lundi, mars 31, 2008
338 False start : Tom Waits : Make it rain (Album : Real gone 2004)



La semaine précédente est à passer en perte directement. J'en traîne encore les séquelles dans la trachée et les poumons, et une fatigue rampante des les veines.
Tout semble aller de travers en ce moment, ou est difficile. Peu importe. Trop de choses surtout.
J'ai du gravier sous les paupières. J'ai du gravier dans la gorge. Je dois en avoir sous les chaussures aussi, je dérape dans les virages. Je dois en avoir aussi sous la peau. Dans la bouche.
Dehors la pluie tombe comme tous les jours. Les sirènes de police aussi. Les nuages, les sons passent comme dans une chanson de Tom Waits en accéléré.
jeudi, mars 27, 2008
Intermède médical

Malade depuis lundi, je me traîne comme une limace. Cela faisait longtemps que je n'avais pas été dans un état pareil. Pas moyen d'aligner trois mots, j'ai la tête trop embrumée.
En attendant il y a de la musique à écouter.
lundi, mars 24, 2008
337 Name Dropping : Pylon : Volume (Album : Gyrate 1980)




Acheté A land for renegades de Zombie Zombie et le Retribution Gospel Choir.

Reçu le CD-R artisanal de Viol avec ses chansons à la David Eugene Edwards un peu fêlées, un peu en équilibre précaire mais touchantes .

Me suis demandé pourquoi la pochette de la réédition du superbe Gyrate de Pylon (le meilleur groupe d'Athens) n'a pas la même couleur que celle de mon vinyle. Ou inversement.

Ecouté au moins trois fois la semaine dernière le coffret Heart and Soul acheté d'occasion à petit prix sans pouvoir m'en lasser malgré le fait que je connaisse toutes ces chansons par coeur.

Sorti Generation X pour le relire.
Reçu Balayer Fermer Partir. Me réjouis d'avance.
Suis resté fasciné devant la "mandoline" de Dominique Pifarély, les instruments me fascinent.

Bientôt la 7ème saison de ce blog. J'envisage de refaire la mise en page. Plus de blanc, plus de lumière. Comme un retour au blanc d'origine que tout le monde a oublié. Comme si un cercle avait été bouclé. Changer de support aussi. Peut être. Reste à savoir si la procrastination aura raison ou non de cette idée.
vendredi, mars 21, 2008
336 Flotsam : Stephen Malkmus : Out of reaches (Album : Real emotional trash 2008)



C'est vrai qu'il fascine. C'est vrai aussi qu'on ne sait pas pourquoi. C'est peut être juste le propre de ces évènements improbables. Comme ce cargo planté là sur la plage des Sables d'Olonne.
Ca fascine peut être parce ça perturbe la banalité quotidienne de l'existence. Ce qui est important finalement ce n'est pas tant ce bateau de 88m échoué sur la plage traditionnellement familiale des Sables, mais ce qu'on imagine, la vie des gens autour, ceux qui viennent le long de la plage voir ce cargo.

Ce cargo culte comme le chantait Gainsbourg sur un de ses plus beaux textes (même s'il parlait des avions...).
Je sais moi des sorciers qui invoquent les jets, dans la jungle de Nouvelle Guinée, Ils scrutent le zénith, convoitant les guinées, que leur rapporterait le pillage du fret
Peut être qu'ils se rêvent naufrageurs tous ces gens. Ou ils se disent que ça leur ressemble, que ça ressemble à leur vie, et à leurs échecs. Ce bateau posé là. On navigue on navigue et on jour on s'échoue comme ça sur une plage et c'est terminé tout s'arrête là. Sur une plage ou ailleurs. Autant choisir la plage et la vue sur la mer après tout.

Ce cargo échoué, c'est comme le poids des souvenirs qui s'abattent subitement sur les épaules sans qu'on ait rien demandé. Ca tombe d'on ne sait où et la seule chose qu'on sait faire c'est tourner autour. On ne sait pas à qui ils appartiennent ces souvenirs mais on les devine lourds de sens, de douleurs. C'est comme un miroir qui nous renvoie l'image de nos vies, ce cargo échoué là, sur cette plage où je n'ai pas mis les pieds depuis plus de quinze ans.

On ne sait pas trop en fait, ce que ça nous fait, à part nous fasciner. Et puis au moins il n'a pas fait de saleté celui là. Pas comme l'Erika , ou comme ces cochons de Total qui ont encore chié dimanche dernier 400 tonnes d'hydrocarbures quelques kilomètres plus haut sur la côte, à Donges, vers l'estuaire de la Loire. Un putain de mazout tellement pourri qu'il faut masques et gants pour nettoyer les cotes et éviter tout contact toxique.
Le cargo lui est propre, on lui a vidé son mazout. Il est serein. Il attend là, tranquillement, qu'une haute marée permette de le tirer de cette plage.

Il y aurait des histoires à imaginer, sur fond de cargo échoué et de station balnéaire hors saison, dans ces périodes recélant des solitudes douces amères. Des histoires de vie qui s'arrêtent comme ça, de ruptures, des histoires couvant sous la cendre et se révélant autour du cargo, celui qu'on va voir et revoir, en fin de journée le long de la plage, avant de rentrer à la maison.

Peut être que comme Gainsbourg dans sa chanson, on espère qu'il nous ramène nos amours perdues, nos espoirs envolés ou nos rêves d'enfants. C'est peut être ça qu'il a dans sa cale. C'est peut être cela que viennent tenter de deviner tous les promeneurs sur le boulevard en front de mer.

Aujourd'hui il a repris la mer, tracté par un remorqueur. C'est mieux ainsi. Il ne finira pas découpé au chalumeau. On aurait alors découvert ce qui se cache dans son ventre. On aurait sûrement été déçu.

N'ayant plus rien à perdre ni Dieu en qui croire
Afin qu'ils me rendent mes amours dérisoires
Moi, comme eux, j'ai prié les cargos de la nuit

Et je garde cette espérance d'un désastre
Aérien qui me ramènerait Melody
Mineure détournée de l'attraction des astres.
mercredi, mars 19, 2008
335 Inner sound : The Jesus and Mary Chain : Never Understand (Album : Psycho Candy 1985)




Le bruit des os qui craquent. Les vertèbres aussi. Craquements lugubres et fantomatiques. Le stress elle dit. Mais pas seulement. Ca s'est accumulé, ça peut venir de loin. Comme si de vieux spectres s'étaient réfugiés au creux des articulations, dans les cartilages trop friables. Ou bien un vieux poison oublié.
Ce n'était peut être que ça les craquements, le bruit des fantômes qui s'échappent. C'est étonnant l'âge, la manière dont il se signale en semant de la limaille dans le corps.

C'est pour ça aussi les larsens, les musiques comme des tôles froissées. C'est le bruit de l'intérieur, aussi celui du monde autour, derrière les fenêtres, cet acier et ce béton asphyxiant. La bande son des jours actuels.
Il faudrait un peu de campagne, un peu d'océan pour entendre à nouveau les guitares acoustiques.
lundi, mars 17, 2008
334 Bruit présent : Sonic Youth : Silver wax lips (Album : Silver session (for Jason Knuth) 1998)



Il faudrait des mots en arcs électrique pour les poser sur les larsens. Ecrire les tensions sous l'épiderme qui font vibrer le muscle. Des mots qu'on crache, qui claquent.
Les Silver session (for Jason Knuth) de Sonic Youth. Du bruit comme sorti de Cellar door, puisqu'il reste, comme une persistance rétinienne, un grondement fantôme, industriel et hypnotique accompagnant ces images.
Si l'on ne sait quand commence le futur, le présent lui n'est nulle part et n'existe pas. Du présent il ne reste que le bruit une fois qu'il est passé c'est à dire maintenant. Le présent c'est du futur déjà (dé)passé.
dimanche, mars 16, 2008
333 Red light : Deerhoof : Lady people (Album : Holdypaws 1999)



       
(Photo KMS)(on peut cliquer dessus)

Cellar Door au Palais de Tokyo. Arbres calcinés et lune/soleil.
Un texte que j'aurai dû noter demandait si le futur commençait au début ou à la fin. Sans réponse. En dehors des ombres qui avancent.
Une sphère froissée en néons vectorisés. Des textes qui clignotent rendant difficile leur lecture.
Parfois un riff de Sonic Youth sortant de hauts-parleurs disséminés un peu partout, un générateur de courant d'air.
Une machine rêvante.
Un peu étrange.
Ces arbres calcinés sous cette sphère lumineuse blanche ou rouge (red light getting me home chantait Mark Kozelek), avaient quelque chose d'apaisant et de fascinant.
jeudi, mars 13, 2008
332 No time : Battles : Tonto (Album : Mirrored 2007)



Marre de ne pas avoir le temps de penser en ce moment, ni de poser trois lignes.
En plus je me suis "perdu au supermarché" (air connu) ce soir.

Je mets enfin la superbe pochette de ce fameux disque avec la batterie jaune (je savais bien que je finirai par l'acheter) avec sa musique de schtroumpfs sous acides.
J'aime les batteries jaunes. C'est ce que je disais .
Ca me plairait bien d'en avoir une ce soir. Je taperai dessus comme un sourd tonto pour me défouler de ces journées de merde qui ne me laissent pas de temps.


P.S : J'aurais quand même pu dire que le chanteur des Battles, Tyondai Braxton, est le fils d'Anthony Braxton, l'excellent jazzman et saxophoniste conceptuel d'avant-garde (qui joue parfois d'un étonnant saxophone contrebasse).


(Et la playlist de la semaine (à défaut de lire on peut au moins écouter))
mardi, mars 11, 2008
331 Dream a little dream : Ida : Dream date (Album : Ten small paces 1997)



Le fait d'avoir le sommeil haché certaines nuits à partir de 4h du matin, engendre des rêves étranges à répétition venant des les phases de sommeil plus ou moins courtes. Parfois c'est comme si la machine à rêves s'emballait et fabriquait le nouveau en surimpression du précédent avec des réminiscences complexes. Cela produit des rêves aberrants, parfois très étranges avec des personnages mous et chauds comme sortis d'une autre dimension. La réalité matinale et pluvieuse est bien moins plaisante.
Je pensais dans la voiture ce matin le plaisir que devrait être un lundi matin à s'éveiller dans une maison à la campagne avec un champ, des bois, de la verdure, peut être un ruisseau en contrebas, une colline aussi, du vert en tout cas et du calme. Sortir sur la terrasse respirer et juste se dire qu'on va prendre son temps et qu'après avoir pris un thé en écoutant un bon disque il sera bien temps de penser aux activités de la journée. Ca me prend souvent à la fin de l'hiver comme ça, quand le gris arrive à saturation.

Je mets des mots de vacuité en attendant de trouver le temps (qui m'a dit une fois le temps ne se trouve pas il se prend?)(il avait certainement raison) de finir les bribes d'histoires griffonnées sur des fichiers à droite à gauche. J'ai toujours eu du mal à finir ce que j'avais commencé. Elliott Smith dit ça dans Alameda, you can't finish what you start, mais ça n'a rien à voir...


Avis #1 : Si les noms de Beth Gibbons et Geoff Barrow te disent quelque chose et que tu attends depuis 10 ans la sortie de leur troisième album, va écouter la chanson de lundi sur Killing me softly (mais tu risques d'être un petit peu déçu)(je trouve).

Avis #2 : Si tu veux voir ma tronche "Mazucquée"© , c'est ou encore .
samedi, mars 08, 2008
330 Morning live : Hüsker Dü : Girl Who Lives On Heaven Hill (Album : New Day Rising 1985)



Un peu de soleil, je l'entraperçois difficilement, j'ai des échafaudages devant les fenêtres depuis bientôt trois mois, m'occultant la lumière et ça commence à faire. L'hiver encore ça pouvait aller, je partais le matin il faisait nuit, et pareil le soir. Mais là ça devient difficile. Le manque de lumière.
J'ai la vieillerie qui me tiraille, j'ai le corps coincé, comme rouillé. Regarder les dates au dos des pochettes de disque ça n'aide pas non plus. On se demande ce qu'on a fait durant tout ce temps. Ca reste la question essentielle. On a fait quoi de tout ce temps passé, de ces années par paquets?
A part travailler. Ce que j'ai commencé à faire un an après la sortie de ce disque que je n'ai découvert que pas mal d'années plus tard. En 1985, je n'écoutais presque plus de rock. Ou surtout des merdes. Sinon du classique principalement. Et du jazz. Est-ce que les choses auraient été différentes si en 1985 j'avais acheté ce disque au lieu d'une daube FM style Tears for Fears ou pire (pardonne mais n'oublie pas)? Ca plaisait sûrement plus aux filles que les guitares ultra saturées d'Hüsker Dü.
jeudi, mars 06, 2008
La (remarquable)(ah ah)(mais quand même)(les chansons de vendredi et de samedi)(et de jeudi)(et de lundi)(bref) playlist de la semaine.

(et profitez en, je ne suis pas certain que ça dure encore bien longtemps...)
mercredi, mars 05, 2008
329 Musicale journée : Television Personalities : La grande illusion (Album : ... And Don't The Kids Just Love It 1980)



Mark E. Smith braillait dans la voiture. Des travaux partout sur la route. Marre de ce trajet. Marre de la voiture. Marre de la circulation. Marre de tous ces gens. Je vais reprendre le vélo. Quitte à en chier dans la côte pour rentrer le soir. Quitte à mettre un peu plus de temps aussi. Et encore.

Je voudrais avoir quatre oreilles pour écouter plus de musique ou mieux me laisser envahir. Autechre m'enfonce ses aiguilles dans le corps au bureau avant que je n'écoute les TV Personalities chanter faux, un vrai bonheur. Je mélange les chiffres en même temps. Il doit y avoir des notes qui se glissent au milieu c'est pour ça que mes additions sont fausses parfois. Faire illusion malgré tout.

La journée est passée comme ça. A regarder par instant les jeux de lumière sur la façade de l'immeuble d'en face. J'ai laissé le soleil se coucher lentement au son des merveilleux mixes Africains de Voodoo Funk (à écouter absolument)(piqué sur La Blogo). Ca rendait les rayons du soleil encore plus jaunes. Le genre de petits détails qui sauvent la journée de l'ennui.
lundi, mars 03, 2008
328 Reprise : Mogwaï : Katrien (Album : Young team 1997)



Couloirs vides ou plus calmes qu'à l'ordinaire. Humidité poisseuse derrière les vitres. Musiques électroniques déconstruites pour accompagner le retour au bureau après une semaine. Bureau inondé de papiers. Les gens glissent comme des ombres. Je monte le son. Un peu.

Nous en sommes en 2008 j'ai parfois du mal à le réaliser. J'y ai pensé à cause de la young team de Mogwaï que j'écoutais hier soir pour m'endormir. Une de ces journées où l'on se sent fragmentés. En morceaux épars. Des briques d'être mal empilées. Avec du vide entre les morceaux. On sent l'air de la frustration qui passe au milieu. Ca ressemble aux mots ou quoi que ce soit qui restent bloqués à l'intérieur ou ne sortent que par jets sporadiques, aux idées bancales non réalisées.
A moins que l'on ne se vide à rester là, à regarder le bout de couloir avec sa moquette bleue et ses placards gris. Alors on tourne la tête vers la fenêtre mais ce n'est pas mieux. Une sirène dans la rue. Des bruits violents. Je réponds au courrier en retard. Et puis je ne sais pas mais quelqu'un dehors a dû souffler sur les nuages parce que j'ai vu le bleu du ciel. Le soleil aussi.

Partir tôt. Je n'ai pas la tête à la paperasse, aux chiffres, à ce que l'on veut qui ne m'appartient pas. Partir tôt. Demain je ne pourrai pas.
Le soir je lis Babylon's Burning. Ca parle de temps passés disparus.
samedi, mars 01, 2008
327 Saturday evening live : Curtis Mayfield : Check out your mind (Album : Curtis live 1971)



Un des meilleurs albums live du samedi après-midi (pas seulement)(certes).
Pourtant les albums live ce n'est pas mon truc. D'une manière générale.
Je préfère les pirates. Pas trafiqués.
Mais celui là fait partie des exceptions. D'ailleurs il n'est pas trafiqué. En fermant les yeux on pourrait se croire dans le petit club où il a été enregistré.
Il y a toujours des exceptions. D'une manière générale.
Avec une de ces putains de guitare rythmique.


(La playlist de la semaine, et puis mardi, à la fin, on entend Miles Davis appeler teo. Teo Macero. Son producteur (légendaire)(dans ces cas là il faut toujours ajouter légendaire)(mais lui le mérite très certainement ce titre). Mort le 19 février dernier...)