vendredi, novembre 28, 2008
437 Fa aigu : Tom Waits : Little man (Album : Orphans: Brawlers, Bawlers & Bastards 2006)

    (437)

On parlait ce matin, de vins et de roses, de celles du Dream Syndicate, des heavenly wine and roses du pont de Sweet Jane, et puis peut être dans Martha de Tom Waits mais non, il n'y a que les roses dans Martha. On parlait de ça, comme ça sans parler vraiment, mais je savais bien qu'on entendait tous des musiques derrière, silencieusement. J'ai pensé à ça, à nos musiques de fond, celles que l'on entend juste dans nos têtes, un peu étouffées... j'ai repensé au piano de Tom Waits, j'ai le temps de rien ces jours ci, je me suis souvenu ce texte d'il y a deux ans, parce que j'y pense à chaque fois que j'entends Tom Waits et son vieux piano...



Tu vois c'est ça, exactement ça... je me rappelle un vieux piano, je ne sais plus où, un coin de bar, mal éclairé, enfumé. Paris, Amsterdam ou ailleurs j'ai oublié depuis. Il y avait une touche, complètement à droite du clavier, dans les aigus les plus aigus, ceux qu'on joue rarement, c'était un piano droit marron je ne l'ai pas dit je crois, sur une des touches, toute jaunie par la nicotine, il y avait un creux, la bakélite de la touche avait fini par fondre à force de cigarettes oubliées là, le pianiste était trop à sa musique.

Il posait systématiquement sa cigarette là, sur ces touches, parce que sinon la fumée dans les yeux quand on joue ça perturbe et il devait jouer avec la tête inclinée vers le clavier, ça lui remontait dans les yeux. Alors il posait sa cigarette là. Sur un fa ou un sol hyper aigu, sur les dernières touches à droite du clavier. Celles qu'on peut sacrifier pour poser son mégot parce qu'on ne les joue jamais ces notes là.

Quand j'ai vu le piano, je me suis dit on dirait le piano de Tom Waits. Ou alors dans mes rêves le piano de Tom Waits ressemblait à ça. Et puis je me suis souvenu qu'on entrapercevait Tom Waits dans un vieux film du début des années 80, 1980 ou 81, Wolfen, un truc dans le genre. Il jouait sur un piano droit posé contre un mur dans un bar mal famé situé sous le brooklyn bridge à New York ou un autre pont peu importe l'endroit finalement. Un bar crasseux à l'enseigne au néon rouge, forcément rouge.

On le voyait quoi, 20s, une minute maxi. De dos. Mais on l'entendait surtout, impossible de se tromper, avec une voix pareille ça ne pouvait être que lui. La voix de Tom Waits était déjà à cette époque là une brouette rouillée pleine de graviers roulant sur un chemin de terre défoncé. Pour un peu je me serais levé de mon siège au cinéma de Créteil et pourquoi je me souviens que c'était dans ce cinéma alors que parfois je cherche le titre d'un album pendant un quart d'heure. C'est Tom Waits j'ai braillé à Marc et Christine. Ah? Ils ont répondu Ah? Tous les deux. Putain c'était Tom Waits et ils disaient ah? comme ça.

Alors quand j'ai vu ce piano avec son fa aigu complètement jauni et brûlé à force de cigarettes oubliées, j'ai pensé que c'était le piano de Tom Waits, celui sur lequel il devait jouer dans ce film ou chez lui ou dans son bar préféré parce que Tom Waits a un bar préféré, je ne peux pas imaginer le monde sans que Tom Waits ait son bar préféré. Le même que Hank sûrement. Une touche jaunie, sur un piano sûrement minable et déglingué...

Je devrais peut être jouer sur le mien de piano droit, tout désaccordé, à moitié déglingué, avec ses chandeliers en façade et une ou deux touches cassées. Plutôt que sur l'électrique trop propre.
Une touche creusée à force de cigarettes consumées dans le vide sur un fa aigu. J'avais trouvé ça fascinant.
mercredi, novembre 26, 2008
436 Tunnel : Ike Yard : Night after night (Album : 1980-82 collected 2006)

    (436)

Les journées comme un tunnel sombre, il n'y a pas vraiment d'autre image, ce n'est pas l'horreur on ne va pas se plaindre ou pas trop, juste qu'on n'a pas le temps de penser, mais c'est vraiment ça, des journées comme un tunnel sombre. Alors forcément écrire...
Quand même trouvé le moyen d'écouter l'excellent Preteen Weaponry d'Oneida. Histoire de mettre de la lumière dans le tunnel...

(Moins je raconte de choses et plus il faut écouter la musique; Ike Yard c'est le mélange de Chairs missing et 154 de Wire avec Joy Division, avec peut être même un peu plus d'avance que ça, sous influences no-wave New-Yorkaise. En plus froid, voire plus sombre. Complètement inconnus, il y a très peu d'infos sur eux sur le net même si l'édition de ce CD a un peu éveillé l'attention sur ce groupe excellent dont l'unique album était sorti sur Factory)
435 Dream : Boduf songs : Two across the mouth (Album : Lion devours the sun 2006)

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J'ai rêvé que j'étais un artiste la nuit dernière. Lors de ces petits rêves intenses entre les réveils épisodiques du petit matin.

On était à table, une grande table en bois, toute en longueur, dans une maison à la campagne. Avec une nappe blanche, de la vaisselle ancienne et des chandeliers d'argent. Sans bougie. La porte d'entrée à croisillons blancs était dans mon dos, une maison comme ça, un peu ancienne, avec du parquet sentant l'encaustique et qui craque sous les pas, avec un escalier en bois à gauche pour monter à l'étage. Je montrais mes oeuvres, un collage de photos et de textes quasi illisibles. Des phrases en gris clair sur un fond blanc avec des traces dorées.

Autour de la table il n'y a avait que des filles au visage flou et aux corps diaphanes. Elles se levaient une à une, très lentement, pour aller vomir aux toilettes et ne revenaient pas. Elles disaient je vais vomir, se levaient, se dirigeaient vers les toilettes et en fermaient la porte. Une par une. Je m'inquiétais mais lorsque j'ouvrais la porte des toilettes il n'y avait plus personne. Ni à table.


(Je ne sais si c'est le coté assez peu festif (sic) de sa musique, mais comme je crains que le dernier album de Boduf Songs soit passé presque aussi inaperçu que les deux précédents. Cette chanson de son 2ème album est vaporeuse comme ce rêve et c'est peut être un lion qui a mangé le soleil... )
434 Cogito ergo sum : Fennesz : Transit (feat. David Sylvian) (Album : Venice 2004)

    (434)

Je pense que je ne pense plus. Je pense que ça fait longtemps que je n'ai pas écrit de je pense. Je pense qu'il s'est passé beaucoup de choses depuis la dernière fois. Je pense que je n'écris plus, ou rien de bien, rien d'intéressant, pas bien en tout cas. Je pense que j'ai perdu le sens des mots, des phrases, que tout s'est émoussé. Je pense que ça ne ressemble pas à ce que je veux, à ce que j'entends à l'intérieur avant de m'endormir, surtout à ce que j'entends à l'intérieur.

Je pense que je m'autocensure parfois. Mais c'est certainement un prétexte. Je pense que je ne fais plus illusion. Je pense que peut être je ne sais plus regarder, écouter. Je pense que je ne me sens pas en danger. Je pense que je suis fatigué. Je pense que je vieillis, que mon corps s'use, se grippe aux articulations. Je pense que j'ai épuisé certaines réserves, que je ne sais pas, ou pas encore, en exploiter d'autres. Je pense que tout ça est illusoire. Je pense que je devrais me taire mais que je ne sais pas garder le silence.

Je pense que je voudrais chanter comme Robert Wyatt sur cette vidéo et c'est une des chansons les plus tristes au monde malgré les ballons rouges comme des restes de fin de fête, répandus à terre. Je pense que je voudrais un piano à queue dans une grande pièce qui résonne, même pour n'y plaquer que trois accords. Je pense qu'il est sacrément ému Robert à la fin de sa chanson et je le comprends. Je pense que je n'arrive pas non plus à raconter mes vieux souvenirs musicaux ou non, ces histoires qui me trottent dans la tête, que le ton n'y est pas, que que que que que... Je pense que j'ai bien des idées mais que cela fait comme le pinceau d'un mauvais peintre, juste un délayage de couleurs sans expression ni matière sur la toile. Je pense que je me plains et que c'est un peu (sic) pitoyable. Je pense que je devrais me limiter à parler de musique mais je ne sais pas faire.

Je pense qu'il faudrait que je change cette page, je ne supporte plus ce fond noir mais tu dis qu'en blanc ça ne serait plus pareil mais c'est peut être bien pour cela. Je pense que je n'ai pas le courage de le faire et de reprendre toutes les notes parce que je ne veux pas de cassure, mais j'aimerais bien que ça soit comme ça mais sans les flammes.

Je pense que je ne veux pas arrêter de mettre de la musique ici et que c'est pour cela que je continue. Je pense aussi que c'est un faux prétexte, que c'est juste parce que j'aime bien faire le malin en racontant des histoires sauf que là je n'en raconte plus. Je pense que j'aime bien qu'on me lise. Je pense que je ne sais peut être écrire que sous la douleur ou le manque ou la solitude et finalement ce n'est pas une mauvaise chose de penser que je n'écris plus. Je pense aussi que quand Pierre Ménard part d'une de mes phrases pour son billet quotidien, c'est qu'elle n'était pas si mauvaise que ça ou qu'elle sonnait bien et ça me fait plaisir.

Je pense que je voudrais avoir l'horizon dégagé. Je pense que je voudrais prendre le temps mais pour cela il faut en avoir et en ce moment ce n'est pas le cas du tout. Je pense que je devrais prendre quelques jours de RTT pendant que ça existe encore mais ça va être difficile. Je pense qu'on va attendre des jours meilleurs, je suis un très bon attentiste. Je pense que c'est bien d'avoir écrit ça. Je pense qu'ainsi j'y penserai moins.
mercredi, novembre 19, 2008
433 Mécanique : Okay : Have (Album : High road 2005)

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Des périodes où tout devient mécanique. Surtout le matin. On ne réfléchit plus. On se lève c'est tout. Le reste c'est mécanique. La force de l'habitude. Puis on se mets dans le flot des autres. Il est surtout en face le flot, on va un peu à contre courant mais c'est une illusion. On est dans le flot. Mécanique. On n'est plus que ça. Une mécanique.
J'ai entendu la batterie d'introduction de Dirt des Stooges ce matin. TAC TAC POUM POUM TAC POUM POUM. Je tournais à un croisement, tout ça est mécanique aussi et cette batterie, samplée dans un titre. Mécaniquement j'entendais la suite. Surtout la guitare déchirant rageusement les rideaux à grands coups d'accords violents et agressifs après le Diiiiiirt de l'iguane. Une guitare pas mécanique. Pas comme nos vies le matin comme ça.

On arrive au bureau et c'est toujours mécanique, les gestes qui suivent aussi. Toute la journée comme ça. Avec la batterie derrière TAC TAC POUM POUM TAC POUM POUM TAC TAC POUM POUM TAC POUM POUM. Mécanique. Comme mes gestes. Même l'intention était mécanique.

Après j'ai pris la route du haut. Au bureau. La route du haut. Comme ce disque. Pas celui de la batterie. J'aurais pu prendre celle du bas.


(Okay c'est Marty anderson, un type qui enregistre dans le garage de ses parents, entouré de ses médicaments pour cause de maladie de Crohn aigüe, des disques touchants et délicats (dont le superbe Huggable dust sorti cette année), méritant vraiment qu'on y jette quelques oreilles)(personnellement j'en ai plusieurs en stock)(et on peut acheter les disques d'Okay sur la page du label)
432 Fatigue etc : Fred Frith : A Rock and a Hard Place (Album : Allies 1996)

    (432)

Ca vient toujours à la nuit. Ou plutôt juste avant le sommeil. Peut être parce qu'à cet instant précis on baisse les barrières. Il faudrait se relever alors, avant que le vent des rêves ne chasse tout ça. Il doit souffler fort en ce moment, il ne reste plus rien au matin.

On est rentré dans cet automne gris comme on s'enfonce dans la boue. On passe des jours aux sens alourdis, mes pensées se raréfient comme la lumière passée au crible des nuages. J'ai lévité toute la journée sur la réverb de guitares claires comme si ça pouvait être la solution pour s'enfuir, pour chasser la boue des doutes et des angoisses collée aux chaussures.

La semaine s'annonce difficile, englué dans des échéances à tenir et c'est étrange j'avais écrit ternir la première fois. Ca servira de prétexte...

J'étais parti pour mettre une chanson de Yo La Tengo et puis ce soir ce disque de Fred Frith est trop idéal pour s'en passer. Comme s'il épousait chaque particule de mon corps trop fatigué ou bien est-ce le viloncelle de Tom Cora (dont il faudra que je mette une de ses collaborations avec The Ex un de ces jours) qui glisse sur les nerfs tendus. Cette musique avait été composée pour une chorégraphie. La fatigue aidant, on pourra toujours imaginer les corps en mouvement comme des flamèches en fermant les yeux. Ou trouver ça chiant. C'est selon.
vendredi, novembre 14, 2008
431 Forte : Philip Glass : Etude #05 (Album : Etudes for piano Vol 1 2003)

    (431)

Ils m'ont collé mal à la tête, avec leur réunion. Quand j'ai mal à la tête je mets du piano. J'ai remarqué ça. On était là, tous coincé sur notre petite chaise étriquée avec tablette relevable, dans cette salle en pente, je ne sais si c'est la lumière, les gens, la mauvaise position mais ils m'ont collé mal au crâne. Ca n'en finissait plus, je pensais au piano déjà.

Il pleuvait quand je suis sorti. Pas une vraie pluie, une sorte de crachin mais les trottoirs luisaient sous les lampadaires à la lumière blafarde. J'étais presque tout en haut de la salle, je regardais les autres, leurs nuques, leurs cheveux, leurs épaules, je me disais à quoi ils pensent. Eux. Les autres. Est-ce que dans le lot il y a un ou une qui pense à quoi ils pensent eux les autres, en les regardant comme je le faisais. A un moment donné, je me suis demandé ce que ça ferait, si d'un seul coup on entendait les pensées de tout le monde là, dans cette grande salle en pente, avec les quelques personnes en bas parlant dans leur micro noir.

Je suis rentré dans le parking puis dans la voiture. Ce matin j'avais pris un vieux Trash Can Sinatras pas écouté depuis très longtemps. Sans savoir pourquoi. Parfois mes choix matinaux sont surprenants, je les regrette à peine arrivé dans la voiture. Je l'avais regretté tout le voyage aller. Ca devait être en raison du mal de crâne mais pour rentrer il était bien plus adapté. Comme si par un don de préscience j'avais deviné que le soir je rentrerai avec une migraine. Un peu comme dans ce livre de John Irving où un des deux gamins se met à apprendre une langue exotique, dont j'ai oublié le nom, sans qu'il sache pourquoi jusqu'à la fin du livre. Mon don n'est pas très au point il n'y a pas de piano sur ce Trash Can Sinatras.

On ne serait pas capable de distinguer les pensées de l'un ou l'autre si l'on entendait tout d'un seul coup. Je me doute que cela ferait un brouhaha insupportable. Les gens ne pensent pas en rythme j'en suis sûr. Ca m'arrive parfois, je saccade les pensées au rythme de ma musique interne. Ca ne dure jamais longtemps, je finis par perdre le tempo. Je ne me suis pas demandé s'il y avait de la musique dans la pensée des autres, de ces gens dont je voyais les nuques et les épaules. Il valait peut être mieux ne pas savoir.

J'ai pris une aspirine en arrivant à la maison. J'ai enfin reçu mon vinyle d'Autistic Daughter. Je l'avais commandé directement sur le site du label à Berlin mais Markus m'avait un peu oublié (depuis fin septembre...). J'ai souris en voyant l'emballage bricolé avec du mauvais scotch.

Ce n'était pas une bonne idée. Je n'aurais as dû. A force d'y penser, j'ai fini par les entendre leurs pensées, ce n'est pas possible autrement, comme un bruit qu'on n'écoute pas mais qu'on entend. Ca piaillait par dessus la voix de celui avec le micro noir en bas de la salle dans une bouillie sonore infâme, ça m'a tassé sur ma chaise avec tablette relevable. Ca m'a écrasé les cervicales tout ce boucan que les autres n'entendaient pas. Je suis rentré avec un furieux mal de crâne. C'est là que j'ai mis du piano. Juste du piano.
mercredi, novembre 12, 2008
430 Hell ain't a bad place to be : Programme : Une vie (Album : L'enfer tiède 2002)

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Il y a des soirs ou des matins et des soirs et des matins et des soirs, à rouler comme ça dans le tunnel de la nuit entre les murs de béton et les grilles métalliques. Des jours comme ça. Où on voit rien d'autre que ces murs, que ces grilles. Sur le chemin qu'on fait le matin et le soir. Coincé là. Entre deux.
Même si là-haut il y avait la lune derrière les branches nues des arbres. Un enfer tiède.
lundi, novembre 10, 2008
429 En passant : Hrsta : Lucy's sad (Album : L'éclat du ciel était insoutenable 2001)

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Seul au bureau, du retard à rattraper. Dehors je vois par la fenêtre le vent nerveux qui balaye les feuilles. Par moment on dirait une tempête. C'est parce que le monde tourne trop vite qu'il y a de plus en plus de vent comme ça. Est-ce que ce sont les larmes des gens qui font déborder les rivières?

J'entendais parfois, étouffé par les Ramones braillant sur un live très officieux, des craquements, des bruits étranges venant du couloir. Seul dans le bâtiment, je croyais entendre les fantômes cachés dans les placards et les conduits d'aération. Ceux qui ne sortent jamais habituellement, effrayés par le va et vient du personel. Là, je le sentais, ils voulaient profiter de leur week-end prolongé et je les dérangeais. Je ne sais pas s'ils voulaient m'embrasser les yeux mais j'ai monté le son pour que Joey Ramones leur fasse peur, et ça devait marcher, mais je les entendais remuer sur les étagères. A moins que ce ne fut que le vent s'engouffrant...

Rentré sous cette bruinasse seulement acceptable au bord de la mer, avec toujours ce vent méchant éparpillant les feuilles décédées. J'ai mis un disque de Hrsta avec un joli nom, c'est beau les après-midi novembresques (ou novembriens c'est selon), je voyais le grand arbre dans le parc, le long de l'allée, tellement haut, et ses branches tournant dans tous les sens, comme si ça embêtait le vent que quelques feuilles s'accrochent encore à ses branches. J'ai fait un thé aux agrumes en t'attendant.

(la chanson semble grésiller dans le lecteur (du moins ici) sans que je trouve pourquoi (le vent???) alors il vaut mieux l'écouter (enfin pour ceux qui) en cliquant sur le fichier à coté)
samedi, novembre 08, 2008
428 Rien : Mark Hollis : The daily planet (Album : Mark Hollis 1998)

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Hier matin le ciel était jaune.

(il faut écouter la chanson)(ce n'est pas parce que je ne dis rien)(fatigué et malade)(rien à dire)(cet album c'est comme le ciel jaune)(c'est beau)
mercredi, novembre 05, 2008
427 Black president : James Brown : Say it loud, I'm black and I'm proud (Album : Say it loud, I'm black and I'm proud 1969)

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C'était hier ou déjà aujourd'hui je ne sais plus mais en rentrant de la Bastille où le monde grouillait dans les rues que c'en était étonnant, on a écouté la radio puis regardé sur les sites mais rien. Ce matin, qui était encore hier pour eux, j'ai vu.

D'un seul coup j'ai pensé à James Brown, à son Say it loud, I'm black and I'm proud. J'ai pensé à Emmet Till. J'ai pensé à Charlie Mingus et son bouquin indispensable, Moins qu’un chien. j'ai pensé à Miles Davis. J'ai pensé à Gil Scott Heron. J'ai pensé à Max Roach et son We insists ! J'ai pensé à Sam Cooke et son change is gonna come. J'ai pensé à Martin Luther King. J'ai pensé à Billie Holiday. J'ai pensé au Black Man de Stevie Wonder. J'ai pensé à Sly Stone. J'ai pensé à Rosa Parks. J'ai pensé à Angela Davis. J'ai pensé à Medgar Evers pour lequel Bob Dylan avait écrit Only a pawn in their game. J'ai pensé à James Baldwin et à son superbe Another country, à Harlem Quartet aussi. J'ai pensé à Ornette Coleman. J'ai pensé à J'ai pensé à John Coltrane et à son Alabama. J'ai pensé à Public Enemy et son Fear of a black planet. J'ai pensé au Black President, Fela Anikulapo Kuti. J'ai pensé à Barack Obama.

(la chanson ce soir seulement, bureau oblige...)
lundi, novembre 03, 2008
426 Idiot since 77 : Talking Heads : No Compassion (Album : 77 1977)

    (426)

On a mis The Idiot et j'ai dit, tiens s'il avait écouté la 2ème face il ne se serait peut être pas pendu et tu as ri. La 2ème face est bien meilleure. Dans la foulée j'ai mis 77 pour rester dans l'année. Du coup j'ai feuilleté le livre de photos des trente ans du CBGB (hautement conseillé).

C'est pas venu par hasard tout ça, de toute manière le hasard pour ce qu'il existe, c'est parce qu'on a regardé Control vendredi soir. Le film sur Ian Curtis et Joy Division. Du coup deux jours plus tard, après avoir vu Vicky, Cristina Barcelona (le meilleur Woody Allen depuis quelques années), j'ai mis The Idiot après le fromage.

The Idiot je n'y peux rien, ça me ramène toujours en 77. Je sais bien que c'est moi l'Idiot, mais 1977 est une des plus grandes années dans le rock... Cette année là, Bowie sortait Low ET Heroes. Ca laisse rêveur quand maintenant il faut attendre au moins trois ans entre deux albums...

C'est pour ça que j'ai enchaîné avec 77 des Talking Heads, le disque à la pochette rouge. Au moins un disque où on se demande pas en quelle année il est sorti. Je devais déjà avoir ce coté faux intello qui me faisait préférer Television, Patti Smith et Talking Heads au Clash ou aux Heartbreakers de Johnny Tonnerre (mais pas aux Sex Pistols).

Pour un peu je ressentirais presque les mêmes sensations qu'à la première écoute, et dans Rock'n Folk je lisais les chroniques d'Yves Adrien, à moins que ça ne soit quelques mois plus tard. C'est pour ça que j'ai ressorti Novövision (il est posé sur la table du salon)(tu le vois là?).

Je ne les ai pas achetés tout de suite, The Idiot ou 77, il fallait juste attendre d'avoir les sous pour. Mais je n'ai pas attendu trop longtemps. Le coté bizarre, c'est que j'ai laissé passer les autres Talking Heads jusqu'à Remain in light, entendu un soir sur France Inter, l'émission s'appelait Feedback et ça devait DEJA (oui) être Bernard Lenoir. Le disque m'avait terriblement impressionné. Ceux entre ces deux là, je les ai rattrapé ensuite.

J'ai enchaîné avec Marquee moon et j'ai mis des années, DES ANNEES, avant de l'acheter en vrai. a un tel point que je n'ai que la réédition. Tout ça parce que Jean Bernard Hebey sur RTL le samedi l'avait passé en entier et que je l'avais enregistré (pirate un jour, pirate toujours)(hometaping is killing music? ca fait plus de trente ans que j'engraisse cette industrie so FUCK YOU)(homefucking is killing prostitution où j'ai lu ça???). Il n'y avait pas de petites économies ces années là. Le son était un peu pourri (ce n'était pas la FM, il n'y avait que France inter, FIP et france culture en FM?) j'en avais usé la K7 avant de la perdre je ne sais où (si j'avais su où elle n'aurait pas été perdue CQFD).

Pour se raccrocher aux années actuelles, dans le bouquin CBGB & OMFUG (pour la jeune génération, CBGB = Country Blue Grass and Blues (ce qui fait sourire au vu des groupes qui passaient là bas) et OMFUG = Other Music For Uplifting Gormandizers (et tout est là, dans le other music)), enfin actuelles je me comprends, il y a des photos de Sonic Youth en 1983, avec Thurston Moore et Kim Gordon tellement jeunes qu'on dirait des ados ayant trop vite grandis.

Parfois je me demande, si je ne suis pas tout le temps en train d'acheter ou d'écouter de nouveaux disques, uniquement pour retrouver les sensations de la première écoute de ces monuments découverts durant l'adolescence...
samedi, novembre 01, 2008
425 Off : Pantaleimon : Under water (Album : Mercy Oceans 2007)

    (425)

Temps de toussaint gris et humide. Chanson de circonstance. Par son atmosphère très campagne anglaise et son odeur de feuilles mortes humides. Les disques ont des odeurs parfois. On entendrais presque dans cette chanson, les gouttes d'eau tomber paresseusement des feuilles des arbres.

Mode off, Puligny-Montrachet et lotte au coulis de poivron. Parfait pour écouter des disques d'automne en attendant mieux.

(Pour info, si jamais ça dit quelque chose à quelqu'un (enfin en dehors d'Hazam), Andria Degens (la jolie demoiselle de Pantaleimon) a collaboré avec Current 93 et ses disques sont très beau en cette saison)