Yeti Lane : Lonesome George (Album : Yeti Lane 2009)

Je me suis fait attraper par suprise par une chanson ce matin sur le chemin pour aller au bureau. Par une chanson de Yeti Lane. Il a trouvé sa saison ce disque. En été il m'avait paru un peu fade, je l'avais laissé de coté, mais depuis quelques jours il est en phase. Avec les nuages de ce matin, le ciel voilé uniformément. La lumière douce sur la Marne apaisée. Je me suis souvenu de plages lointaines. Ca m'a donné envie d'Oléron. Ou de Ré.

Il y a un peu de Grandaddy dans certaines chansons de Yeti Lane, un air de famille. D'autres choses sûrement et finalement on s'en fiche un peu des références à ceci ou cela. Si on dit que ça colle avec ces jours d'automne c'est bien suffisant. Ca m'a transporté ailleurs ce matin, sans vraiment savoir à quoi ça faisait écho çà l'intérieur, mais l'important était l'ailleurs..

Leur nom fait penser au Yeti d'Amon Düül II. Mais il n'y a certainement aucun rapport...

(J'ai mis la pochette du single, celle de l'album est un peu laide, mais il ne faut pas que cela empêche de l'acheter)

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Loop : Too Real To Feel (Album : Heaven's end 1987)

Il est toujours illusoire de penser qu'un mur de guitares saturées peut isoler du monde extérieur, mais on oublie de penser que ça ne fonctionne pas, le tout est d'oublier, on monte le son. Lundi matin, le soleil faisait une boule jaune pale dans la brume matinale paresseuse au-dessus de l'immense terrain vague avant le pont où ils font tous ces travaux, avec les vieux wagons de chemins de fer tagués de partout destinés à la découpe. On traverse le matin des paysages urbains improbables.

Loop, Sunn :))), j'ai mis ça ce matin, il faudrait que le son soit plus fort pour repousser le monde, l'empêcher d'entrer dans le bureau mais forcément... je sais que ça les horripilerait, ce son psyché/saturé ou (surtout) ces drones telluriques. J'imaginais le son ramper sur la moquette, prenant possession, bureau par bureau, de tout le bâtiment.

Je me suis souvenu d'une vieille chanson d'un groupe seventies oublié, Cities on flame with rock'n roll, Marshal will buoy, but Fender control, c'est étonnant comme on peut se souvenir de ses disques d'adolescence, toutes ces paroles apprises par coeur, inconsciemment ou non, alors qu'on aurait du mal à citer une seule strophe des dix derniers disques de 2009 achetés.

J'imaginais ça, dans le bureau, un mur de Marshall trois corps, les potards à fond, en réponse à toute sollicitation. A en faire trembler les murs et bizarrement j'avais écrit "troubler". La révolte, la libération par le son. On peut toujours rêver.

(To be played at maximum volume, comme il est dit au dos de la pochette de Ziggy Stardust).

The Gist : Love at first sight (Album : Embrace the herd 1983)

Stuart Moxham faisait toujours partie des Young Marble Giants, leur unique album, Colossal Youth (essentiel), étant déjà sorti, lorsqu'il forma The Gist avec entre autres les deux autres membres des Young Marble Giants (vous suivez)(le même groupe mais pas le même groupe). Ca devait d'ailleurs faire beaucoup pour Moxham puisque les Young Marble Giants se séparèrent peu de temps après.

Embrace the herd, enregistré en 81 reste le seul et unique album de The Gist (Stuart Moxham était à cette époque l'homme des groupes d'un seul album).
L'album n'est pas à la hauteur de Colossal Youth, trop inégal et disparate, il manque d'unité comme si Moxham avait eu du mal à le terminer (ce qui est probablement le cas). Malgré la volonté originale de marier new-wave, ambient et pop.

On y trouve quand même cette perle, reprenant la recette des Young Marble Giants, une grosse basse bien ronde et en avant, un clavier simpliste, une guitare aux accords plaqués ou aux cordes étouffées, avec une voix légère flottant par dessus et éventuellement une boîte à rythme bas de gamme.

En gros, pas très loin de ce que fait actuellement The xx qui semblent bien partis pour être une des (si ce n'est la) révélations de 2009.

Cette chanson dira certainement quelque chose à pas mal de monde, surtout aux fans d'Etienne Daho, puisque celui-ci l'a reprise sur Pop Satori (Paris, Le Flore), je n'ai d'ailleurs connu que cette version pendant plusieurs années avant d'entendre l'original...

(A noter que Charles Bullen de This Heat joue des percussions sur un titre de cet album qui a été enregistré dans leur studio Cold Storage)

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Vic Chesnutt : Chinaberry Tree (Album : At the cut 2009)

Il y a quelque chose dans le son des cordes sur ce disque, comme sur la plupart de ceux du label Constellation quelque soit l'artiste enregistré, peut être parce qu'elles avancent au même rythme que les nuages dans le ciel gris uniforme. Particulièrement ce matin où je reconsidérais mes possibilités de reconversion professionnelle. Sans ouvrir un quelconque horizon salvateur...

Les jours où on se dit qu'on ne va pas continuer comme ça pendant encore quinze ans (au moins), que ça suffit, qu'il faudrait peut être le faire avant qu'il ne soit trop tard, avant de crever un matin de trop de tout en étant toujours en train d'attendre que ça change, non pas qu'on le regrettera à ce moment là, il sera juste trop tard.

Puis les chansons de Vic Chesnutt ont poussé les nuages.
Il a sorti son disque le jour de l'automne. Il ne peut y avoir de meilleure saison pour sa musique. Dans le flot de disques sortis ce mois ci, celui-ci se situe au-dessus du lot, loin de toute vaine gesticulation.

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Neil Young : Speakin' out (Album : Tonight the night 1975)

Je me souviens avoir entendu Speakin' out pour la première fois un après-midi de juillet 1975 à la radio en traversant Bléré en Indre et Loire dans la voiture de mes parents. Speakin' out. Sur Europe 1 ou RTL. Perdue au milieu de chanteurs de variété française dans une émission sur les nouveautés du moment. C'était rare, on s'en souvenait.

Cet été là j'écoutais plutôt Yes (Tales from topographic oceans)(je crois que je peux encore réciter par coeur les paroles de l'intro en simili a capella)(Dawn of the light lies between a silence and sold sources, chase amid fusion of wonder in moment hardly seen forgotten...) et Genesis (Selling England by the pound)(je crois que je peux encore chanter par coeur les paroles de TOUT l'album)(Can you tell me where my country lies, said the uniform to his true love eyes, he lies with me, cries the queen of maybe for her merchandfise he traded in his prize...) et Led Zeppelin. Je découvrais toute cette musique depuis quatre ou cinq mois. C'était comme d'ouvrir la caverne d'Ali Baba.

Tonight the night. Je connaissais son existence au travers des chroniques de Best et Rock & Folk. Il était sorti en mai ou juin. Quelque chose dans ces chroniques avait dû attirer mon attention mais je n'avais encore jamais entendu Neil Young. Le speaker avait annoncé le titre avant sa diffusion. Speakin' out de Neil Young tiré de son nouvel album. Quelque chose dans le genre.

Sur le petit haut parleur de la voiture j'ai entendu un piano un peu bastringue, une guitare et Neil avec sa voix désabusée, lourde de fatigue et de substances diverses et variées, I went to the movie the other night. Il y a ce moment, durant le premier solo, et pourtant les solos de guitare, mais là, sur les cordes jouées avec les doigts par Nils Lofgren, vers 1'35", il y a un petit motif, avec ces harmoniques pincées, qui m'est resté comme un tatouage. Pas grand chose, quelques notes, elles m'ont toujours remué, depuis le début, dans la voiture, avant de passer le pont sur le Cher. Après aussi, lorsque j'ai acheté le disque, plus tard, bien plus tard. En 77. Pas le premier Neil Young, c'était Time fades away. Mais le deuxième ou le troisième. Ca se confond avec Harvest dans la mémoire.

C'était encore l'ID 19 qu'avait mon père à cette époque là. Une beige. Elle datait de 1967. On ne changeait pas de voiture très souvent. Les sièges étaient rouge vif. Le type de la radio a coupé avant la fin du morceau comme ils faisaient tout le temps, j'avais horreur de ça. Mais j'avais entendu Neil Young. Pour la première fois. A Bléré, juste avant de passer le pont sur Le Cher. On était en 1975. Va savoir pourquoi je m'en souviens encore.

J'avais quatorze ans. On campait dans un champ en face de la maison d'un collègue de mon père. Dans un village de tourraine complètement paumé. On y est passé l'année dernière, on aurait presque pu voir des buissons poussés par le vent au milieu de la route comme dans les villes fantômes.

Le soir on écoutait sur la radio une émission où les auditeurs devaient voter par téléphone pour choisir les chansons. C'était toujours des duels. Du genre un Stones contre un Beatles. Ou Elton John contre T.Rex. In a gadda da vida et son solo de batterie contre Tubular bells de Mike Oldfield. L'émission finissait souvent sur ces deux chansons qu'ils coupaient quand même avant la fin. Forcément, l'émission était caviardée de duels entre des chanteurs de variétés françaises d'époque. Mais tous les deux ou trois duels on avait du rock. Heureusement qu'il y avait cette émission. Ca finissait par lasser mes parents alors je restais dans la caravane à coté du transistor.

Je savais que c'était un disque de mort, de deuil, j'avais déjà lu au moins trois fois les chroniques. Quelque chose d'un peu morbide qui m'attirait. Une coté obscur.

La photo de la pochette m'a toujours impressionnée. Ce portrait de Neil sur scène, le cheveu filasse en excès de sébum, dans cette veste claire à rayures (la jaune de la photo d'On the beach?), la barbe lui mangeant le visage, avec des lunettes de soleil lui cachant les yeux, et ses cheveux de chaque coté du visage dessinant ce triangle blanc messianique sur le front. Il ne semble pas au mieux de sa forme, on le sent poisseux, débitant des horreurs dans le micro, l'index ergoteur et pinailleur, donneur de leçon.

Un disque noir. Un disque sale. Je l'ai usé.
Qu'est-ce que j'y comprenais adolescent à tous ces morts? A cette usure de l'existence qui suinte sur toutes les chansons de la 2ème face, ma préférée, où la voix de Neil est sur le fil. Tired eyes (he shot four men in a cocaine deal...), Roll another number où il raconte qu'il est tellement loin des hélicoptères de Woodstock comme si des décennies étaient passées, ça ne faisait que quatre ans quand il a écrit la chanson. Albuquerque (Alboukeurki comme il dit), et sa poussière, sa route usée, sa lassitude, l'envie de partir sans savoir où, le désert, la sueur sur la peau, un sentiment illusoire de liberté et de laisser derrière tout ce que l'on fuit. Comme un étranger. Un de ses plus belles chansons.

Tonight the night. Le soir où Neil Young déballe tout. Ce disque est une vraie tartine de poisse. Avec plusieurs couches, bien étalées. Le disque d'un homme rongé par la culpabilité face à ces deux morts. A en faire pâlir le Berlin de Lou Reed. Comme il l'a dit lui même, ce n'est pas un disque du matin, il faut l'écouter à la nuit tombée.

Particulièrement avec Borrowed tune (chanson empruntée), pire aveu d'impuissance de toute l'histoire du rock, où Neil pompe le Lady Jane des Stones et l'avoue (I'm singing this borrowed tune I took from the Rolling Stones... too wasted to write my own). Les artistes n'ont pas de pudeur parfois... Neil Young l'avait enregistré en 1973. Il aura attendu deux ans (et un album) avant de le sortir...

Un disque de mort, de morts. This album was made for Danny Whiten et Bruce Berry who lived and died for rock'n roll. Danny Whiten, guitariste du Crazy Horse que Neil Young avait refusé de prendre dans le groupe pour la tournée suivant Harvest pour cause d'addiction trop importante à l'héroïne. Neil lui a filé un billet d'avion pour L.A. et $50 pour qu'il rentre chez lui. On le retrouva le soir même overdosé dans la salle de bains d'un ami.
Quelques mois plus tard Bruce Berry (was a workingman...), un ancien roadie de CSN&Y, est retrouvé mort d'OD après s'être fait viré pour avoir piqué la guitare de David Crosby (he use to pick up my guitar and play and sing a song in a shaky voice). Neil en parle dans Tonight the night la chanson, qui ouvre et ferme l'album comme un couvercle de cercueil à une présentation mortuaire... De Whitten pas un mot dans les chansons, mais sur la photo de la pochette intérieure on y voit le groupe qui a enregistré ce disque, avec le nom de Whitten à une place vide, devant les amplis.

Le carton de la pochette a un grain un peu particulier, assez épais, proche de celui de la pochette d'Harvest mais d'un noir mat qui déteindrait presque sur les doigts. Un disque qui laisse des traces.

A l'intérieur on y trouvait un petit dépliant plutôt énigmatique (disparu sur le cd bien entendu...). Avec un compte rendu d'un concert de Neil Young en néerlandais (miracle d'internet on en trouve maintenant une traduction) qui ajoutait encore un peu plus à la légende de cet album. Une lettre adressé à un certain Waterface débutant par les mots avec lesquels Neil introduisait le show lors de la tournée TNT : Welcome to Miami beach. Everything is cheaper than it looks". Waterface serait Danny Whitten. L'auteur de la lettre (Neil?) lui demandant de saluer BB (Bruce Berry)...

Quelques mois plus tard j'en saurais un peu plus, avec un article de Francis Dordor paru dans Best de Mars 1976. Il balayait toute la carrière de Neil jusqu'à Zuma sorti peu de temps avant. Lire l'article c'était plonger à pieds joints dans le mythe Neil Young. L'article était imprimé en lettre blanche sur fond noir, dans le ton de Tonight the night. J'ai toujours l'article, découpé et rangé dans une pochette.

Je crois bien que je n'ai plus jamais entendu Speakin' out à la radio. Mais ça a commencé là. Le premier contact. On est en 2009, je me demande quand sortira le prochain coffret d'archives, celui sur la période suivante, celle qui comprendra Time fades away, On the beach et Tonight the night, la ditch trilogy, mes Neil Young préférés. Depuis plus de trente ans.

On ne parle jamais de la photo intérieure de la pochette ouvrante, elle est pourtant terriblement révélatrice de ce disque. On y voit Neil Young assis à une table dans ce qui est visiblement un pub ou un bar. On distingue au premier plan deux pendules (Time fades away?). Il ne regarde pas l'objectif, la photo est prise à son insu, une photo volée.
Une photo où l'on semble espionner son intimité. C'est un peu ce que l'on fait, à chaque fois que l'on écoute ce disque...

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This Heat : The fall of Saigon (Album : Made Available 1977/1996)

Ils ont remis le chauffage hier soir, pourtant il ne fait pas froid. J'ai mis This Heat. Ils enregistraient dans une ancienne chambre froide.

Ils n'avaient pas encore sorti de disques lorsqu'ils ont enregistrés cette session en mars 77 chez John Peel. Comme beaucoup d'autres à cette époque bénite, Il avait suffit d'une démo envoyé à ce cher John pour les faire jouer dans son émission.
On était en pleine vague punk mais les trois gars de This Heat n'en avait rien à battre du punk. Ils étaient au delà. Dans une sorte de prolongement politique du King Crimson des deux derniers (à l'époque) albums (Starless and bible black et Red) avec un souci de radicalisation du son et une démarche musicale iconoclaste (Gareth Williams qui jouait de la basse, des claviers et chante n'était absolument pas musicien).

This Heat était dans la démarche post punk du DIY (do it yourself), de la no wave et de l'expérimentation sonore avant même que le punk n'ait réellement éclos (on peut même dire qu'ils étaient post rock bien avant l'heure si l'on voulait jouer des étiquettes). On notera également une volonté de tourner le dos à toute forme de musique consensuelle particulièrement sur scène. Trente ans plus tard leurs disques sont encore plus essentiels. Leur musique sonne de plus en plus comme le monde actuel, oppressant et tentaculaire.

(Pour l'anecdote, quelques années plus tard, un groupe français, Fall of Saigon, dans lequel jouait un certain Pascal Comelade, tirera son nom de cette chanson mais on en parlera une autre fois)


(NOTA : Tous les samedis j'essaierai d'évoquer plus ou moins brièvement un (vieux)(ou pas) disque ou un (vieux)(ou pas) groupe mal connu ou oublié (ou pas), voire une bizarrerie bizarre...)

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mercredi, septembre 16, 2009

Idaho : Bass crawl (Album : The forbidden EP/Alas 1997/2008)

C'est la guitare qui fait frissonner comme le vent à l'arrivée de l'automne. Pas par hasard. La voix de Jeff Martin, le rythme traînant, j'ai fait ça toute la journée, traîner, en regardant derrière la vitre le ciel gris. Je pensais le monde s'opacifie un peu plus tous les jours.

Il y a ces notes de guitare qui flottent en arrière plan, long feedback porté par le vent, toujours la même histoire. Et la voix qui craque comme les feuilles mortes sous les pas. Le genre de chanson dont on ne sort plus.

C'est de l'automne et de la musique sur le fil, en équilibre, sur la grosse basse tendue, une chanson de funambule, ferme les yeux tu verras c'est une chanson de funambule. Combien de temps sans ressentir cette sensation d'être au-dessus du vide du reste des autres peu importe quoi en fait. Ferme les yeux c'est ça les images de cette chanson, quelqu'un qui marche sur les feuilles mortes, comme sur un fil.

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The Beatles : Revolution (mono mix) (Album : The Beatles: Remastered 2009)

Il aura été difficile la semaine passée d'ignorer les Beatles et la sortie de leur(s) coffret(s) remasterisés. Même au 20h de France 2 le sujet a été évoqué. S'il y avait encore besoin de prouver que l'évènement avait plus à voir avec l'aspect mercantile qu'avec la musique cet argument serait suffisant. Néanmoins, ces rééditions suscitent la curiosité, je n'ai pas commencé ma carrière d'écouteur de disques par les Beatles pour rien.
Deux questions se posent :

1) Que vaut le son par rapport aux versions CD précédentes, aux vinyles d'origine ou les rééditions de 1978? Cela vaut-il le coup?
(en sachant que le coût lui est loin d'être insignifiant (quoiqu'en dise l'ineffable Pascal Nègre dans cette interview hallucinante (un petit florilège de ce cher Pascal : "Avec la loi Hadopi, nous espérons stabiliser les ventes de disques" (j'en ris encore); "Le vinyle explose aujourd'hui, on a ressorti du Marc Lavoine sous cette forme" (sic); et la solution miracle pour sauver l'industrie du disque "On voit aussi les jeux sur les Beatles, on va nous-mêmes commencer à en lancer, du karaoké, sur Wii, dans quelques semaines. [...] le jeu est aussi une manière de consommer des œuvres et de la musique, et de faire connaître des artistes." (surtout des artistes déjà connus bien sûr...))).

(On notera par ailleurs que dans la même semaine on aura pu décerner un point Godwin de platine à Christophe Lameignère, président du SNEP qui aurait déclaré en parlant des internautes s'opposant à la loi Hadopi : "Ces gens-là, ils auraient vendu du beurre aux allemands pendant la guerre !". Ben voyons... les présidents de l'industrie du disque, quand il y en a un ça va, c'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes...)

2) Mono ou stéréo? Puisque les deux mixes sont proposés. (A noter que le coffret mono ne comprend pas Abbey Road ni Let it be (ni Yellow Submarine mais tout le monde s'en tape) mixés dès l'origine en stéréo, ce qui ne l'empêche pas d'être plus cher...).

EMI, dans un moment d'étourderie dû très certainement à l'effervescence de cette sortie mondiale ayant omis malencontreusement de m'envoyer un exemplaire de chaque coffret, je me suis fait "prêter" quelques fichiers Flac, un format de compression sans perte audio (contrairement au mp3), gravés ensuite sur CD (version mono ET stéréo)(fichiers détruits bien entendu après l'expérience monsieur le juge (ah ah)).

J'ai ensuite comparé ces derniers à mes vinyles d'origine (Rubber Soul et Revolver sur label EMI Odeon daté de 1965 et 1966) ou à des rééditions de 1974 pour Sergent Peppers ou de 1978 pour les autres, tous en pressage français et stéréo, ainsi qu'aux CD première version datant de 1987.

Pitchfork s'est également amusé à faire cette comparaison mais sans y inclure le format vinyle.

Les tests ont été réalisé dans mon salon sur le matériel suivant :
Ampli : Myriad Z140
Enceintes : Pierre Etienne Leon M4 (plus fabriquées, datent de 1985)(proches de la Kantor actuelle)
Cables : MIT
Platine : Rega Planar P2 (ancien modèle de 1986 avec plateau en verre)
Cellule : Denon DL 103
Pré-ampli phono : Cambridge Audio 640P
Platine CD : Micromega Minium

D'une manière générale, les rééditions vinyles de 1978 (V78) sont moins bonnes que les pressages originaux, elles manquent sérieusement de corps, de présence, de profondeur. Les éditions CD (CD87) de 1987 ne sont pas ridicules mais ont des défauts certains (aigus métalliques, parfois criards, pas de profondeur, pas de relief). Les vinyles d'époque (Vaa)(65 et 66 pour Rubber Soul, Revolver et une compilation de singles (A collection of Beatles oldies (but goldies) de 67)) possèdent de la chaleur, de l'espace, de la profondeur, un grain vivant.
On constate également que les remasters n'ont pas été compressés à outrance comme c'est trop souvent le cas. Le mix stéréo l'est un peu plus que le mono mais les enregistrements gardent une dynamique naturelle (on peut se référer aux illustrations graphiques de comparaison).


Please please me/With the Beatles : (RM/RS/V78) Très clairement, la version stéréo n'apporte rien, elle se contente d'éclater artificiellement dans l'espace les différentes pistes d'instruments et de voix. L'impact du remastering mono est très net, ça claque, c'est vivant. La réédition vinyle de 78 n'est pas à la hauteur.. Remasters Mono wins.

Hard day's night/Beatles for sale : (RM/RS/V78) : Les rééditions vinyles de 78 sont en dessous des remasters récents par leur manque criant de relief. La version mono est globalement préférable à la stéréo pour son grain beaucoup plus naturel. Le mix stéréo parait trop artificiel en dehors de quelques exceptions comme sur I don't want to spoil the party où la guitare d'Harrison en contre point disparait dans le mix mono alors qu'elle équilibre totalement la chanson en stéréo. Mono wins quand même.

Help : (RM/RS/V78) : Laissons de coté immédiatement le vinyle de 78 qui est enterré par les versions remasterisées. A la différence des albums précédents, l'écart mono/stéréo devient moins évident. Globalement le mix stéréo est plus agréable même s'il perd un peu de l'impact immédiat de la version mono. Cela dit, Help n'est pas l'album des Beatles le mieux enregistré. Egalité.

Rubber soul : (RM/RS/V65/CD) : La première version Cd si elle n'est n'est pas ridicule prise séparément, n'est pas au niveau des autres pour les défauts généraux inhérents à cette édition (son métallique, manque de relief, de corps...). Le vinyle de 65 est extrêmement percutant et présent tout en restant subtil (l'opposition entre la basse et le piano sur Drive my car), sans agressivité dans les voix. La version remaster stéréo est au niveau du vinyle d'origine (bel exploit les gars, il vous aura fallu 45 ans pour en arriver là) et fait surtout regretter de ne pas avoir le reste de leurs albums en vinyle d'origne/pressage anglais en bon état...

Sur Norwegian wood, le vinyle est superbe pour la voix de Lennon qui semble nous susurrer à l'oreille mais sa guitare et le sitar d'Harrison sur l'autre canal sont un peu moins définis que sur le remaster Stereo. Le plus beau mélange entre les instruments est ici en mono, mais la voix de Lennon est moins présente. Un mix entre les deux versions serait la panacée. En attendant je garde mon vinyle d'époque malgré ses craquements. Vinyle wins.

Revolver : (RM/RS/V66/CD) : L'écoute comparée d'Eleonor Rigby permet de constater que la version remaster stéréo conserve un petit coté métallique sur la voix et les cordes non décelable à première écoute, mais qui survient dès qu'on la place à coté de la version mono encore une fois plus naturelle. La version CD est moins bonne que le remaster stéréo par son manque de relief et de présence. Le vinyle d'origine surprend encore une fois. Hormis les craquements d'usure de mon exemplaire, le son est vibrant, vivant, chaud, avec de la présence, totalement au niveau du remaster mono de 2009.

Encore une fois, constatons qu'il aura fallu plus de quarante ans à l'industrie musicale pour retrouver la qualité d'origine...
Sur Tomorrow never knows, le son du vinyle est surprenant, et le remaster stereo est au même niveau en un peu plus clair, ainsi que le mono finalement très proches. La batterie est très profonde, la basse gronde comme si on était près de l'ampli et la voix de Lennon est d'un grand naturel. En fermant les yeux on le voit presque chanter. Il faut noter que la prise de son sur cette chanson est absolument remarquable, on ne peut que féliciter Geoff Emerick (l'ingénieur du son) pour cet album. Vinyle wins again.

Sergent Peppers : (RM/RS/V74/CD) : Le vinyle étant le premier album que j'ai acheté (en décembre 74) et écouté à l'infini sur un électrophone bas de gamme, les aigus se sont dispersés avec le temps, il est néanmoins à égalité (voire même...) avec le CD ce qui donne une idée de sa piètre qualité. La surprise avec Sergent Peppers c'est que le mix mono est nettement supérieur au stéréo en faisant une exception pour le grain de voix de Lennon au début d'A day in the life où en stéréo elle fait dresser les poils sur les bras. Plus que tout, c'est beau.
Sinon sans hésitation la version mono sonne comme un vinyle. C'est criant sur A day in the life mais aussi sur Lucy in the sky with diamond avec ses timbres multiples. Mono wins et de loin.

Magical mistery tour : (RM/RS/V78/CD) : On ne perdra plus de temps avec les versions 78 en vinyle, celles ci sont globalement ratées et c'est de plus en plus évident au fur et à mesure que l'on avance dans la discographie. Comme pour Sergent Peppers la version mono est une réussite et sonne comme un bon vinyle. La version stéréo n'apporte pas grand chose même par rapport au CD de 87. Mais en mono c'est du bonheur, le mellotron de Strawberry fields et l'arrivée de la batterie sont un vrai plaisir. Comme le piano électrique d'I am the walrus et les cordes vivantes et chaudes. Mono wins again.

The Beatles (white album) : (RM/RS/V78/CD) : Le cd de 87 est mauvais par son manque de définition, de relief, de présence. Si les remasters de 2009 ont besoin d'une justification, c'est le white album (entre autre) qui la fournit. Il faudrait avoir un vinyle d'origine pour comparer mais le travail réalisé tant sur la version mono que stéréo donne l'impression de redécouvrir cet album qu'on connaît pourtant par coeur.
Le grand gagnant sonore de ce travail c'est la basse de McCartney qui n'a jamais été aussi ronde et présente. Mais tous les autres instruments gagnent aussi en précision et en définition. Sur Dear Prudence, la charley de Ringo Starr McCartney (qui remplaçait Ringo absent ce jour là) a un grain superbe comme si elle était présente dans la pièce.
Toutes les chansons prennent une dimension supplémentaire et cette fois c'est la version stéréo qui a l'avantage avec un naturel plus grand. On sent l'évolution des techniques d'enregistrement et de mixage intervenue sur cet album.

Le deuxième disque profite encore plus de ce travail. La version stéréo de Yer blues est totalement hallucinante de fidélité dans la restitution, on a l'impression d'être dans le studio (cette chanson a été enregistrée dans un studio différent des autres de l'album), assis près de l'ampli basse de Macca. Pour un peu on verrait les veines se gonfler dans le cou de Lennon quand il hurle. Impressionnant.

Helter Skelter gagne en puissance, la voix de McCartney a un réalisme plus que saisissant, il est devant nous. On redécouvre cette chanson, la basse et les guitares agressives. C'est une tuerie absolue. Si Charles Manson entend ça du fond de sa prison Californienne il va à nouveau croire que les Beatles sont les quatre cavaliers de l'apocalypse et cette fois-ci il aura peut être raison.
A noter que la version mono est différente puisqu'elle est plus courte, sans la fausse fin et surtout sans le I've got blisters on my fingers ! de Ringo Starr à la fin.
Cette nouvelle version est pleinement justifiée, c'est le premier disque du coffret qui donne cette impression aussi nette. Remasters stéréo wins.

Yellow submarine : On s'en fout.

Abbey Road : (RS/V78/CD) : Le CD de 87 est meilleur que la réédition vinyle de 78 mais le remaster stéréo de 2009 est la deuxième bonne surprise du coffret. Le disque gagne en chaleur et en vie. La puissance de Come together ou du medley de la 2ème face apparait sous un jour nouveau et cela sans agressivité ni tape à l'oeil ce qui est peut être la chose la plus surprenante. On entend le travail de production, la répartition spatiale des instruments et des voix, on est presque capable de distinguer les basic tracks des overdubs. Le souffle de bande au début d'I want you a été préservé pour ne pas altérer le son et gommer les aigus. Le traitement de cette chanson est d'ailleurs un pur bonheur procurant une réelle émotion. Les guitares d'Here comes the sun sont naturelles et semblent être de la pièce. Une nouvelle fois, cette version est justifiée au vu du résultat, Abbey Road n'a jamais sonné ainsi. Stéréo wins mais il n'y a pas de mono...

Let it be (RS/V78/CD) : On fera globalement les mêmes remarques que pour Abbey Road même si les résultats sont un peu moins évidents. On se passera à l'infini l'intro de Get Back où l'on entend les Beatles se parler avant de débuter le morceau, avec l'impression que Lennon et McCartney sont dans la pièce face à nous. Résultat en tout cas nettement supérieur au CD de 87 et au vinyle de 78. Stéréo wins again de fait.

Past masters/Mono masters : (RM/RS/V66) : Pour ces compilations de singles, le résultat est obligatoirement plus hétérogène suivant les chansons. Le vinyle d'origine ayant été également acheté fin 74 et ayant beaucoup vécu, on aura une pensée émue pour les aigus disparus. De ce fait les remasters sont de meilleure qualité. Ticket to ride et Paperback writer sont deux exemples pour lesquels le mix mono est supérieur au stéréo. Encore une fois, le mono sonne comme un bon vinyle. On constate par contre l'inverse pour Hey Jude qui est beaucoup plus vivant en stéréo et donne l'impression de découvrir de nouveaux détails dans l'interprétation. Ces trois exemples des past masters (avec Revolution)(en gros la moitié du 2ème cd) sont au niveau de ce qui a été fait pour le white album ou Abbey Road. Egalité.


En conclusion pour ceux qui auront eu le courage de lire jusque là :

Je vais le répéter encore une fois mais il aura fallu 45 ans à l'industrie phonographique pour être capable de revenir au son des vinyles d'origine bien pressés et bien enregistrés. Plus de quarante ans avant de comprendre que peut être il fallait faire un effort sur le son après nous avoir vendu de la merde en barre dans les années 80 et suivantes. Un peu tard les gars. Il est fort probable que cette sensation persistante de s'être fait avoir durant des années par les maisons de disque explique en partie leur marasme actuel sur lequel je n'aurais pas une once de compassion.

En conséquence, le son des éditions remasterisées du catalogue des Beatles est excellent. La qualité est là et elle s'entend. Du moins si l'on écoute ces disques sur du matériel convenable. Sur l'ordinateur, le gain est bien entendu moindre que sur les enceintes du salon.

1) Alors faut-il acheter ces coffrets?

Compte tenu des prix excessifs : 215€ pour les 14 cd's en stéréo; 255€ (prix Fnuc) pour le coffret mono et ses 11 cd's, (en mono tu en as moins et c'est plus cher, d'autant plus que les albums mono ne seront pas vendus séparément, ce qui est un foutage de gueule de plus de la part d'EMI), SANS UN SEUL bonus ou alternate take, la réponse est non a priori si on possède déjà les albums sous une forme ou une autre. La réponse est non également si vous écoutez vos disques sur des hauts-parleurs d'ordinateur ou un matériel de moyenne fidélité. Les cd's précédents sont largement suffisants.

2) Mono ou stéréo?

L'idéal serait de panacher les versions mono (les premiers albums) et stéréo (la 2ème partie de leur discographie) mais pour cela il faudrait acheter les deux coffrets... (EMI Voleur). La version mono DEVRAIT être le bonus offert avec la version stéréo... mais non, on vend les deux, et la version mono encore plus chère que l'autre... après on s'étonnera que les deux versions soient piratées... l'industrie du disque n'a toujours rien compris...

Si on ne possède aucun album des Beatles, que l'on écoute les disques sur un matériel correct, ou si on est super fan, ces coffrets de rééditions sont intéressants mais on les achètera à l'étranger pour des questions de prix (pour l'exemple, Amazon.com US propose le coffret stéréo à $179 hors frais d'envoi soit 123 €, ça laisse rêveur...).

Pour ceux qui possèdent déjà quelques albums sous une forme autre que les vinyles originaux, il est probablement préférable d'acheter à l'unité ses albums préférés si vous avez les moyens d'entendre l'amélioration de la qualité sonore.
On conseillera sinon pour tout le monde, l'achat à l'unité du White album qui est une vraie réussite ainsi qu'Abbey Road, même pour ceux qui ont déjà tout. Il faudrait pouvoir acheter Sergent Peppers en mono également mais ce n'est pas possible...

Il est également toujours possible de rechercher sur Ebay des vinyles originaux en bon état. Globalement ils sont trouvables et pas obligatoirement très chers en évitant les éditions rares.

L'avantage de cette édition, pour finir sur une note positive, est de nous faire écouter à nouveau ces disques archi connus et de parfois nous les faire redécouvrir sous un angle nouveau, comme nettoyés de la poussière du temps.
Malheureusement le prix à payer pour cela est cher et il faut avoir envie d'engraisser l'industrie du disque (les Beatles pourront vivre a priori encore quelques années à l'abri du besoin sans votre argent...)(et c'est quelqu'un qui a acheté les archives de Neil Young qui dit ça) après s'être fait avoir en achetant les éditions précédentes... Bien sûr il restera toujours des solutions que l'on pourrait qualifier d' "alternatives". Vous faites comme vous voulez... Parce que quand même... Yer blues et Helter Skelter... whao !

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jeudi, septembre 10, 2009

The xx : Stars (Album : xx 2009)

Je sens bien qu'il y a quelque chose dans l'air, que ça me tourne autour comme une mouche énervée. C'est aussi dans les disques du moment. Celui des xx et d'autres. Quelque chose dans la lumière du soir, un peu plus rapide tous les jours et on sent la nuit qui presse, qui pousse. Mais dans l'air à ce moment là, le ciel un peu teinté de jaune et de bleu, quand on n'entend plus que la lumière. A ce moment là. Ca te passe sur la peau, comme une plume d'oiseau, rapidement sans même être certain d'avoir un frôlement. Peut être une sensation rêvée ou espérée. Ca passe. Comme la lumière.

C'est peut être dans la voix de cette chanteuse, dans la basse, juste dans le vent dans les feuilles. Elles rappellent des musiques d'avant ces chansons aussi c'est pour ça. Il n'y a jamais de hasard. Du temps où je marchais le long du fleuve, il est encore trop tôt, c'était plus tard, la nuit surprenait, me faisait frissonner en regardant les premiers reflets des éclairages municipaux sur l'eau mouvante.

Ca n'est pas totalement inconnu ces chansons, ça rassure, ça repose. On regarde derrière, le chemin parcouru mais on ne voit pas grand chose, juste l'endroit où l'on est arrivé. On n'aurait pas imaginé.
Après si c'était moins une vie de dingue on prendrait plus de temps pour attraper ces riens qui volent dans les airs. Parfois je me dis que le rêve ça va bientôt être interdit. Ca gagne. Tellement de fumée et de poudre aux yeux qu'on ne voit même plus le bout de son bras tendu.

De toute manière il fait nuit maintenant le disque se termine, le carré de chocolat à la framboise finit de fondre sous la langue, j'ai mis de l'encens à bruler dans la cuisine, je sens bien que je n'écouterai plus ce disque l'année prochaine, qu'il est juste pour maintenant là tout de suite, qu'il est sûrement périssable ou quelque chose comme ça. Le temps c'est parfois étonnant.

The Pastels : Breaking lines (Album : NME C86 1986)

Ils n'ont pas joué assez de leurs chansons les Pastels lundi soir (trois)(3)(mais quelles chansons...), le concert était essentiellement axé sur leur nouvel album enregistré avec Tenniscoats. C'est dommage pour leurs chansons et pour nous. Parce qu'ils tiennent toujours sacrément la route. Ca donne envie d'un concert avec toutes leurs chansons. C'est probablement très nostalgique mais sûrement pas plus que les rééditions des Beatles dont on reparlera.

En 1986 le NME (prononcer à l'anglaise N M I)(the ennemy) offrait cette compilation devenue mythique sur cassette (d'où le C86) avec le magazine. On y trouvait cette chanson des Pastels alors que le groupe n'avait pas encore sorti son premier album. Elle ne sera jamais reprise sur aucun album ni compilation du groupe.

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The Allender Band : I Used To Go Off To Brood Alone In The Mountains (Album : Outer Dark 2009)

Ca ne veut pas en ce moment, le ciel s'est couvert et la pluie est arrivé. Samedi gris.

On adapte la musique à l'ambiance. Parfaite pour ce disque dans sa petite boîte en carton (bien mieux que les boîtiers en plastique peu résistants). Des guitares à la Red House Painters ça se laisse toujours écouter les samedis nuageux en septembre.
On a parfois l'impression que de délicats fantômes en volutes s'échappent des enceintes. C'est sûrement personnel. Ou bien est-ce le brouillard de Bristol.

Ca donne des envies d'Angleterre,de campagne humide et de falaises ventées face à la Manche. J'ai fait une tarte aux mirabelles.


(on pourra acheter leur disque ici à un prix pour le moins modique)

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Magazine : The light pours out of me (Album : Real life 1978)

Le ciel avait quelque chose d'Angleterre ce matin. Dans ses contrastes et ses menaces. Ca tombait bien j'avais mis Magazine dans la voiture. Le trajet ressemblait à un vieux clip illustrant cette musique. On y voyait les parents accompagnant leurs enfants à l'école pour la rentrée signe ultime du retour à la banalité quotidienne habituelle sous un ciel mélangé de nuages et lumière rasante. Le retour à la "vraie" vie en model worker?

Au carrefour une feuille morte s'est suicidée sur le pare brise et s'est coincée dans l'essuie glace, confirmant la précocité de l'automne. J'ai démarré sans état d'âme, la feuille s'est décoincée comme libérée pour aller finir dans le caniveau. Le soleil se reflétait violemment sur l'eau du port. The light pours out of me chantait Howard, Time crawls like an insect, Up and down the walls.

Plus loin encore frôlant une école on voyait bien dans l'empressement des parents la marque d'une accélération du temps, c'est peut être ça aussi qui fait tomber les feuilles en avance. On se rend compte de notre vieillissement en voyant les enfants grandir.
mardi, septembre 01, 2009

Cocteau Twins : Lazy calm (Album : Victorialand 1986)

J'ai fait tourner de vieux Cocteau Twins ce soir, musiques et souvenirs éthérés d'un automne assez étrange. La voix d'Elisabeth Fraser m'insupporte parfois mais les Cocteau Twins... il y a quelque comme de vieilles sensations que je voudrais retrouver dans ces disques si tout ne s'est pas perdu dans le temps et la réverb.

Ce sont des disques de paresse ceux des Cocteau Twins. De ceux qui s'écoutent sans faire grand chose, un peu avachi sur le canapé ou dans un fauteuil. On écoutait ça le samedi ou le dimanche après-midi, de ces journées oisives où on ne fait qu'attendre quelque chose qui n'arrive jamais à part la nuit. En sirotant un thé au jasmin.

Il y a des choses qui s'évanouissent en nous au fil du temps, le goût pour les après-midi comme ça, parce que toujours un peu plus d'insouciance s'est envolée avec le vent qui se lève dans les branches des arbres.
Parfois je me demande si ce n'est pas pour cela que j'ai moins de goût pour les nouveautés, tous ces disques qui sortent tout le temps et derrière lesquels je continue de courir et que je trouve trop souvent un peu fades. Peut être seulement parce qu'ils ne me rappellent encore rien.
Il y a tellement de nouveaux disques et petit à petit tellement moins de vie qu'on n'a plus le temps de les vivre, de leur construire des histoires.

C'est de la musique de dilettante. Je rêvais de mener une carrière de paresseux, de oisif. Il y avait une chanson qui disait il y a longtemps, je mène une carrière de malheur. Jje voulais une carrière de paresseux.
De celle où le matin quand tu te lèves, tu as le temps d'aller marcher dans l'herbe pour sentir la rosée, et regarder le soleil au travers des feuilles des arbres. De celle où on écoute les Cocteau Twins le samedi après-midi. Une sorte de vie cinématographique idéale.

J'avais les aptitudes pourtant, toutes les qualités requises, j'ai raté ma carrière, je n'ai pas eu le rôle. Peut être pas trop tard pour renverser la vapeur mais on vieillit, on n'a plus le dynamisme nécessaire, pire on y croit moins. Pourtant l'envie est là...