vendredi, août 31, 2007
242 So what : Young Marble Giants : Music for evenings (Album : Colossal Youth 1980)



Cette fois ci c'est vraiment la fin des vacances. Je ne suis pas certain d'aimer ça. Septembre, en attendant la suite.
Hilly Kristal est mort (le mois d'août comme disait ma grand-mère).
Pourquoi faudrait-il que j'ai quelque chose à dire pour mettre une chanson?
mardi, août 28, 2007
241 Des histoires : Mendelson : Scanner (Album : Personne ne le fera pour nous 2007)



Additif du 30/08/07 : Le titre est de nouveau en écoute avec la bénédiction du groupe mais vous ne pouvez pas le charger. A la place, aller acheter l'album ici.


Je ne sais pas toi ce que ça te fait, mais moi, parfois, les chansons de Mendelson, ça me rappelle des histoires, des histoires de vacances d'il y a longtemps, avec mes parents, des histoires de gens, à la campagne, parce qu'on plantait la tente comme ça dans des champs, ils faisaient ça mes parents et moi j'aimais pas trop mais voilà, à quoi, 9, 10 ou 11 ans, ton avis on s'en fiche. Ou du moins avant, les parents, ils s'en fichaient de ton avis. Alors on campait comme ça et ma mère faisait la cuisine sur un réchaud à gaz.
On campait derrière une maison tout le temps. Un grand oncle ou un cousin de cousin de mon père, en Haute-Savoie. On campait comme ça, et il y avait toujours un moment où on allait chez des gens qu'on ne connaissait pas mais où le cousin du cousin nous amenait avec lui. Des fermes avec un toujours merdier hallucinant dans la cour plein de ferrailles rouillées, des vielles machines agricoles. Ou alors ils avaient des maisons qui n'étaient pas terminées. On voyait les parpaings, s'il pleuvait il fallait patauger dans la boue pour arriver à la porte. On allait chez ces gens là, je ne savais jamais quoi dire. Je n'aimais pas y aller.

A l'intérieur, les parents, ils parlaient, pas les miens, les autres surtout, ceux de la campagne. Ils passaient en revue toutes les familles du village ou quelque chose comme ça. Parfois, dans les fermes, il y avait des enfants de mon âge mais ils me faisaient un peu peur, ces garçons de la campagne, bien plus délurés que moi, les filles elles me parlaient parfois mais moi je ne savais pas quoi leur dire. Alors je ne restais pas dans la cour, avec les enfants. Je rentrais retrouver mes parents. Et j'écoutais ce que racontaient les autres.
Des histoires de gens qui se déchiraient pour des sommes ridicules, ou pour n'importe quoi, des qui ne se parlaient plus depuis des années. Souvent des histoires de fâcheries. Je me disais, peut être juste qu'en ville, ces choses là elles se taisent, alors qu'à la campagne, les gens, ils sont toujours dehors alors tout le monde voit ce qui se passe. Il y avait souvent un vieux célibataire. Un vieux garçon que tout le monde chambrait. Alors le François quand est-ce que tu te maries. Et moi je voyais bien, le François, il était aussi gêné que moi, quand les filles, elles me parlaient. Il marmonnait un truc le François dans son verre de vin ou de Ricard comme quoi fallait pas s'inquiéter pour lui, et le laisser tranquille surtout, le laisser tranquille.

Une année on a campé derrière la maison du Louis, c'était le frère de mon grand-père. Un vieux garçon. Je ne l'ai jamais vu qu'avec ses bottes en caoutchouc noir et son short qui avait dû être beige à l'origine. Quand il enlevait ses bottes, on voyait une marque noire sur ses mollets, je m'en souviens. Il vivait comme ça tout seul dans sa ferme et on avait campé derrière chez lui, derrière cette ferme pouilleuse, perchée à mi-colline, en plein champs entre deux villages. Il n'y avait pas de toilettes dans sa ferme, pas de salle de bains, pas d'eau chaude.
Un jour, il était parti dans les champs, je traînais comme ça, je suis rentré chez lui, dans sa ferme. Il y avait un tel merdier là dedans ça ne pouvait que m'attirer. Je suis monté à l'étage, c'était une sorte de grenier, il y avait une drôle d'odeur et un peu de foin par terre, sur le plancher, éparpillé comme ça. Et des grosses merdes. Le Louis, il devait venir chier parfois dans son grenier, l'hiver peut être je ne sais pas, ou les jours où il était trop bourré pour aller jusqu'à l'étable je n'ai jamais su. Mais il ne nettoyait pas, il laissait les merdes sécher comme ça, sur le plancher avec un peu de paille. Je suis redescendu vite fait. J'ai rien dit. En bas, dans la pièce principale qui faisait cuisine, il y avait une poule qui traînait là. C'était un foutoir, un foutoir...

Les chansons de Mendelson, parfois, elles me font penser à ça, à l'année de ces vacances, derrière chez le Louis. Ou d'autres, dans des champs derrière d'autres maisons, il y a presque quarante ans, presque quarante ans.

En 1987 ou 1988, j'ai reçu une lettre d'un notaire, m'expliquant que suite au décès de Louis D. je pouvais faire valoir ma part dans l'héritage puisque mon grand-père et mon père étaient morts. L'héritage était à partager entre sa soeur, un autre frère, Pétrus, le renégat de la famille parce que plusieurs fois divorcé et avec une sale réputation, et moi. L'héritage, c'était la ferme et trois champs pelés. J'ai repensé au grenier, avec les étrons du Louis sur le plancher. J'ai écrit au notaire, j'ai refusé l'héritage, j'ai laissé les deux autres se déchirer un peu plus pour trois fois rien. J'ai repensé au grenier, c'était pas possible.


Nota : On est dans un monde tellement mal fait, que l'album de Mendelson, le nouveau, n'est disponible que sur leur site (Personne ne le fera pour nous, c'est pour ça), mais à 18 euros c'est donné, surtout pour un double album. Moi je serais toi, mais je ne suis pas toi, je le commanderai tout de suite. Même si les deux trois chansons en début du premier disque ne sont pas mes préférées, les autres, les autres, elles me font penser à des histoires, à des gens. Et puis tu en connais toi, des groupes français, comme ça, avec cette musique, ces guitares, ces histoires?
dimanche, août 26, 2007
240 Petra vs Who : Petra Haden : Armenia city in the sky (Album : Petra Haden sings The Who sell out 2005)

Petra Haden :    The Who : 



Il n'a pas eu de chance Roger Daltrey ce jour de 1967. Il est arrivé en retard à la séance photo de la pochette. Cette pochette où ils parodient des pubs comme il le font entre les chansons sur le disque. Il est arrivé en retard Roger, et ses petits copains lui avaient laissé la baignoire pleine de haricots Heinz à la tomate. Il n'a pas eu le choix, il a dû se glisser dans les les litres de haricots froids.
Du coup, Petra a été obligée de faire pareil. Se plonger dans les haricots, mais peut les a t'elle fait réchauffer avant, contrairement à Roger. Le plus surprenant n'est pas la pochette mais le disque lui-même, puisque Petra l'a enregistré quasiment note pour note en faisant les instruments uniquement à sa voix (très belle d'ailleurs), même parfois jusqu'aux roulements sauvages de la batterie de Keith Moon. Le résultat est surprenant, même si ce disque sympathique reste néanmoins anecdotique. J'ai mis la version originale pour la comparaison. The Who sell out est peut être le vrai chef d'oeuvre de Pete Townshend, c'est sûrement pour cela que Petra Haden a souhaité le reprendre intégralement. La demoiselle a du goût c'est certain.
jeudi, août 23, 2007
239 Rain in vain : Esbjörn Svensson Trio : Believe, belief, below (vocal) (Album : Seven days of falling 2003)



On a écouté ce disque pendant les vacances. Plusieurs fois. Le soir. Tranquillement.
Je l'écoutais encore samedi soir en rentrant de Londres, dans le train. Il pleuvait, le TGV a accéléré à la sortie de l'agglomération londonienne et le front collé à la vitre, je voyais défiler rapidement les arbres et les haies longeant la voie, avec parfois, quelques images fugaces de campagne anglaise ou de campus de lycées avec de grandes pelouses. Les images défilaient, comme un film en accéléré et formaient un clip parfait pour les notes du piano d'Elevation of love tombant comme les gouttes d'eau. D'un seul coup, la musique a ralenti et dans un synchronisme parfait, les haies se sont effacées et la campagne s'est ouverte au même moment. Un instant magique.
Il pleuvait toujours cet après-midi, comme hier, avant-hier... je trouve que cette chanson est bien pour regarder la pluie...


Nota : C'est Josh Haden qui chante sur la reprise de Believe, belief, below qu'on trouve en bonus en fin de disque, l'ancien leader de Spain et fils de Charlie Haden, bassiste entre autres d'Ornette Coleman sur Free jazz et Shape of jazz to come, l'homme derrière le Liberation music orchestra. Un grand musicien. Un grand bonhomme tout court. Dans la famille Haden il y aussi Petra, la soeur de Josh qui a (entre autres) enregistré l'intégralité de The Who Sell out uniquement avec sa voix reproduisant TOUS les instruments, même les faux jingles de pub caviardant les chansons du disque original. (je vous en ferai écouter un morceau demain... ou après-demain)
mardi, août 21, 2007
238 Out d'août : Nina Nastasia & Jim White : The Day I Would Bury You (Album : You follow me 2007)



Ma grand-mère maternelle haïssait le mois d'août. Elle n'attendait qu'une chose : qu'il se termine. Comme si elle retenait son souffle durant 31 jours. Le premier septembre elle respirait à nouveau. Elle haïssait le mois d'août parce que pour elle les gens mourraient plus en août. Il faut dire que dans la famille il y avait eu malheureusement quelques cas pour conforter ses convictions.
Si Bergman et Antonioni ont facétieusement (sic) pris un peu d'avance, Max Roach, Lee Hazlewood et d'autres encore n'auront pas passé le mois d'août, vérifiant la théorie de ma grand-mère qu'en août les gens meurent. Comme Elvis il y a trente ans et ça ne m'avait fait ni chaud ni froid.
Cette année là j'avais passé mon mois d'août trier du courrier dans le sous-sol d'une grande compagnie d'assurance. Il y avait d'autres types avec moi, plus âgés, ils m'avaient dit merde Elvis est mort. Et moi j'avais dit ouais, ouais, bon et puis quoi? Parce qu'Elvis ça ne me disait pas plus que ça. Je ne sais plus ce que j'écoutais en août 1977. Mais pas Elvis.

D'Antonioni il me reste Blow-up, et cette scène vers la fin, mythique à mes yeux, où l'on voyait les Yardbirds sur scène, avec Jeff Beck ET Jimmy Page jouant Train' kept a rollin' (enfin une version légèrement modifiée au niveau des paroles) où Jeff Beck massacrait sa guitare.
Il y a des gens quand ils s'en vont, ils emmènent un bout de leur époque avec eux...
Il y a ce disque de Max Roach aussi, avec inscrit en gros sur la pochette WE INSIST !, ce disque militant, ce manifeste musical et politique.
Des noirs et blancs silencieux et crépusculaires de Bergman au ciné club tard dans la nuit. Des chansons sucrées de Lee, sur le vin de l'été, sur des bottes faites pour marcher, d'autres encore, et des sous-pulls seventies terrifiants.
Des images, il reste toujours des images, qu'on finit par classer dans le grand livre des souvenirs.

Ma grand-mère n'aimait pas le mois d'août. Les gens meurent en août disait elle. Ca fait déjà bien longtemps qu'elle est morte. Au printemps...


Nota : L'album de Nina Nastasia et Jim White (batteur de Dirty Three, Will Oldham...), avec la saveur particulière d'un duo guitare/batterie, mérite qu'on s'y arrête. Il y a une autre chanson sur le myspace de Nina Nastasia.
dimanche, août 19, 2007
237 Fuck #29 : Thalia Zedek : Treacherous Thing (Album : Been here and gone 2001)



Je suis un crétin. Je suis un crétin. Je suis un crétin. Je suis un crétin. Je suis un crétin. Je suis un crétin. Je suis un crétin. Je suis un crétin. Je suis un crétin. Je suis un crétin. Je suis un crétin. Je suis un crétin. Je suis un crétin. Je suis un crétin. Je suis un crétin. Je suis un crétin. Je suis un crétin...
Aller à Londres spécialement pour voir l'exposition d'Anthony Gormley sans prendre de place sur internet avant, c'était crétin. Con même. Parce que l'expo elle était sold out samedi (pareil pour le lendemain d'ailleurs). Pas moyen d'avoir un billet même en suppliant les jeunes filles chargées de l'accueil. Au moins cela me servira de leçon pour une prochaine fois.
Alors de Gormley je n'aurais vu que ces corps disséminés un peu partout sur les toits aux alentours. Ces corps à son effigie d'ailleurs. Comme des vigies postées pour garder les lieux.

Les vacances sont finies. Il fait un temps de merde ici. Il n'y a plus de lumière. Et je reprends le boulot demain.
Fuckin' life...
mardi, août 14, 2007
Carte postale #5 :

C'est la lumière.
La lumière du golfe.
Rien que pour elle, ça vaut le déplacement.
Le soir surtout.
Au soleil couchant.
Une lumière d'une sérénité incroyable.
Ou bien est-ce le paysage.
Ou les deux.
On s'arrête là comme ça, au bout d'un champ, d'un chemin, d'une route, peu importe, et puis la lumière déroule son tapis sur l'eau du golfe.
Le vent promène les nuages, et le soleil descend lentement.
Et toutes les particules à l'intérieur ralentissent leur course folle.
Tout devient lent et posé, comme la lumière rasante sur les eaux paisibles.

(et il faut cliquer sur la photo)
samedi, août 11, 2007
Carte postale #4 :


mardi, août 07, 2007
Carte postale #3 :

L'épingle noire n'était qu'une coïncidence. J'aurais préféré une belle histoire. Il m'a néanmoins raconté celle de ce bateau qui a déchiré 5Om de sa coque sur les rochers de Moroni justement; la fermeture du canal de Suez en 1967 après la guerre des six jours, obligeant à faire le tour par le cap de bonne espérance pour aborder les côtes orientales de l'Afrique. Des voyages de plus de 11 000 miles m'a-t-il dit, son haleine sentait un peu le vin du repas de midi. Des histoires il en avait certainement des tonnes.

Et puis on est parti vers la lumière du golfe, toujours aussi belle. La maison louée est ancienne, avec ses murs en vieilles pierres comme il y a partout ici mais complètement rénovée. Les propriétaires doivent être anglais ou du moins un des deux sans que je sache encore si c'est elle ou lui mais je pencherai pour elle en raison des mugs Princess Diana (ceux du mariage, ceux commémorant sa mort...) en grande quantité (il y en a au moins une dizaine) dans le tiroir du haut de la commode ancienne repeinte en blanc de la salle à manger.
C'est toujours marrant d'occuper ainsi une maison qui n'est pas la sienne, on y découvre des petits secrets. Dans les toilettes à l'étage, il y a un exemplaire de Texaco de Patrick Chamoiseau dont les premières pages sont pleines d'annotations, de mots soulignés, comme si le lecteur avait buté sur le sens de certains mots et les avait mis en évidence pour en chercher le sens ensuite. Je me suis dit que je devrais faire ainsi lorsque je lis un livre en Anglais et que le sens de certains mots m'échappe, afin de ne pas couper la lecture par une recherche systématique dans le dictionnaire.

Il y a également un petit carnet à spirale remplis de citations et un agenda de 2004 aux pages noircies de rendez-vous. Je crois que je vais m'intéresser au petit carnet de citations. Peut être en apprend t'on ainsi beaucoup sur la personne qui les a consciencieusement recopiées.
jeudi, août 02, 2007
Carte postale #2

< mode vieux con : on >
Probablement que je déteste la plage en août par marée haute. La plage s'en trouve réduite mais pas la promiscuité. Je crois que le défaut principal de la plage, en dehors des gens (je remercie spécialement le vieux con venu s'installer à 1,5m de moi qui m'a consciencieusement enfumé avec sa pipe et son amsterdamer hier), c'est le sable. La plage c'est bien quand il fait un peu couvert pour marcher tranquillement. J'aime la mer. Pas la plage lorsqu'il s'agit de s'allonger dessus.
Je pensais à ça en écoutant Kevin Coyne fort au casque hier sur la plage justement. Ecouter Are we dreaming en regardant tous ces gens s'agiter est une expérience surréaliste. Ca aurait fait un beau clip pour cette chanson. Ces gens s'avançant lentement dans l'eau, les vagues rendus silencieuses par l'isolement des écouteurs, les enfants qui couraient sans bruit. Kevin Coyne, et la fin exemplaire de Dynamite daze. J'imaginais le regretté Kevin chantant au milieu de ces gens. Peut être un bon moyen pour faire de la place autour.
< mode vieux con : off>