956937&amp;cbp=12,0,,0,0&amp;photoid=po-77781970"><strong>Lugano</strong></a>, pas loin du Lac Majeur, à la frontière Ialienne. Drôles de pensées évoquées par Mahler. C&#8217;est peut être cette atmosphère fin de siècle que je retrouverais dans des casinos défraîchis au bord du lac.</p>
<p>Pourtant l&#8217;histoire de Corto est Wagnérienne. Le Graal. Parsifal. Mahler c&#8217;est du tourment intérieur. Rien à voir. Tout se mélange dans un syncrétisme assez douteux mais le fil des pensées est parfois troublé et tortueux. L&#8217;album est en couleurs, Corto en couleurs me perturbe. C&#8217;est peut-être pour cela. Comme les films en noir &amp; blanc colorisés.</p>
<p>Tout se mélange un peu. Il y a un autre livre où une partie de l&#8217;histoire se passe comme ça, en Suisse, au bord d&#8217;un lac, dans cette partie de la Suisse, proche de la frontière. Pas <em>Belle du Seigneur</em> non, Genève. <em>Tender is the night</em> mais c&#8217;est le lac Léman aussi, rien à voir. Peut-être dans Herman Hesse d&#8217;ailleurs. Le fil des histoires m&#8217;échappe. Ou bien est-ce dans le Journal de Kafka? C&#8217;est peut être ça.  Là, les images sont grises, comme dans Kafka. Vers la fin de son journal il me semble.</p>
<p>C&#8217;est un ciel sombre, bouché par les hautes montagnes environnantes, comme les menaces des cuivres du 2e mouvement, <em>Stürmisch bewegt</em>, (Orageux, avec véhémence). Une vision qui manque parfois. Au pied, le lac. Ses eaux bleues assombries par le ciel à en devenir noires. La berge bordée d&#8217;immeubles dont les façades grises gardent le souvenir du début du siècle précédent. On imagine. C&#8217;est peut être cette atmosphère disparue, d&#8217;avant guerre, ou d&#8217;entre deux qui attire. Une ruine de l&#8217;âme lente, une décadence maniérée et discrète. On retrouve parfois, dans certaines vieilles stations balnéaires un peu de cette atmosphère déliquescente. Les légendes suspendues dans la brume du matin. Des lieux inconnus et pourtant on les ressentirait presque physiquement.</p>
<p>Aimez-vous Mahler comme on dirait Aimez-vous Brahms. Il revient toujours. J&#8217;ai mes préférences pour les impaires à l&#8217;exception, il en faut toujours une, de la 2ème. Et de la 6ème. 3, 5, 7, mon tiercé Malherien. Mais après la 2ème. Pour les cordes de l&#8217;ouverture du premier mouvement. Je ne sais pourquoi, j&#8217;ai gardé le souvenir qu&#8217;on entendait la 2ème de Mahler dans La Peau, le film tiré du livre de Malaparte. On saute vers l&#8217;Italie.</p>
<p>La géographie s&#8217;embrouille, comme si les lignes tracées par l&#8217;homme s&#8217;effaçaient. Le lac de Kafka est celui de <a href="https://maps.google.fr/maps?q=Lac+de+garde&amp;hl=fr&amp;ll=45.884086,10.840293&amp;spn=0.002999,0.004313&amp;sll=47.001797,8.43338&amp;sspn=0.377897,0.552063&amp;t=h&amp;hnear=Lac+de+Garde&amp;z=18&amp;layer=c&amp;cbll=45.884085,10.840293&amp;panoid=ONWWzNxYlTAc81p5MRAGRg&amp;cbp=12,211.48,,0,0"><strong>Garde</strong></a>. Rien à voir avec la Suisse. Enfin, pas si loin que ça, mais de l&#8217;autre côté du trait en pointillé. D&#8217;ailleurs Thomas Mann y séjourna également. On y revient. Même si on a perdu Corto entre temps. Les voyages immobiles et musicaux. Comme de se perdre dans un labyrinthe. On tourne. Retourne. Hésite. Et puis.</p>
<p style="text-align: center;"><a rel="lightbox" href="http://kmskma.free.fr/wordpress/wp-content/uploads/IMG_0228.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-7311" title="IMG_0228" src="http://kmskma.free.fr/wordpress/wp-content/uploads/IMG_0228.jpg" alt="" width="717" height="295" /></a></p>
<p>Et puis. Venise. On y retrouvera Corto Maltese, dix ans après Thomas Mann, en avril 1921, on est presque en famille.  Comme s&#8217;ils s&#8217;étaient tous croisés, comme si les ombres avaient gardé leur mémoire, au fil du temps. Corto à Venise, rien de plus normal, Pratt y était né.</p>
<p>Mais là, <a href="https://maps.google.fr/maps?q=lido+venise&amp;hl=fr&amp;ll=45.409237,12.374725&amp;spn=0.024313,0.034504&amp;sll=46.952371,8.597832&amp;sspn=0.188186,0.276031&amp;t=h&amp;hnear=Lido&amp;z=15"><strong>Plage du Lido</strong></a> en 1911 comme en 1971 et pour l&#8217;éternité maintenant. L&#8217;adagietto. Les images de Visconti. Qui savait bien sûr, que Mahler avait écrit ce mouvement comme une lettre d&#8217;amour à sa femme Alma. C&#8217;est ce qu&#8217;il y a dans les notes de l&#8217;adagietto, comme dans les images de Visconti.</p>
<p>Le dernier mouvement, depuis Visconti, après l&#8217;adagietto, en parait presque déplacé. Les images ont gommé la musique. Celle qui suivait. Le dernier mouvement. Devenu superflu.</p>
<p>Le voyage s&#8217;arrête là, sur la plage, au milieu des fantômes en noir&amp; blanc de Corto Maltese et Thomas Mann. En attendant le prochain disque.</p>
<p><a href="http://kmskma.free.fr/?p=6673"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p>
<p><em>(1) : On pourrait se poser la question pourquoi Chailly plutôt qu&#8217;un autre. Pourquoi pas Boulez, spécifiquement pour la 5e? Oui. Ou Sinopoli. Ou Bernstein. Ou Solti. D&#8217;autres éventuellement. Voilà. On pourrait se poser la question. Mais on ne se la pose pas. Chailly suffit à lui-même.</em></p>
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