jeudi, septembre 28, 2006
99 Juste... encore : Can : Mary, Mary so contrary (Album : Monster movie 1969)


Juste parce que je me dis parfois que Will Oldham (Bonnie Prince Billy)(là en-dessous)(c'est le même) a dû beaucoup écouter cette chanson.
Juste parce que je lisais avec plaisir hier soir Krautrocksampler de ce fou de Julian Cope.
Juste parce que j'ai plein de musiques en tête en ce moment. Tellement...
Juste parce que je voulais vous faire écouter ça.
Juste parce que ce disque est énorme.
Juste parce que j'adore la guitare criarde de Michael Karoli et que ça va bientôt faire 5 ans qu'il est mort.
Juste parce que je voudrais parler de Neu! et que ça va venir.
Juste parce que tu es contrariée en ce moment et que ça m'embête.
Juste parce que j'adore cette chanson.
Et que c'est juste suffisant...
mercredi, septembre 27, 2006
98 Landscape : Bonnie Prince Billy : Cursed sleep (Album : The letting go 2006)


Juste.
Parce que cette chanson est belle.
Qu'elle évoque des paysages.
Escarpés.
De landes brumeuses.
Comme un sommeil difficile.
Juste.
Parce que le matin.
Le soir.
On sent la nuit qui gagne de plus en plus de terrain.
Une chanson au goût hivernal.
lundi, septembre 25, 2006
97 Pierre qui roule : Bob Dylan : Blind Willie McTell (Album : The bootleg series Vol 1-3 1991)


Ca fait combien de temps que je n'ai pas écrit vraiment, je ne sais plus, longtemps. Juste le besoin remplacé par l'envie. Il y a moins de nécessité dans l'envie. C'est là tout la différence. L'envie demande du temps. J'ai des histoires à raconter. Des histoires avec des disques, avec des trottoirs de banlieue où l'herbe perçait entre les pavés. Des histoires avec des gens. Et puis je procrastine comme toujours. C'est la différence entre l'envie et le besoin. Mais l'envie oui. Alors dans mon lit le soir juste avant le sommeil j'échafaude des histoires, j'écris des phrases invisibles que j'oublie dès le lendemain matin. Des phrases et des phrases dans le noir. J'essaye de les caser dans un coin de ma mémoire avant qu'elles ne s'évaporent mais il n'en reste jamais grand chose le lendemain. Il faudrait que je puisse me coller deux électrodes sur les tempes avant d'éteindre et que les mots par un miracle technologique quelconque se dessinent un à un sur l'écran de l'ordinateur. Comme hier soir parce que je venais de lire quelques pages de Like a rolling stone de Greil Marcus, qui ne parle pas que de Dylan d'ailleurs mais de l'amérique des années 60 toute entière et du mouvement pour les droits civiques. Je tirais les fils d'une histoire imaginaire, sur cette chanson hallucinante et des vieux souvenirs. Alors un jour peut être plus tard lorsque le temps le temps… j'essaierai de tirer les mots de cet instant toujours trop court avant le sommeil où les vannes de l'écluse s'ouvrent et que le flot des phrases se déverse en même temps que la conscience chute doucement dans les rêves. Et puis comme l'obsessionnel que je suis parfois, je réécoute tous mes Dylan ou presque parce qu'à chaque fois j'y trouve quelque chose de nouveau. Parce que Dylan est une montagne que je n'ai toujours pas fini de gravir et je ne sais même pas si cela est seulement possible.
Je réécoute mes Dylan au lieu d'écrire cette foutue histoire. Et puis j'ai acheté une mandoline. Pour me disperser un peu plus et tenter de jouer maladroitement les notes que je n'écris pas. Peut être que je suis un dilettante. Dans tous les sens du terme...
mercredi, septembre 20, 2006
96 Autre musique : Ghédalia Tazartès : Oraison du soir (Mini Album : 5 Rimbaud, 1 Verlaine 2006)


J'ai croisé l'autre soir, un vieux monsieur calme et digne sous son chapeau. Un de ces vieux monsieur que l'on peut croiser parfois, dans ces villages du sud, attablé sous un chêne, jouant aux dominos en sirotant des petits verres d'anis blanc.
Ce monsieur c'était Ghédalia Tazartès. Sauf que sa musique ose briser les barrières et a l'audace fantasque de la jeunesse insouciante. Sauf que sa musique sonne parfois comme une paire de gifles claquantes, au bruit sec, qui laisse une marque rouge. Et à près de 60 ans, il sort un mini album aux sonorités de tôles froissées. Son écoute est comme épeler le mot "différence", le matin, face à son miroir...

Doux comme le Seigneur du cèdre et des hysopes,
Je pisse vers les cieux bruns, très haut et très loin,
Avec l'assentiment des grands héliotropes.



(On peut acheter 5 Rimbaud, 1 Verlaine sur le site de Jardin au Fou, jeune label courageux qu'il faut encourager.)
lundi, septembre 18, 2006
95 Ou bien ou bien : Patti Smith : Piss Factory (Album Single : Hey Joe/Piss factory 1974)


J'aurais mieux fait de garder les yeux fermés ce matin. Si c'était pour voir tout ce gris, tout ce sombre et mon bureau ressemble à une cave. La fenêtre ne laisse pas passer plus de lumière qu'un soupirail. J'aurais mieux fait de garder les yeux fermés.
Et cette pluie là. J'aurais mieux fait de garder les yeux fermés. Si c'était pour voir ça. Lumière artificielle dans le couloir. Instants artificiels. J'en ai l'estomac qui se tortille. Et puis les rideaux du ciel se sont ouverts... autant garder les yeux fermés. En attendant...

J'ai l'impression de marcher sur les touches d'un piano. J'alterne. Blanche. Noire. Blanche. Noire. Blanche. Blanche. Un demi ton de répit. On attend et on ne sait pas sur quelle touche on va tomber. Blanche. Noire...

Ce soir mes doigts sur le clavier annonent le thème de Moanin' en attendant. Je ne sais pas apprivoiser toutes ces touches, toutes ces notes. Il me manque quelques doigts et une ou deux phalanges à chacun de ceux-ci.
Ces hésitations. Glisser de l'une à l'autre. Où s'arrêter. Touches blanches. Touches noires. Sans savoir. Comme si le sort en décidait seul...

(Photo KMS)
samedi, septembre 16, 2006
94 Samedi rarity : Elliott Smith : Talking to Mary (Album : B-sides and demos inédit)


Ceci n'est pas une habitude. Mais. A la limite. Ca pourrait le devenir. Ou pas. Ou bien.
Mais pourquoi pas. Des chansons moins faciles à trouver.
Bientôt trois ans. Qu'Elliott Smith s'est suicidé. Ohhh, you're a rock 'n' roll suicide. Ca reste un artiste qui me manque. Ils sont rares...
Alors.
Un inédit.
Talking to Mary.
Mon samedi...

vendredi, septembre 15, 2006
93 Non rien : Jeff Buckley : Night flight (Led Zep cover) (Album : Live at Sin-é 2003)


Je voulais faire plein de choses aujourd'hui. Profiter de ce jour de repos. Et puis et puis... je ne sais pas si c'est parce que ce matin j'ai reçu Time of no reply trouvé d'occasion en vinyle mais... je me suis dit que l'achat de la bibliothèque pour ranger les piles de vinyles qui commencent un peu trop à envahir le salon pourrait attendre encore quelques jours. Je procrastine. Parfois un peu trop sûrement mais voilà...
Alors je reste là, l'esprit vagabon, à écouter des disques de chanteurs morts que je n'avais pas mis depuis longtemps. Si j'avais une machine à remonter le temps, ce matin je m'emmènerais au Sin-é, ce petit café où Buckley jouait en 1993 alors qu'il n'était pas connu. Dans un recoin. Juste avec sa guitare et son ampli qui grésille parfois.
Il faut que je fasse le ménage, les courses, mais je vais écouter ces Outtakes de Blonde on blonde. Avant. Et puis les deux beaux albums édités par Jardin Au Fou. Et puis et puis... t'attendre aussi... t'attendre c'est déjà... comme lorsque l'on fait un chocolat chaud et que l'on en a déjà le goût dans la bouche alors qu'il est en train de chauffer. Quelque chose comme ça ou d'approchant. Plein de choses...
mercredi, septembre 13, 2006
92 Future days (*) : Graham Coxon : See a better day (Album : Love travels at illegal speeds 2006)


Une journée qui grince.
Mais il y avait encore ton parfum qui flottait dans la voiture ce soir en rentrant.
Je vais garder ça.

(*) : Aussi parce que j'ai acheté Ege Bamyasi à la brocante dimanche (bien sûr en vinyle quelle question) et que Future days est l'album suivant (oui parfois c'est tordu...), aussi...
lundi, septembre 11, 2006
91 Neil's yard part 1 (*) : Neil Young : Last dance (Album : Time fades away 1973)

Ah voilà, c'est lundi comme tous les lundis, pas une surprise en soi, peut être juste un peu moins d'envie à chaque fois. Sur Time fades away, l'album que Neil Young déteste le plus au point d'en refuser sa réédition en CD, la dernière chanson s'appelle Last dance. Wake up it's Monday morning, no time left to say goodbye….
Un album tendu, plombé, témoin des heures difficiles de Neil Young à l'époque, culpabilisant sur la mort de Danny Whitten (en même temps ça peut se comprendre… Il avait refusé le guitariste du Crazy Horse, Danny Whitten, pour cette tournée, celui-ci étant trop défoncé pour jouer. Neil lui a filé 50$ et un billet retour pour Los Angeles. Le soir même il était retrouvé mort d'overdose dans sa salle de bains…). Tout le ferment de Tonight the night, son album de deuil, un des disques les plus sombres jamais publié, comme le noir mat de la pochette (basé sur les morts de Whitten et d'un roadie de CSN&Y (Bruce Berry was a workingman...) viré pour avoir volé une guitare de David Crosby et retrouvé lui aussi mort d'overdose quelques temps plus tard...)(et l'album s'ouvre et se referme sur la même chanson, comme un couvercle de cercueil que l'on ouvre et referme)) est dans ce disque à la pochette terne dont la chanson éponyme ouvre la première face avec ces Fourteen junkies too weak too work…. Time fades away, c'est un morceau de papier peint à fleur, un peu moisi, se décollant du mur d'une maison abandonnée.

Wake up it's Monday morning... Lundi, mardi etc le jour importe peu. La chanson est répétitive. Pesante. Avec sa litanie de Oh no. Elle fait mal, on est loin d'Heart of gold Et les guitares pilonnent les accords majeurs comme une fatalité.

(Dessin de David Scrima)

J'ai du mal à me souvenir, cela remonte à loin, mais je crois que c'est le premier album de Neil Young que j'ai acheté. En 1976 ou 1977. J'inscrivais à l'époque sur une grande feuille de papier les disques que j'achetais. Dans l'ordre d'achat. J'ai perdu cette feuille (ou elle est en train de moisir dans le grenier chez ma mère). Dommage, j'aimerais bien pouvoir reconstituer la chronologie de mes 50 ou 100 premiers disques. Il y en a certains pour lesquels j'ai gardé le souvenir précis de leur achat, très présent, à pouvoir donner le mois et l'année où je les ai acheté, mais d'autres se sont noyés dans le temps dilué. Toujours est-il que je crois bien avoir acheté celui-ci avant Harvest. Avant Decade même.

You can live your own life, Making it happen…. J'ai toujours voulu voir une analogie entre cette chanson et They shoot horses, don't they?, le film de Sydney Pollack (On achève bien les chevaux en VF) où, en pleine dépression de 1929, on voit ces couples danser jusqu'à l'épuisement pour essayer de gagner une prime misérable lors d'un dance marathon.
Monday morning,
Wake up, wake up, wake up, wake up
Its time to go,
Time to go to work.


Je préfèrerais être On the beach. Mais c'est une autre histoire…

(*) Note de l'auteur : Jeu de mots entre Neil's yard (la cour de Neil) et Neal's yard, nom de la ruelle colorée où se situe la 2ème boutique Rough trade à Londres (on s'amuse comme on peut).
samedi, septembre 09, 2006
90 Rareté du samedi : Bülent Ortaçgil : Kedyler (Album : Benimle Oynar Misin 1974)


C'est le fantôme de Nick Drake qui flotte entre les cordes la guitare de Bülent Ortaçgil. Pourtant cet album est sorti en 1974 alors que Nick Drake était toujours vivant (pour peu de temps... puisque le 25 novembre 1974 il sera retrouvé mort dans sa chambre...). Ses albums (pourtant peu connus à l'époque) seraient ils parvenus jusqu'en Turquie aux oreilles de Bülent, ou leurs étoiles se sont croisées dans l'éther (et sur ce même album, sur Hersey Sevgiyle Baslar, c'est Sufjan Stevens que l'on croit entendre). Il y a dans ses chansons une beauté gracile mais moins fragile, moins écorchée que celle de Nick Drake. C'est peut être la raison qui explique qu'il soit toujours vivant...
jeudi, septembre 07, 2006
89 Oh no : Marine Girls : Lazy ways (Album : Lazy ways 1983)


Question du jour : Vais-je réellement encore devoir me lever tous les matins pendant (au moins) 20 ans pour aller perdre mon temps au bureau?

(Note informative (si jamais ça intéresse quelqu'un) : Marine Girls est le premier groupe de Tracey Thorn qui fondera ensuite Everything but the girl avec Ben Watt. On l'entend également chanter sur Protection de Massive Attack et The Paris Match de Style Council)
mercredi, septembre 06, 2006
88 Random thoughts : John Coltrane : My Favorite Things (Album : My Favorite Things 1960)


My favorite things. Le lecteur a des hasards jazzistiques ce matin. Ce saxophone soprano entêtant. On dirait des souvenirs d'automne, comme une promenade, enfant, à sauter dans les feuilles mortes, un samedi, avec mon père, le long de cette avenue, avec ces maisons en briques, ces trottoirs non goudronnés, ces marronniers ou ces tilleuls, et surtout le peu de circulation automobile. Des images d'une banlieue désuète, disparue à jamais où l'herbe poussait encore entre les pavés. Des images d'avant la télé couleur. Lointaines.
Il m'a fait penser à ça, le sax soprano de Coltrane ce matin au bureau, alors que derrière la vitre, le ciel bleu contrastait avec ces images aux couleurs délavées de l'enfance. Il paraît que lorsque l'on se voit dans des souvenirs, ceux-ci sont des images reconstituées par le cerveau. Je ne sais plus où j'ai lu ça il y a longtemps… Pourtant les images de cette promenade ce samedi après-midi me sont toujours restées très présentes sans que j'en connaisse la raison. Je devais avoir 5 ou 6 ans, peut être 7, pas plus je pense, difficile de dater les souvenirs. Mon père n'avait certainement jamais entendu parler de John Coltrane. Ce titre a été enregistré le 21 octobre 1960, deux mois jour pour jour avant ma naissance.
La mélodie, renforcée par l'aspect nasillard et oriental de ce sax est comme une spirale tourbillonnante. Hypnotique comme un pungi de charmeur de serpents. Une spirale noire et blanche. Une machine à remonter le temps. Tout ça me dépasse sûrement. Ces notes hypnotiques m'ont tiré de la rêverie évanescente des courbes de tes fesses. My favorite things.
lundi, septembre 04, 2006
87 Exit music : Magnolia Electric Co. : Just be simple (Album : Magnolia Electric Co. 2003)


Ce n'est pas la rentrée. Terme idiot. C'est plutôt une sortie.
La sortie d'une période où tu étais là tous les soirs. Où nous étions.
On écoutait Nevermind hier matin en prenant le petit déjeuner thé brioches dorées. Je repensais à cette chanson des Herman DüneDavid-Ivar chante que cet album a changé sa vie.
C'est souvent une histoire de moments importants dont la valeur ne se révèle qu'un peu plus tard. Et puis des phases de transition, des espaces en mouvement qui mènent vers des ailleurs.
On a mangé Kurde.
On a mangé Suédois.
On a vu le Ken Loach.
Ecouté Klimperei.
J'ai fait un cocktail un peu étrange un peu raté.
Comme la sauce au roquefort des ravioles.
Et puis…
Pas seulement.
Ce matin.
Je me sens un peu vide.
Des prémices de manque à venir.
Comme si la vue se brouillait.
Subitement.
Ou comme de voir son propre personnage s'éloigner sur des images mates en noir et blanc avec un flou de bougé.
J'entends de notes de guitares fantômes.
Electriques et légères.
Dans le vent.
Résonnant.
Au lieu de travailler, de mettre les bons chiffres dans les bonnes cases. Aligner l'ennui dans les colonnes.
Le regard dehors, derrière la vitre.
Et des notes de guitare.
Avec un peu d'écho.
Ou juste l'écho des notes fantômes.
Juste l'écho.
Rien d'autre.
vendredi, septembre 01, 2006
86 Concept futur : Yo La Tengo : Daphnia (Album : I Am Not Afraid of You and I Will Beat Your Ass 12/09/2006 (hum…))