jeudi, janvier 31, 2008
313 Déjà vu : The Clash : Guns of Brixton (Album : London Calling 1979)





La photo de la pochette est hyper célèbre, avec Simonon (qui a composé Guns of Brixton) frappant le sol avec sa basse à la fin d'un concert. L'hommage fait à Elvis Presley également. Le King était mort deux ans auparavant.
Je me souviens avoir entendu London Calling le titre, à la radio un soir d'été sous une tente. Ca m'avait impressionné. Je ne sais plus quand j'ai acheté ce disque, je me souviens par contre qu'il était au prix d'un simple album alors qu'il était double. C'est d'ailleurs un des motifs de fâcherie avec CBS parce que l'année suivante ils recommençaient avec Sandinista qui lui était triple.

Au dos de la pochette il y a de manière tout à fait classique la liste des titres face par face. Sur la 4ème face il y a quatre titres de listés, mais si l'on regarde l'étiquette de cette même face sur le vinyle, on constate qu'il y a un titre en plus et pas des moindres puisqu'il s'agit de Train in vain. En fait le groupe avait enregistré cette chanson en tout dernier, et lorsqu'ils ont décidé de la mettre sur l'album, les pochettes étaient déjà imprimées. Un des premiers exemples de chanson cachée en fin d'album. Bien entendu sur le cd (et peut être sur les éditions vinyles suivantes d'ailleurs), tout ceci a été rectifié, et les 19 chansons sont listées sur la pochette.

Ce qui est bizarre c'est que ce disque je l'ai assez peu écouté à l'époque où très rapidement j'ai commencé à lâcher prise et je me suis mis à écouter d'autres musiques, celles qu'écoutaient mes ami(e)s à ce moment là, et pas toujours des choses très glorieuses pour ne pas dire pire. Pendant longtemps il ne m'en est resté que les tubes. Je ne l'ai ressorti que beaucoup plus tard. Est-ce pour cela ou non, mais depuis j'ai toujours trouvé ce disque (souvent en tête des classements des meilleurs albums des années 80) un peu surestimé...


(pense-bête : Playlist de la semaine 9 : Cloud nine)
mardi, janvier 29, 2008
312 Still Crazy : John Cale : Cable Hogue (Album : Helen of Troy 1975)



Sleeping don't come very easy in a straight white vest

Je m'endors avec Cercle de Yannick Haenel et Masada Guitars de Zorn.
Je me réveille avec les mêmes guitares. Sur le chemin pour aller au bureau, je me sens enfermé comme dans une camisole, sur cette route entre ces maisons. Après, aussi.

J'écoute Cecil Taylor dans ma cellule (le présentateur au début du disque dit Ciciiiil, je trouve ça beau, Ciciiiil, avec une intonation traînante, Ciciiiil Taylor), un pianiste incroyable avec plein de doigts et plein de notes bizarres.
La folie peut être alors.
Ordinaire.
Celle dont on fait les contes.


(et puis de la musique encore)
dimanche, janvier 27, 2008
311 Clic clac : Joseph Arthur : Pictures of life (AlbumBootleg : Rare & Unreleased 200?)



A cause d'une note de Philippe, je suis descendu à la cave samedi matin afin de retrouver la mallette photo de mon père. Je l'avais descendue à la cave il y a quelques années. Je n'ai pas dû faire de photos avec ce matériel depuis 1985 lorsque je me suis acheté un Nikon FA nettement plus moderne. Mais l'évocation de son Minolta m'a donné envie de revoir et de reprendre en main cet appareil. C'est avec lui que j'ai appris (modestement) à faire un peu de photos.

A la mort de mon père en 1980, je me suis senti comme un devoir de mémoire envers ce matériel. Je ne souhaitais pas que cet appareil meure également. Ou, peut être qu'inconsciemment j'espérais retrouver au travers de son viseur un peu du regard de mon père. Cet appareil et les objectifs allant avec ont été mon véritable héritage durant quelques années. Je me suis mis à apprendre tout seul à faire des photos avec.

Je crois me souvenir qu'il l'avait acheté vers 1971. J'en connaissais toutes les commandes pour avoir vu mon père l'utiliser. Je savais, pour l'avoir fait maintes fois, sans déclencher l'appareil, qu'il fallait faire coïncider l'aiguille du posemètre avec le rond dans le viseur en tournant la bague du diaphragme et le bouton de réglage de la vitesse de l'obturateur pour obtenir une exposition correcte.

Jusqu'en 1985 j'ai trimballé cet appareil et ses objectifs un peu partout en faisant des kilomètres de pellicule avec lui. Dans la bande de copains qui partaient en vacances ensemble, durant les multiples fêtes et même durant mon service militaire, j'étais le photographe "officiel". Et puis à partir du moment où je me suis acheté un appareil récent je l'ai rangé dans sa grosse mallette marron tellement lourde. J'ai fini par la descendre à la cave il y a quelques années pour gagner un peu de place dans le placard de l'entrée.

Et puis samedi matin je suis descendu la chercher. Elle était sous plusieurs cartons vides, couverte de poussière, avait pris un peu l'humidité à cause d'une inondation. J'ai tout étalé sur la table de la cuisine pour le nettoyer. J'ai regardé ce matériel en me disant qu'il y avait posé là, un bout d'existence mêlée, entre père et fils, une sorte de lien dans le temps Quelque chose de très matériel et de totalement indicible ,impalpable en même temps. Un peu comme la lumière impressionne la pellicule au travers des lentilles de l'objectif.

Après toutes ces années l'appareil semble en état de marche, le rideau fonctionne, il n'y a pas de tâches sur les lentilles des objectifs et leur diaphragme s'ouvre et se ferme correctement.
Cela m'a donné envie de le réutiliser, à l'heure du numérique automatique et autofocus et rendu immédiat, j'ai envie de refaire quelques photos avec ce vieux bouzin entièrement manuel au viseur sombre. Je pense que je vais aller m'acheter une ou deux bobines de Tri-X (puisqu'il semble que l'on puisse encore en trouver...) histoire de faire quelques clichés avec. En surexposant sous exposant un peu pour compenser la plus que probable fatigue de l'obturateur. Histoire de voir si jamais cela pouvait ralentir juste un peu le temps qui s'écoule...
vendredi, janvier 25, 2008
310 Masque de truite : Captain Beefheart : Pachuco cadaver (Album : Trout Mask Replica 1969)



Oh Captain, mon Captain... Celui là je ne peux pas mettre que la pochette...
L'avantage de ce disque, c'est que la pochette colle parfaitement à la musique. Ou inversement. Tu vois ce que tu vas entendre avant même que la pointe de lecture ne frôle le sillon. Une sorte de base musicale à peu près normale et par dessus un grand n'importe s'emboîtant de manière Dadaïste et géniale avec le reste. Ici on ne cherche pas l'aspect commercial de la chose. On crée, point barre. On est en plein dans l'art moderne. La première fois que je l'ai écouté je n'ai rien compris. C'était comme si quelqu'un avait secoué les bandes dans tous les sens et que toutes les notes se soient mélangées sans que personne ne réussisse à les remettre dans l'ordre.

Le verso de la pochette (on peut cliquer sur les photos pour voir en grand) est remarquable avec cette belle brochette de cinglés aux noms fabuleux : Zoot Horn Rollo à la guitare au doigt de verre (Mister Zoot Horn Rollo, hit that long lunar note...), Antennae Jimmy Semens à la steel-appendage guitar, The Mascara Snake à la clarinette basse, Rockette Morton à la basse et le pauvre Drumbo à la batterie, comme son nom l'indique, qui a été oublié sur la pochette originale.

Le reste ne se décrit pas mais s'écoute, de préférence à fort volume ce qui vous garantit une bonne entente avec les voisins ("Je fais une musique non-hypnotique pour rompre l'état catatonique."). D'ailleurs le Captain et son Magic Band avaient rendu dingues les voisins du ranch de Topanga Canyon où ils répétaient les chansons.
La légende dit que Don Van Vliet a composé tout l'album en 8 heures et demie (la demie heure doit avoir son importance) et qu'il a ensuite mis des semaines à l'apprendre à ses musiciens note à note ("When the legend becomes fact, print the legend" comme il est dit dans The man who shot Liberty Valance).
Chef d'oeuvre du rock qui roule et ce n'est même pas le meilleur album du Capitaine Coeur de boeuf.

Depuis 1982 Don Van Vliet a arrêté la musique mais je me dis que parfois la nuit, dans le désert de Mojave où il s'est retiré, il va brailler quelques poèmes sous la lune...
mercredi, janvier 23, 2008
309 Intermède : Roxy Music : Strictly Confidential (Album : For your pleasure 1973)



Ca m'est venu en lisant une note de Joseph Ghosn où il prend ses disques en photos. J'aime les disques. Je les aime et je les regarde comme je regarde certains tableaux. Même leurs pochettes peuvent me ravir sans même que j'en écoute une seule note. Bien sûr, j'entends ceux que je connais rien qu'en voyant la pochette, j'ai toujours trouvé que la musique se regardait en plus de s'écouter.

Comme je n'ai (n'aurai??) pas beaucoup de temps en ce moment pour différentes raisons et que je souhaite également réserver un peu mon écriture (même si cela me semble très prétentieux d'écrire ça...), ou quand je n'aurais rien à raconter de particulier, je me suis dit que j'allais prendre en photo mes disques, les vinyles uniquement, et les montrer ici. Forcément ça n'a rien de révolutionnaire comme idée mais je m'en fous.

Parfois il y aura l'histoire qui va avec le disque, parfois non. Juste les photos de ces magnifiques pochettes choisies au hasard, qui n'existe pas, ou non. Histoire de boucher les trous et remplir un peu plus l'espace de cette page à laquelle je suis attaché et de ne pas rester trop longtemps sans mettre de musique ce qui est finalement l'essentiel.
Comme bien souvent mes idées restent à l'état larvaire on verra bien la durée de vie de celle-ci dans le temps. En attendant il est possible que ça commence dès demain.


NOTA : Je dédie cette belle chanson à mes amis de Strictement confidentiel pour des raisons qui me paraissent évidentes et d'ailleurs je me demande si ce n'est pas là l'origine de leur nom (pas sûr en fait).
dimanche, janvier 20, 2008
308 Old things : Red House Painters : Katy song (Album : I (Rollercoaster) 1993)



J'ai retrouvé de vieilles choses en débarassant ce qui me sert de bureau. C'est étonnant ce que l'on peut entasser en quelques années comme petits papiers inutiles, places de cinéma, photos, lettres, cd gravés... J'ai tendance à entasser. Je ne suis pas certain de savoir vivre autrement.
J'ai été surpris de voir que ces "vieilles choses" enfouies là ne remontaient pas plus loin qu'en 2001. Elles me paraissaient pourtant tellement loins. Comme si plusieurs vies successives s'étaient empilées là en un temps très court.
Quelques notes de cette chanson se sont aussi échappées de ces petites choses insignifiantes, comme un vieux parfum trop longtemps enfermé.
jeudi, janvier 17, 2008
307 Some velvet morning : Nico : Wrap your troubles in dreams (Album : Chelsea girl 1967)



Je n'arrivais pas à me lever ce matin comme tous les matins depuis la fin des vacances. Je me sens en décalage en ce moment, comme dans un film avec le doublage mal synchronisé sur le mouvement des lèvres. J'ai traîné pour écouter la version de New age, sur les Quine tapes écoutées hier soir en finissant Septentrion. J'ai arrêté de me réveiller avec la radio depuis bien longtemps. Je préfère mettre un disque.
Enroulé dans la chaleur de la couette, j'ai attendu que Doug Yule ait fini son solo de basse un peu ridicule mais sympathique. Je le trouve ridicule mais ça ressemble à ce que je pourrais éventuellement jouer comme solo de basse, et je donnerai n'importe quoi (voire plus) pour jouer un solo de basse entre Lou Reed et Maureen Tucker sur New Age.

L'autre soir je me suis dit que la voix de Nico le soir était un spectre. Une épure, noir sur noir, à la Soulages. Des lignes qui se perdent. Un frisson à la surface de l'eau.
Forcément c'est Lou qui a composé cette chanson pour Nico. Je ne suis pas certain qu'il veuille de moi pour jouer un solo de basse sur New Age, qu'il ne joue plus depuis longtemps d'ailleurs. J'aurais mieux fait de rester au lit.


(Auto-promo : Je crois que j'aime bien la diversité de la playlist de la semaine.)
mardi, janvier 15, 2008
306 Syndicat du rêve : The Birthday Party : She's hit (Album : Junkyard 1982)



Je vois le vent qui souffle dans la rue, j'entends Nick Cave et ses copains se jeter contre le mur avec leurs guitares. Griiiing graaaannnng. Ca me fait penser à ça, cette chanson, ce disque, des types qui se jettent contre un mur comme si leurs guitares envoyaient des décharges électriques dans leurs doigts. C'est ce qu'on entend Griiiing graaaannnng. Contre un mur en béton bien froid. Griiiing graaaannnng. Et ça braille et ça crie. Des bruits sales. Comme des peintures sombres avec jets violents de couleur au travers de la toile. Griiiing graaaannnng.

Je me suis arraché difficilement du lit. Ces matins où l'on est fantôme. Où l'on traîne sa poussière à chaque pas trop lourd. Des paperasses toute la journée, je suis payé pour ça, pour les paperasses et les chiffres inutiles dans les cases. J'ai mis Tony Conrad bien après le fracas de la fête d'anniversaire. Des drones de violon de 30mn par dessus un rythme binaire d'une monotonie persistante avec un premier coup de cymbale au bout de 10mn. Si on se laisse envahir, c'est un tapis volant, du laudanum.

J'aimerais qu'il y ait dans le bâtiment un système avec des haut-parleurs dans les bureaux. Je diffuserai ce disque pour voir les réactions des gens. Leur intérêt, leur indifférence, leur exaspération ou peut être même leur colère.
dimanche, janvier 13, 2008
305 Sound of silence : Lilium : Whitewashed (Album : Short stories 2003)



Ca commence comme ça avec deux accords de rien, le genre de truc que tu trouves tout seul sur ton piano et puis c'est tout, juste deux accords, des glissements de notes, tu les répètes et puis quoi ensuite, juste ces deux accords, en boucle, avant de refermer le piano parce que tu voudrais aller plus loin, chercher la suite mais il n'y en a pas.
Sauf que quand toi tu fermes le piano, là dans la chanson, avec les deux accords, les deux accords que tu pourrais trouver tout seul comme ça sur ton piano en y posant les doigts un peu au hasard, dans la chanson il y a la voix de cet halluciné de David Eugene Edwards, aussi le ronronnement d'un archet sur des cordes graves. Et puis ça sent un peu la poussière aussi, la poussière d'ailleurs, pas celle d'ici. La poussière de terre. La poussière d'arrière cour où traîne sûrement de la mécanique rouillée abandonnée. Un truc dans le genre. Ca sent le vent et le soleil froid aussi. Le vent qui fait bouger les herbes en silence. C'est ça aussi oui. Ca sent le silence.
Tout quoi. Tout ce qui reste coincé entre les touches du piano quand tu l'as refermé.
Tout le disque à cette odeur spéciale. L'odeur qui fait fermer les yeux un dimanche soir. L'odeur du vent silencieux.
Si tu ne fermes pas les yeux en écoutant ce disque ça ne marche pas de la même manière. Ils auraient dû le marquer sur la pochette. Fermer les yeux pour voir le vent du silence. Celui qui fait bouger les hautes herbes là-bas, ailleurs.
jeudi, janvier 10, 2008
304 Bruit de fond : Kevin Coyne : Fun Flesh (Album : Pøliticz 1982)



A peine arrivé Coltrane m'emmène comme hier dans des régions stellaires. J'écoute les bouillonnements de lave des notes sortant de son sax en éjaculations lumineuses. Avec le piano en pluie d'étoiles. Je tisse l'écran de la voûte céleste entre mes yeux et le monde extérieur.
Dans la voiture ce matin, j'avais encore un peu au coin des lèvres le goût du lait sucré des céréales avalées avant de partir.
Toute la matinée j'entendais au travers de la fenêtre donnant sur le boulevard, le chuintement des pneus sur l'asphalte mouillée. Penser un jour à décrire la journée uniquement avec les petits bruits ambiants. Lister aussi, heure par heure, les disques écoutés. Ou jour après jour, les disques achetés.
Je laisse des traces comme on tire un trait à la craie blanche le long des murs en marchant, comme pour indiquer le chemin à suivre. Avec comme bruit de fond le crissement de la craie sur le mur.


NOTA : On peut écouter un Coltrane stellaire avec la playlist de la semaine sur Killing Me Softly (avec un inédit en prime...)
mardi, janvier 08, 2008
303 Sonic dream : Sonic Youth : Cotton Crown (Album : Sister 1987)



Gris, c'est la période qui veut ça encore. J'ai posé mes deux lundis à venir. Je pensais hier soir que c'était probablement la bonne saison pour traîner dans les cimetières et essayer d'en garder deux ou trois photos. Il faut rester modeste. Deux ou trois ça serait déjà bien. Même une. En noir et blanc. Je rêve noir et blanc. Dans celui de la nuit dernière, les pylônes haute-tension s'écroulaient tous un à un sans bruit, comme les pièces d'un domino géant.

J'écoutais Sister (lire la chronique ridicule de Kaganski dans le n°8 des Inrocks, qui lui préfère le dernier REM...) dans la voiture. A se demander pourquoi la boulimie discophile pour finir par toujours écouter les mêmes. Je me demande d'ailleurs si au fil du temps ce n'est pas mon Sonic Youth préféré. Peut être aussi parce que c'est le premier que j'ai acheté. Cotton Crown était parfait ce midi pour glisser mollement entre les rues grises et froides, I'm wasted in time and I'm looking everywhere. Je colle un peu ces musiques sur les murs du quotidien comme une pellicule isolante pour masquer cet ennui qui suinte.

NOTA : En bonus une reprise de Sonic Youth sur Killing Me Softly (du même album d'ailleurs)
dimanche, janvier 06, 2008
302 Time again : The Raincoats : Shouting Out Loud (Album : Odyshape 1981)



Depuis combien de temps je n'ai pas écouté un disque en ne faisant RIEN D'AUTRE en même temps? Quand j'étais ado je passais des heures ainsi à écouter des disques en déchiffrant la pochette, en lisant les paroles... A un tel point que je me souviens encore par coeur des paroles des premiers disques que j'écoutais ainsi. C'est à peine maintenant si je jette un oeil distrait sur le livret du vinyle la première fois que je l'écoute. Les CD's n'en parlons pas il me faut mes lunettes pour lire les notes de pochette et les paroles, ce qui fait que je les lis rarement, sauf si la police de caractère n'est pas trop petite ou si je l'es écoute dans la chambre puisque j'ai alors mes lorgnons à portée de main.
J'ai l'impression de ne plus prendre le temps d'écouter attentivement la musique. Trop de disques à écouter, pas assez de temps. Je passe trop vite de l'un à l'autre. La plupart du temps j'ai un livre entre les mains en même temps, ou je suis sur l'ordinateur mais l'attention n'est pas la même. Même si mon cerveau après toutes ces années est habitué à écouter de la musique en faisant une autre tâche.

Lorsque je prenais le train, l'ipod rivé sur les oreilles, je fermais souvent les yeux, juste à rêvasser en écoutant les chansons, j'en redécouvrais ainsi certains détails passé inaperçus. Peut être devrais-je de temps en temps écouter les disques au casque à la maison, pour m'immerger un peu plus, pour être relié un peu plus à la musique. Du moins pour les disques qui le méritent. Il y a sûrement trop de nouveaux disques à écouter également. Combien de temps passé à écouter ces nouveautés qui en valent rarement la peine.

Comme si, dans cette boulimie auditive, il y avait une sorte de quête, forcément vaine, du disque ultime ou, pour le moins, de sensations devenues trop rares.
Surtout quand il reste encore tant de choses à découvrir à coté desquelles je suis passé. Comme ce disque merveilleux des Raincoats sorti en 1981 (ah le violon à la fin de cette chanson...) et découvert récemment suite à la lecture de Rip it up and start again.
Tout cela est comme toujours une histoire de temps...
jeudi, janvier 03, 2008
301 Journal : Devendra Banhart : Inaniel (Album : Cripple Crow 2005)



"Le dernier jour fut gris et rose, d'un gris d'ombre plate, d'un rose chancreux. L'année, minime fragment temporel, est maintenant éparpillée en un mouvement centrifuge d'étoile, en un motif qui ne peut être saisi que par la force de sa propre dispersion. C'est en brèves touches enlevées sur leur lancée, projetées en un éclatement dynamique infini, qu'il faudrait peindre. Le tableau correspondra bien moins à une symphonie qu'à une suite - suite anecdotique sinon même accidentelle - dont les éléments mélodiques seraient eux-mêmes soumis à des variations.
[...] 1er janvier. Chaque jour est un arbre qui tombe. Comme si une voix m'avait éveillée par ces mots."


Gabrielle Wittkop : Chaque jour est un arbre qui tombe

J'ai acheté ce livre de Gabrielle Wittkop aujourd'hui. Juste pour son titre et l'incipit. Chaque jour est un arbre qui tombe... c'est une belle définition du temps qui passe...
J'ai acheté ce livre et aussi la B.O d'I'm not there (un quadruple vinyle pour 18,90€, les tarifs des disques m'étonneront toujours...), et la réédition du premier album de Cluster. Et puis on a remonté le boulevard et tout le monde dans la rue semblait un peu absent, un peu vide, comme gommé sous ce jour grisâtre.

Depuis deux jours je redécouvre ce disque de Devendra Banhart (et sa pochette "Sergent Pepperienne"). Même s'il est parfois inégal, il vaut bien mieux que l'oubli dans lequel je l'avais confiné à sa sortie après deux écoutes. Je l'ai ressorti (et cherché avant...) parce que je voulais faire écouter une des chansons à ma fille qui a d'ailleurs tout de suite reconnu "la pub de la voiture avec l'éléphant" (i feel just like a child). Peut être qu'il devait juste mûrir un peu ce disque. Ou bien simplement parce que certaines chansons ont le goût de la poussière chaude soulevée par le vent...

NOTA : De la musique de 2007 (et pour batterie jaune (entre autre)) sur Killing me Softly.
mardi, janvier 01, 2008
300 Et puis : Tom Waits : Soldier's thing (Album : Swordfishtrombones 1983)



Et puis le calme va revenir. Doucement.
Et puis comme tous les ans je vais me dire que cette fois je prendrai du temps pour me mettre devant le piano un peu tous les jours pour enfin essayer d'en sortir quelque chose et puis... les gens comme moi se dintinguent plus par ce qu'ils ne font pas que l'inverse...
Et puis tous les faux prétextes. Les excuses. Pour ne pas. Ceci ou cela.
Et puis il y a trop de paroles pour rien, du vide déversé à longueur de journée, du bruit parasite qui couvre la musique.
Et puis ce soir j'ai mis deux fois de suite les 32 minutes de He loved him madly de Miles Davis parce que c'est encore plus beau que du silence.