mercredi, juillet 30, 2008
384 Tchi pom pomm : King Crimson : Formentera lady (Album : Islands 1971)

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On écoute des milliers de disques, des dizaines de milliers de chansons, au fil des années. Et c'est toujours une petite mélodie ancienne qui revient. Une vieille chanson d'il y a plus de trente ans, des choses tellement écoutées il y a si longtemps qu'elles ne peuvent plus partir. Et ces paroles revenant mécaniquement avec la musique. Ces petites mélodies. Là ce n'en est même pas une. Ce n'est rien, juste tchi pom pommm, même pas un air, juste un rythme.

Mais ça me revient souvent. Des disques qu'on n'écoute plus depuis des années, encore plus que ça même. Parce que les goûts évoluent, parce qu'on écoute vraiment autre chose. Mais quand même. MAIS QUAND MEME.

Tchi pom pommm. Tchi pom pommm. C'a m'est revenu comme ça sans raison. En commençant à lire The polysyllabic spree de Nick Hornby l'autre jour, on était encore en vacances. On s'est mis au lit dans la chambre étriquée de la maison de vacances que je n'aimais pas. J'ai pris ce livre et dès la préface, Tchi pom pommm, j'ai entendu ça. Le rythme. Rien d'autre. Pas de mélodie. Le rythme et la basse. Tchi pom pommm.

Quel chemin tortueux dans mon cerveau entre les premières lignes de ce livre et ce disque avec la nébuleuse trifide du sagittaire en couverture où l'on entend ce Tchi pom pommm? Cela fait partie des mystères. J'avais envie de l'écouter ce disque, il fallait que j'écrive cette histoire.
Sans comprendre le cheminement, le gommage des lignes droites. L'oblique et le tortueux sont des errances nécessaires.

Tchi pom pommm. Il fait partie de mes 10 ou 15 premiers disques. En 75. Ca remonte à loin, ce Tchi pom pommm. J'ai tenu ces années là, jusqu'à 1980 à peu près, une liste où j'inscrivais tous les disques achetés. Peut être traîne t'elle quelque part au grenier chez ma mère au milieu d'autres papiers sans intérêts. Cela me permettrait de reconstituer une partie de mon itinéraire discographique. Celui du début.
Celui là je l''avais acheté en raison d'un grand article sur King Crimson dans Best (le n° 82 de mai 75, celui avec Lou Reed en couverture). Je l'ai toujours cet article, c'était un encart central détachable. Il est dans une vieille pochette où je mettais certains articles de coté. Le papier est usé à force de l'avoir lu.

En exergue de l'article il y avait une citation des Fleurs du mal de Baudelaire :
Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu'importe ?
Au fond de l'Inconnu pour trouver du nouveau !


Pour le journaliste c'était la définition même de la musique du Roi cramoisi. Ca m'avait impressionné ces quelques vers.
J'en avais même lu Le voyage dans les Fleurs du mal à la bibliothèque du lycée. Les recherches avaient été longues pour savoir d'où ça venait. Ni le titre du poème ni même le recueil n'étaient cités dans l'article. Il y avait juste ces deux vers signés Baudelaire. Je m'étais dit qu'avec un peu de chance ça serait dans Les fleurs du mal puisque cela semblait être son plus connu. Un par un j'avais parcouru les poèmes. Je voulais le trouver. C'est une phrase que je citais partout sur les couvertures de mes cahiers en seconde. Autant savoir d'où elle venait. Je tapais au hasard des pages, sans méthode, la méthode m'ennuyait déjà à l'époque. Et puis un jour, paf, les derniers vers du Voyage sont apparus.

Tchi pom pommm. C'est avec ce petit passage où l'on entend la basse faire ces deux notes à l'unisson avec la grosse caisse que j'ai entendu la basse pour la première fois. La qualité du matériel sur lequel j'écoutais mes disques n'avait pas aidé mais je n'avais pas compris le son de cet instrument, je ne l'avais pas encore entendu, il n'était pas parvenu à mes oreilles ou plutôt mon cerveau ne l'avait pas encore décodé, identifié.
L'instrument lui je le voyais souvent sur les photos mais le son restait une notion assez vague. J'avais pensé un instant que c'était la guitare rythmique. J'avais même cru que la basse était le nom anglais de la guitare sèche. Je n'avais personne pour m'expliquer et de toute manière, je ne voulais pas montrer que je ne savais pas alors je faisais celui qui savait...

Mais là, là, à l'instant précis où l'on entend Tchi pom pommm j'ai compris et fait le rapport avec les quatre grosses cordes que je voyais sur les basses. J'ai réécouté tous mes disques ensuite, pour écouter la basse. J'avais modifié les réglages de la chaîne pour forcer sur les fréquences basses. Tout me paraissait plus clair, je comprenais mieux, l'articulation des instruments. Grâce à ce disque, à cette chanson si l'on peut appeler ça chanson. Formentera lady.

J'étais dans la chambre de cette maison de vacances que je n'ai pas aimé, cette petite chambre étriquée avec ses meubles moches et ce lit pourri, tenant dans mes mains le bouquin de Nick Hornby et j'entendais tchi pom pommm en pensant à ce disque. Du coup dimanche après-midi puisque l'on était rentré on l'a écouté. Ca devait faire au moins dix ans.
C'est à cause de ce tchi pom pommm, mais j'ai une relation particulière avec ce disque pour le moins étrange, un peu à part dans la discographie du King Crimson des seventies.

On appelait ça de la progressive, mais le Crimson n'avait rien à voir avec Yes, Genesis, voire Emerson Lake and Palmer (même si Lake joue de la basse sur les deux premiers albums, et Bruford quittera Yes pour enregistrer les trois albums suivant de KC).
Progressive. Le nom fait peur. A juste titre. S'il y a bien une musique devenue inécoutable trente ans plus tard, pour ne pas dire dans certains cas inaudible, c'est bien celle-ci.

Pourtant les disques de Crimson sont à part. Ailleurs. Celui-ci voyage au frontière du jazz et de la musique de chambre (de chambre et non symphonique, la différence est énorme, la même qu'entre le subtil et le pompeux, du moins lorsqu'elle fricote avec le rock). Il suffit d'ailleurs d'écouter la superbe pièce instrumentale au milieu de la 2ème face pour s'en convaincre (  Prelude : Song of the gulls pour les curieux...).

Ce prelude onctueux et délicat n'a rien, mais rien à voir du tout avec le rock. D'ailleurs à l'époque, j'arrêtais souvent la 2ème face après le premier morceau. Comparé avec la violence rageuse de Sailor's tale sur l'autre face le contraste était osé. C'est d'ailleurs un disque où l'on entend peu la guitare de Robert Fripp alors que c'était une des raisons pour lesquelles j'aimais ce groupe.

La guitare de Fripp tout le monde (ou presque) l'a déjà entendue. C'est le motif insistant, tout en sustain hurlant, que l'on entend sur Heroes de Bowie. La guitare tient tout le morceau d'ailleurs. La légende dit que Fripp a improvisé cette partie dans son style si typique à la première prise, assommé par le décalage horaire. Ca se passait à Hansa by the wall, à Berlin, dans ce studio proche du mur toujours debout à l'époque mais c'est une autre histoire.

Tchi pom pommm. Formentera lady... Ca commence avec une contrebasse jouée à l'archet. Une flûte traversière vient ensuite poser ses trilles avant que le piano de Keith Tippett (un musicien issu du jazz) ne vienne déverser ses notes par vagues. Puis la voix, celle du bassiste, celui qui fera le pom pommm du tchi pom pommm un peu plus tard. On navigue ici sur des frontières musicales floues faisant déjà probablement fuir tout le monde. La seule certitude, ce n'est pas du rock à guitare.

Et puis là, sorti de la brume mouvante de l'intro et des premiers couplets, à 3:02, subitement, la baguette droite du batteur frappe doucement la charleston fermée, tchi, et le bassiste fait ses deux notes, pom pommm pendant que le batteur actionne la pédale de la grosse caisse à l'unisson en marquant plus fortement le temps sur le pommm. Il ne fait que pom pommm le bassiste parce qu'en fait il ne savait pas faire grand chose d'autre. Ce n'était qu'un chanteur, obligé de se mettre à la basse par le dictatorial Fripp. Formentera lady, sing your song for me...

La basse. Bon sang c'est ça. La basse. Comme une révélation. Je m'en souviens j'avais posé la pochette devant moi sur les petites briquettes dorées devant la cheminée du salon de mes parents. La musique c'est aussi avec les yeux. Je revois la pochette avec la nébuleuse trifide du sagittaire, cet instant musical sortant des enceintes marrons entre lesquelles je m'étais assis par terre. Tchi pom pommm.

Il faut au moins écouter jusque là. Ca recommence après encore une fois. Tchi pom pommm. Tchi pom pommm. C'est ensuite qu'arrive le saxo, avant que les vocalises de la soprano, après celles du chanteur, ne finissent de faire fuir ceux qui avaient tenu jusque là. Et pendant ce temps, on l'avait oublié, le bassiste continuait ses pom pommm pendant que le batteur continuait de frapper doucement sa baguette droite sur la charleston fermée pour faire le tchi totalement indissociable du pom pommm.

Il faut bien le dire, ça ne ressemble pas à grand chose. La description encore moins que la musique. Mais cette chanson est tatouée dans ma mémoire. De manière indélébile.

On écoute des milliers de disques, des dizaines de milliers de chansons. Mais on finit par se retrouver plus de trente ans après, à repenser subitement à ce tchi pom pommm, un soir de juillet, en Bretagne, dans cette maison que je n'ai pas aimé, sans savoir pourquoi c'est remonté à la surface, à ce disque que je n'ai pas écouté 10 fois en trente ans, mais sûrement une centaine entre 75 et 76.
Pourtant on peut se demander, comment j'ai pu aimer cette musique compliquée, bizarre, polymorphe et aux facettes multiples compte tenu du peu de bagage musical assimilé à 14 ans.

Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu'importe ? Au fond de l'Inconnu pour trouver du nouveau ! C'était ça, écouter ce disque, sans le savoir. On prend conscience de ces choses bien plus tard. Sur le coup on se laisse porter. C'est déjà bien.
lundi, juillet 28, 2008
383 Back to work : Okay : Natural (Album : Huggable dust 2008)

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Retour au travail. Okay, trop tôt, forcément trop tôt. Peu de monde dans les couloirs. Avantage de partir en juillet. Pour un peu on errerait dans les couloirs comme un fantôme vaporeux. La chaleur fait fondre toute velléité de.
Sans musique pour cause d'oubli des haut-parleurs, le ronron du ventilateur berce une langueur claustrophobe peu propice à dérouiller les mots.
samedi, juillet 26, 2008
382 Ocean in the sky : Low : Over the ocean (Album : The curtain hits the cast 1996)

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Durant 17 jours, matin et soir, je suis allé prendre en photo la mer. Ca m'est venu subitement le mardi matin. Une sorte d'obsession. Sans me rendre compte que je prenais plus le ciel que la mer.

Durant 17 jours j'ai répété les mêmes gestes, deux fois par jour, matin et soir, l'heure n'était jamais précise et variait tous les jours. Prendre l'appareil photo. Sortir par le petit portillon rouge au fond du jardin. Prendre le chemin rectiligne entre les les jardins. Déboucher sur la route. Remonter le long de la dune. M'arrêter au même endroit choisi quasiment au hasard pour la première photo. Prendre le ciel en photo en croyant prendre la mer. Revenir par le chemin inverse. Refermer le portillon rouge au fond du jardin. Reposer l'appareil photo. A de rares exceptions près.

On y voit une mer de nuage. Un nuage d'océan. On y voit des ciels plus expressifs en soirée qu'en matinée. On y voit la marée qui monte et qui descend suivant les jours. On y voit le même paysage, toujours semblable et toujours différent. On y voit ce que l'on veut finalement.
On y voit le temps qui passe. Ou pas.

(les maniaques peuvent cliquer sur chaque photo pour la voir en plus grand)
(on peut également écouter Oceans in the sky de Steve Kuhn en regardant les photos)


  
  
  
  
  
  
  
  
  
  
  
  
  
  
  
  
  
mercredi, juillet 23, 2008
Carte Postale #8

La lumière le soir, en fin de journée. Impossible de s'en lasser. C'est pour ça qu'il faut venir ici. Pour voir la lumière apaisée sur le golfe en fin de journée. Pour effleurer l'idée de sérénité, de paix, de calme.
Pas de chance la maison est sur l'océan cette année. Mais il y a des soirs où l'on va manger des huitres face au golfe, là, en regardant la lumière.

Le problème des vacances c'est la musique. Je finis toujours par avoir envie d'écouter ce que je n'ai pas amené (et pourtant il y en a...). Résultat j'écoute pratiquement toujours la même chose.

Cette année c'est III de Sebadoh et deux albums d'Ides of Space. Ceux là se sont imposés au fil des jours. Le Sebadoh est parfait pour l'apéro.
Sonic Youth encore et toujours. Le Nearly God de Tricky aussi, et un Esbjorn Svensson Trio. Et puis Huggable dust d'Okay mais il allait mieux avec les premiers jours plutôt gris qu'avec le soleil qui a fini par s'imposer.
Avec vue sur le golfe le soir, les choix musicaux auraient probablement été différents.
dimanche, juillet 20, 2008
Carte Postale #7


vendredi, juillet 18, 2008
Carte Postale #6

Le plus déconcertant est de devoir marcher sur cette mer de vinyles. Mais d'abord on s'engouffre dans une énorme ouverture carrée à coté de l'affiche Sonic Youth etc.: Sensational fix dans l'ancienne base sous-marine sur le port de St Nazaire. Bloc de béton gigantesque. Les tonnes de bombes alliées déversées sur son toit durant la guerre ont à peine égratigné le béton. Aujourd'hui avec le temps il se craquèle mais la masse du bâtiment impressionne toujours.

On se retrouve sous le béton, à l'intérieur, avec cette porte ouverte et ce vague panneau avec une flèche indiquant Sonic Youth. La porte donne sur une pièce dont le sol est recouvert de vinyles (de tout, London Town de McCartney en passant par Fleetwood mac, Elvis, Jerry Lee Lewis, des B.O, Gerry Rafferty, Boston, de la muzak d'ascenseurs...).
Et on reste interdit devant cette pièce, devant cette porte. Est-ce bien là?. On regarde il n'y a pas d'autre indication. Rien. Juste cette porte ouverte. De l'autre coté de la pièce on entraperçoit l'exposition, des gens, confirmant que c'est là le passage à emprunter pour pénétrer à l'intérieur.
Alors doucement on fait un pas, puis un autre, le plus délicatement possible comme si on ne voulait pas écraser ces galettes noires. Les disques glissent un peu, le sol est mouvant, ondulant. On se sent presque en faute, les pieds sur ces disques.

A l'intérieur, les photos superbes d'Allen Ginsberg et les dessins originaux de Raymond Pettibon valent quasiment à eux seuls la visite. Un beau film sur Lee Ranaldo aussi en train de torturer sa guitare au dos de laquelle figure une étiquette proclamant en grosses lettres "NOISE". C'est d'ailleurs ce qu'il fait au travers de ses pédales.
Lydia Lunch dans Death valley 69. Tout et n'importe quoi. Une copie Soviétique de Daydream nation imitant maladroitement la pochette originale avec une simple photo d'une bougie bleue (pourquoi bleue?). De beaux dessins géométriques de Glenn Branca. De superbes pastels de Kim Gordon rappelant des portraits de Marlène Dumas. On en passe...

Au final ressortir et à nouveau fouler les 5 000 vinyles de Christian Marclay étalés là, en vrac, par terre. Et encore cette impression de sacrilège, de profanation. Fascinant.
mercredi, juillet 16, 2008
Carte Postale #5

"Tu ne connais pas, mais t'imagines
C'est vraiment magnifique une usine
C'est plein de couleurs et plein de cris
C'est plein d'étincelles surtout la nuit..."


Il y a cette vieille chanson de Lavilliers, Fensch vallée, qui me revient tout le temps. Depuis que j'ai ouvert Daewoo, le remarquable bouquin de François Bon sur la fermeture des usines Daewoo au début de ce siècle, en 2003. Dans la vallée de la Fensch justement.
Le ciel a souvent des teintes étranges
Le nom des patelins s'termine par ..ange

La vallée a bien changé depuis l'époque de cette chanson.

Qui serez un beau jour de gauche bien rangé. Les barbares. On écoutait ce disque les jours de grève au lycée, en 76/77. Pas vraiment un disque de lutte mais quand même. Entre un Colette Magny et un François Béranger. Ils sont devenus quoi ces deux là. Béranger est mort je crois. Ils étaient de toutes les fêtes de l'Huma. Le Nanar aussi, souvent. Du moins avant 79 et le succès.

Les femmes de Daewoo, celles qui se sont retrouvées par centaines sur le pavé gris de cette région rouillée, elles parlent dans ce livre. Ca vaut toutes les chansons engagées. Les mots c'est la mémoire. Il y en a une qui dit quelqu'un qui écrit sur les ouvriers, c'est la preuve que dans ce bas monde on a encore un peu de bon coeur. Il faut lire ce livre pour ça.

Dehors le ciel bouge tout le temps, trop vite même peut être. De toute manière tout va trop vite.
lundi, juillet 14, 2008
Carte Postale #4

Dans la boîte à gants de la voiture il y a une compilation de Prince en deux CD's faite spécialement pour être là. Dans la boîte à gants de la voiture. Il y a des cd's dans le bac de ma portière, d'autres dans la boîte à gants. La compilation de Prince est dans la boîte à gants. Les deux cd's dans un même boîtier. Gain de place.

On n'avait pas dû l'écouter depuis l'été dernier. Paradoxalement il doit y avoir quelque chose de Prince qui va avec les toits en ardoise, les maisons en pierre, les volets bleus. Ou bien.

D'habitude, le reste de l'année, je prends toujours des disques pour faire le voyage, quel qu'il soit. L'été, les cd's traînant dans la voiture ressortent. Comme la compil de Prince il y a deux jours. Le premier cd s'est terminé ce matin. On n'a fait que de petits trajets depuis, pour aller au bourg acheter le pain, le journal, le poisson, une ou deux bouteilles au petit caviste. Le cd est revenu à la première piste. Ma fille m'a dit ah on l'a déjà entendue en chantonnant la mélodie de When you were mine.

La compilation s'arrête à Lovesexy. Les albums suivant n'ont pas le droit de cité. Elle n'est pas vraiment chronologique, puisque déjà le premier va de When you were mine à I wish U heaven en passant par la pluie pourpre.
Le deuxième est mon préféré. When doves cry, Pop life, Sign o' the times, un gros mélange des trois albums qui les contiennent. Rien que ça suffirait.

Alors les vacances. On ressort les vieux disques parce que la musique emportée elle est en fichiers qu'on ne peut lire dans la voiture. Ca sert peut être à ça. Les vacances.
A écouter les disques qui traînent dans la voiture et dont les boîtiers de plastique sont tout usés à force de frotter entre eux tout le reste de l'année sans sortir de la boîte à gants ou du bac de la portière.
A écouter les claviers de Prince suivre la basse et la mélodie sur ses premiers disques.
A écouter Roger casser ses jouets ensuite, puis tenter de les recoller. La musique de Prince après Lovesexy n'est plus qu'un grand vase brisé et rafistolé aux raccords beaucoup trop apparents pour être honnêtes.

Dehors il y avait un bleu terrible. Profond. Encore plus que ça. Comme un gouffre en plein ciel.
vendredi, juillet 11, 2008
Carte Postale #3


Une fenêtre pour les Fenêtres, lu mercredi. C'était la journée soleil.
La fenêtre en reflet est celle de la porte de la maison de vacances. Se reflétant dans l'écran de la petite télé qu'on a remisé sous l'escalier parce qu'on ne l'allumera pas une seule fois durant le séjour.

La fenêtre de cette maison que je n'aime pas, où je ne trouve pas un endroit où être bien. Une maison où je n'écris pas.

Commencé le bio de Chet Baker après les fenêtres. Pas vraiment un chic type malgré la fragilité de ses notes, de sa voix.

Aujourd'hui des papillons volaient autour de nous.
mercredi, juillet 09, 2008
Carte Postale #2


Deux fois par jour, le matin peu importe l'heure, et le soir, peu importe l'heure, je vais prendre une photo de la mer.
Toujours du même endroit sur la petite dune. Au bout du petit chemin derrière la maison, auquel on accède par le petit portail rouge qu'on ouvre avec la clé à l'étiquette de plastique rouge elle aussi.
Au bout du chemin, il faut longer un peu la dune et on arrive sur le léger surplomb au-dessus de la petite crique. Je prends les photos ici.
On verra ça plus tard.
L'eau sèche doucement sur les nénuphars, le ciel s'éclaircit.
lundi, juillet 07, 2008
Carte Postale #1

Le ciel comme un calvaire. La mer de granit. Le vent comme le souffle des forges de l'enfer. Voilà on y est.

Et puis ça souffle tellement que finalement même les nuages ont peur. La question est de savoir pour combien de temps.

Pour un peu on en ferait une pochette pour Mark Kozelek ou les feu Red House Painters. Ton sur ton. C'est bien cette musique là qu'on entend.

La plage est plus jolie ainsi, sous la menace. Mais la maison ne se prête pas à la contemplation de ces ciels chargés. En attendant, l'accalmie réveille la lumière.
vendredi, juillet 04, 2008
381 Vacances : Tom Waits : Goin' out west (Album : Live in Akron 1996)

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St Nazaire ne sera qu'à un peu plus d'une heure de route, je profiterai donc de ces vacances pour aller voir l'exposition Sonic Youth etc au Life.
Je rentrerai trop tard pour aller voir Tom Waits au Grand Rex mais en même temps avec des places à 139€ nominatives contrôle d'identité à l'entrée, le vieux Tom peut toujours se brosser.
Après nous avoir dégouté d'acheter des disques, l'industrie musicale réussira t'elle à nous dégouter d'aller voir des concerts?
Même si sur scène il aura peut être encore son vieux piano droit avec une petite lampe de chevet posée dessus...

J'ai fait une nouvelle Muxtape avec de belles choses dessus, il y a aussi deux semaines de playlist (ah ah ah la chanson de dimanche) et on peut écouter les chansons d'ici à la suite sur la radio. Tout ça fait plus d'une chanson par jour, qui écoutera tout?

En attendant je fais comme le vieux Tom, je me barre à l'ouest.
jeudi, juillet 03, 2008
380 Slippery when Wet : Idaho : Goldenseal (Album : The forbidden EP - Alas 1997)

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Atmosphère lourde et électrique hier, toute la journée. Avec cette humidité poisseuse, quasi tropicale. Dans mon esprit parfois étrange, cela correspondait à My Bloody Valentine qui n'a pourtant rien de tropical. Peut être simplement à cause du son souvent confus. Ces guitares et le mélange avec ces voix plutôt vaporeuses, brumeuses. J'ai dû mêler la brume à l'humidité qui colait à la peau hier. Mes pensées sont futiles.

On apprend la libération d'Ingrid ce matin, avant de courir à Paris. Peut être pour vérifier ma théorie humide de la veille, Isn't anything dans les oreilles dans le métro jusqu'à Daumesnil. L'humidité était bien moins évidente que la veille. Alors j'ai mis Idaho sur le vélib pour changer de rive et c'était merveilleux en descendant le boulevard St Jacques doucement ensoleillé.

(ces notes sans sens ont pour seul but de laisser quelques chansons à écouter durant mes (très) proches vacances...)
mardi, juillet 01, 2008
379 Punk Rock : Mogwaï : Punk rock + Cody (Album : Come on die young 1999)

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Il faut des musiques aérées. Là, maintenant. Dehors le soleil violent marque les contrastes forts du bleu du ciel sur les cailloux blancs.

Do you understand what I'm saying sir?
Ce disque est sorti à l'été 99. On ne peut pas oublier. L'année de l'éclipse. Vas-y, meurs jeune. Oui mais. C'était la musique lente et cinétique du temps qui s'accélérait, du temps qui accélère toujours. Tu te rends compte ça fait presque dix ans.
Punk Rock. Sur l'Iguane d'il y a trente ans, en verve, sérieux comme un pape (I don't know Johnny Rotten but I'm sure... I'm sure he puts as much blood and sweat into what he does as Sigmund Freud did), splendide, puis, indissociable dans mon esprit, Cody en brumes du soir. Je le sais je regardais la mer, dans l'ombre .

Do you understand what I'm saying sir?
Chanson superbe pour marcher à la surface de l'eau. Dans l'ombre. Ca arrive parfois.