mercredi, février 27, 2008
326 Oubli : Morphine : The saddest song (Album : Good 1992)



Parfois, souvent, je ne sais pas pourquoi je mets un disque plutôt qu'un autre surtout quand je n'ai pas d'idée précise. Et puis ça fait comme ce soir où je mets Morphine et paf c'est juste parfait sans que je sache pourquoi. C'est rien qu'un petit groupe comme ça, disparu, un peu oublié mais voilà, juste là ce soir, la voix de Mark Sandman elle donne des frissons.
Peut être juste parce que ses chansons portent des nostalgies d'instants qu'on n'a pas vécus. Comme des histoires laissées derrière soi, oubliées, ou pas finies, même pas écrites, mortes dans les limbes.
lundi, février 25, 2008
325 Hard on : The Pop Group : Thief of fire (Album : Y 1979)




Les guerriers Zoulous ou équivalents ne sont pas là par hasard.
Ce disque est tribal.
Mais pas seulement.
Ce disque bande. Et dur.
Ce n'est pas si souvent.
Dans le fracas d'un Captain Beefheart funky, d'un free jazz (Ornette) Colemanien, de guitares punk rapeuses à souhait et d'une basse aux accents reggae, Mark Stewart déclame plus qu'il ne chante ses propos politiques et nihilistes sur une pulsion primitive.
Malgré qu'il soit l'un des dix meilleurs albums punk/post punk confondus, ce disque reste trop méconnu pour ne pas dire ignoré.
Mais trente ans après il bande encore.
samedi, février 23, 2008
324 Massacre : This Heat : S.P.Q.R. (Album : Deceit 1981)



Charles Hayward est un batteur fascinant. Je l'ai vu hier soir. Entre Fred Frith et Bill Laswell. Un Massacre.
Il a un air halluciné lorsqu'il joue Hayward, totalement dans son monde. Je crois que c'est pour lui que je suis allé voir ce concert. Pour Frith aussi mais surtout pour la batterie de Hayward. A cause de This Heat. Dès qu'il sort de derrière son instrument c'est un type qui fait ses presque 60 ans, à l'air perdu, avec son bas de pantalon retroussé sur ses chevilles pour ne pas le coincer dans ses pédales de charley ou de grosse caisse.. Mais lorsqu'il joue ses bras, ont vingt ans.

Le gag hier soir, pour ce concert dans le cadre d'un festival musical de banlieue, c'était le public en attendant d'entrer dans la salle. J'étais surpris d'y voir des retraitées, des ménagères de plus de cinquante ans, d'autres personnes me semblant sûrement peu habituées aux déviations soniques de Fred Frith, mais visiblement désireuses de rentabiliser à fond leur abonnement à la maison de la culture municipale (en l'occurence Créteil). Je me disais que si elles étaient venues par hasard elles risquaient d'avoir un choc quand même.
Et de fait, dès la fin du premier morceau (que j'ai trouvé plutôt sage cela dit), il y a eu une fuite paniquée d'un certain nombre de spectateur.
Hayward est resté impassible. Tous ces fuyards ont raté son jeu de batterie remarquable et son regard halluciné. Tant pis pour eux.


(Et la playlist de la semaine)
mercredi, février 20, 2008
323 Crise du logement : The Apartments : The black road shines (Album : The evening visits... and stays for years 1985)



Je crois que j'aime les disques avec une photo floue sur la pochette.
Ce disque est une merveille. Il aurait pu sortir hier il a plus de 20 ans.
On n'a plus de nouvelles de Peter Walsh depuis plusieurs années. Il a dû retourner à Brisbane vendre des hamburgers et des fish and chips dans son restaurant. (mais finalement il est à Sidney et a joué au Troubadour avec The Saints l'année dernière).
Il n'y a même pas de site pour The Apartments (ou je ne l'ai pas trouvé). Je ne sais même pas si on arrive encore à trouver leurs disques.

Dès que je suis sorti ce matin avec cette poisse humide, j'ai pensé à ce disque. Aussi parce que je l'avais écouté hier soir. Mais il était encore là, en échos brumeux. Un peu flous. Comme l'image de la photo. Comme la musique aussi.


(Et puis, comme d'hab', de la musique)

lundi, février 18, 2008
322 L'inconnue du 421 : Woven Hand : Whistling girl (Album : Mosaic 2006)



Au milieu il y a la figure héraldique du grand-père. Le personnage flou, un peu à gauche en mouvement, qui se dirige vers la table des joueurs. C'est lui. Le grand-père. Il faudrait presque y mettre des majuscules. Une sorte de patriarche à l'humeur renfrognée. Dès que je vois ce café, même sur les photos où il n'est pas là, il y a sa silhouette omniprésente en filigrane.

On est dans son café. C'est pour cela qu'il porte le tablier parce que les cafetiers à cette époque là portaient un tablier de coutil bleu. La couleur je l'ai en mémoire. Comme le rouge bordeaux des banquettes sur lesquelles sont assis les clients. Elles avaient de gros ressorts comme rembourrage. Quand j'étais petit j'adorais sauter dessus parce qu'en plus ils faisaient boing boing les ressorts et se tordaient dans tous les sens mais le grand-père n'aimait que je saute dessus. Alors je le faisais uniquement lorsqu'il n'était pas là.

Il ne faisait pas que cafetier, il conduisait également des bus, les horaires particuliers de ce métier lui permettait de concilier à peu près les deux. Le 104. Qui à l'époque reliait Alfortville à Charenton Ecole. C'étaient des bus modernes pour l'époque. Il n'y avait pas de plateforme, un contrôleur se tenait dans une toute petite cabine vitrée derrière le chauffeur pour vendre les tickets. Ils étaient fins et allongés. On les mettait dans la machine à composter et le contrôleur tournait la manivelle. J'adorais ce geste et le bruit que la machine faisait.

On aperçoit le comptoir au premier plan. Avec ces verres en forme de coupe et au pied vert que j'ai vu durant des années même après que mes grands parents aient pris leur retraite puisque ma grand-mère les utilisait souvent.
Je n'arrive plus à me souvenir si les tables en formica étaient vertes ou rouges, mais je crois bien qu'elles étaient vertes, et les verres de vin rouge faisaient des ronds dessus. Le groupe de personnes attablées jouent aux dès, au 421. C'était d'ailleurs le nom du café, le 421. C'était inscrit en grosses lettres rouges sur fond beige sur le store qui était au-dessus de la porte. Je n'ai jamais su si les clients jouaient au 421 en raison du nom du lieu ou si mon grand père avait choisi ce nom après avoir racheté le café parce qu'il y avait des clients qui y jouaient tout le temps. Tous les jours mêmes puisque le café était ouvert tous les jours même le dimanche, toute l'année.

Le grand-père se dirige vers la table des joueurs parce que c'est à son tour de jouer. On le voit de dos à gauche sur la deuxième photo. Tous les joueurs sont concentrés sur le plateau de jeu qui était tapissé de feutrine verte. Le vernis du cercle de bois était tout écaillé. Ensuite, plus tard, il y a aura un autre plateau de jeu plus moderne, en plastique rouge avec inscrit dessus une publicité pour le Cinzano. On sent que c'est l'instant crucial de la partie lorsque l'on voit les regards concentrés des joueurs. Il y avait sûrement, comme souvent, une tournée à la clé. Je crois que c'est pour cela que mon grand-père n'aimait pas perdre à ce jeu, il devait avoir l'impression de couler la boutique lorsqu'il devait payer la tournée qu'il avait perdue.

Le visage, l'attitude et les vêtements des clients, la présence de plusieurs femmes montrent sans équivoque que l'on se trouve dans un café populaire, un café fréquenté par les ouvriers et employés du quartier. Un endroit de convivialité où les gens venaient passer un moment, plus pour voir du monde, pour parler que pour boire.
Il n'y a pas de date à l'arrière des photos mais je pense qu'elles ont été prises vers 1960. Pourquoi ces dates j'aurai du mal à l'expliquer mais c'est ma datation personnelle. J'aurai tendance à dire 1960 parce que j'ai l'impression que je n'étais pas encore né mais mes parents habitaient déjà deux étages au-dessus du café en prévision de ma naissance qui n'arriva qu'en fin d'année. Cela pourrait expliquer la présence de mon père puisque c'est lui qui a pris les photos. En dehors de mon grand-père je suis incapable de reconnaître les personnes autour de la table. Rien à voir avec les clients habituels que je côtoierais tous les soirs après l'école cinq ou six ans plus tard.

Derrière le mur où sont accrochés les miroirs il y avait l'épicerie que tenait ma grand-mère. Chacun son role sauf lorsque le grand-père conduisait son bus et où ma grand-mère devait s'occuper des deux en même temps. "L'épicerie c'est un travail de femmes" disait-il et il daignait très rarement passer la porte pour s'occuper d'un client de l'épicerie si ma grand-mère n'était pas là pour quelques instants. C'était une épicerie à l'ancienne comme il n'en existe plus depuis bien longtemps, avec les paquets de biscottes sur l'étagère derrière, du vin à la tireuse (une grande cuve de métal où les clients venaient remplir leurs litres "étoilés"), tous les produits à l'unité et des charcuteries de la maison Géo où j'allais parfois en bus avec ma grand-mère, au Kremlin-Bicêtre, pour passer des commandes.

Il y a dans ces deux photos un personnage fascinant, c'est la femme qui se tient seule sur la banquette jouxtant les joueurs de dés. Je ne sais pas qui c'est, ma mère ne sait pas et les seules personnes qui pourraient répondre à cette question, que ce soit mon grand-père, ma grand-mère ou mon père, qui a pris la photo, sont toutes mortes depuis bien longtemps.

Sur la première photo, dans la caisse en bois posée devant elle, il y a un sac de tissu où sont rangés les pions en bois du jeu de loto. Les cartons jaunes et rouges avec les numéros sont dans la caisse. Je connais ce jeu par coeur, j'y ai joué durant des années avec ma grand-mère, j'entends encore le bruit si particulier des jetons de bois avec les numéros lorsque l'on secouait le sac pour les mélanger, et c'est moi qui avais ce rôle.
Sur la deuxième photo (on peut cliquer pour les voir en grand), malheureusement avec un flou de bougé important dû au manque de lumière, elle a prend une pause un peu lascive pour regarder les joueurs, avec sa main gauche posée sur la banquette, comme si elle s'y accrochait pour se perdre dans ses pensées tout en regardant sans les voir les joueurs de 421. Je lui devine un joli sourire. Elle semble rêveuse, présente mais rêveuse. Perdue dans un voile flou où doivent se mêler des visages d'hommes et des rires un peu oubliés.

La femme était peut être avec le groupe de joueurs ou bien était-elle une habituée du café habitant le quartier. Dans mon esprit elle est seule et c'est être aussi pour cela que je la trouve fascinante. Elle a l'air assez jeune, plutôt jolie sur ce que l'on peut deviner. Uniquement avec ces deux photos on pourrait imaginer son existence, imaginer son célibat malgré sa beauté attirant les hommes, imaginer ce garçon qui la fait certainement rêver mais qui n'est pas là ou qui ne la regarde pas, ou celui à qui elle pense et qu'elle va rejoindre lorsque les joueurs de 421 auront terminé leur partie. Joueurs qui semblent à mille lieues des rêveries de la jolie inconnue, concentrés sur les dés roulant sur le plateau de feutrine verte.

Je ne sais pourquoi précisément, mais je lis une sorte de tristesse sur son visage, dans son attitude, quelque chose d'une mélancolie, d'une liberté moderne, dans l'univers désuet de ce café d'une autre époque.
Malheureusement je n'ai pas d'autres photos où elle apparaisse. Elle restera à jamais, l'inconnue du 421.
vendredi, février 15, 2008
321 Colère : Big Star : Holocaust (Album : Third/Sister lover 1978)



Ma fille aura dix ans cette année, elle entrera en septembre en CM2. Si ce qu'a raconté notre peigne-cul de président il y a deux jours est appliqué, elle devra alors porter la mémoire d'un enfant juif ayant péri lors de la Shoah...

Mais qu'est-ce que c'est que cette idée? En quoi ma fille, à 10 ans, doit-elle supporter le poids écrasant d'une telle mémoire? En quoi devrait-on prendre le risque de faire peser sur des enfants de 10 ans la culpabilité de ces actes à des seules fins politiciennes? Des enfants de 10 ans doivent-ils porter le deuil de toutes les atrocités commises dans le passé?
Pourquoi uniquement la Shoah? Pourquoi pas les enfants du génocide Arménien, pourquoi pas les Cambodgiens massacrés sous Pol Pot, et les enfants du Rwanda, et les enfants Palestiniens, et les Africains victimes de l'esclavagisme, et les enfants mort dans les mines de charbon dans le nord de la France? La liste est malheureusement loin d'être exhaustive...
Non seulement cette idée est con mais en plus elle est morbide. Je ne veux pas que ma fille doive porter ce funeste voile funèbre. Je n'autorise pas ce président parvenu à décider du deuil que ma fille doit porter ou non.

Et cela n'a rien à voir avec l'impérieux et nécessaire devoir de mémoire envers la Shoah ni son universalisme. Plus tard, lorsqu'elle sera plus grande, je lui montrerai Nuit et brouillard (et il est très intéressant de lire en bas de l'article les conseils à destination des enseignants désirant montrer ce film aux collégiens et lycéens), je lui parlerai de la Shoah, je l'emmènerai sur les lieux de mémoire, je serai le premier à lui expliquer la vigilance nécessaire pour qu'il n'y ait plus jamais ça.
Je ne vois pas pourquoi elle devrait être l'instrument d'un besoin de diversion médiatique opportuniste ou de quelconque manoeuvre politique de la part de ce peigne-cul de Sarkozy. Qu'il commence donc par assumer ses mensonges et ses contradictions à répétition avant de vouloir faire porter quoique ce soit à nos enfants.

Il y a bien d'autres manières de transmettre la mémoire à nos enfants. Il vaudrait bien mieux renforcer les moyens de l'éducation Nationale d'une manière générale, mais ça, ce n'est pas la politique de ce gouvernement de merde.

(Parmi les nombreuses réactions à cette proposition, j'en retiendrais deux, celle de Claude Lanzmann dans Le Monde (réalisateur de Shoah) et celle de Philippe De Jonkheere.)


(pour se calmer, de la musique de noir énervé en slip (dimanche), ce qui ne manquera pas de plaire à Sarko très certainement (ah ah))
jeudi, février 14, 2008
320 Et puis : The Brian Jonestown Massacre : Wisdom (Album : Methodrone 1995)



Les Pixies trompent le monde dans la voiture. Il fait froid. Sur le pont au-dessus du port le thermomètre de la voiture indiquait 2°. Il y avait des monticules de terres et de graviers sur la gauche couverts d'une couche de givre à contre jour dans le soleil, avec la beauté délétère qu'engendrent parfois bien involontairement les paysages industriels.
Les mots du soir, avant le sommeil, doivent forger les rêves et s'évaporer avec eux puisqu'au matin il en reste rien. Juste des ombres voilées par des souvenirs oniriques, sans moyen de les retranscrire sur le papier. Ils ne vivent que dans le noir et dans la phase de pré sommeil ces mots. Dès que l'on allume pour les écrire ils disparaissent.

Je ne sais pas pourquoi mais ce début d'année est difficile. Je sens un peu plus dans mes artères le poids des ans. Juste la petite différence qui fait que le corps grince un peu plus et se sent plus proche de 50 que de 40.
J'ai plongé dans la nonchalance envapée du Brian Jonestown Massacre, parfaite ce matin, comme si c'était les vacances le temps du disque, en regardant par la fenêtre du bureau le bleu du ciel.


(et puis de la musique à écouter (plein))
lundi, février 11, 2008
319 Nothing : Nick Drake : Place to be (Album : Pink Moon 1972)



Je ne serai peut être bientôt plus que silence tant les mots sortent aussi difficilement que les dernières gouttes d'un puits asséché.
Je ne sais pas ce que je fais de mon temps. Comme aujourd'hui.
J'ai une ahurissante faculté pour le rien.

En deux séances de deux heures fin 1971 Nick Drake a enregistré ce chef d'oeuvre.
Oh bien sûr les chansons étaient écrites et répétées avant. Et puis elles sont d'une beauté nue, dépouillées à l'extrême, sans aucun arrangement.
Mais quand même.
Deux fois deux heures.
Pas besoin de plus.
Ca laisse rêveur.
samedi, février 09, 2008
318 Vibrations : Tony Conrad with Faust : The Side Of Man And Womankind (track 3) (Album : Outside the Dream Syndicate Alive 2005)



"Chromatisme, accords, harmonie, dissonance, rythme et composition; Rothko peignait en écoutant de la musique, il jouait de la mandoline et beaucoup de piano sans avoir reçu une formation. Il aurait voulu être musicien. Il désirait donner à sa peinture « la même acuité expressive que la musique».

L'évidence de ses tableaux vient de leur simplicité. Une apparence de simplicité. Pauvreté extrême et richesse tout aussi extrême, comme un ensemble orchestral dont les instruments entreraient, au fur et à mesure, d'une lente durée, dans un tutti qui serait toujours en chemin, pour faire entendre les harmoniques d'un accord complexe. Entre le silence et le grand orchestre.

Youssef Ishaghpour : Rothko. Une absence d'image : la lumière de la couleur

La peinture de Rothko est vibration(s), tout comme la musique, peut être pour cela qu'elle me fascine. Je n'en avais pas vraiment pris conscience avant de lire ce livre.
Il est tout aussi déplorable de regarder un de ces tableau en petit format sur un écran que de ne prendre qu'un extrait du concert de Tony Conrad et Faust de 1995, mais il m'a semblé que ces deux là partageaient des vibrations communes.
On retrouve ici en contrepoint, la même apparente "fausse" simplicité d'une complexité et d'une profondeur surprenante.

                                                                                                 (Mark Rothko : Untitled (black on grey 69/70)

P.S : Et la playlist
jeudi, février 07, 2008
317 Repeat after me : Yo La Tengo : Nuclear war (Album : Nuclear War EP 2002)



Nuclear war                                                              Yeah !
Talking about'                                                           Yeah !
Nuclear war                                                              Yeah !
It's a motherfucker                                                    It's a motherfucker
Don't you know                                                         Don't you know
Talking about'                                                           Yeah !
Nuclear war                                                              Yeah !
Kiss your ass                                                            Kiss your ass
Goodbye goodbye                                                     goodbye goodbye
If you push that button                                             your ass gotta go
If you push that
BUTTON
mercredi, février 06, 2008
316 Rien version 32bis : Galaxie 500 : Listen, the snow is falling (Album : This is our music 1990)



Je crois que je n'ai que du silence en ce moment. Du silence terni, un peu comme de la neige sale, du silence avec des traînées noires. J'ai le cerveau qui ne respire pas. Ou si peu. C'est pour ça que j'ai les doigts muets. Enfin je crois. On n'est jamais sûr.
Du silence gris comme de la neige souillée par les roues et les gaz d'échappement des voitures. Je ne sais pas pourquoi je garde cette image. Il n'a pas neigé cet hiver. Ou si peu que je ne m'en souviens même pas. D'ailleurs mes pensées me fondent dans les mains, comme des flocons de neige.
Même pas du vrai silence. C'est difficile le silence finalement. Pas si évident. Il faut toujours qu'on balance quelques mots négligés comme ça. Pour tenter de se persuader qu'on peut encore.
lundi, février 04, 2008
315 Malade : Arab Strap : New Birds (Album : Philophobia 1998)




J'ai toujours pensé que les aspects cotonneux de cette musique aux rythmes lymphatiques et lancinants étaient parfaits lorsque l'on avait la tête embrumée par le rhume ou la grippe. Elle enveloppe le corps dans un cocon ouateux et plonge dans une torpeur frissonnante. A peu près mon état aujourd'hui.

Cet album est étonnant. Les paroles de l'ensemble du disque constituent une nouvelle (pas de couplets ni de refrains ici) un peu comme The Gift du Velvet Underground, sauf qu'ici l'histoire dure tout le disque. Une histoire de sexe, de bites, de fille qui se plante une fourchette dans le bras. L'histoire d'un couple qui se déchire sur fond de jalousies et de coucheries glauques. Un texte cru et puissant, dérangeant par instant par sa nudité brute.

Et puis hier soir, dans Cercle ce passage : "J'ai cru que "le travail" avait un sens. Mais non, dit Straub, bien fait pour moi : appartenir au "monde du travail", c'est collaborer à son propre écrasement."
samedi, février 02, 2008
314 Knots : Haco + Sakamoto Hiromichi : Zero Hills (Album : Ash in the rainbow 2003)



Je bois mon thé au lait. J'ai pris l'habitude du thé au lait il y a maintenant plusieurs années. Des influences Anglaises. Je suis ébahi de me dire que cela fera bientôt déjà dix ans. Le monde est-il une telle passoire pour que le temps s'écoule comme ça?
Je ne sais pas par quel bout prendre ce que je veux faire. Ca ressemble à une pelote de fils totalement emmêlés. Les fils, les cables ont une vie propre. Nocturne et secrète probablement parce qu'on ne les voit jamais bouger, mais si vous les posez quelque part, lorsqu'on les reprend quelques instants après ils sont toujours emmêlés. Ou alors ce sont uniquement les miens.
En tout cas ça ressemble à ça, dès que je tire sur un bout ça coince tout de suite parce que tout est emmêlé, plein de noeuds. Probablement comme dans ma tête.

Je bois mon thé au lait et j'ai mis ce disque de Haco, la chanteuse d'After Dinner, et c'est parfait pour un samedi matin où je sens le froid passer au travers des vitres.

J'ai fini mon thé au lait. Il était quasiment froid comme d'habitude. J'ai mis Autechre ensuite, j'ai des besoins électroniques en ce moment, c'est assez rare. Peut être parce que cette musique n'est associée à aucun souvenir particulier, et que de ce fait, elle m'aide à démêler les fils.


NOTA BENE : Playlist : Cloud nine