Disons le tout net, Devandra Banhart est un sale copieur. Il a tout pompé sur Tyrannosaurus Rex. La guitare, les percussions fleurant bon le henné et le patchouli, le folk hippie garanti made in shilom, tout. Jusqu'à la voix chevrotante de Marc Bolan. Oui le Marc Bolan qui après avoir raccourci le nom de son groupe en T.Rex (il a bien fait), s'est lancé dans le glam rock avec le succès que l'on connait (Telegram Sam, Get it on, Hot Love et Children of the revolution entre autres).Libellés : Samedis musicaux
J'habite près du cimetière. Enfin pas très loin, une cinquantaine de mètres. Je ne le vois pas de mes fenêtres, elles donnent sur le parc à l'arrière. Généralement on n'y pense pas. Sauf à la Toussaint où les trottoirs sont envahis de voitures et où les chrysanthèmes fleurissent devant l'entrée.Libellés : Albums préférés 2009
Il y avait du brouillard hier matin. Enfin une brume plutôt qu'un brouillard. Ou un brouillard timide, qui se cache un peu, qui n'ose pas. La lumière du soleil se perdait dans cette brume montant de la terre humide et froide, c'était beau. Comme on n'a pas le temps comme il faut y aller on ne prend même pas le temps de vraiment de regarder. Il aurait fallu faire des photos. Ça va finir qu'un matin je prendrai l'appareil et je n'irai pas au bureau. Je n'irai plus au bureau. Pour aller photographier la brume ou le brouillard quand il se sera un peu plus affirmé. Le matin. Quand la lumière du soleil se cache derrière.Libellés : Blanc, Brouillard, Froid
Je vieillis. Je le sens bien. A l'intérieur. Le corps s'affaisse. Lentement mais sûrement. Je vieillis ça se voit. Bien sûr, les "gens de mon âge" ne dansent peut être pas souvent dans leur salon sur des musiques bruyantes. Peut être qu'ils ne jouent pas souvent de air guitar même sans qu'il y ait de musique. Peut être qu'ils ne frappent pas souvent des batteries imaginaires dans des gestes improbables. Peut être qu'ils ne glissent pas en chaussettes sur le carrelage de la cuisine et du couloir. Peut être non. Mais je vieillis.
Il faut l'avouer, je ne sais absolument rien de ce groupe Japonais. On trouve d'ailleurs peu de choses sur eux sur le net. Gageons que si l'ineffable Julian Cope n'avait pas classé cet album au 6ème rang de son classement dans Japrocksampler il serait encore plus obscur.Libellés : Samedis musicaux
Cure était une sorte d'oasis rock au milieu du classique et du jazz que j'écoutais principalement ces années là, entre 87 et 89. N'ayant pas été capable d'écouter ce qu'il fallait j'écoutais autre chose. Un virage à 90° si ce n'est plus. Je découvrais Coltrane et les opéras de Wagner. Cure nageait entre deux eaux au milieu de ces immensités musicales.
On en était là nous aussi. C'était les années 80, on était dans le ton, même si ce n'était pas très malin. Il ne me faudrait pas tant que ça ensuite, pour lâcher l'affaire. Robert Smith se reprendrait aussi avec Disintegration. Le dernier de la bande vu pour la dernière fois il y a dix ans y était toujours, on ne savait plus quoi se dire. La quoi? carrière professionnelle? Sa nouvelle voiture? Les autres étaient déjà perdus de vue depuis quelques temps. Les disparitions de la vie. Les gens disparaissent c'est toujours comme ça.Libellés : Je me souviens, Reve
Miles. On y reviendra. Les cinquante ans de Kind of Blue. L'expo We want Miles à la cité de la musique. On y reviendra.Libellés : Albums préférés 2009, Chanson du jour
Zaireeka est une bizarrerie musicale unique en son genre. Il a beau être indiqué 4 compact discs sur la pochette ce n'est pas un quadruple album. Il y a pourtant bien 4 disques dans le gros boîtier. Mais ce n'est pas un quadruple album. Juste un album simple. Mais sur quatre disques. C'est bien là la particularité de celui-ci et il fallait être un cinglé comme Wayne Coyne pour en avoir l'idée.
Il est clair que c'est une idée de cinglé (il suffit de lire l'avertissement sur le boîtier) et que les Flaming Lips n'ont pas dû en vendre des tonnes. A ma connaissance c'est le seul exemple de disque produit de la sorte et permettant de telles variations et de jouer sur l'espace sonore, même si Under the Jaguar sun de Nadja sorti cette année s'en approche mais avec seulement deux disques.Libellés : Samedis musicaux
J'ai remis mes vieux Kraftwerk depuis lundi. Ca va sûrement avec tout ça et même plus. "Je suis l'opérateur du mini calculateur. Je fais le compte, le décompte. Je compose. Et décompose". Je passe mes journées à mettre des chiffres dans des cases ou sur des courbes ou sur des feuilles. Des chiffres et des chiffres...
Libellés : Chanson du jour
Je comprends de moins en moins cette vie qu'on mène. Je comprends parfois de moins en moins cette vie tout court. Je comprends de moins en moins ce qu'on fait tous à s'entasser de plus en plus là, les uns sur les autres, dans ces villes sans âmes. Qu'est-ce qu'on s'étonne après de cette violence partout. A voir son espace vital se réduire comme ça on n'en peut plus des autres. Je comprends de moins en moins ce qu'on fait tous les matins et tous les soirs à la queue leu leu dans nos voitures ou comprimés comme des sardines dans des boîtes en fer. Le monde va crever d'asphixye dans 50 ou 100 ans, bientôt, à se demander si ce n'est pas finalement ce qui peut lui arriver de mieux.Libellés : Fatigue
C'est en 1940 que George Hyvernaud fut fait prisonnier et interné dans un Oflag en Poméranie, un de ces camps de prisonniers destinés aux officiers. Il en sera libéré en 1945. Il y a aura passé presque 5 ans. C'est de cette rude expérience qu'Hyvernaud en tirera ses carnets d'oflag et La peau et les os, ce terrible récit qui sortira en 1949 mais restera longtemps ignoré. Ce n'est qu'après sa mort en 83, à la réédition de ses oeuvres qu'on prendra la réelle mesure de ce texte.Libellés : Samedis musicaux
Je voulais mettre quelque chose de dissonant, d'expérimental, de bruyant et arythmique. Quelque chose de détestable parce que c'était une journée à se faire détester. Et puis j'apprends la mort de Robert Kirby.
Trop de travail. Le temps de rien. Des jours, des semaines la tête dans l'étau il n'en sortira pas grand chose c'est le problème. Ce besoin d'électricité, d'électricité un peu sale, pour tenter de laver le stress.
Ca faisait longtemps que je n'avais pas mis Hood. Et puis ça revient toujours à l'automne ou à la pluie, j'y pensais dans les rues humides en rentrant. A l'arrêt sur la vitre arrière de la voiture me précédant je voyais se refléter le mouvement des nuages. Toute la journée j'avais entendu des nouvelles peu réjouissantes sur l'avenir de la planète. Sur ces coups de pelles qu'inlassablement tous les jours nous donnons pour creuser un peu plus sa tombe. Je ne suis pas le dernier. Même fenêtres fermées je sentais l'odeur des feuilles mouillées.Libellés : Chanson du jour
Les vrais guitar heroes étaient discrets, habillés comme ton vieux copain de fac et jouaient du folk Anglais, principalement acoustique, dans deux groupes : Fairport Convention pour Richard Thompson et Pentangle pour John Renbourn et Bert Jansch (à qui Jimmy Page a piqué tous ses plans acoustiques et ses accordages, sans même parler de chansons non créditées...). On pourra également y ajouter John Martyn et de l'autre coté de l'Atlantique, l'extraordinaire John Fahey viendra compléter ce quartet.Libellés : Samedis musicaux
Je me souviens du 10 mai par contre. Je révisais mollement mes partiels devant la télé en attendant les résultats. Il reste le souvenir de la joie en voyant apparaitre la tête de Mitterrand. Les klaxons dans les rues, les cris, la joie. Du balcon j'ai observé l'agitation dans mes rues de banlieue en gardant un oeil sur la télé. Ils disaient à la bastille à la bastille. J'y serais bien allé mais seul je n'ai pas osé. Mes amis s'en foutaient ou votaient à droite. Je ne suis pas allé à la bastille. Avoir 20 ans en mai 81, avoir voté pour Mitterrand et ne pas être allé à la Bastille ce dimanche là, était très certainement significatif de la décennie qui allait venir.
Pendant que je végétais musicalement, les Go-Betweens enregistraient leur premier album au fin fond de leur Australie et sortait ce single. Je ne suis pas certain que grand monde aura remarqué ce disque à l'époque. C'est plus les Inrocks qui leur auront donné le statut de groupe culte quelques années plus tard à l'époque où le magazine était mensuel et pertinent. Il n'aurait peut être pas fallu grand chose pour ne pas les rater mais parfois même les yeux ouverts on est aveugle.Libellés : Je me souviens