Giant Sand : Happenstance (Album : Glum 1994)

C'est en septembre que l'on débute une nouvelle année. Pas en janvier. Ca a beaucoup plus de sens en septembre. Le rythme du monde moderne contemporain et occidental le veut ainsi et puisqu'il nous entraîne...
Cette chanson D'Howe Gelb a traversé cette journée comme de la poussière collée au vêtements par la sueur, et de la poussière il y en a plein dans sa musique. De la poussière et des espaces vides.

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The Warlocks : Standing Between the Lovers of Hell (Album : The Mirror Explodes 2009)

L'électricité molle, moite et empoisonnée des guitares rampantes des Warlocks. Musique de drogues et de brouillard. Ecran de fumée pour se cacher de cette rentrée. Quelque chose dans cette chanson qui isole du monde extérieur.
Chanson entre deux, comme l'indique le titre. Pour cette période comme un no man's land temporaire et flou. Entre les vacances et la folie de la rentrée qui approche. On a beau traîner on sait que ça ne va pas durer. En attendant...

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The Auteurs : Fear of flying (Album : After murder park 1996)

Depuis le 21 décembre 2007, j'interviens plus ou moins (souvent moins) quotidiennement dans le Petit Journal pour y raconter ma journée en plus ou moins (souvent plus) deux (2) lignes. Cette quatrième sélection couvre la période du 1er août 2008 au 3 octobre.

Drôles de rêves la nuit dernière. Ca me réveille et je poursuis l’histoire en étant éveillé. On cours après quoi dans ces cas là ? Repensé à cette jeune fille jouant du Bach sur son violoncelle. Pas pris assez de temps pour l’écouter. On se rend compte toujours trop tard que l’on n’a pas pris assez de temps.
Everybody’s gonna need some kind of ventilator... la chaleur au bureau ne pousse pas à la productivité... Vu les photos floues et étonnantes de Miroslav Tichy plus tard.

Endormi avec du piano, réveillé avec le même piano. Peur de la guerre ce matin mais les journaux débutent tous par les JO... Ils s’appellent Chauchat, comme Mme Chauchat dans La montagne magique. J’ai une affection particulière pour les groupes qui tirent leur nom de personnage de roman. Encore une journée sans trouver le bon chemin. Circumnavigation interne. Musiques en brouillard plus ou moins épars.

Suivi la Loire. Suivi le Cher. Suivi la Loire dans l’autre sens. Rentrer. C’est ça le problème. Rentrer. Ici. La transition est dure. D’un seul surcroit d’activité. Les moments calmes ne sont jamais assez long. C’est la routine alors qui recommencerait déjà. Idée déprimante. Hier j’ai rêvé de la guerre. Pas moyen de chasser ce rêve ou plutôt ce cauchemar. C’est l’automne déjà. Alors chanson d’automne.

C’est étrange mais tu vois il y a 28 ans, l’année de la mort de mon père, j’ai campé à St André des Alpes, pas loin du lac de Castillon si beau si bleu. Lire le nom là comme ça, c’était comme si une étagère de souvenirs me tombait directement sur la tête. Des années après, j’ai suivi le Verdon à partir de Castillane jusqu’à Moustier Ste Marie avec l’étoile entre les montagnes. Un peu comme on remonte dans le temps d’ailleurs... sauf que là je le descendais...

Le monde devient parfois si moche que même l’été s’est enfui. Je m’émerveille encore, de découvrir avec bonheur des musiques inconnues la veille. C’est pour cela que je n’arrêterai jamais d’en écouter. Jour tranquille. Il en reste peu. Des tonnes de musique à écouter. Il faudrait pouvoir ne pas dormir mais le corps réclame. Une histoire de notes rampantes. Les jours passent comme on tourne les pages d’un livre. Chapitre suivant.

Cela faisait deux mois que je ne m’étais pas retrouvé seul le soir, sans toi. Les vacances sont décidément bien finies. 1er septembre, on sent que c’est un peu comme le cours du fleuve, on ne l’arrêtera pas, on en a encore pour un bout de temps, à être balloté comme ça au gré du courant, dans le mauvais sens. On n’a pas l’énergie du saumon, pour remonter à la source. Je n’entendais plus rien, un vague bruit de fond, comme si le monde passait dans un filtre de synthé, ça ressemblait au bruit des doigts sur du velours. Pendant ce temps là, la Marne coulait sous moi.

C’est la 400ème ce soir. Encore une histoire de pont. Complètement involontaire. M’en suis rendu compte une fois publié à cause de la photo du pont de Kerouac. L’inconscient sûrement. Je préfère même pas savoir ce que cela signifie. Boire des bières dans un petit passage Parisien à moitié caché. Le vent soufflait étonnamment hier soir. Je voyais dans le regard des hommes des brillances charnelles. Mon squelette a pris dix ans de plus ce soir. Dans quelques jours ça sera l’inverse, comme si ses mouvements étiraient également le temps. L’autre soir, j’ai pensé avoir trouvé la musique des ruines circulaires de Borges.

L’orage encore le soir, tout cette eau, le ciel se détraque de plus en plus souvent, on se souviendra peut être, dans quelques années, que ça a commencé par là environ, le dérèglement, lorsque Paris ressemblera au San Francisco de Do androids dream of electric sheep de Philip K.Dick. Ca ressemble un peu à l’automne, ce ciel uniforme mais haut, le vent. Un espace temps au milieu de rien, j’aime ces instants.

Rick Wright est mort aujourd’hui, le clavier des Pink Floyd. Ce type avec son orgue orientalisant ou son piano sur leur premier album et sur des vieux singles qu’on trouvait sur la 2ème face de Master of rock est responsable de mes premiers émois rock et musicaux. Ceux qu’on ressent dans le ventre. C’était il y a longtemps, décembre 74/janvier 75. Avant Led Zep et Physical Graffiti. Des trucs qu’on oublie pas. Appartement glacé, mais il n’y a pas que le corps qui soit engourdi. Perdu trop de temps en circonvolutions inutiles mais rouvert Un homme qui dort. Retrouvé mes coups de crayons dans la marge. Putain de texte.

Les mots ont jailli subitement, est-ce le côte de Bergerac pourtant goûté très raisonablement hier soir, ou bien la vidange salvatrice d’un trop plein ? Je penche pour l’explication vinicole. Des rêves étranges, hachés pas le mauvais sommeil. Sans savoir vraiment si entre deux rêves on ne rêve pas encore ou si on en invente la suite et si cette suite imaginaire n’influe pas sur le rêve suivant et si finalement ce n’est plus un rêve.

Il y a des journées on ne sait pas où elles passent, comme si elles s’évadaient par une fissure quelque part. Et puis autour, le monde s’effrite un peu plus. Fait une tarte aux quetsches ce soir. On a fait l’amour pendant qu’elle cuisait. Il ne faut pas grand chose finalement pour que la journée prenne de l’importance.

Ecouté David Sylvian toute la journée. Ca allait parfaitement avec la pluie. Pensé à cette chanson aussi à cause de Seb mais il n’y a pas de rapport. Ecouté de trop vieux disques encore une fois, il s’en échappe souvent des souvenirs, ils devaient être cachés au creux des sillons, avantage du vinyle, il y a obligatoirement de la poussière d’époque dessus. La respirer c’est partir vers le passé.
lundi, août 24, 2009

John Coltrane : Jupiter (Album : Interstellar Space 1974)

C'était comme de tomber de Mars ou Jupiter ce matin, en retrouvant la route habituelle pour aller au travail. Tout juste si on remarque les infimes changements le long du trajet aux exhalaisons hostiles, les quelques travaux réalisés durant le mois d'août. Ca ressemblait quelque part à un mauvais rêve en réminiscence, celui dont on connait la fin mais que l'on n'arrive pas à stopper avant.
L'impression désagréable d'être reparti dans un espace temps ancien et non désiré, une contrainte sur les épaules. Il ne fallait peut être pas sortir de la voiture, comme dans la chanson de Gary Numan.

Ensuite ce pauvre motard est venu s'écraser sur mon pare-choc arrière avant de retomber lourdement sur le bitume. Le rêve n'en était pas un, ce n'était que la réalité.

Ce disque de Coltrane (un de ses derniers enregistrements même si sorti en 74) m'a longtemps fait peur. Terrorisé. Impossible à écouter en entier. Trop étrange et dérangeant pour qui n'avait pas dépassé A love supreme. Juste en duo avec son batteur, il semble tombé de la planète Mars ce qui explique peut être le titrage des morceaux. Ou bien est-ce seulement parce qu'il joue la tête dans les étoiles?
Son saxo semble jouer à coté des notes, la batterie de Rashied Ali, mort il y a quelques jours, est comme un monstre apocalyptique en liberté. Le mois d'août aurait dit la grand-mère.

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dimanche, août 23, 2009

Tiny vipers : Slow motion (Album : Life on earth 2009)

Rentrer alors. Lentement. Profiter de cette dernière semaine entre deux eaux pour garder un rythme lent. Posé. Comme cette chanson.
Rien écrit durant ces trois semaines. Pas une ligne. A se demander si quelque chose va revenir. S'il va falloir refaire des gammes pour dérouiller les doigts et l'esprit. S'imposer quelques lignes quotidiennes.

Il faudrait pouvoir garder la tête hors de la folie ambiante qui ne manquera pas de déferler lorsque tout le monde sera rentré. Pour faire durer un peu l'atmosphère en dilettante de ces dernières semaines.
Et puis plus de musique, encore, toujours.

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lundi, août 17, 2009


L'appareil numérique donne des allures surnaturelles et féériques à la piscine la nuit tombée.

Les échos encore en tête du Tender Prey de Nick Cave, de circonstance dans la région, j'erre dans la résidence à la nuit. Je guette les fantômes. Celui de la cabine téléphonique abandonnée et ceux plus légers qui viennent se baigner le soir à la piscine je sais qu'ils le font. Ils sortent des arbres ou glissent des étoiles pour se fondre silencieusement dans l'eau.

Les étoiles sont tellement nombreuses ici qu'une vie ne suffirait pas à les compter.

dimanche, août 16, 2009


Il y a de l'abstraction dans le vol des oiseaux. Dans leur envol et leur éparpillement.
Les archives de Neil Young s'imposent durant les vacances. Par petites touches discrètes mais essentielles. Le vieux Neil aura quand même fini par m'avoir avec son gros coffret. Des chansons qui s'envolent comme les oiseaux, dans tous les sens mais en restant groupées.

Rashied Ali, le dernier batteur de Coltrane est parti le rejoindre dans l'espace interstellaire. C'était peut être aussi pour ça le vol des oiseaux.
Je n'ai que du Coltrane avec Elvin Jones en vacances. Il manque toujours des disques. Toujours.
mercredi, août 12, 2009


J'ai fini hier soir Plage de manaccora 16H30 de Jaenada. J'ai pris conscience dans les dernières pages que cela faisait 10 ans que je lisais Jaenada. Plus que ça, la lecture du Chameau Sauvage il y a exactement 10 ans a participé de manière importante aux bouleversements de cet été là.

Ca ne s'est pas arrêté là avec ses bouquins mais c'est une autre histoire. Ma décennie Jaenada... Surtout que je l'ai retrouvé dans celui-ci. Peu importe...

J'ai mis ce soir en même temps qu'on mangeait le poulet à la crème, de vieux disques de The Auteurs et cela faisait longtemps.
The Auteurs et c'était incroyablement bien et incroyablement nostalgique. Comment on a pu vieillir autant. Et comme ça.
Je crois qu'en fait la nuit dernière j'ai fait un rêve qui allait avec la musique de The Auteurs, j'ai juste mis la journée à m'en apercevoir. Les pensées sont parfois lentes.


Dimanche dans la brume et sous la pluie comme la Dordogne vue de Domme. Peut être plus belle ainsi que sous le soleil. Différente en tout cas, moins estivale. Parfois on imagine, c'est comment ici l'hiver, les pierres jaunes, la rivière, les gens.
dimanche, août 09, 2009

Il ne lui manquait qu'un side-car accroché à droite pour qu'on la croit tout droit sortie de Liberté pour les ours, L'épopée du buveur d'eau ou L'hôtel New-Hampshire de John Irving. Mais Sarlat n'est pas Vienne...
mercredi, août 05, 2009
Se taire, comme les pierres. Ici elles sont jaunes.