vendredi, juin 29, 2007
223 Matinée musicale :
The Velvet Underground : I heard her call my name (Album : White light - white heat 1968)
Ornette Coleman : Eventually (Album : The shape of jazz to come 1959)

    

C'est peut être pour oublier le concert atroce de Lou Reed rejouant Berlin de samedi dernier, mais depuis lundi je me couche et me réveille avec les Quine Tapes. Les disques que j'amène dans la chambre ont parfois tendance à y rester plusieurs soirs/matins parce que j'oublie de les changer lorsque je vais me coucher. Mais là, je ne me lasse pas des enregistrements achetés une poignées d'euros il y a quelques mois et à peine écouté en raison d'un surbooking de la platine.
J'écoutais hier soir le 2ème disque où il y a une version apocalyptique de Sister Ray de 38mn même si elle n'égale pas la rage dont font preuve Reed et Cale sur la version studio, chacun voulant jouer plus fort que l'autre. D'ailleurs lors de l'enregistrement de ce morceau, l'ingénieur du son avait fini par s'en aller, désertant la console ("too much noise").
Ce matin, par une coïncidence réjouissante, je lis cette belle interview d'Ornette Coleman dans The Guardian. Avez vous besoin de connaître une note pour avoir une idée? Devez vous réfléchir avant de faire une erreur? L'influence de la musique d'Ornette Coleman sur la 2ème face de White light - White heat est plus qu'évidente (He is Lou Reed's hero), dans cette violence débridée et électrique. Alors comme c'est RTT aujourd'hui, j'en profite pour mettre Free Jazz enchaîné à I heard her call my name et Sister Ray (*).

Dehors l'été semble avoir définitivement déserté le ciel. Je repense aux mots d'Ornette, à ces idées qui me font défaut... If you don't have ideas, what are you gonna do? The idea is the most universal, it doesn't have any age, it doesn't have any rules or superiors. An idea is an idea, whether it's good or bad. The style cannot compete with the idea.

(*) Note prétentieuse : Comme tout le monde n'est peut être pas non plus censé connaître ce chef d'oeuvre du rock'n roll (mais vous avez tort), I heard her call my name et Sister Ray sont les deux chansons de la 2ème face de White light-white heat (sur la 1ère face on y trouve entre autre The Gift dont j'avais parlé il y a quelques jours).


Addenda : Je trouve sublimement beau le morceau 138 sur Killing Me Softly (jusqu'à dimanche soir). Il ne reste plus qu'un mois de Killing Me Softly, j'arrêterai avec mon départ en vacances et je ne rouvrirai pas la page à la rentrée. Je vais essayer de mettre des choses un peu différentes durant ce prochain mois (ou pas)(va savoir).
mercredi, juin 27, 2007
222 Réflexions : Deerhoof : Desapareceré (Album : Milkman 2004)



Je me disais que je n'écrivais plus le soir.
Les mots, phrases, idées, tout ce qu'on veut, me viennent plutôt le matin. Sous la douche, dans la salle de bains. Mais il me faut attendre d'être arrivé au bureau pour essayer de transcrire ça comme je le fais là tout de suite.
Mais c'est comme si je transportais des pétales de roses sur un plateau un jour de grand vent. Le temps que j'arrive, que je puisse me mettre derrière l'écran sans être dérangé il ne reste plus grand chose. J'ai bien vu hier matin, où j'ai débuté un texte sur des souvenirs d'enfance, pour amener quelques mots sur Mémoire de ma mémoire. Mais entre ce qui me venait devant la glace de ma salle de bains en me rasant, et les phrases essoufflées, laborieusement tracées dans word une heure ou deux plus tard, il y avait trop de parfums évaporés. J'ai laissé ce court texte en friche.
Le soir, il y a en ce moment une fatigue un peu trop récurrente aussi, qui nous fait plonger assez tôt. Le fait que l'été ressemble plus à l'automne sûrement. C'est généralement une période où l'on a envie de traîner tard dans les rues, de s'attarder aux terrasses. La pluie, le vent en décident autrement cette année.

Je pensais à ça hier soir, à l'écriture, avant de m'endormir et les mots qui me venaient étaient bien plus limpides que ces quelques lignes sans saveur.
J'essaye depuis quelques jours de faire un peu plus de photos. D'essayer de capter des fragments de quotidien. Histoire de poser des bribes de mémoire future. Des détails flous. Pour un nouvel espace d'expression. J'avais déjà fait ça en 2003/2004. L'envie de revenir aux images. Mais pas seulement, je ne sais pas trop encore. Mais des images oui. Tout est ça est encore bien flou dans mon esprit. Je surfe juste sur l'envie en espérant que les vagues ne s'arrêtent pas tout de suite. Le courage et le temps feront le reste. Ou plutôt le manque de. Il faudrait aussi que je mette ensemble tous les fragments d'autoportraits que j'avais réalisés en 2003 pour en garder la trace. En faire une sorte de mosaïque...
Peut être que je devrais faire le point sur ce que j'ai envie de dire, me focaliser sur le fond, au lieu de me lancer sur la forme en premier. Et puis finir ce texte sur ma mémoire Arménienne. Quand même.
lundi, juin 25, 2007
221 Rewind : Tom Waits : It's over (Album : Orphans 2006)



Une journée en ligne de fuite sûrement. Comme une chanson lente de Tom Waits. Et puis le vent qui n'a pas arrêté de souffler aujourd'hui.
Je regardais les feuilles, les branches, bouger dans le vent en silence derrière la vitre. Les images en rafale comme des bouffées émotionnelles trop chaudes, trop fortes, qui laissent un sentiment d'oppression. En dérapage dans les virages sur les graviers de la voix de Tom Waits. Et la contrebasse en ceinture de sécurité.
Les feuilles, les branches, je ne voyais que ça de la fenêtre de mon bureau, tout ailleurs que j'étais, même si l'ailleurs ça n'est jamais loin.
Le piano comme une carriole bringuebalante. Et la voix qui traîne comme une feignante.
Et ça dansait dehors, ça dansait dans tous les sens.
Je voyais tout au ralenti. Au rythme des balais sur la caisse claire.
On regarderait ça longtemps, ces danses silencieuses. Comme fasciné.
Je m'endormais un peu au bureau, la tête dans les feuilles sans sentir le vent, avec la voix de Tom qui me raclait l'intérieur en expectorations étouffées.
vendredi, juin 22, 2007
220 Fuzzy : Van Morrison : Beside you (Album : Astral weeks 1968)



Voilà il pleut à nouveau. Je traîne à la maison. Je ne saurais jamais pourquoi j'ai choisi ce disque dans la pile ce matin mais c'était le bon pour aller avec le thé et le ciel dehors. C'est pour cela que je n'aime pas classer les disques. Je veux pouvoir fouiller dans les piles et en sortir un auquel je n'aurais pas pensé spontanément.
C'était l'autre soir, mercredi. Il était quoi, pas encore 23h. J'allais me coucher mais arrivé dans la salle de bains je me suis rendu compte que j'avais oublié le sac avec mes affaires dans la voiture. Je suis sorti pour aller le chercher mais arrivé dehors il y avait ce ciel étrange. Je suis retourné prendre l'appareil. Je suis resté un peu comme ça dehors, à regarder ce ciel d'apocalypse. J'ai décalé la mise au point. Je voulais du flou. Comme dans un rêve.
Il a plu.
Il pleut.
Je veux de l'abstraction.
mercredi, juin 20, 2007
219 Mardi matin : Hood : Western Housing Concerns (Album : The Cycle Of Days And Seasons 1999)



Quand j'ai vu la couleur du ciel j'ai pris un disque de Hood. Derrière le pare brise je voyais ces nappes nuageuses avançant mollement au même rythme que je glissais dans les rues grises. Au carrefour, je regardais les roses fanées dans les plates bandes. Peut être qu'il faisait frais je n'en sais rien, parfois je ne sens plus rien. Je voyais des grilles, des barreaux, aux portes, aux fenêtres, ressemblant aux lamelles du store de mon bureau. J'ai pris Hood. A cause du ciel. Quelques gouttes de pluie sont venues s'écraser sur les vitres mais je les sentais sur ma peau.
J'ai mis Hood et c'était un peu comme si les rues étaient abandonnées, désertées. Comme si les gens n'existaient plus ou se fondaient dans le gris l'ennui et le béton. A moins qu'ils n'aient disparu, comme les roses fanées du carrefour où je tourne à droite. Je les regardais les roses, en attendant la flèche clignotante orange, celle qui permet de tourner sans attendre le feu vert.

Les autres roses étaient oranges et roses. Mais sales. Des couleurs sales, comme voilées par le gris des nuages. Les feux aussi étaient sales, poussiéreux.
Vers le port c'est le pire endroit, après avoir tourné au carrefour avec le feu à la flèche orange clignotante. Le port, un de ces ports improbables, situés en pleine ville à des centaines de kilomètres de la mer, à gauche de la route il y a ces tas de ferrailles rouillées et ces bâtiments délabrés qui semblent quand même abriter des bureaux, des gens je ne sais même pas s'il faut dire être humain j'ai du mal à les imaginer mais sûrement bien sûr. Parfois je me dis qu'ils doivent être aussi poussiéreux que les vitres, ou ternes, comme les déchets métalliques en tas informe à coté.

J'ai mis Hood et le ciel n'a changé en rien. Je me suis perdu dans mes pensées et je suis presque arrivé. Au virage, quand on débouche sur les barres HLM, le gris du ciel faisait des vagues mais je n'avais pas mon appareil, c'est dommage je l'avais enlevé la veille du sac à dos quel idiot.
J'écoutais toujours Hood. Je voulais prendre les roses fanées, en noir et blanc. Je voulais prendre les voitures. Je voulais prendre le ciel. Celui qui m'a fait écouter Hood.
Et puis il a plu.
mardi, juin 19, 2007
JE CHANTE LE ROCK ELECTRIQUE (et acoustique aussi)

Sauf que ça risque de ne pas durer...
Comme d'autres j'ai reçu ce mail indiquant que la traque aux fichiers musicaux est lancée :

Madame, Monsieur,

Nous avons été saisis d'une plainte de la Société Civile des Producteurs Phonographiques ayant identifié votre compte "sarah.kill" comme support permettant la diffusion de fichiers musicaux protégés de droits.

Tel que:
http://sarah.kill.free.fr/radio.blog/sounds/197%20Pink%20Floyd%20-%20Summer%20'68.rbs

Nous vous accordons un délai de 10 jours afin de supprimer de votre espace d'hébergement tout contenu illicite.


(Déjà ça m'apprendra à mettre du Pinque Fluid)(je ne pensais pas qu'on en arriverait là si vite)

N'ayant pas envie de cesser de me fourvoyer dans l'illégalité en diffusant de la musique, ni envie de me battre sans espoir (free c'est gratuit, difficile de se plaindre ni même de savoir s'il y a vraiment action d'envergure de la SCPP contre les radios blog), je vais modifier dès demain ma stratégie musicale et rentrer dans la clandestinité pour continuer la résistance.

En attendant ce soir c'est portes ouvertes et je vous conseille de sauvegarder toutes les chansons de la radio (surtout l'été 68 de Pinque Fluid)(vengeance !!!). Il suffit pour cela d'aller ici et de faire clic droit + enregistrer la cible sous pour les chansons que vous souhaitez garder (et de les renommer ensuite en .mp(3) (sans les parenthèses) à la place de .rbs).

Profitez en, je vire tout demain soir et ne remettrai que les dix dernières sous une autre forme (comme il semblerait que les recherches se font sur les noms, je vais dorénavant éviter d'en mettre, sans oublier les tags) et sur un autre compte.

La résistance s'organise (j'ai loupé l'appel du 18 juin de peu).
Je chanterai encore le rock électrique (oui et acoustique aussi)(enfin j'espère).

Kill Me Sarah canal historique.
Viva la libertad !!!

EDIT : J'ai remis les chansons à partir de la 209 ème. On peut toujours les charger (on clique sur la petite flèche à droite sur le lecteur et on renomme en .mpTROA (à la place de .txt)) et vous pouvez mettre le titre vous même. La radio fonctionne mais n'affiche pas les titres mais uniquement le n° de la chanson puisque forcément j'ai viré tout ce qui permettait d'identifier l'artiste et/ou la chanson à partir du nom du fichier (comment ça c'est pas clair?)(de toute manière on s'en fout).
lundi, juin 18, 2007
218 Encore : Syd Barrett : Wined and dined (Album : Opel 1988)



C'est toujours le lundi qu'on se rend compte qu'on a perdu. Le vrai plaisir de l'existence c'est de rester à la maison le lundi matin, d'aller flâner dans les rues, d'aller voir la mer, ou d'aller marcher en forêt, ou de s'asseoir dans son jardin et de gratouiller doucement sa guitare peu importe mais pas de prendre la direction du bureau. Avoir le privilège de prendre son temps, d'ouvrir les yeux, de regarder, d'écouter. Tous les lundis matins je me souviens que rentier est un des plus beaux métiers du monde. Sauf que ce n'est pas le mien.
Depuis quelques jours j'ai réalisé un rêve de gosse : jouer Won't get fooled again à la guitare. Je rêvais de ça à 15 ans. Je ne sais pas pourquoi je n'ai pas pensé plus tôt à la jouer celle là, même mal comme je le fais mais avec un tel plaisir. Je sautais sur mon lit en mimant les moulinets de Townshend dans ma petite chambre. Maintenant c'est plus calme, je m'amuse à jouer ça sur la petite guitare classique un peu écaillée que j'ai acheté d'occasion sur Ebay. Je n'ai pas pris conscience tout de suite que c'était un de mes rêves de gosse ou d'ado plutôt. Je ne me souviens que de ceux là. C'est bien d'en réaliser certains comme ça, presque par hasard, sans y avoir pensé. Et puis ça fait sourire ma chérie de me voir chanter à moitié faux en déambulant dans le salon, avec ma guitare coincée sous le bras. Ca doit donner l'impression d'avoir un doux dingue à la maison. Je n'ai pas dû beaucoup grandir depuis ce temps là finalement.
Je me demande s'il y avait des lundis dans la tête de Syd Barrett...
dimanche, juin 17, 2007
217 Rain forest : Stereolab : High expectation (Album : Switched on 1992)



Finalement la pluie de la promenade en forêt était bien douce, avec ces fragrances agréables et fraîches de terre humide, de végétation. Cet après-midi, la pluie avait en avant goût de vacance par sa saveur. Je regrette de ne pas avoir pris l'appareil pour prendre ces gouttes d'eau en suspension sur une feuille d'un vert tendre et délicat, jetée à terre par le vent. On devrait aller marcher comme cela plus souvent, quitte à s'abriter sous un gros chêne en attendant que la pluie se calme.
Il aurait put être fallu parler de ces résultats électoraux mais il n'y pas grand chose à en dire, la scène politique est vraiment terriblement décevante.
J'ai l'obsession Stéreolabienne depuis déjà quelques jours. L'obsession de leur rock bubblegum Krautrock pop nihiliste et marxiste. Une bouffée d'air frais. Comme cette promenade en forêt.
jeudi, juin 14, 2007
216 Old words : Stereolab : We're not adult orientated (Album : Space age bachelor pad music 1992)



C'est étrange. J'ai reçu hier un mail d'un jeune homme me parlant de mes 14 jours à La Baule. Ce vieux texte, improvisé tous les soirs en juillet 2003, sur mon balcon durant mes vacances à... La Baule. Je l'avais presque oublié. Peut être que j'ai voulu l'oublier. Je l'avais écrit pour oublier d'ailleurs.
Je trouve maintenant ce texte plutôt mauvais, il m'horrifie. Je ne veux même pas le relire (d'ailleurs ne le lisez pas non plus). C'était un besoin, une nécessité. Ce n'est pas la première fois que l'on m'écrit à son sujet. Peut être qu'il parle à certains malgré sa médiocrité. Mais c'est juste une histoire. Les couleurs ne disparaissent pas. C'est juste que parfois, on n'arrive plus à les voir...

Il semble qu'il pleuve tous les soirs à peu près à la même heure. Comme une sorte de rendez-vous. La pluie d'hier était plus belle. Celle de ce soir est plus violente, comme une personne parlant trop fort volontairement pour qu'on la remarque. Là, ça commence même à crier. L'été semble avoir du mal à arriver. Ou il s'est perdu en chemin.
Je vais retourner une semaine à La Baule en juillet. Je crois que je n'écris plus beaucoup. C'est parce que je vois les couleurs...

Je n'écris pas
Je n'écris pas
Non je n'écris pas
Pour perdre mon temps
On n'écris pas
Je perd mon temps


Addenda : Il a encore plu ce soir, à la même heure ou presque. On s'habitue doucement. J'ai mis une merveille exotique sur Killing Me Softly (jusqu'à dimanche)
mercredi, juin 13, 2007
215 Pluie sereine : Modest Mouse : Parting of the Sensory (Album : We Were Dead Before The Ship Even Sank 2007)



On regardait la terre vue du ciel sur google earth toute à l'heure avec ma fille quand le ciel a explosé immédiatement après un gros éclair. Je me souviens toujours dans ces moments des explications que me donnaient mes parents, lorsque j'avais à peu près son âge et que l'on campait en montagne l'été. On allait souvent dans une sorte de petite vallée entre deux petites montagnes où mes parents plantaient la tente dans un champ derrière la maison d'un vague grand oncle ou quelque chose d'équivalent et d'éloigné je n'ai jamais vraiment su. Comme s'il y avait dans cette filiation quelque chose que l'on taisait et surtout aux enfants.
Dans champ, sous cette tente, lorsque les orages éclataient, et les orages de montagne sont toujours plus effrayants, le bruit du tonnerre rebondissait entre les deux les montagnes en s'amplifiant et les éclairs semblaient déchirer l'atmosphère.
Je comptais alors les secondes entre l'éclair et le bruit du tonnerre, comme mes parents me l'avaient expliqué, afin de savoir si l'impact était loin et si l'orage s'éloignait ou non. Je n'étais pas rassuré lorsque je n'avais même plus le temps de compter 2 secondes entre les deux. J'avais expliqué ça à ma fille l'autre jour, lorsqu'il y avait eu de l'orage. Compter le temps entre l'éclair et le bruit.

L'autre soir, on se serait cru en pleine nuit tellement il faisait sombre, comme si le ciel s'écroulait, et tu avais eu de l'eau au dessus de la cheville en sortant de la voiture. Là ce soir, c'était tranquille. Juste un petit orage comme on prend une douche.
La pluie qui a tombé derrière était belle, avec cette petite odeur de poussière mouillée que j'aime tant. C'était une pluie sereine. Ca devient rare je trouve, les pluies sereines. Du moins par ici.
A la campagne, c'est l'herbe qui dégage une odeur particulière après l'orage. Elle me manque parfois cette odeur. Comme si elle faisait partie de souvenirs d'enfance. Comme l'odeur de la tarte aux abricots en train de cuire dans le four...
lundi, juin 11, 2007
214 Monday blue : Public Image Limited : Go back (Album : Flowers of romance 1981)



Left.
Right.

J'ai seulement pris conscience ce matin au bureau que la moquette dans le couloir est bleue, que les portes sont bleues. Trop de bleu moche. Comme à l'assemblée.
Les photos plates et ternes sur les panneaux électoraux hier ne semblaient rien présager de bon. Il n'en restera bientôt que quelques fragments arrachés sur des murs. Résistant difficilement au vent et à la pluie. Combien de personnes durant les cinq années à venir vont ressembler à ces morceaux d'affiches résistant à l'arrachage?
Here every day is a Monday, Monday
Left, right

Il en reste des sentiments rampants et poisseux, qui collent à la peau, à l'âme. Une fatalité moderne.
Les fleurs de romance c'était un beau titre. Je ne sais pas si elles poussent encore. Il semble qu'il y ait plus à peindre dans le passé que dans le futur formaté qu'on nous prépare. On devrait fabriquer du sensible...

Nota : Aussi surprenant que cela puisse paraître, cet album a très fortement influencé Phil C*llins puisqu'il a complètement pompé le son de batterie de ce disque en embauchant l'ingénieur du son de cet album. L'ironie de la chose étant que Nick Launay, l'ingénieur du son en question, s'était lui-même inspiré du son de batterie du même Phil Coll*ns sur le troisième album de Peter Gabriel. Ah ah ah ah. (Ce chef d'oeuvre du post-punk que sont ces fleurs de romance étant, bien entendu, à l'extrême opposé de la soupasse tiède pour Sarkozystes quarantenaires de Philibert C.)
vendredi, juin 08, 2007
213 Waldo's box : Velvet Underground : The gift (Album : White light/White heat 1968)



J'ai dit : Oh !!! On dirait le carton de Waldo. Le carton dans lequel Waldo Jeffers avait été sacrifié sur l'autel des amours à distance...
(Phédia Mazuc : Waldo's box)(et on clique pour voir en grand)


On était à la mi-août et ça faisait deux mois que Waldo n'avait pas revu Marsha. Elle lui manquait terriblement depuis qu'à la fin de l'année scolaire il était rentré chez lui à Locust, en Pensylvanie.
Marsha lui avait bien juré qu'elle lui serait fidèle mais maintenant Waldo commençait à se sentir mal. Il avait des doutes sur la fidélité de Marsha et n'en dormait plus la nuit. Il imaginait Marsha sous les caresses sexuelles de crétins bas du front l'ayant au préalable enivrée pour lui faire renier son serment de fidélité. Toute la journée son esprit était balayé par des pensées et des images où Marsha s'abandonnait sexuellement dans les bras d'un autre. C'en était trop pour Waldo.

Il ne savait pas comment faire pour rejoindre Marsha, il n'avait pas d'argent pour cela. Un après-midi, après avoir tondu la pelouse des Edison, Waldo eu l'idée de s'envoyer par la poste. Oui, voilà, c'était ça la solution pensa Waldo qui se croyait malin. Il ne possédait pas la somme pour prendre le train mais avec ce qu'il avait, il pouvait s'envoyer en recommandé dans un colis postal avant de s'envoyer en l'air avec Marsha.

Waldo était tout excité à l'idée de retrouver Marsha et de la surprise qu'il allait lui faire. Elle l'embrasserait, puis ils iraient peut être au cinéma.
Le vendredi après-midi il alla acheter une grosse boîte en carton très épais, du gros scotch et une agrafeuse. Il appela la poste pour qu'ils viennent prendre le paquet, inscrit FRAGILE en grosses lettres dessus, puis s'enferma à l'intérieur avec un paquet de chips. A 15h, un camion vint emporter vers son destin, le carton avec Waldo à l'intérieur.

Waldo avait certainement quelques raisons de s'inquiéter de la fidélité de Marsha puisque celle-ci repensait à sa soirée de la veille avec Billy, et au fait qu'elle ait finalement cédé à ses avances. Oh tout ce que Billy pourrait apprendre à Waldo pensa t'elle. Elle avait aussi une sérieuse gueule de bois, bon sang je ne devrais pas boire comme ça oh et puis tant pis pensa t'elle. Waldo lui semblait si loin dans sa vie.
Sheila sa meilleure amie arriva chez elle et elle lui raconta sa soirée avec Billy, my god, he was like an octopus, hands all over the place. Peut être qu'il va appeler dit elle en souriant. C'est à ce moment là que le facteur, Mr Jameson sonna à la porte et lui livra le carton avec Waldo à l'intérieur..

Le gros paquet intrigua les deux filles. Qu'est-ce que c'est que ça dit Sheila. Je n'en sais rien répondit Marsha. Regarde qui l'a envoyé. Oh my god it's from Waldo soupira Marsha. Ce connard ! dit Sheila.
Dans son paquet, Waldo était tout excité en entendant les voix étouffées des deux filles et n'était pas conscient du drame qui se préparait. Tu devrais quand même l'ouvrir dit Sheila.

Bon sang y a pas moyen d'ouvrir ce foutu carton dit Marsha. Tu devrais prendre des ciseaux. Mais Marsha ne réussi pas à les trouver. Elle descendit alors à la cave pour regarder dans les outils de son père et revint avec une sorte de grand coupe-coupe. Tiens vas-y essaye dit elle à Sheila, moi je n'en peux plus. Bordel de merde mais y a pas moyen dit Sheila, la lame est trop épaisse.
Dans le carton Waldo attendait d'être enfin délivré. Il était terriblement excité par la situation et sentait le sang battre dans ses veines. Il lui semblait que les filles pouvaient presque entendre les battements sourds de son coeur.
Ah J'ai une idée dit Sheila.
Alors elle se mit à genoux à coté du carton, attrapa le coupe-coupe des deux mains et plongea violemment la lame au travers du carton right through the center of Waldo Jeffers head, which split slightly and caused little rhythmic arcs of red to pulsate gently in the morning sun.
Waldo Jeffers avait bel et bien atteint sa limite...


(Vous me direz que ce crétin de Waldo aurait pu faire du stop plutôt que de s'envoyer par la poste, Certes. Vous me direz que c'est bien fait pour lui, qu'il n'avait qu'à rester chez lui et trouver une autre copine. Certes (again.)(en même temps il n'y aurait pas eu d'histoire et ça serait dommage quand même)(Les plaintes et/ou demandes d'explication sont à adresser Mr Lou Reed)(Vu le caractère irascible de Lou, moi à votre place, je ne m'y risquerai pas)

Cette chanson est la première que j'ai entendue du Vevlvet Underground, en 1977 sur France Inter à l'occasion de la réédition de White light-white heat. Elle reste l'une de mes préférées.
Sur les bonnes éditions CD (comme dans le coffret Peel slowly and see par exemple), les deux canaux droite et gauche sont totalement dissociés et rendent l'écoute au casque plutôt déroutante. Dans le canal de gauche, John Cale raconte l'histoire de Waldo, et dans le canal de droite, le groupe découpe des PLAQUES DE METAL A LA SCIE ELECTRIQUE dans des JAILLISSEMENTS D'ETINCELLES.
(Ceci est un chef d'oeuvre du rock 'n roll. Non. Un chef d'oeuvre tout court)
mercredi, juin 06, 2007
212 Afternoon tea : Akron/Family : Tea (Album : ??? ???)



Tu lisais sur le canapé hier soir. Je ne savais pas trop quoi mettre comme disque. Par hasard et par curiosité, parce que c'était dans le début de la liste alphabétique sur itunes, je mets ce disque d'Akron/Family chargé emprunté (ah ah) il y a plusieurs mois et oublié là. Surprise je découvre probablement le meilleur album de la famille d'Akron et son psyché folk halluciné (ou pas d'ailleurs). Je me dis tiens, celui là je vais me l'acheter. J'aime avoir des disques à la maison. Les regarder. Les toucher. J'ai besoin de matérialiser la musique. Mais voilà. Ce disque est introuvable. Pas de trace dans la discographie du groupe. Nulle part. En dehors de la dernière, on ne trouve pas trace non plus des chansons. Le mystère complet. Peut être s'agit-il d'un de ces cd's vendus exclusivement lors des tournées...

Ca pourrait être un détail mais ça n'en est pas un. J'étais en RTT aujourd'hui avec ma fille et j'ai finalement passé la moitié de l'après-midi au téléphone avec le bureau pour des histoires de validation d'un rapport plein de chiffres ennuyeux auxquels j'ai de plus en plus de mal à donner un sens. J'ai sûrement encore trop de conscience professionnelle ou de ce qui en fait office. Vu le soleil je m'étais dit que l'on irait faire un tour quelque part, je cherchais encore l'endroit quand les appels ont débuté. Je me sens privé de quelque chose mais j'ai la conscience tranquille. La belle affaire. Je me dis que ce n'est qu'une compensation dérisoire au vu des heures que je passe à rêver durant mon temps de travail.
Ma fille a joué à Harry Potter sur l'ordinateur portable, a colorié des dessins sous Photoshop, peut être qu'elle préférait ça à une promenade ennuyeuse finalement. Le bond technologique fait entre mes 8 ans et les siens est plus qu'impressionnant. Il n'était pas question d'ordinateur individuel en 1969, ni de chaînes câblées et encore moins d'internet. Qu'en sera t'il dans trente ans à moins que la terre n'ait explosé d'ici là... J'ai mis Rather ripped en fin d'après-midi, ce disque va bien avec le soleil, avec d'autres petits sentiments souriants effleurant la peau.

En écrivant ces lignes je me dis que j'ai définitivement renoncé à écrire quelque chose d'intelligent ici, si jamais cela a été le cas un jour cela dit. La relecture à posteriori s'avère toujours effrayante. J'ai des histoires à raconter pourtant. Des histoires d'enfance, d'adolescence, à écrire avant qu'il ne soit trop tard. Je pensais à ça l'autre soir en m'endormant contre toi. Le courage manque peut être plus que le temps.

Nota : A toutes fins utiles, je mets la track list du disque mystère d'Akron/Family si jamais ça dit quelque chose à quelqu'un... 1) Sometimes Breezes Exchange Signs; 2)Hesitate; 3) Birth/ Or Bodies; 4) A Breath About Nothing; 5) Tea; 6) Sometimes, We Float; 7) Future Myth. (et la radio est toujours HS)
lundi, juin 04, 2007
211 Play it again : The Fall : Beatle Bones 'N' Smokin' Stones (Album : The complete Peel sessions 2005)



C'était les 40 ans du Sergent Poivre et de son orchestre des coeurs solitaires la semaine dernière.
(ça ne me rajeunit pas)(réédition d'une vieillerie)(faut cliquer)(trop fatigué pour autre chose).
vendredi, juin 01, 2007
210 Morning blue : Eagle*Seagull : Lock and key (Album : Eagle*Seagull 2006)



Je crois que c'est un matin où j'aurais aimé être au bord de la mer avec toi. On se serait assis à une terrasse et on aurait regardé le vol des mouettes. Lorsqu'il n'y a pas grand monde encore. Avec la plage est déserte ou presque. Un vieux avec son chien, une fille qui court. Pas grand chose d'autre. Tôt. Quand il y a dans l'air encore un peu de cette pureté fraîche du matin. Un bleu illuminé, encore un peu pâle. Comme tes yeux.
Le vol des mouettes, c'est un peu comme d'écrire dans le ciel. Parfois on a l'impression qu'elles restent suspendues dans les airs, sur place. Comme si le temps s'arrêtait. Et je suis certain, que quand les mouettes elles semblent figées dans le ciel, le temps, il ne peut pas faire autrement que de s'arrêter un peu. Par respect.
On entendrait le bruit des vagues sûrement. Les cris des mouettes. Tu aurais un peu froid bien sûr. On resterait là à regarder la mer et les oiseaux en buvant notre thé. Un instant avant que je ne sais pas, les gens, les autres, la réalité, ne viennent gâcher tout ça. Parce que la beauté, le silence, ça se voile trop vite. Comme le ciel..

Je pensais à ça, même si le matin on traîne sûrement trop longtemps au lit pour arriver assez tôt mais ce n'est pas grave.
Pendant ce temps là, indifférents, les gens passaient mollement dans le couloir devant mon bureau...

Nota : Petit problème depuis hier (et qui dure...) avec le compte free où je stocke les chansons. Pour la peine, sur Killing Me Softly, une merveille sixties au titre évocateur : Un p'tit coup vite fait pendant qu'il n'est pas là 4'34 électriques.