mercredi, mai 30, 2007
209 Kissing in the rain : Throbbing Gristle : Almost a kiss (Album : Part two - The endless not 2007)



Il faut que j'achète le nouvel album des Throbbing Gristle. Ce vieux Cette vieille briscarde (sic)(ça se dit briscarde ??) de Genesis P-Orridge y est bouleversant par instant, avec son chant brisé et sa voix que de fait on peut qualifier d'androgyne. Il y a la photo sur la pochette, cette montagne aussi. C'est un détail mais en fait non, la photo de la pochette est importante. La musique ça se regarde aussi.

Ma tarte à la rhubarbe était ratée lundi soir et Jeff Buckley est mort depuis 10 ans. Drôle de journée. Il fait froid, on y comprend rien, il va falloir se dépêcher pour profiter du monde de l'air de l'eau avant que la terre ne fonde comme de la confiture d'oignon. Il va falloir qu'on aille un peu la campagne pour ne rien faire, ou bien, si puisqu'on dit faire...

J'ai remis Genesis (P-Orridge)(pas de méprise)(j'étais fan de Gabriel quand j'étais ado)(et de Genesis)(de Yes aussi)(pardonne mais n'oublie pas)(c'était il y a si longtemps) et sa drôle de bobine (ah ah)(*). En même temps sa musique c'est souvent comme de se racler les tibias avec un tesson de bouteille ou quelque chose de ressemblant qu'on préfère même éviter d'imaginer. Mais là, je ne sais pas, l'âge tu crois, cette chanson, c'est comme de chanter a capella nu sous la pluie. Presque un baiser. C'est ça la pluie parfois, presque un baiser. Je vois ça comme ça.

A la suite de mon déménagement, la personne qui a récupéré les tiroirs de mon ancien bureau a déniché un Cd bonus de Sparklehorse dont j'avais même oublié jusqu'à son existence, traînant au fond sous un fatras disparate et improbable. Il devait être avec Vivadixiesubmarinetransmissionplot. Le CD etait probablement dans le tiroir depuis 96 ou 97, il avait dû glisser dans le fond. De toute manière je crois que je perds souvent les cd bonus. La dernière chanson sur ce mini cd (5 chansons en 9'51'')(moins de 2mn de moyenne) est très belle en tout cas.

C'est drôle comme Rabbit snare sur l'album de Throbbing Gristle sonne musicalement comme un parasite intestinal ou alors c'est parce que je viens de lire quelque chose là dessus, parfois tout se mélange. Il doit y avoir erreur, ça ne fait pas de musique un parasite intestinal. Ou alors c'est peut être juste qu'il ne joue pas assez fort pour qu'on l'entende. Dans la foulée j'ai appris comment on dit lavement en anglais à cause d'une chanson de Zappa et il est possible que je me souvienne de cette journée spécifiquement en raison de ce détail.

C'était hier, l'air sentait bon en rentrant du restaurant créole, les jours se mélangent, j'avais griffonné ces mots informes sur le coin de l'ordinateur, mais ce matin en passant sur le pont du RER, j'ai aperçu en contre-bas sur le quai, des grappes humaines qui semblaient comme figées dans l'attente. Dans un film la caméra aurait brusquement quitté la route pour plonger vers le quai.
Sans bruit.
Dans un silence total.
Lentement elle aurait dévisagé ces visages parfois endormis, parfois tristes, très souvent fermés, comme si elle essayait de deviner leur existence. Comme si dans les quelques minutes d'attente sur un quai de RER un matin on pouvait apprécier l'existence d'une centaine de personnes juste en s'attardant quelques secondes sur leur visage.
Est-ce ainsi que les hommes vivent? Dans l'attente silencieuse et résignée. Dans cette chute immobile.
Je me pose souvent la question. Une question en noir et blanc. Des doigts qui effleurent un corps nu. Cette chanson étrange. Presque un baiser.

(*) : Jeu de mots crétin sur le fait qu'une partie des membres de Throbbing Gristle a monté un groupe nommé Coil (bobine en anglais)(oui je sais...).
lundi, mai 28, 2007
208 Plastic bag : Xiu Xiu : Clover (Album : La foret 2005)



On a fini par sortir hier, sous la pluie, pour aller voir ces femmes à la fondation Cartier-Bresson. Plus que les photos, ce sont les témoignages qui bouleversent. Les témoignages de ces femmes, parlant de leur condition, en Inde. Veuves, mères, filles. Dans un pays où il vaut mieux donner naissance à des garçons... Et un contraste terrible entre ces visages dignes, pudiques, et ces vies violemment broyées dans l'indifférence...

En regardant American Beauty hier, j'ai compris ce que j'avais perdu en changeant de bureau et en m'installant au rez-de-chaussée. Je ne verrai plus, les jours de vent, les sacs en plastique voler parfois au-dessus de la douzaine d'étages de la barre HLM situé en face. Il y avait quelque chose de fascinant dans ces vols erratiques et saccadés. Un sentiment de liberté aussi.

J'ai l'impression d'avoir une capacité d'expression limitée, comme si en ce moment, les notes, les accords me volaient des lettres, des mots. Un flux hésitant, sans savoir le canaliser. La solution serait peut être ce beau programme qui fait de la musique lorsque l'on promène la souris sur l'écran. Il faudrait améliorer le système pour que l'on puisse écrire dessus, les lettres et les mots tracés produiraient ainsi de la musique. Jamais la même, sa musique à soi, propre, personnelle, puisque l'écriture est différente pour chaque personne. Le même mot pourrait sonner comme un souffle léger de flûte ou bien comme un fracas métallique suivant la manière de tracer les lettres. Avec les sons volant dans les airs au gré des mouvements de la plume. Un peu comme la danse d'un sac plastique dans le vent...
jeudi, mai 24, 2007
207 Faits divers : Bill Callahan : Diamond dancer (Album : Woke on a whaleheart 2007)



Ce n'est pas que je me taise. C'est que je ne dis plus rien.
Je pourrais m'en tenir aux faits marquants.

Lundi. Je pense avoir l'évidente certitude que Wild love est le meilleur album de Smog. J'ai écouté quatre fois de suite un morceau de Keith Tippett. Ensuite j'ai mis L'enfant assassin des mouches. C'était un soir comme ça. Ou peut être l'envie de marcher sur la plage. La même que sur la pochette de la réédition.

Mardi. Le goût de ton sexe dans ma bouche et la suite ont probablement éclipsé le reste. J'avais dû me dire dans l'après-midi que l'on était presque en juin ce qui n'a aucun rapport. Il y a des semaines qui ont dû disparaître ce n'est pas possible autrement. Je sais que ma vue baisse mais ne pas voir le temps passer à ce point... Ah si, je pense avoir l'évidente certitude que Old Rottenhat est le meilleur album de Robert Wyatt.

Mercredi. Dongs of sevotion nous réveille. Tu me demandes c'est qui. Smog je dis. Dans la voiture Rain on lens. Smog je dis. Petite obsession récurrente du moment. Le concert de The National. Avec le plaisir de revoir Tita. Matt Berninger m'a parfois fait penser a Thom Yorke dans ses crispations. Encore un putain d'angoissé. On n'est pas aussi triste que nos chansons a t-il précisé (enfin "miserable" en anglais ce n'est pas triste vraiment, c'est quelque chose de plus esthétique). J'ai pensé à Ian Curtis aussi pour son coté extatique (cf photos). Et puis sa drôle de manie de se frapper doucement la tête entre les morceaux. Très bon concert. J'ai adoré toute la gestuelle extraordinaire de Padma Newsome au violon.

Jeudi. Une personne est venue sur cette page en tapant bande son pour orgasme dans yahoo. Je repense à ce disque improbable enregistré par cette fille uniquement avec des bruits de sexe. De mémoire le résultat était sans grand intérêt. Comme ces quelques lignes...
dimanche, mai 20, 2007
206 Rainy sunday : Badgerlore : Mountain wine (Album : We are all hopeful farmers, we are all scared rabbits 2007)



On se croirait au mois d'octobre. La pluie lancinante et le ciel gris. L'ipod en shuffle est parfois étonnant. Depuis hier soir il est particulièrement inspiré. Tout à l'heure il nous a offert For Miles de Keith Jarrett. Autant cette diva peut être parfois insupportable, autant lorsqu'il est inspiré comme c'est le cas sur ce morceau, on atteint des sommets stratosphériques d'émotion. Sur ce titre dédié à Miles Davis on a l'impression que ce sont ses larmes qui appuient sur les touches du clavier. J'y reviendrai un jour, un jour ou deux...

Tout le monde fait la sieste ici sauf moi. Je reste avec l'ipod chanceux.
De monspace (Tony Conrad) en monspace (Arnold Dreyblatt), je tombe mollement sur Badgerlore formé d'un ancien Deerhoof et d'un toujours Six organs of admittance, entre autres, une sorte de Hood dépressif sous prozac (publié chez Table of elements)(excellent label), je décide que ça sera la bande-son idéale de ce dimanche gris, humide et lancinant comme la pluie...
L'ipod est décidemment Keith Jarrettien aujourd'hui, ce sont maintenant les magnifiques préludes et fugues de Shostakovich. Il est l'heure d'aller te réveiller...
vendredi, mai 18, 2007
205 Tiredness : Faust Vs. Dälek : T-Electronique (Album : Derbe Respect, Alder 2004)



Ce n'est probablement que lassitude.
Quelque chose d'invisible, rampant et menaçant, comme cette musique inquiétante. Et fort en même temps. Industriel et bétonné (*). Bande-son angoissée des villes en oppression croissante, noire et grise.
En quête d'exutoire je laissais ce fracas musical en tôles froissées envahir les couloirs vides. Gonflant les voiles de ce vaisseau fantôme que j'espérais voir se fissurer..

(*) : Ce n'est pas hasard que Faust joue sur scène avec une bétonneuse. En plus de fracasser des télés ce qui est bien la meilleure chose que l'on puisse en faire (vers 6mn10 pour les pressés)
mercredi, mai 16, 2007
204 Last night I dreamt... : Low : Because You Stood Still (Album : A lifetime of temporary relief 2004)



Je pensais qu'on avait écouté cette chanson avant de faire l'amour hier mais en fait non, je ne l'ai entendue que lorsque je suis venu arrêter la musique. Après. Dans la pénombre du salon. Et cette chanson semblait alors nimbée d'une beauté laiteuse, le grain des archets sur les cordes étaient comme tes doigts sur ma peau. Ah. Le violoncelle. Je me suis dit, le violoncelle est un instrument qui résonne à l'intérieur, en échos perdus.
Souvent je me dis, qu'ai-je vécu pour que ces notes assemblées dans un nuage vaporeux me touchent aussi profondément à en faire disparaître tout univers hors de mon corps? Quelles expériences, peurs, joies et peines, me font ressentir au travers de ma chair, la beauté glacée de cette chanson?
Et toute cette nuit autour de ces notes, parce qu'il n'y a que la nuit pour être aussi liquide et épouser le contour du vent et de la brume impalpable.
C'était après l'amour, c'était peut être ça aussi. Les questions sont toujours plus belles que les réponses.
lundi, mai 14, 2007
203 Entre les gouttes : Sibylle Baier : Softly (Album : Colour green 2006)



On ne sait jamais ce que c'est vraiment, ces journées grises orageuses, menaçantes, entre le printemps et l'été sans vraiment savoir. Qui balancent entre les deux.
C'est la 100ème des chansons qui tuent mollement. Une chanson sans existence véritable, comme entendue du fond d'un couloir, derrière une porte. Peut être qu'elle finira sur leur prochain album.
Ca m'effraie de compter les chansons comme les jours mais comment s'y retrouver sinon. Peut être qu'en comptant dans l'autre sens j'aurais l'impression de me rapprocher de quelque chose plutôt que de m'en éloigner...

(Chanson n° 100 sur Killing Me Softly) (comme c'est la 100ème je la laisse encore une journée)(oui je sais tout le monde s'en fout)
dimanche, mai 13, 2007
202 Broken puzzle : Audrey : Plain pieces (Album : Visible forms 2006)



J'ai des éléments, des fragments, des bouts de. Comme les pièces d'un puzzle. Coincés là, dans ma tête.
J'arrive parfois, rarement, à en ajuster quelques unes.
Je fais des fragments à partir de fragments. Qui ne ressemblent à rien.
Surtout à pas à ce que je vois à l'intérieur...
jeudi, mai 10, 2007
201 Piss factory : Iggy and The Stooges : Search and destroy (Album : Raw Power 1973)



"Dans une société industrielle qui confond travail et productivité, la nécessité de produire a toujours été antagoniste au désir de créer. Que reste-t-il d'étincelle humaine, c'est-à-dire de créativité possible, chez un être tiré du sommeil à six heures chaque matin, cahoté dans les trains de banlieues, assourdi par le fracas des machines, lessivé, bué par les cadences, les gestes privés de sens, le contrôle statistique, et rejeté vers la fin du jour dans les halls de gares, cathédrales de départ pour l'enfer des semaines et l'infime paradis des week-ends, où la foule communie dans la fatigue et l'abrutissement ?
De l'adolescence à l'âge de la retraite, les cycles de vingt-quatre heures font succéder leur uniforme émiettement de vitre brisée : fêlure du rythme figé, fêlure du temps -qui-est-de-l'argent, fêlure de la soumission aux chefs, fêlure de l'ennui, fêlure de la fatigue. De la force vive déchiquetée brutalement à la déchirure béante de la vieillesse, la vie craque de partout sous les coups du travail forcé. Jamais une civilisation n'atteignit à un tel mépris de la vie ; noyé dans le dégoût, jamais une génération n'éprouva à ce point le goût enragé de vivre.
Ceux qu'on assassine lentement dans les abattoirs mécanisés du travail, les voici qui discutent, chantent, boivent, dansent, baisent, tiennent la rue, prennent les armes, inventent une poésie nouvelle. Déjà se constitue le front contre le travail forcé, déjà les gestes de refus modèlent la conscience future. Tout appel à la productivité est, dans les conditions voulues par le capitalisme et l'économie soviétisée, un appel à l'esclavage."

Raoul Vanegeim : Traité de savoir-vivre à l'usage des jeunes générations (1967)

Bien sûr c'est de l'utopie, du rêve. Bien sûr. C'est juste que ça fait plaisir, de rêver un peu. Ca fait plaisir de lire des textes pareil. Quand on veut accroître la soi-disant valeur du travail. Du rêve, de l'utopie, bien sûr. Mais qu'on ne vienne pas me dire que ce texte n'est qu'un tissu de mensonges. Il n'est que la stricte vérité, la stricte réalité quotidienne. On est bien obligé de faire avec, plus ou moins, ou plutôt non, je me sens obligé de faire avec. Un choix. Le mien. Avec mes raisons. Je fais avec. Même si je ne l'accepte pas. Mais c'est mon choix aussi de ne pas me laisser duper par cette politique spectacle. On peut me pisser dessus, mais il ne faut pas me dire que c'est de la pluie.
On peut se moquer du situationnisme et de ses utopies poussiéreuses, mais c'est bien ce que dénonçait déjà Debord il y a 40ans, la Société du spectacle. Rien de d'autre que ça. Montre en or et yacht privé, signes extérieurs de richesse, 4x4 et célébrités. Ce rêve de carton pâte que l'on fait miroiter aux classes laborieuses et aux autres, à tout le monde, en prime time sur la première chaîne. Ces rêves de parvenus qu'ils rêvent de devenir.
Je ne fais que pisser contre le vent. Je ne cherche à convaincre personne. Je n'ai pas de discours politique. Je ne cherche même pas à avoir raison. Ou tort. Je ne fais que cracher dans la soupe de ce système dont je profite, comme beaucoup. Parce que parfois ça me fait du bien.
Je ne fais que pisser contre le vent. Je ne fais que dévider des propos incohérents parce que ce soir je suis las. Fatigué de ne pas avoir le temps de penser. Fatigué par avance de cet avenir que ce président nous promet. Fatigué de ces miroirs aux alouettes de pacotille. Moi je veux juste le temps de rêver. Le temps de créer. Dans cette société d'égoïsme écrasant, je ne veux être que moi. Alors je raconte n'importe quoi.
Je ne fais que pisser contre le vent. De toute manière, ça ne mouille que moi.
mardi, mai 08, 2007
200 I don't know : The Velvet Underground : Sad Song (démo) (Album : Peel slowly and see box set 1995)



Il fait tristement gris, comme si le temps reflétait notre morosité. Alors bien sûr maintenant il va falloir être vigilant, ne pas se laisser endormir, le danger est là.
C'est la 200ème chanson. En 17 mois. Sur le précédent blog, il y en avait eu 416 en 22 mois. Tout ce temps qui s'écoule insidieusement est assassin.
Alors c'est Nicolas 1er. Ces cinq dernières années ont passé si vite et en même temps avec une telle densité. Parfois je ne suis pas certain de bien réaliser.
En rentrant de Vienne il y a dix jours, j'ai l'impression que c'est déjà si loin, alors que l'avion approchait de Roissy, on voyait toute la partie nord de l'agglomération Parisienne. On a été frappé tous les deux au même moment, par toute cette densité urbaine effrayante. C'est la première fois que je la prenais en pleine face, comme ça, comme une gifle, alors que j'ai atterri plus de cinquante fois à Roissy ou à Orly. Etait ce le contraste avec Vienne? Ou bien le fait de sentir comme une agression, une menace, la source de bien des maux, cette concentration étouffante et opprimante avec toutes ces âmes et ce béton dans une masse informe? La région Parisienne vue du ciel ressemble à une compression de César...

Un autre anniversaire est passé il y a quelques jours, triste et gris, comme le temps aujourd'hui.
Pour la première fois depuis très longtemps, un peu sous l'influence de Vienne, mais pas seulement, parce que j'avais besoin hier soir de me sentir hors du temps, j'ai mis le quatuor n°16 de Beethoven, pour sentir la tension des archets, des cordes. Sur la partition de celui-ci, il avait inscrit Muss es sein ? Es muss sein ! (Le faut-il ? Il le faut !) qui rappellera quelque chose à ceux qui ont lu L'insoutenable légèreté de l'être...

Sad song mal dégrossie sur fond de mur de Berlin, espoirs factices sous l'étouffoir, faut-il s'en foutre après tout, la légèreté on court après, des mots qui tombent comme des grains de poussière, dehors la pluie tombe dans la lumière, il en restera quoi de ce temps froissé dans nos doigts maladroits, la mémoire est importante, des peurs conscientes ou non, rampantes et sournoises comme des vers pernicieux, continuer alors, le faut il? Il le faut.
dimanche, mai 06, 2007
199 2ème tour : Death Cab for Cutie : President of what? (Album : You Can Play These Songs With Chords 1997)



9h48 : Je me réveille. Encore dans les brumes je veux me rapprocher de toi mais tu es déjà levée. Tu dois être avec les enfants en bas. Je traîne quelques minutes et je me lève.
10h06 : Coup d'oeil rapide sur les nouvelles et sur la liste d'Annakin. Je suggère que l'on écrase tous un ou deux petits vieux en allant voter puisqu'il semblerait que Ségolène arrive en tête dans toutes les classes d'âge en dehors des plus de 65 ans où elle ne ferait que 25%.
11h30 : Allez on part au marché. J'irais voter après déjeuner.
11h53 : Il y a un ciel bleu magnifique. J'espère que les gens n'oublieront pas d'aller voter.
12h46 : Retour du marché. Je me rue sur l'ordi. Taux de participation en hausse par rapport : 34,11%. C'est bien. Je craignais le contraire.
13h00 : Sur itélé je vois Sarkosy voter sans madame contrairement au premier tour. Ca n'a pas dû échapper à Cécile.
14h10 : Le saumon était bon commes courgettes et les fraises en dessert. Il va être temps de se rendre au bureau de vote.
14h15 : Un tour sur bloglines avant de partir : ah ah ah ah.
14h22 : Ce coup ci c'est la bonne. Je pars voter avec ma fille.
14h40 : Dans la voiture on écoute le premier album de Sylvain Vanot (dont je suis très fier qu'il ait pris une de mes photos pour sonspace).
14h52 : Arrivée au bureau de vote. Ma fille est contente de voir mon ancienne école.
14h54 : Je glisse dans l'enveloppe mon bulletin Ségolène Royal (de toute manière je n'ai même pas pris celui de Nikolo). A voté. Retour à la maison.
14h58 : Horreur malheur. Je me rends compte que les promoteurs ont détruit l'auto-école de Mr Sauvage où j'avais passé mon permis. Son fils était l'un de mes meilleurs amis entre 12 et 16 ans, on s'est ensuite perdu de vue. Décidément tous mes souvenirs partent en gravas dans cette ville...
15h43 : Supplique de Philippe de Jonckheere.
16h16 : Les pages des journaux Suisses et Belges sont prêtes avec XX en guise de pourcentage...
16h43 : D'après Le Temps à 16h30, Nikolo serait en tête...
17h06 : A 17h00, le taux de participation est de 75,11% (contre 73,87% au premier tour, record battu).
17h12 : La radio Belge La Première aurait donné des premiers résultats...
17h20 : La Belgique strikes again : 2ème estimation dans le même sens que la première pfffffff...
17h30 : La Suisse en rajoute une couche...
17h44 : Compte tenu de l'écart entre les deux candidats au vu des estimations, même si celles-ci s'affineront au fil des heures, je crains bien que cela ne change pas le résultat final... surtout compte tenu du taux de participation à 17h00...
17h57 : J'ai mis un disque de Fela, No agreement.
18h04 : FUCK !!! This is the dwarf !!! (en français : Bordel c'est Sirtaky)
18h10 : Pffffffffffffffffffffffffffffffffffff quelle merde...
18h21 : Sieg Sarkozys zeichnet sich ab : Der konservative Präsidentschaftskandidat hat aller Voraussicht nach die Präsidentschaftswahl gegen seine sozialistische Konkurrentin Royal gewonnen.
18h33 : On peut toujours se dire qu'il reste les législatives...
18h39 : A l'heure actuelle, la température rectale de Nikolo S. oscillerait entre 53° et 54,5°.
18h46 : La participation finale s'établirait entre 85% et 86%.
19h01 : Oh non c'est pas juste a dit ma fille lorsque je lui ai dit le résultat...
19h11 : On se prend un petit apéro ma fille et moi même s'il n'y a rien à fêter. Sur la TF1, pour ceux qui n'aurait toujours pas compris, on alterne entre les scènes de liesse de la rue d'Enghein et les préparatifs de la place de la Concorde, et la morosité de la rue de Solférino.
19h27 : Je vais faire la salade de tomates pour ce soir (agrémentée de salers et d'abricots secs).
19h28 : La rue de Solférino en furie. Ils ont raison, il faut saluer la campagne de Ségolène.
20h00 : La tronche de Nicolas Sarkozy s'affiche à l'écran. Sur France 2 Arlette Chabot a son troisième orgasme de la soirée. Cela ne lui était pas arrivé depuis la campagne de 1995 quand Balladur lui avait fait la bise. Quelle merde...
20h01 : 47%. Ségolène n'arrive pas à parler en raison des acclamations.
20h03 : Ta gueule Fillon c'est à Ségolène.
20h04 : Quelque chose s'est levé qui ne s'arrêtera pas.
20h07 : Gardez confiance. Restez mobilisé.
20h31 : Quelle connasse cette Marine Le Pen. A vomir.
20h33 : Sarkozy va parler.
20h35 : Oh putain son sourire j'en ai des frissons dans le dos tellement ça fait peur...
20h40 : Oh bordel Niko veut sauver le monde.
20h41 : Tu es prêt à les accueillir en France les infirmières Lybiennes Nicolas?
20h42 : Là je crois qu'il vient d'éjaculer.
20h50 : Au téléphone avec David, on raccroche pour écouter Ségolène.
20h53 : Bon sang je comprends rien. Qu'est-ce qu'elle dit?
20h54 : Merci Ségolène, Merci Ségolène, Merci Ségolène
21h07 : Nikolo va bouffer au Fouquet's.
21h15 : Allez c'est parti pour la foire à la saucisse... Bayrou qui va être pour mais pourra aussi être contre Sarkozy du moment qu'il y a des ministres UDF (enfin MD)(ou UDF)(on ne sait plus). Et Strauss-Kahn qui se désolidarise...
21h40 : Ah on ne peut pas dire que Bayrou s'inscrive dans l'opposition...
21h51 : Rien que de voir la tête de Bernard Tapie sur France2 j'ai envie de vomir.
22h04 : En 1972, David Bowie chantait Five years, "News had just come over, we had five years left to cry in".
22h10 : Oh là là Gilbert Montagné sur la une. Et Bigard. Tout à l'heure c'était Johnny Hallyday. Pas de doute, c'est un grand jour pour la culture...
22h32 : Quelques incidents à la Bastille. Toute violence ce soir ne fera que servir le nouveau président...
22h38 : C'est vrai que j'avais oublié de vous parler de Sixtine (sic), Charles et Paul Antoine.
22h45 : Le texte de la chanson sur Killing Me Softly a été écrit il y a bien longtemps par Woody Guthrie. Je ne l'ai pas choisie par hasard.
22h52 : Merci Madame.
23h15 : AU SECOURS il y a même Mireille Mathieu. C'est trop pour moi dans une seule soirée. Je coupe. Soirée de merde.
23h20 : Les derniers résultats donnent 53,06% pour Sarko et 46,94% pour Ségolène.
23h24 : Pipi, les dents, au lit. Et je vais lire un peu de Thomas Mann. Fin des transmissions.
samedi, mai 05, 2007
198 Just do it : The Rolling Stones : The last time (Album : Out of our heads 1965)





Dessin : David Scrima

B.O de mes jours


(on clique pour voir en grand)
Well, I told you once and I told you twice, But ya never listen to my advice,
You don't try very hard to please me, With what you know it should be easy...

Même si les derniers sondages sont plutôt moroses, mais ce ne sont que des sondages, n'oubliez pas d'aller voter demain pour Ségolène (comme ma mère !!!)(pour vous dire)(elle nous fait sa révolte adolescente à 78 ans)(pas possible autrement).

P.S : Il n'y a pas de rapport mais j'adore tous ces vieux titres des Stones (jusqu'à Aftermath (1966)) avec ces guitares adolescentes qui claquent comme des fouets, et ces tubes imparrables en trois accords (Mi, Ré et La sur celle-ci) qui faisaient hurler les filles lors des concerts.
P.S 2 : Chanson de circonstance sur Killing Me Softly
jeudi, mai 03, 2007
197 Coeur d'atome : Pink Floyd : Summer '68 (Album : Atom Heart Mother 1970)



Il y a eu hier soir ce débat et je pensais, je ne sais pas, peut être en dire quelque chose mais finalement j'ai si peu, et aussi combien je n'aime pas ce type, hier soir son regard par en dessous tout en fuite systématique et combien j'ai détesté ses attaques depuis dimanche sur mai 68. Mai mai mai Paris mai chantait Nougaro juste après et puis aussi Le casque des pavés ne bouge plus d'un cil, La Seine de nouveau ruisselle d'eau bénite, Le vent a dispersé les cendres de Bendit et quelque utopie que ce fut je ne veux pas de ce type qui crache dessus. Et je me suis souvenu de cette chanson Eté 68, juste le titre, pensant en avoir oublié la musique, si lointaine, de ces disques d'initiation que l'on tait, tout honteux de les avoir tant aimé il y si longtemps comme le premier baiser avec cette fille un peu laide qu'on n'osait avouer du coup. C'est quand je l'ai mise que j'ai oublié tout ce fatras politicard.

Depuis combien de temps je n'avais pas écouté cela, sûrement pas loin de trente ans mais là, ce soir, j'en aurais presque pleuré de tout ce qui me revint d'un seul coup comme si je déroulai ma vie là, en accéléré, en moins de temps que les 5'28 de la chanson. Ca paraît idiot mais avec cette vache en plein sur la pochette c'était le troisième disque que j'avais acheté, en face de la Mairie de Maisons-Alfort, où il y a maintenant un coiffeur depuis bien longtemps, dans ce magasin dont on avait usé la vitrine avec Philippe à force de regarder la Gibson noire avec ses trois micros dorés qui se trouvait derrière. Alors si je l'ai usé ce disque c'est peu dire et oublié c'est encore pire ensuite. Comme on a cru oublier cette fille un peu laide du premier baiser mais la pluie parfois, ça se met à tomber subitement. Comme une étagère qui craque à force d'avoir trop plié sous le poids des livres et il faut croire que certains mots pèsent plus que d'autres.

J'en aurais presque ressenti, ce soir, tant d'années plus tard, comme si la poussière du temps sur mes bras n'empêchait plus les frissons, ces sensations, ces frémissements adolescents, sur le petit électrophone mono avec son gros haut-parleur qui servait de couvercle, assis par terre, dans ma petite chambre. How do you feel, how do you feel et c'est bien tout ce que je comprenais, mais ça je le comprenais dans l'ennui ferme des mercredis après-midi un peu gris c'était l'hiver. J'avais à peine 14 ans. L'hiver 74/75.
Alors c'est peut être pour ça que cette chanson, été 68, elle est restée avec deux autres de cette deuxième face. Parce qu'on ne dirait pas comme ça, avec les boursouflures des cuivres après le refrain évoquant le Initials BB de Gainsbourg, avec le piano qui me fascinait, mais dans cette chanson, il y a les ferments de ma liberté et de mes idéaux, ou plutôt de ceux dont je rêvais, et c'est peut être bien plus cela que je pleure finalement ce soir...
C'était le débat hier soir. Je pensais, je ne sais pas, en dire si peu mais quoi. Et puis j'ai écouté la face 2 de ce disque deux fois de suite...
mercredi, mai 02, 2007
196 Goodnight Vienna : Belle and Sebastian : Beautiful (AlbumE.P : 3... 6... 9... seconds of light 1997)



A Vienne il y a des cafés dans d'anciens palais où l'on peut boire un café à la liqueur d'abricot en mangeant d'énormes gâteaux au chocolat (ou pas).
Des musées incroyables en forme de palais à moins que cela ne soit l'inverse.
A Vienne il n'y a pas de portillons à l'entrée ou la sortie du métro.
Des gens en train de manger des glaces partout quelle que soit l'heure.
Un château jaune éblouissant avec des jardins gigantesques en pleine ville.
Des fiacres promenant des touristes comme si l'on était encore sous le règne de l'empereur François-Joseph.
Des tramways rouges et blancs, étroits comme à Lisbonne.
Des escalopes panées plus grandes que les assiettes.
Un centre-ville avec des monuments ou des bâtiments historiques à ne plus savoir où donner de la tête.
Du doré partout.
Des tableaux superbes de Klimt et de Schiele.
Des asperges et du vin blanc.
Des bâtiments officiels imposants.
Des maisons étranges en couleur comme un patchwork et des logements dans des gazomètres réhabilités.
Des rues étroites où l'on pourrait voir Mozart surgir de sous un porche.
Et l'envie de relire Zweig et d'aller plus loin dans l'oeuvre d'Herman Hesse.
L'impression, quelque part, de s'être affranchi du temps durant quelques jours...