The Normal : Warm Leatherette (AlbumSingle : T.V.O.D./Warm leatherette 1978)

Il y avait bien eu avant, le premier singles des Buzzcocks, Spiral scratch, sorti en janvier 77 sur leur propre label (New Hormones) et c'était un des premiers groupes punk à procéder de la sorte. Il y avait aussi eu The Residents à San Francisco et leur label Ralph Records dès 1972. En France, Richard Pinhas avait déjà lui aussi son label Disjuncta dès 72.

Mais un des groupes qui a vraiment lancé le mouvement DIY (pour Do It Yourself)(fais le toi-même) en Angleterre, ce sont les Desperate Bicycles avec leur premier single, Smokescreen/Handlebars, sorti en mai 77 sur leur label Refill Records créé pour l'occasion.

Il leur en avait couté 153£ (et non pas 125£ comme le dit Simon Reynolds dans Rip it up and start again) pour réaliser les 500 exemplaires. A la fin d'Handlebars ils chantaient leur mot d'ordre : It was easy, It was cheap, GO AND DO IT!!!". Un équivalent au fameux Here's three chords... now form a band, le manifeste punk paru dans le fanzine Sniffin' Glue fin 76.

Au dos de leur 2ème single (153£, regarde Simon, c'est marqué) sorti quelques mois plus tard, ils enjoignaient les acheteurs du single à faire de même (cliquer sur la pochette). Le Melody Maker leur avait consacré un article où ils expliquaient comment faire simplement un disque. C'est d'ailleurs ce mot d'ordre et cette façon de faire qui sont restés plus que leur musique (on peut écouter). Ils furent légion à suivre leur conseil. Le mouvement DIY allait exploser et être un des fondements essentiels du mouvement post-punk, et être à la base du développement des labels indépendants.

C'est là où Daniel Miller entre en scène. Miller était un passionné de musique allemande, Can, Faust, Kraftwerk...A la suite de l'article du Melody Maker il s'achèta un synthé Korg d'occasion (un 700S) et enregistra deux titres dans sa chambre sur un magnéto à bandes 4 pistes. Dès le départ, sa démarche était de vouloir sortir sa musique sur son propre label.
Mute était né et son single sorti en novembre 1978 sous le nom de The Normal porte référence MUTE 001. Comme pour beaucoup de ces petits labels, la distribution était assurée par la boutique Rough Trade (et le label qui démarrait à peine).

Warm Leatherette, avec ses gros sons de synthés analogiques et son beat répétitif, est un chef d'oeuvre irrésistible d'electro-pop/punk, d'une modernité toujours aussi efficace même plus de trente ans après. Influencé par le Crash de J.G.Ballard (d'où la photo de la pochette), la chanson raconte l'histoire d'un couple faisant l'amour en urgence dans leur voiture accidentée en train de bruler. Le titre Warm Leatherette, évoquant le revêtement des sièges en train de fondre sur leur peau.

Ce n'était pourtant que la face B du single. Sur la face A on trouvait T.V.O.D. dans la même veine musicale que sa petite soeur.

Le single se vendit à 30 000 exemplaires et influença énormément la scène synthpop et plus tard électro. Étrangement (ou pas d'ailleurs), Miller arrêtera là sa carrière musicale (malgré quelques collaborations éparses) et se consacra à son label en signant Fad Gadget puis rapidement le duo Allemand de D.A.F. et plus tard les principaux artistes de la scène synthpop qu'il avait contribué à faire émerger avec T.V.O.D./Warm Leatherette, dont Yazoo, Erasure et surtout un petit groupe de Basildon qui reste le plus gros succès du label (et aussi un des plus fidèle puisque Depeche Mode est toujours chez Mute).

On pourrait réécrire l'histoire en disant que j'ai acheté le single à sa sortie. Mais la première fois que j'ai entendue cette chanson, elle était chantée par Grace Jones au début des années 80... sans même connaître alors la version originale...

(Les curieux pourront se procurer cette belle (comme d'hab') compilation Soul Jazz Records sur le mouvement D.I.Y. anglais)

Libellés : ,


American Music Club : Will you find me? (Album : Mercury 2003)

On se voit comme sur une photo en couleur, assis par terre dans une pièce au parquet déjà usé. On a le regard perdu derrière la fenêtre. Le temps passe, la pièce est vide, la photo perd ses couleurs, devient en noir et blanc,elle vieillit. Un noir et blanc un peu sale. Alors on se lève et on quitte la photo, en époussetant ses épaules de la poussière accumulée durant toutes ces années. On aperçoit fugitivement dans le miroir accroché sur le mur de la photo, les cheveux gris qui n'étaient pas là avant. On sort du cadre. Dehors le ciel est gris.

Elle ressemble à ça cette chanson de Mark Eitzel, perdue à la fin d'un disque, en fin de face. Après des bleep informatiques, plus de rêves et d'espoirs.

On écoute trop de disques. Abondance de biens ne nuit pas. Mais... On ne se fabrique plus de souvenirs pour le futur. Tout se noie dans un flux musical incessant. On ne prend plus le temps, de passer un moment avec les disques. On passe au suivant tout de suite. On va où comme ça? Surtout, on cherche quoi? A se demander si bientôt les disques n'auront pas une date limite de consommation imprimée sur la pochette. A écouter avant le... Ensuite ton disque est moisi tu n'as plus qu'à le jeter.

Je sais bien, rien n'oblige d'écouter toutes ces nouveautés. On les a là, sous le nez, c'est tentant. On ne passe plus assez de temps avec un disque. Encore faut-il qu'il en vaille la peine. C'est une autre question. On espère toujours, en trouver un nouveau, qui nous fasse vibrer comme d'autres avant. On espère toujours. Mais à trop espérer on ne garde rien.

On consomme. C'est le problème, quand ça devient un objet de consommation. On consomme. Les biens de consommation sont périssables. Il en restera quoi dans cinq, dix ans. On oublie trop, trop vite, à trop en vouloir. Il ne faut pas négliger ses souvenirs futurs.

Libellés : , ,


Hildur Guðnadóttir : Elevation (Album : Without Sinking 2009)

Janvier. Le froid revient nous mordre un peu plus. Ce mois n'aura été que morsures. Que mort tout court. Est-ce pour cela ce besoin de silence et de musiques instrumentales aux paysages balayés par le vent?
Celle d'Hildur Guðnadóttir vient du froid. D'Islande. Mais ses notes ne bouillonnent pas à la manière des geyser, elles flottent dans le vent froid et tourbillonnent.

Le son de son violoncelle, léger et dur en même temps, comme une pierre ponce, court sur la peau en frissons dangereux. Les filles et leur violoncelle ont quelque chose d'une sensualité floue qui fascine. Peut être la position de l'instrument, serré entre leurs cuisses ouvertes, la danse des doigts ou du bras tenant l'archet et caressant les cordes. Un grain sonore plus palpable, comme une voix rauque, à la Anna Mouglalis, de celles qui te titillent le bas de la colonne vertébrale.

On imagine bien, l'hiver, dans les hautes terres, le vent balayant la lande de pierres et de lichens, déserte sous un ciel gris par conviction, le frottement de l'archet comme des rafales de vent froid. Musique de solitude, d'intimité envoutante et pure, semblant s'évaporer en volutes comme la vapeur des sources chaudes de son pays, sous le mouvement ralenti des nuages.

Lenteurs spectrales aux feu follets éphémères, échos irisés d'aurores boréales glacées, on écoute cette musique comme on rêve de voyages improbables vers des bouts du monde aux nuits sans fin.

On est bien loin ici du rock encore une fois, malgré le fait que la jeune Hildur ait collaboré avec Múm ou Pan Sonic, mais ce disque aussi discret qu'il est superbe est le préféré de Stephen O'Malley de Sunn o))), qui doit trouver dans cette musique un apaisement à ses drones telluriques.

Janvier. Je n'ai pas envie d'entendre chanter. C'est peut être la saison qui veut ça. Ou une lassitude larvée. Je veux du silence. Juste sentir le frôlement de l'archet sur la peau, et le vent froid, celui qui pique les yeux.

Libellés : , , , , , ,


Boards of Canada : Music Is Math (Album : Geodaddi 2002)

©Photo KMS 2009

"Les paroles me semblaient incomplètes. Les voix des gens commençaient et s'arrêtaient de manière inattendue. Je ne pouvais pas en distinguer le rythme. Mais l'écriture coulait bien sûr. Elle semblait animée d'un mouvement de haut en bas, en même temps que de droite à gauche. Si les caractères grecs ou latins sont des dalles, l'arabe est une pluie."
Don Delillo : Les Noms

Libellés : , ,


Julie Driscoll Brian Auger & The Trinity : When I was a young girl (Album : Streetnoise 1969)

Julie, je l'ai connue Tippett avant de la connaître Driscoll. Il a fallu des années avant de l'écouter sous son nom de jeune fille. Tippett parce qu'elle a épousée le pianiste Keith Tippett il y a bien longtemps. Un pianiste de jazz expérimental, que l'on peut entendre sur les Lizard et Islands du King Crimson de mes 15/16 ans. Pas hier. Qui fait maintenant des concerts solos sur piano préparé absolument superbes (on en reparlera un jour).

A partir du moment où elle a été mariée à Keith Tippett, Julie Driscoll n'a pas seulement changé de nom, elle a aussi fait évoluer sa musique vers des versants beaucoup plus jazz (voire expérimentaux) que précédemment, lorsqu'elle était plutôt une chanteuse de folk/blues au sein du groupe de Brian Auger.

On est en Angleterre, dans les sixties, Brian Auger fait évoluer son jazz (John McLauglin a fait partie de son premier groupe) vers des sonorités plus commerciales, propre à l'époque, une sorte de blues Anglais teinté de folk, frisant parfois dangereusement avec le progressif qui n'était encore qu'en gestation.

La chance de Brian Auger est d'avoir su recruter la jolie Julie Driscoll comme chanteuse. Si sa musique était loin d'être très originale, ni parfois même très passionnante, la voix de Julie Driscoll était comme le faisceau d'un projecteur trouant les ténèbres. Une voix évoquant Joni Mitchell sur les morceaux plus folk, et tutoyant les sommets de Nina Simone sur les blues, comme sur cette chanson lente, un traditionnel, chantée également par une certaine... Nina Simone (vidéo pour écouter sa superbe version)(et plus récemment par Feist (vidéo) mais un peu (sic) à coté de la plaque).

Là où Nina Simone ne force pas, impressionne par sa justesse, et vit littéralement l'histoire de cette fille perdue, Julie Driscoll dans toute sa blancheur de peau et sa jeunesse, va chercher au fond d'elle même l'émotion nécessaire pour raconter cette histoire tragique qui n'est pas la sienne. Même si l'orchestration de Brian Auger est terriblement datée sixties (ce son de B3...), la voix de Driscoll transcende la chanson, particulièrement dans la partie centrale où elle pousse sa voix et peut difficilement laisser indifférent.

Julie Driscoll quittera le groupe de Brian Auger en 1969 (qui donne encore des concerts à plus de 70 ans...), Streetnoise qui contient également une très belle version du All Blues de Miles Davis (et aussi une reprise du Take me to the water de ... Nina Simone) restera probablement leur plus belle réussite. Rien que pour cette version de When I was a young girl...

Libellés :


Kammerflimmer Kollektief : Mohn! (Album : Hysteria 2001)

©Photo KMS 2008

"Je pense que même le bruit de mes pas et les airs du phonographe sont une forme de silence, et que le vacarme commence au moment où l’on se tait et où l’on entend les pensées des autres se déplacer à l’intérieur d’eux comme les pièces d’un moteur détraqué qui essaient de s’ajuster."
(Antonio Lobo Antunes : L’ordre naturel des choses)

Libellés : , ,


Eyeless in Gaza : Voice From The Tracks (Album : Caught in flux 1981)

La pluie a succédé au froid. Une pluie sale. Il ne manquerait qu'une pellicule de suie noire sur les tuiles rouges des toits pour se croire dans le nord de l'Angleterre. Une météo à écouter des disques qui sentent l'humidité.

La musique transporte dans le temps. Toujours en arrière. Celle d'Eyeless in Gaza (dont le nom vient d'un roman d'Aldous Huxley) ramène systématiquement au début des années 80.

Rien de plus logique puisque ces disques datent de ces années là. Etonnant néanmoins puisque vers 81/83 j'étais à dix mille lieues d'écouter Eyeless in Gaza dont j'ignorais absolument tout, à commencer par son existence. On pourrait parler de musique datée et c'est probablement le cas. Mais pas seulement. Pas seulement...

Elle cristallise surtout un climat propre à cette époque. Ce qui expliquerait, la faculté d'y associer a posteriori des souvenirs dont elle est absente. Ce n'est qu'une hypothèse. Rétrospectivement, elle habille des instants passés comme si on écrivait l'histoire à nouveau, et vient prendre une place peut être laissée vacante à cet effet. Un chainon manquant. Bien plus tard on s'en rend compte, ces années étaient surtout un grand vide sous une agitation de surface.

Sauf que dans Eyeless in Gaza il y a un coté rageur. Une douleur dans la voix de Martyn Bates. Dans sa manière de hurler plus que chanter les paroles. Surtout dans les premiers albums, bien rêches. Ça s'adoucira ensuite. La douleur qu'on ne voyait pas à l'époque. On parlait fort aussi, c'était bien pour masquer quelque chose.

Peut être aussi parce que le timbre de sa voix rappelle celle du chanteur de Spandau Ballet, du moins telle qu'elle est restée dans les souvenirs, qu'on écoutait beaucoup par contre. On avait, je le crains, un (mauvais) goût certain pour la new-wave capillaire. Un peu moins pour les âmes écorchées.

Elles auraient été parfaites ces chansons vers 82/83, avec la relecture du temps, elles auraient collées à l'atmosphère humide de la Bretagne certains étés, à la mousse qu'on grattait sur les pierres espérant trouver une réponse dessous, visages émaciés et le voile de nos peurs ravalées, sourire des filles brunes sous la lune les étoiles, gestes tendus et saccadés dans les désirs perdus qu'on laissait s'envoler dans le vent, sans pouvoir les rattraper. Il en reste certainement des traces sur de vieux inversibles en 64 asa, rangés dans des petites boîtes en plastique.

Dehors la pluie continuait de tomber. De plus en plus grise. La musique n'éveillait peut être que quelques vieux spectres enfouis dont il ne fallait pas troubler le sommeil. Ou, juste les divagations d'un matin humide.

Libellés : ,


XTC : River of orchids (Album : Apple Venus 1999)

La ville était enfouie dans le brouillard ce matin. Un coton épais et humide. Un des rares avantages de l'hiver avec la neige. Avec cette faculté de transformer les bâtiments et les hommes en spectres. Le brouillard, et sa chape de lenteur artificielle. Parfait le lundi matin pour atténuer la réalité du retour au bureau et d'un week-end trop vite passé.

Quand il se lève, le brouillard dévoile le monde lentement, par petits morceaux. Un peu à la manière dont les éléments se dévoilent dans cette chanson d'XTC. J'y pensais ce matin, le regard perdu derrière la fenêtre au bureau.

La goutte d'eau qui tombe d'abord. Venue de nulle part. Le brouillard c'est de l'humidité. Un do joué à la contrebasse puis une nouvelle goutte d'eau. Les cordes, en pizzicato, registre aigu, la contrebasse joue un la et c'est parti. Les pizzicati des cordes dans le registre grave dessinent des contours encore un peu vague mais comme un pantin qui prend vie, les instruments et les notes se mettent tous en mouvement, s'ajoutant les uns aux autres, comme des taches de couleurs apparaissant une à une sur un tableau pointilliste à la Seurat. Juste quand arrivent les trompettes. Avant la voix.

La voix clamant ces paroles oniriques, cette histoire de pissenlit rugissant sur Picadilly Circus (Heeeey! I heard the dandelions roar in Piccadilly Circus) que le chanteur nous dit entendre. C'est surprenant, on comprend qu'il nous interpelle.
La voix. Pendant que les instruments continuent leur danse claudicante, la voix, seule d'abord, continue de nous raconter son histoire sortie tout droit d'Alice au pays des merveilles. Puis, comme pour les instruments, une deuxième s'ajoute à la première et nous fait part de sa moue dubitative par ses hmmmm en réponse aux affirmations de la première.

Les choeurs à l'unisson, pour le refrain, se mêlent aux trompettes sur le tapis des cordes pincées, entrainant la troupe, compagnie hétéroclite et brinqueballante dans une marche sans fin sur la rivière des orchidées où les voix sortent maintenant de tous cotés.
Une part de Philip Glass, une part de Gil Evans, deux parts de comptines avec une tranche de chants joyeux sur le coté comme le dit très bien Andy Partridge.

Take a packet of seeds, take yourself out to play, I want to see a river of orchids where we had a motorway. Et si, le brouillard, en se levant, dévoilait une ville totalement différente de la réalité. Une ville débarrassée de son béton gris et de ses fumées délétères. Une ville où les pissenlits rugissent dans Picadilly Circus mais pas seulement. Une ville où l'herbe est toujours plus verte lorsqu'elle perce au travers du béton. Comme il le dit, dans la chanson. Take a packet of seeds, take yourself out to play, I want to see a river of orchids where we had a motorway. Et si, le brouillard, en se levant, dévoilait une ville totalement différente de la réalité. Une ville débarrassée de son béton gris et de ses fumées...

Libellés : , ,


Various Artists (Cutler/Wyatt/Hodgkinson/Frith...) : Moments of delight (Album : The last nightingale 1984)

Le 12 mars 1984, débuta en Angleterre une grève nationale des mineurs. Celle-ci allait durer jusqu'au 3 mars 1985. Durant 51 semaines, c'est en moyenne entre 60% et 75% des mineurs qui firent grève, plus de cent cinquante mille d'entre eux.

Ceux-ci s'opposaient à la décision du gouvernement dirigé par la redoutable Margaret Thatcher de fermer vingt mines. Mais l'objectif de la dame de fer ne se limitait pas simplement à la fermeture de ces mines, elle espérait dans le même temps, affaiblir encore plus l'opposition et les syndicats encore puissants dans le pays, dont le National Union of Mineworkers d'Arthur Scargill.

Les affrontements entre les grévistes et la police étaient incessants, la répression du gouvernement engagée sur la voie de la violence. Durant les premiers mois, un mineur était arrêté toutes les 20 minutes.

La grève cessa au bout d'un an, même si le nombre de grévistes était encore important, sans qu'ils aient obtenu gain de cause dans leurs revendications; laissant la population des mineurs exsangue et dans un état de pauvreté extrême, après 51 semaines durant lesquelles ils ne furent pas payés et peu ou pas indemnisés, dans l'indifférence du gouvernement Thatcher.
La grève des mineurs fut considérée comme un symbole de l'opposition à Margaret Thatcher. Au final elle fut une défaite et ne fit que renforcer le pouvoir de la dame de fer.

En octobre 84, à l'initiative de Chris Cutler, ancien batteur de Henry Cow et d'Art Bears (et qui rejoindra Pere Ubu à la fin des eighties), un disque fut enregistré dont l'argent de la vente était reversé aux mineurs (comme il est indiqué au verso de la pochette).

Il sortit sur Recommanded Records le label de Chris Cutler et fut enregistré à Cold Strorage, où This Heat avait enregistré ses albums (voir samedi musicaux #1). On y retrouve, outre Chris Cutler, Lindsay Cooper, Tim Hodgkinson (à qui appartenait d'ailleurs le studio Cold Storage) et Fred Frith de Henry Cow, ainsi que Robert Wyatt (alors membre du parti communiste de Grande Bretagne) sur la première face ce 12-inches EP. Sur la 2ème face, Adrian Mitchell récite deux de ses poèmes.

Les deux chansons avec Robert Wyatt sont magnifiques. La superbe pochette de Ralph Steadman illustre la détresse morale et physique des populations délaissées par le gouvernement Thatcher. Le disque fut édité à 2500 exemplaires. Je ne sais même pas s'il a été réédité une seule fois malgré les espoirs du verso de la pochette.

D'autres artistes supportèrent les mineurs, dont Chubawamba, Pulp qui enregistra le très beau Last days of the miners strike (spotify), Crass ainsi que Test Dept avec le choeur des mineurs en grève.

Les puits fermèrent un à un entre 84 et 95. Le chômage atteignit 50% dans certains endroits, et les villages miniers commencèrent à être désertés. Ce conflit a 25 ans. Cela fait bien longtemps que l'on est loin des Four thousand holes in Blackburn, Lancashire de Lennon dans A day in the life...

Libellés : , ,


Slowdive : Catch the breeze (Album : Just for a day 1991)

Je me souviens de nos moments de flottement au début des années 90. On trainait les pieds pour ne pas vieillir trop vite. Ça donnait même l'impression de fonctionner. On ne distinguait pas encore les illusions de nos espoirs. Ça vient toujours trop tôt. Ou trop tard va savoir. Toujours avant qu'on ne le souhaite vraiment.

On réduisait en poussière les rêves pailletés déjà oubliés des années 80. Coup de balais sur le trottoir des existences encore chancelantes d'hésitation, même si on n'avait plus l'âge.
Slowdive, voix éthérées, saveurs de thé au jasmin, encens aux parfums d'orient, on essayait d'oublier ce que l'on n'avait pas encore appris. Il ne faudrait pas longtemps pour se laisser rattraper parce que l'on avait évité sans même le vouloir vraiment.

D'une vie où on se laissait porter on allait basculer vers une existence trop lourde à soulever.

Des après-midi cotonneux, en gestes lents, entre Cocteau Twins et Slowdive, à ne pas réussir à s'imaginer, à regarder le soleil derrière la vitre sans en profiter. Tracer des lignes bleues, c'était l'année pour ça, en trompe le monde. On était noyé aussi, dans la réverbération, en flottements hésitants.

1991, 1992, pendant longtemps on a eu l'impression que c'était hier. Et puis un matin on se réveille et presque vingt ans se sont écoulés. On croit plonger lentement. On chute à la vitesse de la lumière.

Libellés : , , ,


David Åhlén : Spirit Fall (Album : We Sprout In Thy Soil 2009)

Now I've heard there was a secret chord, that David played, and it pleased the Lord, but you don't really care for music, do you?
Le Suédois David Åhlén (rien à voir avec le Daevid Allen allumé de Gong (et fondateur de Soft Machine avec Robert Wyatt, Kevin Ayers et Mike Ratledge)) ne semble pas chanter pour les mortels. Son chant, sa musique doivent certainement aspirer à d'autres élévations. Pureté et dépouillement. A l'opposé du monde moderne.

Il y a de la pureté de Bach dans ses chansons miniatures. Une guitare, quelques choeurs, ou même simplement une seule contrebasse sur Fountain of light, un clavecin ou quelques cordes pincées ou frottées, rarement tout ensemble, et la voix d'Åhlén semblant s'élever du choeur d'un église. Comme une oasis de sérénité, une retraite sur soi-même, dans le recueillement, la chair sur la pierre froide.

La tête embrumée par le rhume et l'antigrippal ou quel que soit ce foutu médicament, le corps légèrement frissonnant de froid ou de fièvre naissante, le thé trop chaud sur les lèvres et la langue, on atteint les conditions idéales pour apprécier l'ascétisme de la musique de David Åhlén. Ils annoncent encore de la neige, elle est déjà dans la tête. Et ses notes ont parfois la délicatesse glacée des flocons tombant mollement.

Il n'est pas question ici de rock ou de quelque style que ce soit, il est uniquement question de beauté et de musique, but you don't really care for music, do you?

Libellés : , , ,


Songs : Ohia : Lioness (Album : Lioness 2000)

C'était quoi ce dimanche et tous ces gens qui meurent? Il y a des moments où l'on ne comprend plus rien à la vie. Ou bien ce monde sombre un peu plus un peu plus vite encore dans le chaos cette année. A Hong-Kong un type balance de l'acide sur la foule depuis les toits.

On devrait s'habituer, depuis le temps, à la mort, on ne s'y fait pas. Ça doit être une question d'âge. On est encore trop jeune. Ou pas assez vieux. C'est selon. La mort, même si tu comprends, tu ne comprends pas. C'est comme ça. Rien de plus inéluctable par essence, la seule certitude sur terre, mais on ne s'y fait pas.

Samedi soir en égrenant les disques de Songs : Ohia, Axess and Ace, ce Ghost Tropic terrifiant, sorti la même année que les palmiers mauves de Lioness, peut être mon préféré. Il y a des disques avec lesquels on a voyagé, on ne peut plus s'en débarrasser ensuite. Il y a des Idaho comme ça aussi.

Ces Songs : Ohia grattent comme un gros pull de laine, la voix de Molina balaye la poussière, une voix à annoncer les mauvaises nouvelles, odeurs de sapin, son électricité lente et sale à la Neil Young. Sale, comme la neige mouillée qui bave sur les trottoirs, celle qui colle aux semelles. En plus insistant. Comme la poisse qu'on traîne certains jours.

A quelques jours près cet album a dix ans pile (17/01), c'est fou comme le temps passe...

Libellés : ,


Miles Davis : On the corner take 4 (Album : On the corner complete sessions 2007)

Il faudrait peut être parler de la belle exposition We want Miles avant qu'elle ne se termine le 17 janvier. Sur deux parties bien distinctes elle déroule la carrière de Miles, la première réservée au Miles acoustique, de ses débuts jusqu'à la fin du quintet légendaire avec Wayne Shorter, Herbie Hancock, Ron Carter et Tony Williams, et la seconde située au sous-sol, pour bien marquer le basculement vers le monde de l'électricité, où l'on est accueilli par le film de la prestation de Miles au festival de l'île de Wight.

On trouvera de superbes documents dans la première partie, des photos N&B magnifiques, des partitions originales, annotées de la main de Gil Evans, les notes sommaires données aux musiciens avant l'enregistrement du chef d'oeuvre Kind of blue (on y reviendra un jour), de belles images d'Ascenseur pour l'échafaud, des films et surtout un parcours musical bien documenté sous forme de bornes d'écoutes ou de cabines sonores, expliquant l'évolution de la musique de Miles Davis.

Même si, il faut bien l'avouer, ces explications d'une manière générale, s'adressent moins au spécialiste de Miles, qui n'apprendra pas grand chose, qu'au Davisien néophite. Mais rien que pour les documents sonores et visuels proposés, l'exposition vaut le déplacement, particulièrement pour le film d'un concert avec le quintet d'Hancock, Shorter, Williams etc, des gosses à l'époque.

Malheureusement, la 2ème partie sur le virage électrique et la période finale après le hiatus entre 75 et 81, matérialisé astucieusement par un couloir sombre avec uniquement des photos, est un peu moins riche au niveau des documents (moins de cabines sonores) et explications. J'aurais aimé qu'on insiste plus sur l'importance de l'album In a silent way, qu'on explique ces longues improvisations, le virage funk d'On the corner et son influence sur la musique noire. On regardera par contre avec intérêt l'extrait d'un documentaire sur Teo Macero (le producteur et architecte de In a silent way, Bitches Brew et autres). La dernière salle, après le couloir sombre marquant le silence musical durant 6 années, est à l'image de la fin de carrière de Miles et on pourra donc difficilement lui reprocher sa superficialité.

Néanmoins, la salle d'accueil de cette 2ème partie permet de voir Miles au festival de l'île de Wight sur grand écran et on se régalera en regardant la danse effrénée des doigts d'un Keith Jarrett tout jeune sur son orgue électrique et c'est encore un des temps forts de l'exposition.
On en profitera à la fin de la visite, pour s'asseoir à un des postes informatiques mis à disposition, pour écouter et découvrir une analyse quasi mesure par mesure de So What, analysant de manière remarquable non seulement le thème et la structure (simple) du morceau mais aussi les solos totalement opposés de Davis, Coltrane et Adderley.

Il ne reste qu'une dizaine de jours avant la fermeture, mais malgré mes réserves mineures, vous devriez courir le vaudou jusqu'à l'expo au coin, parce qu'il est quand même assez rare de voir une telle exposition sur un musicien.

Libellés : , , ,


Ben Frost : Híbakúsja (Album : By The Throat 2009)

On est le matin il fait froid enfin pas trop dans le bureau. Un café du distributeur devant moi, pas très bon, les boissons de distributeur automatique ça n'est jamais bon, c'est peut être parce que si c'était bon, au bureau ça serait gâcher. Un nouvel album d'Adam Green va sortir et je m'en fous. On change, on évolue.
Il fait froid, les tuiles rouges du toit de la maison de l'autre coté de la rue dont je n'aperçois que le faîte en étant assis derrière mon bureau, sont blanches de givre. Les voitures l'étaient également tout le long du chemin.

Parfois je me souviens des vagues de froid des hivers 84/85/86, l'hiver c'est à cheval, du coup on ne sait plus vraiment l'année après tout ce temps passé. Je me souviens mais je ne me souviens pas de grand chose en fait. Juste quelques détails sans importance. Ce sont des souvenirs où je n'entends pas de musique.

Ils ont dit qu'il allait neiger. J'ai l'impression que quand la ville est recouverte de neige elle fait moins peur. Ce n'est sûrement qu'une illusion. Ben Frost au nom prédestiné vu la température. Sa musique pour un film inexistant. Ou quelque chose d'approchant. Trop de références cinématographiques dans les titres de l'album pour que ça ne soit pas le cas (ce Peter Venkman Part I & II sorti de Ghost busters, le sublime Leo needs a new pair of shoes tiré de Twin Peaks). Par instant sa musique c'est le bruit de grosses chaussures marchant dans la neige, ces craquements épais et graves. Ou les sons plus aigus des pellicules de glaces des flaques d'eau brisées sous le poids du corps.

Il y a des périodes où il faut de la musique instrumentale, comme si on ne supportait plus les rengaines habituelles, des musiques un peu plus sophistiquées, ignorant le format chanson, histoire de changer d'air, pour le dépaysement. Son disque, un des plus beaux de 2009, est de saison, enregistré en Islande, on imagine que les -3° d'ici sont là-bas simple habitude.

La musique de Ben Frost fait penser au Buveur de Lune de Goran Tünstrom. Elle pourrait en être la parfaite bande son. Mêmes ambiances lunaires et glacées.

Un autre café du distributeur, même mauvais, pour faire durer ce moment avant de se mettre au travail. Pour finir le disque de Ben Frost. Pour se promener en Islande ou dans un pays Nordique par la pensée et l'imagination quelques instants encore. On est encore le matin. Peut être qu'il neigera dans la journée, le ciel se couvre et se charge de nuages lourds.

Libellés : , , ,


Vic Chesnutt : Sewing Machine (Album : Skitter on take-off 2009)

L'eau du port était gelée ce matin, dans la nuit froide et brillante. Ça ne fait que deux jours que l'on a repris la litanie habituelle du quotidien. Lever toujours trop tôt. La même route. Le reste. Se calfeutrer hier dans le bureau, pour éviter le défilé des voeux pénibles. Tout petit déjà, je détestais ça, souhaiter la bonne année. Sans savoir pourquoi. La timidité ou autre. Il a dû en rester quelque chose.

Ici aussi on reprend le cours des choses si tant est qu'il y en ait un. Comme s'il ne s'était rien passé entre fin novembre et maintenant. A part les morts. Dont Chesnutt. Il avait sorti deux albums l'année dernière, avant de se suicider le jour de noël. Le second, enregistré avec le toujours fringant et affable Jonathan Richman ne lui aura pas redonné le goût de vivre pour autant. On sent assez peu la présence de Richman sur ce disque au dépouillement extrême (principalement guitare/voix) et à la tristesse hivernale. Des chansons en paysages ruraux déserts. On ne sort jamais des lacs gelés à perte de vue de Bashung. Encore un mort...

Des chansons à casser la glace le matin dans le lavabo gelé. La vie ça ressemble à ça, la pellicule de glace sur les eaux stagnantes du port les matins d'hiver. On essaye de marcher dessus sans la briser et sombrer. Ça tient du numéro d'équilibriste parfois. Avec son fauteuil roulant qui devait lui peser sacrément lourd, Chesnutt est passé au travers.

(Pour la petite histoire, Sewing machine est un morceau qui figurait dans une version bien plus électrique, sur le premier album de Brute, un side-project de Vic Chesnutt)

Libellés : , , ,


Mendelson : Café Tabac (Album : Quelque Part 2000)

C'est peut être le choix plus personnel. Le disque à histoires. On ne sait pas obligatoirement si ce sont les siennes ou les miennes mais des histoires. Le truc c'est ça. Des histoires.

Des histoires de gens simples. Ou bien compliqués. Parce que la simplicité ce n'est pas si évident. Des histoires de solitude, de vie ordinaire, des histoires de filles qu'on a ratées, de lassitude, ou de petites lâchetés quotidiennes, tu sais pas des choses graves. Des histoires de gens qui ne s'en sortent pas de la vie. Des histoires comme celles que l'on pouvait entendre parfois quand j'étais petit, dans le café du grand-père.

Des chansons qui collent à l'âme et ça n'est pas si souvent, celles de Pascal Bouaziz ont cette qualité. C'est pas si souvent. L'intelligence des textes, leur émotion palpable, leur mélancolie teintée de nostalgie, la tendresse, la peur du monde sous-jacente. Et la grosse contrebasse aussi, aux notes collantes comme de la poix, elle participe aux histoires aussi, la grosse contrebasse d'Olivier Féjoz. Elle gronde sur ce disque. Des chansons sur lesquelles on se dit qu'on a tous des histoires à raconter mais qu'on le fera plus tard, un autre jour, des problèmes de temps ou va savoir quel prétexte mais on remet tout le temps à plus tard. Peut être juste qu'on espère qu'un jour après avoir traversé la rue ça viendra comme ça, comme la pluie se met à tomber subitement.

Et puis il y a la guitare ou les guitares de ce disque, celle de Pascal et celle de Noël Akchoté, ou les grincements des saxes, je ne sais pas je ne trouverai pas les mots de toute manière, les histoires ça ne s'explique pas. Un disque personnel. Il y a le Brouillard déjà, celle là, elle ne me lâche pas. Café Tabac aussi, peut être à cause du grand-père, enfin de son café, on va pas chercher bien loin. Pascal il dit "La musique au départ ressemblait très fort à la reprise que Catpower a faite de la chanson de Dylan, Moonshiner. Alors je me suis dit que peut-être on pourrait la faire au piano. Après on aurait dit Soldier, de Neil Young. Alors je me suis dit qu'on devrait essayer la flute, et puis ça n'a pas semblé une bonne idée non plus... ".

Tu vois c'est aussi pour ça, pour ces petits détails. Comme la contrebasse jouée à l'archet de la merveilleuse Joelle Léandre sur Une vie tranquille, ou Michel Cloup un peu partout. Et puis les guitares aussi encore. Les guitares. C'est important les guitares. Le son des guitares. Ici elles sont belles. Un peu sales. Tout ce que j'aime.

Je traine ce disque depuis dix ans ou presque. Les histoires depuis bien plus longtemps. J'y reviens toujours à ce disque. Aux histoires aussi.


(Je crains malheureusement que l'on ne puisse plus se procurer ce disque sorti chez feu Lithium. On peut néanmoins acheter Seul au sommet (rien que pour Bienvenue à Lacanau mais pas seulement) et Personne ne le fera pour nous (pour 1983 (Barbara) mais pas seulement) ou un beau tee shirt "J'AIME PAS LES GENS" sur le site de Mendelson.)

(Ce 30ème album met fin aux albums de la décennie)

Libellés :


A Silver Mt. Zion : Stumble Then Rise on Some Awkward Morning (Album : He Has Left Us Alone But Shafts of Light Sometimes Grace the Corner of Our Rooms 2000)

"[...]On en est là on vit on vieillit. On se pose des questions qu'il ne faudrait pas. Le soir tard je mets ce disque et j'essaye de ne pas me poser la question. La mauvaise question. C'est quand qu'on va mourir ? Parce qu'elle fait penser à ça cette musique. Me demande pas pourquoi. Je crois bien que dans ces violons là, je retrouvais quelque chose d'un vieux disque de l'adolescence. Mais ça n'explique rien.

A Silver Mt. Zion est venu après, ensuite, plus tard, comme les questions, après avoir perdu une vie mais tout est lié. La vie c'est ça parfois. La musique aussi. Ce piano, ces autres instruments qui se fondent dans les larmes, c'est comme une vie qui défile si tu écoutes bien.

[...]On tire des traits invisibles dans nos existences entre des faits anodins. Des points comme des numéros que l'on relie d'un trait de crayon de bois hésitant. On n'a pas encore fini la figure mais on devine à quoi elle ressemble, c'est là que l'on se pose la question. C'est quand qu'on va mourir ? Parce que l'on sait que le dessin sera bientôt fini. Même si on ralentit le trait du crayon pour que ça traîne. On tire des traits invisibles. Le plus lentement possible."

KMS 06/11/2009

Finalement, les Silver Mt. Zion à la place de Godpseed You! Black Emperor, ça tient à peu de choses, la musique ça tient souvent à peu de choses. Aux mêmes musiciens dans le cas présent, à peu de choses près justement.

Le premier album, plutôt que celui en 25cm à la pochette rouge avec la silhouette d'un oiseau perché sur des fils électriques, et la description de la pochette n'est pas plus longue que le titre de l'album (ces gens là ont une prédilection pour les titres d'albums à rallonge). Le premier, parce que plus intimiste, plus sobre, insidieux comme un vent hivernal et ces Canadiens doivent en connaître un rayon sur le sujet. Le premier même s'il ne fut pas le premier. Aussi parce que l'on aime les disques qui quelque part nous ressemblent. Ça doit être le cas de celui-ci probablement...

Libellés :