vendredi, janvier 30, 2009
    (463)
Pylon : Crazy (Album Single : Crazy/M train 1981)

Se pencher sur les années 80 et délaisser les années 70 est probablement un signe de vieillissement. On ne traîne avec soi qu'une frange de passé limitée. A mesure qu'on avance dans le temps, des années de désagrègent comme des lambeaux de tissus moisis. La fenêtre de mémoire avance avec nous. On laisse derrière soi les poussières encore chaudes de souvenirs réchauffés. FIFO. Comme pour la gestion des stocks. First in first out. C'est pour ça qu'il faut se dépecher. Avant que ça ne disparaîsse. Même si tout cela est beaucoup plus complexe pour les souvenirs. Après, on le craint, bien plus tard, ça devient l'inverse. LIFO. Last in first out.

Dans Suspendus, la belle pièce de Franck-Olivier Laferrère (que l'on invite à voir jusqu'au 14 février au Théâtre de Nesle), Jeff, un des deux personnages avec l'étonnante Louise, dit au début qu'il faut écrire ses souvenirs pour ne pas les oublier. Ou quelque chose d'équivalent. Il a raison. Ca évitera de pleurer plus tard sur leur disparition. Mais on en pensera quoi, dans quinze ans, si on retrouve ces notes, ces fragments d'expression du quotidien?

Les années 80 vrillent la mémoire ces temps-ci puisque l'on a finit par comprendre la période 75-78. Restera un jour à jouer les fossoyeurs pour les deux années charnières. Responsables mais pas coupables. On n'en est même pas certain.
Tout ce gallimatias peut parraître bien obscur. Tant mieux.


(J'ai une nouvelle fois commis l'Horoscopitone du jour)

(Et pour les curieux oui c'est bien l'original du Crazy repris par REM)
    (462)
Joni Mitchell : Sweet bird (Album : The hissing of summer lawns 1975)



Pas d'aspiration pour l'inspiration. L'image en substitut. Les oiseaux dans le ciel blanc artificiel comme des pensées échappées. Ils tournent souvent au-dessus du pont sur la Marne. Ils sont comme nous ils cherchent. Peu importe ce que l'on cherche. On cherche. Dans le ciel blanc artificiel les oiseaux cherchent. Et tournent. Tirant le ciel vers l'abstraction. Et la voix de Joni Mitchell.

Give me some time
I feel like I'm losing mine
Out here on this horizon line
With the earth spinning
And the sky forever rushing
No one knows
They can never get that close
    (461)
Hüsker Dü : Something I learned today (Album : Zen Arcade 1984)

Il y a des soirs où je sais déjà ce que je vais prendre comme disques le lendemain matin pour la voiture. Comme une évidence. Je les mets alors dans la petite poche du sac à dos, celle où se trouvent les clés. Pour ne pas les oublier. Parfois le matin je change d'avis mais là je sais déjà que demain ça ne sera pas le cas.
L'électricité énervée et ultra speedée d'Hüsker Dü (qui signifie Te souviens-tu en Suédois Danois et en Norvégien si l'on enlève les trémas que le groupe avait ajoutés pour que leur nom fasse plus Métal, comme le ö dans Motörhead) sera parfaite pour bien DETESTER ce lundi matin.
    (460)
Destroyer : Blue Flower/Blue Flame (Album : Trouble in dreams 2008)

A la volée sur le pont hier matin, matin bleu sous la pluie, le monde parfois n'est acceptable que flou. On ne voit plus, on devine, on imagine, c'est toujours mieux. Que la réalité.

Ca n'était bleu que dans le viseur de l'appareil photo. Les appareils photos modernes doivent être programmés pour transformer la réalité, on se croirait dans un livre de Philip K. Dick. Comme ces appareils censés se déclencher lorsque l'on sourit à l'objectif...

You look good in blue chantait Debbie Harry il y a plus que bien longtemps, Blue blue electric blue avait répondu Bowie l'année suivante, il y a des bouts de chansons qu'on traîne comme ça avec soi sans savoir pourquoi. C'est comme si les deux s'étaient mêlés hier matin, sur le pont au-dessus du port.
    (459)
Sophia : Last Night I Had A Dream (Album : Fixed Water 1996)

J'ai rêvé ciels gris. J'ai rêvé il y a longtemps. J'ai rêvé au coin d'une rue. J'ai rêvé complications. J'ai rêvé vélo. J'ai rêvé soleil au travers des tilleuls en ville. J'ai rêvé désagréable. J'ai rêvé mauvais souvenir. J'ai rêvé plus rien. J'ai rêvé vacances. J'ai rêvé toi dans une rue pavée en pente. J'ai rêvé restaurant dans un renfoncement en pierre. J'ai rêvé partir. J'ai rêvé valises posées par terre. J'ai rêvé bleu et mauve. J'ai rêvé herbe verte. J'ai rêvé gris. J'ai rêvé dormir. J'ai rêvé hier. J'ai rêvé demain. J'ai rêvé fatigué.

(Ca tiens à quoi une chanson, pourquoi on l'aime, là, rien que pour l'instant où il chante oh what has rock and roll led you to believe, rien que pour ça. Tout le disque en fait)
lundi, janvier 19, 2009
    (458)
Lloyd Cole : 2cv (Album : Rattlesnakes 1984)

Retour sur le café du grand-père, mais vu de l'extérieur. Difficile de dater la photo puisqu'aucune indication ne figure au dos, mais au vu de la série, il semblerait que nous soyons au début des années 60, mes parents étant venus habiter au 2ème étage au-dessus du café après ma naissance. Nous sommes probablement en 1962 ou 1963. On y entrevoit l'entrée du café à l'angle des deux rues et l'épicerie tenue par ma grand-mère dans le prolongement du café. C'est elle la silhouette noire que l'on aperçoit en train de rentrer des casiers à bouteilles en bois Il n'y a encore pas si longtemps, le gros thermomètre publicitaire que l'on voit à gauche sur la façade était toujours à la cave.

Il y a dans cette photo, en filigrane, une explication essentielle du mal être de nos sociétés sur-urbanisées actuelles. Ca saute aux yeux. On est ici à Alfortville, très proche banlieue de Paris, pas dans un coin reculé, 10mn de la gare de Lyon par le RER qui a l"époque était encore le train de banlieue. Et il n'y a rien, pas une voiture. PAS UNE VOITURE. C'est ça le plus surprenant.

Le même endroit de nos jours, les trottoirs dégueulent de bagnoles dans tous les coins. Ma mère y habite encore, on y était hier après-midi pour y fêter ses 80 ans. On a du mal à se garer, voire à marcher sur le trottoir, tellement les voitures ont envahi la rue. L'espace vital de chacun s'est réduit comme peau de chagrin. On s'étonnera après que chacun haïsse son voisin.

La première photo respire la tranquillité, malgré tout, l'ennui y est peut être moins prégnant que de nos jours. Même si sur la photo il n'y a personne, la rue appartenait en un sens également aux habitants. Les appartements étaient petits, les enfants annexaient souvent le trottoir. J'ai joué là longtemps, sur l'emplacement du marché.

C'est maintenant un parking, et vu le passage je doute que des parents autorisent leurs enfants à jouer... "là". Dans le fond, de nouvelles "résidences de standing" ont poussé il y a quelques mois, rasant le pâté de maison où se trouvaient le vendeur d'électroménager et l'auto-école du père de Dominique.

En fait, on en voit deux des voitures, dont la 2cv du grand-père. Garée le long de l'emplacement du marché du jeudi. On y voit les structures tubulaires caractéristiques. Elles n'étaient pas garées là normalement. Il devait y avoir une raison particulière. La 4cv est peut être celle d'un de mes oncles.

Le marché n'existe plus depuis bien longtemps. A la place on y gare des voitures... Derrière, on voit l'avenue reliant Maisons-Alfort à Vitry. Où il n'y a pas une voiture non plus, pas une seule qui passe. Plus de quarante ans plus tard, la chose est du domaine de la science fiction, lorsqu'il ne restera plus sur terre que quelques cafards radioactifs.

Dans ma mémoire, la 2cv du grand-père est un monument à elle seule. La seule que je n'aie jamais vue avec un coffre bombé. Les modèles suivants, ceux que tout le monde connait, avaient un coffre plat et droit. Sur celle-ci il est bombé. Ca en faisait son charme.

Elle était d'une couleur gris verdâtre complètement passée, avec des pointes de rouilles un peu partout en bas des portières ou des ailes. Je ne pense pas qu'elle avait énormément de kilomètres. Du moins dans mon souvenir, postérieur de six ou sept ans à la photo. Sur celle-ci elle semble être moins rouillée que dans ma mémoire.

Les recherches sur internet semblent confirmer la rareté de ce modèle (à priori une AZL produite entre 1955 et 1958 avec cette fameuse porte de coffre bombée appelée Malle Raoul), on trouve peu de photos et le modèle à malle bombée est assez peu spécifié. Cela dit on voit en une dans le film La cuisine au beurre (avec Bourvil de mémoire...).

Sur la photo on voit le grand-père en chemise noire avec un bidon d'huile à la main. On semble distinguer une cravate, ce qui pourrait signifier que l'on est un dimanche. Cela expliquerait également le peu de monde dans la rue.

La voiture est immatriculée 75 pour le département de la Seine, englobant Paris et toute la petite couronne à cette époque là. Le numéro avait disparu de ma mémoire. Je souviens par contre très bien du numéro de téléphone du café, ENT 08-24. Le ENT c'était pour pour Entrepôt, le nom du standard téléphonique.

Plus tard, lorsque j'aurais six ou sept ans, mon grand-père me prendra parfois sur ses genoux pour rentrer la voiture dans la cour et je tournais seul le grand volant gris à la peinture écaillée. Du moins j'en avais l'impression parce que probablement qu'il corrigeait discrètement mes gestes pour ne pas rentrer dans le mur.

Parfois j'avais aussi le droit de la démarrer en actionnant la tirette du démarreur. Il fallait tirer fort. Celle avec un D majuscule dessus. D'autres fois il me lassait également passer la première, en tirant le levier de vitesse à boule vers moi et sur la gauche. C'était une sacrée expérience pour un gosse de sept ans, avoir la sensation de conduire une vraie voiture.

Le grand-père avait enlevé la banquette arrière afin d'avoir plus d'espace pour y transporter dieu sait quel foutoir. Quand il m'emmenait je montais devant en me tenant debout accroché au tableau de bord. Ce qui n'était pas évident vu les secousses de la voiture.
Sur les 2cv, les vitres avant ne se baissaient pas mais on remontait la moitié inférieure vers le haut, et un picot métallique venait s'enfoncer dans un bitoniot en caoutchouc censé la maintenir ouverte. Sur celle du grand-père le caoutchou avait séché avec le temps et au moindre trou ou bosse sur la chaussée la vitre retombait violemment. Le grand-père jurait un bon coup et la relevait. Jusqu'au trou suivant...

L'intérieur de la voiture à des années lumières de celles d'aujourd'hui. Je me souviens toujours après toutes ces années du petit compteur kilométrique accroché à gauche parce que j'arrivais difficilement à lire la vitesse. Le cadran au milieu de ce qui faisait office de tableau de bord indiquait la température du moteur. Il n'y avait pas de jauge à essence. Pour savoir s'il en restait, le grand-père ouvrait le bouchon du réservoir auquel était attaché une jauge en caoutchouc permettant de vérifier le niveau un peu comme pour l'huile.

Et puis il y a les deux molettes en caoutchouc gris. Il était devenu tout sec dans celle du grand-père. Celle de gauche permettait d'actionner les essuie-glaces à la main en la tournant si le moteur ne fonctionnait plus. L'autre, au centre, permettait d'ouvrir des volets d'aérations en tôles à l'extérieur. L'air entrait ainsi par les deux ouvertures inclinées sous le pare brise.

S'il y a bien une chose que je ne risque pas d'oublier c'est ce système d'aération. Il était toujours fermé. Le grand-père ne tournait jamais la molette. Mais voilà, quand on est gosse on aime essayer tous ces trucs et ces machins qui tournent.

Alors un jour, j'étais avec lui dans la voiture, on venait juste de partir, et j'ai tourné la molette pour voir, j'ai dit ça sert à quoi ça Pépé. S'il a répondu je n'ai pas entendu. Noyé sous un nuage de cendre de cigarette. Je n'avais pas pensé au fait que le grand-père utilisait ces deux espaces comme cendrier et y mettait les cendres de ses gauloises bleues sans filtre. Il devait y avoir là plusieurs années de cendres de gauloises. Le grand-père ne nettoyait jamais sa 2cv.

Il a été obligé de s'arrêter on n'y voyait plus rien dans la voiture. Je ne sais plus si je pleurais à cause des cendres dans les yeux, de l'engueulade ou de la probable torgnole du grand-père mais je pleurais. J'avais compris pourquoi il n'ouvrait jamais les trappes d'aération. Je n'ai plus jamais retouché à la molette.

Il a conservé cette 2cv jusqu'à sa mort, en 1971. Il ne s'en servait plus que rarement, elle était dans le garage de son pavillon. Je ne sais plus ce qu'elle est devenue après sa mort. Mon père a dû la vendre pour une bouchée de pain. Elle ne doit plus exister depuis longtemps.

Quelques années plus tard, une fille dont j'étais amoureux à la fac avait une 2cv au coffre non bombé qu'elle avait repeinte en noir avec un gros Snoopy blanc sur le capot. Mais c'est une autre histoire...



(La photo de l'intérieur d'une 2cv AZL de 1959 vient d'un site sur les 2cv en Belgique; La 2cv avec la malle Raoul provient de Classic and sports cars.net)
(on peut cliquer sur les photos pour les voir en grand)
    (457)
A Silver Mt. Zion : Sit in the Middle of Three Galloping Dogs (Album : He Has Left Us Alone But Shafts of Light Sometimes Grace the Corner of Our Rooms 2000)



Des fenêtres. Celles de la voiture. Celle du bureau. Des fenêtres vues par une fenêtre. Il y avait encore plein de plaques de glace dans le port hier matin. Ce soir elles s'accrochaient encore comme des vestiges sans espoir. Au pont suivant, au-dessus de la Marne, les mouettes tournoyaient en cercles brisés.
Musique sans parole. Note sans parole. Des Canadiens qu'on dit post-rock. Pour regarder des rivières gelées
    (456)
Labradford : Let O'Steen. Design assistance by John Piper (Album : E luxo so 1999)

La pluie d'hier et de la nuit a définitivement lavé toute trace de neige sur les trottoirs et dans les parcs. Ce toujours détestable retour à l'ordre établi. A la norme. Gris fondu sur fond de ciel triste.
L'image manque en substitut des mots absents.

De la hauteur des deux étages du nouveau bureau, j'aperçois le haut des toits de tuiles rouges des pavillons. Et le ciel. Le ciel gris. Se fondant avec l'électricité des guitares. Les mouvements des nuages. Ses changements de couleurs. Tout en lenteur.
Labradford c'est ça. La musique des nuages qui glissent mollement dans le ciel gris. Huit minutes de rêve éveillé. Huit minutes les yeux derrière la fenêtre à regarder le ciel sans vraiment le voir, juste le mouvement et le jeu de la lumière. A oublier le reste du monde.

(Et puis le numéro 6 est mort. Il n'est définitivement plus un numéro.)
    (455)
Hot Chip with Robert Wyatt and Geese : We're Looking For A Lot Of Love (Album : ...With Robert Wyatt And Geese EP 2008)

Ca rend rageur parfois. On se sent impuissant. Cette incapacité à retranscrire des sensations, émotions. A les transformer. Ou c'est le quotidien qui les dilue entre le moment où on les ressent et c'est souvent cinétique, dans la voiture, les images autour en mouvement, avec la musique, sans la musique il n'y a plus grand chose qui existe. Le mouvement des morceaux de ville qui défilent sous les yeux, sans voir, juste à écouter et ça va toujours bien avec les notes, ces morceaux de ville, toujours les mêmes, alors que la musique elle, change.

Il faudrait peut être filmer. Prendre ce qu'on ne peut pas créer. Le montrer. Montrer que des mêmes morceaux de ville en mouvement, des morceaux flous, on passe plus ou moins vite, le regard est ailleurs de toute manière il ne voit pas, juste la ville immobile en mouvement parce que nous, nous, on bouge, que des mêmes morceaux de ville en mouvement sont ressentis différemment suivant la musique entendue, suivant les pensées, suivant le flou plus ou moins prononcé. Aussi, le flou, c'est parce que la pensée elle est ailleurs. Ca ne dure jamais bien longtemps. C'est comme un flash. Un jour là, le lendemain plus loin. Ou sur le chemin du retour dans l'autre sens le soir. Jamais pareil.

Retranscrire ça, en émotions assimilables, l'instant qui dure, quoi, 10, 20 ou 30 secondes rarement plus. L'instant où ça colle. Où ça s'emboîte. Les morceaux de ville en mouvement flou, la musique et les pensées qui sont ailleurs forcément ailleurs. Retranscrire ça en quelques mots, phrases ou dessins ou image ou... Donner un titre correspondant à l'heure. Emotions de 8h42 devant l'usine grise de retraitement des métaux usagés. Emotions de 8h21 devant la station Esso aux lumières bleues et rouges rendues floues par la pluie. Dans des petites enveloppes. On ouvre on ressent tout ça et même le passage de musique qui va avec. Dix secondes. Peut être vingt. Rarement plus en fait. Une bouffée.
    (454)
The Durutti Column : Sketch For Dawn II (Album : LC 1981)

Les champs étaient encore blanc de neige ce midi en allant vers la nationale. Il y a des champs ici encore, pas très loin. Ca surprend toujours. Paris n'est pas si loin. Comme si la limite se trouvait un peu plus loin que la maison. La neige brillait sous le soleil. Au milieu du champs à gauche il y a un arbre solitaire. Un tout petit arbre. Improbable. Perdu au bout d'un chemin s'enfonçant entre les champs. Il ressortait plus nettement sur ce fond blanc. Un peu flou dans la brillance des reflets du soleil. Irréel.

Ca rappelait les chansons de ce deuxième album de The Durutti Column. Solitaires et isolées. Blanches et oubliées en même temps. Irréelles. Un album de 1981. Des musiques qui ralentissent le regard sur le monde.


(et puis, aussi, une pépite cachée)
453 Theresa : Sonic Youth : Theresa's sound world (Album : Dirty 1992)

    (453)

Ca bloque. Pas à cause du froid. Ca bloque c'est tout. Pas moyen d'écrire.
Ce n'est pas le meilleur Sonic Youth, loin de là. Mais peut-on toujours être le meilleur. Le monde souffre de manière chronique de manque de modestie. Pas mon préféré non plus. Peu importe. Je l'ai juste mis trois fois depuis hier. Depuis trois jours je n'ai écouté que ça, des chansons de 1981, plein de chansons de 1981 et le Velvet Underground au réveil (et au coucher)(les deux étant liés)(The Quine Tapes Vol 1 et d'ailleurs le Vol. 2 et suivant c'est quand ils veulent comme dit Etienne). C'est tout.

Dirty donc. Parce que ça bloque. Le temps m'écrase aussi. Ca ne s'explique pas. Pourquoi Dirty, pas de raison valable, juste l'envie, la seule chose qui devrait compter. L'envie. Surtout quand ça bloque.
Parfois l'idée que je pourrais me satisfaire de peu de disques me traverse. Au lieu de cette boulimie jamais satisfaite. Tout le Velvet (officiel et officieux), Tout Sonic Youth, tous les Dylan ante Street Legal (non compris). Ca pourrait presque le faire. Juste ça. Même si c'est utopique. Avec les trois premiers Wire et Buzzcocks en prime. Et tout Robert Wyatt. Les trois premiers Red House Painters aussi. Ca marche par paquet de trois tout ça. Et puis les trois premiers... ok c'est utopique.

Dirty donc. Pas le meilleur. Et le monde sonore de Theresa. Qui c'est cette Theresa d'abord. On n'en sait rien. Juste trois fois depuis hier. Ca fait beaucoup de trois. Pour les arpèges du début sûrement et l'arrivée du chant de Thurston. Des trucs cachés entre les notes. En attendant que ça se débloque.
lundi, janvier 05, 2009
452 Neige : Galaxie 500 : Snowstorm (Album : On fire 1989)

    (452)

Il neigeait. On était vaincu par sa conquête. Victor Hugo qui revient comme ça. Le réveil de la mémoire à partir d'un petit rien.
Je fais partie des rares personnes qui aiment la neige en ville. Ailleurs aussi. Parce qu'elle change la ville. Elle la ralentit. Cache le gris. Avant que la ville ne la salope sans vergogne. La neige avant qu'elle ne fonde ou ne devienne noire des gaz d'échappement, c'est un moment d'oubli.
Il neigeait, il neigeait toujours! La froide bise, Sifflait; sur le verglas, dans des lieux inconnus...

L'oubli fond dans la main quand on cherche à l'attraper. La nuit dernière j'ai rêvé que j'avais treize ou quatorze ans, pas plus, j'embrassais une fille dans le grand ensemble, celui que je traversais à pied en rentrant du collège. Il faisait nuit. Les autres étaient autour, discutant ou s'embrassant aussi. Je rentrais à la maison ensuite en raccompagnant une autre fille que j'embrassais en bas de chez elle, dans la cité en briques rouges, pas très loin dans la rue où j'habitais alors. C'était l'été, il y avait des étoiles dans le ciel. Et ce matin il neigeait.

Il neigeait maintenant depuis des heures, la ville sombrait lentement dans le cotonneux. Les arbres figeaient leur silhouettes en négatif. Le parc derrière avait des reflets fantomatiques.
451 Demi neuf : Grandaddy : Miner At The Dial-A-View (Album : The sophtware slump 2000)

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Les parenthèses se referment petit à petit, elles formeront bientôt un petit ovoïde (qui, je le rappelle, est une surface de classe C1, délimitant un domaine convexe et relativement compact de R3. L'ovoïde ne possède qu'un seul axe de symétrie. Il peut être défini par l'équation cartésienne suivante : a(1 + ky) x² + by² = 1).

Les trois premiers albums des trois premiers jours de l'année (liste idiote) :

01/01 : Built to spill : Keep it like a secret
02/01 : Fugazi : The argument (dans le désordre)
ce matin : Grandaddy : The sophtware slump

Bonnes résolutions de l'année :

- Faire des listes idiotes (taux de réussite potentielle = 5%)
- Ne plus prendre la bonne résolution de vouloir apprendre le piano contrairement aux années précédentes (taux de réussite potentielle = 100%)
- Bloquer systématiquement une heure tous les soirs pour écrire sans coupure ni dispersion sur les vagues projets en cours ou à venir (taux de réussite potentielle = inconnu)
- Ecouter plein de vieux disques punks suite à la lecture depuis quelques jours d'England's dreaming de Jon Savage, 2009 année punk? (taux de réussite potentielle = 100%)
- Acheter des disques (dont, entre (beaucoup d') autres, les deux Fugazi qui me manquent)(2009 année punk?) (taux de réussite potentielle = 200%)
- Changer d'ordi (taux de réussite potentielle = 100%)
- Classer mes disques (taux de réussite potentielle = 50%)
- Travailler moins (taux de réussite potentielle = faible)
- Ne plus poster de notes sans intérêt (taux de réussite potentielle = mal barré)